G97 — DESSIN GÉOMÉTRIQUE
bon do fairo étudier aux élèves les principes de dessin industriel qui doivent être observés tant pour les formes des objets que pour leur décoration. Un grand nombre de ces principes sont assez simples pour pouvoir être aisément compris par les plus jeunes élèves de la division supérieure (grammar school), et quelques-uns môme sont à la portée délèves plus jeunes encore. L'acquisition de L'habileté technique, de La main est accéplutôt que retardée par l'étude de ces principes, qui ajoute beaucoup d'intérêt aux exercices.
10. L'enseignement des principes du dessin industriel doit tenir compte, en premier lieu, de l'usage auquel un objet est destiné; en second lieu, des matériaux qui doivent servir à sa confection, et enfin du modo de fabrication qui sera adapté. Chacun de ces trois points mérite une attention particulière. Chaque destination spéciale a ses exigences propres ; un plan bien adopté à un genre de matériaux ne conviendra pas à des matériaux d'un genre différent; ce qui peut être obtenu par un mode de fabrication peut ne pas l'être par un autre mode.
11. L'enseignement des principes du dessin industriel doit être général, et non professionnel ; pas plus pour le dessin que pour l'arithmétique, par exemple, l'école n'a à s'occuper des détails spéciaux d'application.
12. Des quatre genres d'ornementation — linéaire, conventionnelle, d'imitation, et grotesque, c'est l'ornementation linéaire qui doit être étudiée en premier lieu, parce qu'elle est la plus simple.
13. Le dessin de l'ornement conventionnel doit précéder celui de l'ornement d'imitation. Tous deux s'occupent de formes naturelles : mais l'ornement conventionnel ne les considère que dans leurs traits réguliers et généraux; il est donc plus facile à dessiner, et mieux adapté aux besoins ordinaires de l'industrie.
li.Dans l'ornement conventionnel, la structure organique des formes naturelles reproduites doit être scrupuleusement respectée. Si, par exemple, il s'agit de feuilles qui dans la nature sont alternes, on ne devra pas, dans l'ornement, les représenter comme des feuilles opposées.
15. Dans tout ornement conventionnel, la symétrie et le rythme sont des caractères essentiels, sans lesquels il n'y a pas d'ornementation véritable. L'unité décorative doit être d'abord symétriquement disposée, et ensuite répétée d'une façon rythmique. La symétrie et le rythme se prêtent tout particulièrement aux exigences de l'industrie ordinaire.
10. Dans l'enseignement élémentaire du dessin, l'ornement d'imitation ne tiendra que peu de place, ou sera môme entièrement laissé décote. Sans par- Ici- des erreurs de goût dans lesquelles il serait facile de tomber, ce genre d'ornement se prête difficilement aux exigences de l'industrie courante, qu'il s'agisse de peinture, de ciselure ou de gravure. Quant à l'ornement grotesque, on devra, à ce degré d'enseignement, se borner à une brève mention.
17. L'étude historique de l'ornement doit tenir une place importante dans l'enseignement élémentaire du dessin. Tout en apprenant à dessiner, et en acquérant la connaissance des principes généraux de l'art décoratif, l'élève doit en même temps apprendre a distinguer entre eux, d*une façon nette et précise, les principaux styles d'ornementation.
18. Dans les écoles primaires publiques, (a. l'exception des high schools], l'enseignement du dessin doit être donné par l'instituteur lui-même, comme pour toutes les autres brandies. Avec des maîtres spéciaux, les résultats seraient moins avantageux et les frais seraient plus grands.
19. Si l'on veut obtenir les meilleurs résultats, tant au point de vue de la culture générale, qu'à celui des aptitudes spéciales, l'enseignement devra offrir de la variété à la fois dans les objets étudiés, dans les matériaux employés, et dans le3 méthodes suivies. Il faut y apporter beaucoup de largeur , éviter les systèmes étroits. On visera à obtenir en premier lieu la connaissance des principes; puis la rapidité dans l'exécution; et en dernier lieu seulement le fini du travail. C'est une grande erreur, trop souvent commise, que d'insister avant tout sur le fini du travail, surtout au début. Presque tous les commençant-, si on les laisse à eux-mêmes, dessinent trop lentement; ils se préoccupent trop de la finesse de l'exécution, et trop peu de l'idée à exprimer.
20. On apportera le plus Grand soin à procurer aux élèves un bon matériel pour les leçons de dessin. La véritable économie — si c'est par les résultats qu'il faut prononcer sur ce point — demande, lorsqu'il s'agit de la culture du goût, que l'on fasse choix de ce qu'il y a de meilleur. L'économie bien entendue veut aussi que l'on vise à ménager le temps des élèves, plutôt qu'à épargner une légère dépense. »
Il nous resterait à passer en revue en les appréciant les principales méthodes de dessin qui sont aujourd'hui en usage dans les écoles. Mais même réduite à la France, cette étude, pour être complète, exigerait un développement que nous ne pouvons songer à lui donner ici. Bornons-nous à renvoyer à quelques-uns des documents qu'on peut utilement consulter. Outre les comptes-rendus officiels publiés à la suite des Expositions de 1862 et 18G7,on trouvera dans le Manuel général de l'instruction primaire de 1 807 (p. 828 et suivantes), sous le titre : Les dessins à l'Exposition universelle, un compte rendu très exact et très détaillé des principales méthodes représentées au Champ-de-Mars. Cet exposé est fait par M. d'Henriet, et certaines appréciations sont doublement intéressantes à relire aujourd'hui pour qui veut mesurer le chemin parcouru depuis quelques années.
On peut trouver aussi quelques renseignements dans les Rapport* sur l'instruction primaire aux expositions de Vienne, 1873, et de Phila ■elphie, 1870 : trois méthodes américaines, en particulier, méritent d'être signalées : celle de M. "Walter Smith, qui diffère peu de celle du musée de Kensington, celle de M. Forbriger, de Cincinnati, qui est surtout faite pour la composition en dessin industriel, et celle de M. Frank Aborn, de Cleveland, qui est avant tout un essai original d'enseignement intuitif de la perspective. Cf. aussi l'intéressant Happort de M. Ottin, sur l'e>/>eigneyttent du tiesstn à l'exposition universelle de Paris en 1878, le Rapport de M. Horsin-Déon sur la même exposition, et le chapitre Dessin dans 17/2struction primaire à l'exposition de Paris par Th. Braun. Enfin l'administration des Beaux-Arts va publier un catalogue des méthodes et des modèles que, sur la proposition d'une commission spéciale de l'enseignement du dessin, elle recommande pour les divers degrés d'instruction primaire et secondaire. — Y. Modèles.
DESSIN GÉOM ETRIQUE. — Il n'est pas juste de faire une distinction absolue entre le dessin dit géométrique et celui que l'on qualifie de dessin d'art ou d'imitation, car dans toute représentation d'un objet, d'une ligure, d'un paysage ou d'une scène, le sentiment acquis par le coup d'œil doit s'allier a la précision raisonnée que donne la connaissance des procédés de la géométrie.
Néanmoins, on peut dire que le dessin géométrique est celui qui s'applique plus spécialement à la représentation des objets définis géométrique-