‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 329 sur 547 · DESCHAMPS · texte numérisé non relu

DESCHAMPS

DESSIN

raison pour l'esprit d'un enfant qui commence péniblement à. penser.

Il reste à savoir dans quelle mesure on peut appliquer à la pédagogie la première règle du Discours de la méthoile, celle qui exige que l'esprit ne donne son assentiment qu'aux vérités évidentes et qu'il comprend. Sans doute, il serait absurde d'espérer que l'enfant puisse se rendre compte de tout ce qu'on lui enseigne. Les vérités d'autorité ont leur part, leur grande part dans l'enseignement. Les maîtres feraient un cercle vicieux manifeste, s'ils prétendaient s'adresser à la raison, alors qu ils ont précisément pour tâche de former la raison. Ceci dit, il faut se bâter d'ajouter que la règle de Descartes est un idéal dont il convient de se rapprocher le plus possible. Livrées à la seule mémoire, à une mémoire qui ne réfléchit pas, qui ne comprend pas, les connaissances sont instables et fragiles. Au contraire, confiées à la réflexion, elles jettent des racines dans l'esprit, elles sont véritablement utiles et fécondes. Or l'enfant est plus capable qu'on ne croit de réfléchir et de comprendre. Sans doute les raisons abstraites lui échappent, et il ne s'agit pas d'aller avec lui au fond des choses, mais il a ses raisons à lui, raisons appropriées à son âge. Qu'on ne craigne donc pas de lui demander, dès les premières années, de comprendre ce qu'il apprend. La pédagogie, comme la science, doit des remerciements à Descartes pour avoir proclamé comme il l'a fait la loi suprême de l'évidence. C'est en obéissant à cette loi que les écrivains du xviie siècle ont acquis la netteté, la précision, la clarté qui les caractérisent ; c'est aussi en y obéissant de plus en plus qu'on rendra les méthodes pédagogiques plus sûres et plus efficaces.

[Gabriel Compayré.]

DESCHAMPS (l'abbé Claude-François). — Né à Orléans en 17 45, mort en 1701, l'abbé Deschamps quitta l'habit ecclésiastique à la suite de difficultés que lui suscitèrent les Jésuites, et fonda dans sa ville natale une institution où il recevait, outre des élèves pensionnaires, quelques enfants indigents de la ville. Ayant rencontré un sourd-muet auquel Péreire avait presque rendu l'usage de la parole, il résolut de se consacrer à l'éducation des sourds-muets, et fit l'essai des divers procédés usités jusque-là; il employa successivement ceux de Péreire, de l'abbé de l'Epée, d'Amman, etc., et adopta enfin celui du premier. Cette préférence lui valut de nombreuses critiques, et lui fit engager avec l'abbé de l'Epée une longue et ardente polémique. Cependant, malgré tous les arguments présentés par cet adversaire, l'abbé Deschamps ne crut pas devoir accepter une méthode qu'il trouvait défectueuse et incomplète. Exerçant d'abord ses élèves à lire d'après le mouvement des lèvres de la personne qui parle, et à prononcer les mots qu'ils avaient ainsi devinés, il leur faisait ensuite aborder l'étude des connaissances propres à leur donner l'éducation et l'instruction.

L'abbé Deschamps a publié une Lettre à M. de S. (Sailty), capitaine de cavalerie, sur l'institution des sourde-muets, Paris ,1777, in- 1*2 ; puis un Cours élémentaire d'eu* ati-<n des sourdsmuets, Paris, 177'.), in-12, qui contient d'excellentes remarques sur le développement des facultés de l'enfant, et où l'on trouve ce sage conseil, si souvent négligé : « Ne présenter aux enfants que des noms de choses, ou des sujets déjà connus d'eux, ou à la connaissance desquels ils puissent être conduits par les précédents. » Cet ouvrage fut attaqué dans un opuscule intitulé : Observations d'un sourd-muet sur le cours élémentaire de f instituteur; Deschamps répliqua par une Lettre à M. de liebe-lsle, secrétaire des commandements de Mgr le duc d'Orléans, pour servir de réponse

aux Observations d'un sourd-muet, Paris. 1780, in-12. Enfin, il compléta son Cours élémentaire par un second outrage intitulé : De ta ma de suppléer aux oreilles par les yeux, pour servir de suite au Cours élémentaire ; Paris, 1783, in-12.

L'abbé Deschamps n'a eu aucun successeur, et son institution a cessé avec lui. [S. Maire.]

