I. LÉGISLATION
France. — Dès 1791, le dessin, envisagé non comme art d'agrément, mais comme annexe de l'enseignement de la géométrie, figure, dans le projet élaboré par la commission de 1 Assemblée constituante, au nombre des objets de l'instruction primaire : « Dans les villes et bourgs au-dessus de 1000âmesv on enseignera aux enfants les principes du dessin géomé'rat » (Titre Ier, art. 6). Plus tard, le 20 octobre 1793 (3o vendémiaire an II), Romme fait voter à la Convention un projet dans lequel il est dit (art. 3) que les élèves des écoles nationales doivent s'exercer « à l'usage des nombres, du compas, du niveau, des poids et mesures, etc., » ce qui implique l'enseignement des éléments du dessin géométrique.
La loi du '28 juin 18o3 rangeait au nombre des objets obligatoirement compris dans le programme de l'enseignement primaire supérieur, « les éléments de la géométrie et ses applications, spécialement le dessin linéaire et l'arpentage. »
La loi du 15 mars 1850, art. 23, dit que l'enseignement primaire peut comprendre, parmi les branches facultatives : « l'arpentage, le nivellement, le dessin linéaire; » et la loi du 21 juin 1 865, art. 9, ajoute au dessin linéaire « le dessin d'ornement et le dessin d'imitation. »
Le décret du 2 juillet 186fi, sur les écoles normales primaires, range le dessi?i au nombre des branches d'enseignement formant le programme d'études des écoles normales. Cette fois le dessin ne figure plus au programme comme un objet accessoire se rattachant à la géométrie et à l'arpentage, mais comme une branche indépendante.
Enfin l'arrêté du 3 juillet 1866, concernant l'examen pour le brevet de capacité, énumère (art. 2), parmi les sujets de composition qui doivent être traités par les aspirants au brevet complet : « un sujet de dessin linéaire et d'o/n ment; un sujet de dessin d'imitation. » Les art. 16 et 17 de cet arrêté divisent les épreuves concernant l'enseignement facultatif en quatre séries : dans la première série figure le dessin linéaire et d'ornement ; le dessin d'imitation forme à lui seul la troisième série ; une épreuve écrite et une épreuve
orale sont exigées pour chacune de ces séries.
Les instructions ministérielles des 16 et 22 décembre 1875 insistent sur ce point que, « quant au dessin d'imitation, qui représente la troisième série, répreuve qui le concerne est et demeure obligatoire pour que le brevet puisse être considéré comme complet. »
Un arrêté du 26 juin 1879 a porté de une heure à deux heures la durée de l'épreuve de dessin linéaire et d'ornement, fixée à une heure par l'article 16 de l'arrêté du 3 juillet 18G6, pour les aspirants et les aspirantes au brevet facultatif.
Nous venons de voir que les lois du 15 mars 1850 et du 21 juin 1865 distinguent dans l'enseignement du dessin trois parties différentes, désignées par les noms de dessin linéaire, dessin d'ornement, et destin d'imitation. Un arrête ministériel, en date du 21 mai 1878, a fixé comme suit le programme de chacune de ces trois parties, pour l'enseignement du dessin dans les écoles normales primaires et dans les écoles primaires supérieures :
« Le dessin linéaire comprend :
» Le tracé des lignes droites, perpendiculaires, horizontales et parallèles ;
» Leur division en parties égales ou proportionnelles à des lignes ou à des nombres donnés ;
» Le tracé des figures géométriques formées par des carrés, des rectangles, des triangles, des parallélogrammes et des trapèzes ;
» Le tracé des lignes courbes, 'cercles, courbes à plusieurs centres et volutes;
» Le tracé des polygones inscrits dans un cercle ;
» La formation des solides, tels que le cube, la pyramide, etc. ;
» L'usage des échelles ;
» Les relevés géométraux ;
» Les règles élémentaires de la perspective
» Le dessin d'ornement comprend :
» Les rudiments de l'ornement, tels que :
» Les filets parallèles différents de mesure et d'écartement ;
» Les rinceaux linéaires ;
» Les dentelures de mesure égale formées par des lignes droites et contournées;
» Les rosaces et leurs variétés, et autres ornements empruntés à l'architecture, tels que denticules, rinceaux de feuillage, etc. ;
» L'étude des contours et des profils d'objets, tels que moulures, balustres et vases ;
» Enfin, l'étude de l'ornement proprement dit.