DESESSARTS ou DES ES8ARTZ. — Médecin français, né en 17-20, mort en 1811, auteur d'un ouvrage intitulé Traité de V éducation corp<>re le des enfants en bas ày, ou Réflexions pratiques sur les moyi-ns d" procurer un'-, meilleure constitution aux citoyens, par M. Des Essartz, docteur en médecine, Paris, 1700, in-12 (dédié au duc d'Orléans). Ce livre est divisé en quatre chapitres, dont voici les titres : Chap. Ier. Des soins que doit prendre une femme grosse pour la conservation de son fruit. — Chap IL Dos soins qu'exige l'enfant nouveau-né. — Chap. III. De la nourriture des enfants. — Chap. IV. De quelques autres soins qu'exigent les enfants. On trouve dans ce dernier chapitre des recommandations sur la propreté, sur les vêtements, sur l'exercice. L'ouvrage de Des Essartz, que Rousseau, dit-on, a beaucoup consulté pour la composition de son Emile, obtint un certain succès : il fut traduit en allemand en 1763, et une seconde édition en a été publiée à Paris en l'an VIL

DESPORTES. — Ecrivain français, auteur d'un Essai sur l'instruction publique (1846, i vol. in-8, Paris, Dubochet), dans lequel il a rassemblé, en moins de quarante pages, les renseignements les plus essentiels sur la situation de l'enseignement public et privé dans la France ancienne et moderne. Le simple énoncé des 12 chapitres de ce petit livre, devenu fort rare, indique l'utilité que l'on en peut tirer pour une étude générale de nos écoles, de nos collèges, de nos facultés, de tout ce qui constitue la vie intellectuelle de la nation, les bibliothèques et les sociétés savantes : Chap. Ier. . Résultats généraux ; classement par région territoriale et par départements des Français âgés de ,2l ans, qui savent au moins lire et écrire. — Chap. IL Organisation de l'instruction publique. ! — Chap. III. Instruction primaire; statistique; salles d'asile; colonies agricoles; carte, la première très probablement, qui indique la répartition de l'enseignement élémentaire en France. Ecoles normales, livres, budget, etc. — Chap. IV. Instruction secondaire; tableau statistique ; nombre et importance des collèges communaux et royaux, etc. — Chap. V. Instruction supérieure; ; facultés ; tableaux statistiques de la répartition des I élèves dans les services publics. — Chap. VI. Suite de i l'instruction supérieure. Établissements non-universitaires. — Chap. VU. Education des sourdsmuets et des aveugles. — Chap. VIII. Sociétés scientifiques et littéraires. — Chap. IX. Renseigne- ' ments historiques. — Chap. X. Bibliographie de l'instruction publique. — Chap. XL Livres classiques, imprimerie. — Chap. XII. Bibliothèques publiques.

[L. Maggiolo.] DESSERVAIT. — On donne le nom de desservant au prêtre catholique chargé de la direction spirituelle d'une église appelée succursale. Dans le langage ordinaire, on le désigne le plus souvent sous j le nom do curé, de môme qu'on appelle sa circont scription paroisse, dénomination qui, dans le langage administratif, doit être exclusivement réservée au territoire dune église desservie par un curé. Les attributions, les droits et les devoirs du desservant dans sa succursale sont, au point de vue de l'enseignement primaire, les mêmes que ceux du curé 'dans sa paroisse. — V. Curé, [L. Armagnac. J

DESSIN. — Le dessin a pris de nos jours dans

renseignement populaire une si grande extension,

I les questions de principe et de méthode aux-

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quelles il donne lieu sont si graves, si délicates, si intéressantes que nous croyons devoir donner au présent article le développement nécessaire pour mettre nos lecteurs complètement au courant des discussions contemporaines.

Nous divisons de la manière suivante l'article Dessi?i :

1° Législation et réglementation relative au dessin dans l'enseignement primaire.

2° et 3° Deux articles de haute pédagogie, représentant les deux tendances générales qui, sans s'exclure absolument, se disputent aujourd'hui la direciion des esprits dans cet ordre d'enseignement.

Exposer nous-mêmes avec une impartialité absolue et avec une parfaite exactitude l'une et l'autre thèse eût été à peu près impossible. Mais nous avons eu la bonne fortune d'obtenir pour nos lecteurs une faveur inespérée qni donne à ces pages un prix tout particulier : ces deux articles sont écrits par les chefs mômes de l'une et de l'autre école, par les deux membres de l'Institut dont le nom est attaché avec tant d'éclat aux deux méthodes en conflit : M. Félix Ravaisson, inspecteur général de l'enseignement supérieur, conservateur du Musée des antiques; et M. Eugène Guillaume, directeur honoraire de l'école des Beaux-Arts.

4° Historique succinct des principales méthodes qui se sont succédé depuis le commencement de ce siècle dans l'enseignement populaire du dessin.

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