» L'enseignement du dessin d'imihdion comprend :
» La copie des modèles dessinés, gravés et lithographies, placés sous les yeux des élèves ;
» La représentation en perspective d'objets artificiels ou naturels placés dans l'espace:
» Le dessin de plantes, fruits et feuillages ,
» L'étude des parties et de l'ensemble de la figure de l'homme et des animaux. j>
Ce programme s'applique aussi aux écoles d'adultes et aux écoles primaires où renseignement du dessin est ou pourra être organisée.
Le même arrêté dispose (titre II, art. 1er) que « les figures et les modèles nécessaires a l'enseignement du dessin linéaire, du dessin d'ornement et du dessin d'imitation, devront être approuvés par le ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, sur l'avis du Conseil supérieur des beaux-arts. Les photographies ne seront admises qu'en tant qu'elles reproduiront des dessins ou des estampes. »
L'enseignement du dessin, dans tous les établissements publics d'instruction primaire oîi cet enseignement est donné, est soumis ;\ une inspection spéciale. Les inspecteurs de cet ordre sont
DESSIN
DESSIN
choisis par le ministre sur la présentation du Conseil supérieur des beaux-arts. (M., titre II, art. 3.)
En exécution de cet arrêté, une première enquête générait! a été faite, sur l'état de cet enseignement (1878-79) par dix-sept inspecteurs spéciaux, nommés le .'il janvier 1870.
Puis une commission, instituée par arrêté du 11 juillet 1819, a été chargée de la rédaction des programmes, qui sont en ce moment (1880) soumis à l'approbation du Conseil supérieur.
Pays étrangers. — Le dessin ligure parmi les branches obligatoires d'enseignement à l'école primaire, dans les Etats suivants : l'Allemagne (sauf le duché d'Anhalt, où le dessin n'est enseigné que dans les écoles primaires supérieures de garçons qui ont spécialement en vue les besoins professionnels ; la Bavière, où le dessin est considéré comme un objet accessoire, Ne/jengegenstand ; le duché de Saxe-Weimar, où le dessin est obligatoire pour les garçons, mais facultatif pour les filles), la Belgique, l'Espagne \au degré supérieur d'enseignement), la Hollande (idem), la Hongrie, l'Italie (idem, et pour les garçons seulement), le Portugal (au 2e degré), la Russie (dans les écoles urbaines), la Suisse (sauf Uri, Unterwald-Obwald, Appenzell Rhodes- Extérieures et Intérieures, Valais, où il ne figure pas dans les programmes, et Unterwald-Nidwald, où il est facultatif). Dans l'Union américaine, les Eiats de Massachusetts et de New- York placent le dessin au nombre des objets obligatoires d'enseignement ; la plupart des villes l'ont introduit dans leurs écoles primaires.
La loi de 1868, en Autriche, ne mentionne pas le dessin au nombre des branches d'enseignement de l'instruction primaire ; mais un arrêté ministériel du 9 août 1873 en a introduit l'enseignement dans les écoles qui dépendent des autorités scolaires provinciales.
En Suède, l'enseignement du dessin est facultatif.
En Danemark, en Angleterre, en Ecosse, en Norvège, le dessin ne figure pas dans le programme officiel de l'enseignement primaire.
Tous les pays qui ont rendu l'enseignement du dessin obligatoire ou facultatif à l'école primaire ont dû nécessairement l'inscrire au programme d'études des écoles normales. La Hongrie possède une Ecole nationale de dessin qui sert en même temps d'institut normal destiné à former des maîtres de dessin,