DICTEE
professionnel emprunte à l'importance d'une si haute mission un caractère particulièrement obligatoire et impérieux. [Lescœur.]
DEVOIHS SCOLAIItES. — On comprend sous ce nom les travaux écrits que le maître exige de l'élève comme application des leçons données en classe. Le plus souvent ces devoirs sont faits dans la famille, et l'élève, livré à ses propres forces, ne peut consulter que ses souvenirs ou ses livres. Dans les écoles à un seul maître, une division est souvent occupée h faire un devoir pendant que le maître fait une leçon à une autre division.
Tous les devoirs scolaires doivent satisfaire aux règles suivantes :
1° Offrir à l'élève un moyen de fixer dans son esprit ce qui aura fait l'objet d'une leçon;
s» Exercer son intelligence utilement, et exiger une certaine dose d'attention et de réflexion, sans cependant excéder ses forces;
;>° Etre suivis toujours d'une exacte correction, tant sur la forme que sur le fond.
11 y a, depuis quelques années, une fâcheuse tendance à multiplier outre mesure dans les écoles primaires les devoirs écrits et à en accabler en quelque sorte les élèves. On arrive ainsi à leur faire prendre l'instruction en dégoût ou tout au moins à les déshabituer d'un travail attentif. C'est là le reproche qu'on a souvent fait à l'enseignement secondaire : il a bien plus de force quand il s'agit de l'école primaire. C'est avec raison que M. Gréard écrivait dans son beau rapport de 1878 : « A tous les degrés de l'école primaire, il faut proscrire les tâches artificielles, les devoirs de convention, en un mot, ce qui occupe l'enfant sans l'instruire, ce qui pervertit sa volonté et atrophie son intelligence, en le contraignant à une application stérile. » — Et nous ajouterons avec M. Buisson : « L'enseignement ainsi donné n'est plus un stimulant et un plaisir pour l'intelligence, c'est une discipline subie par contrainte qui n'augmente la somme des connaissances qu'en diminuant l'initiative, le libre élan des facultés mentales. Aussi la science acquise de cette façon n'est-elle pas assimilée par l'esprit, qui la rejette dès qu'il sort de cette atmosphère artificielle de l'école pour rentrer dans la vie de tous les jours et reprendre ses allures naturelles. » [Rapport sur l'Exposition de Vienne, p. 167).
Les instituteurs ont été conduits à cet abus des devoirs écrits, d'une part par l'importance donnée aux expositions scolaires départementales ou régionales, aux concours cantonaux, etc., d'autre part par le désir des familles, surtout dans les villes, de voir leurs enfants occupés pendant tout le temps qu'ils passent à la maison. On s'est ingénié à trouver des exercices variés ; on en a fait des cahiers tout préparés, et il est arrivé trop souvent qu'en classe le temps de la leçon était absorbé par la correction du devoir.
Le reproche le plus mérité qu'on ait fait aux devoirs des écoles primaires, c'est qu'ils constituent un travail mécanique qui occupe les doigts de l'élève mais non son esprit. Ici, ce sont des exercices de conjugaison, des analyses grammaticales où les mêmes formules reviennent sous sa plume sans qu'il songe à s'en rentre compte. La, des dictées mises au net, suivies de la copie de quelques règles de grammaire. Les problèmes d'arithmétique ou les exercices de calcul sont souvent fastidieux, d'un type uniforme, et n'exigent aucun effort d'attention.
("e qu'il faudrait . substituer à ces exercices rebutants, ce serait l'analyse d'une lecture, l'explication de mots bien choisis, la construction de phrases sur un modèle donné, ou le résumé d'une leçon orale ; — la solution do problèmes sur des faits de la vie pratique, d'après des données
usuelles fournies par les élèves ; — quelques tracés de cartes se rapportant à une région spéciale, etc. Ce qui vaudrait mieux encore, ce seraient des exercices d'invention exigeant une réelle activité d'esprit, des recherches personnelles. Mais on ne peut songer à demander de tels devoirs aux élèves du cours élémentaire. Avec eux, on j*e bornera à des exercices simples sur les mots usuels, tels que ceux qui consistent à les ranger sous une même idée, d'après une même terminaison. Tout ce qui excède la somme d'attention qu'on peut légitimement attendre de l'élève doit être écarté. Il ne faut pas, comme l'a dit Villemain, que « l'école soit pour lui un atelier d'un nouveau genre où il épuise ses forces et se fatigue, mais bien une palestre où il les développe et les fortifie. »
Ce qui n'importe pas moins que le choix du devoir, c'est la correction. L'élève ne doit jamais croire que son travail ne sera pas examiné, contrôlé, rectifié. Il serait bientôt conduit à le faire sans attention, avec la seule# préoccupation de remplir un certain nombre de* lignes. 11 faut que, dans la correction, le maître s'attache à reconnaître le mérite du travail, la sagacité à éviter certaines fautes ou à saisir la meilleure expression. Plus il s'intéressera à l'œuvre de l'élève, plus celui-ci s'y appliquera et y mettra de soin.
Le choix des devoirs doit être très varié si l'on veut que l'élève y trouve de l'intérêt. Ils doivent naître des besoins qui se révèlent au cours de la leçon, des lacunes constatées sur une branche d'études, et dès lors on ne saurait les tirer tout préparés d'un livre où l'auteur n'a pu songer à tous les besoins, ni prévoir tous les cas spéciaux. Ici surtout se manifeste le véritable talent du maître; s'il est habile, il saura inventer les devoirs, en régler la forme et l'étendue sur l'aptitude des élèves, et surtout se garder de la monotonie, de la répétition machinale des mêmes types. Les indications qu'il trouvera dans les livres dits & exercices ne seront pour lui que des suggestions ou des conseils. Il créera la forme de son enseignement et aussi les moyens de le fixer dans l'esprit des élèves.
Jamais les élèves ne s'intéressent à de3 devoirs qu'ils trouvent à l'avance dans leur livre : il faut, si l'instituteur en emprunte le texte, qu'il sache le présenter sous une forme qui soit réellement appropriée au degré de culture des élèves.
[B. Berger.]
DIAPASON NORMAL. — Un arrêté du ministre d'Etat du lu février 1 859 a institué un diapason uniforme pour tous les établissements musicaux de France. Ce diapason doit donner 870 vibrations par seconde. Une circulaire du 31 décembre 1860 a rendu obligatoire l'adoption de ce diapason, pour l'enseignement de la musique, soit vocale, soit instrumentale, dans tous les établissements publics d'instruction. [L. Armagnac ]
DICTEE. — La dictée, l'exercice qui consisle à faire écrire par les élèves un texte dont le maître énonce successivement tous les mots, est, dans nos écoles françaises, un des moyens les plus unités pour l'enseignement de la langue maternelle ; c'est aussi une des épreuves les plus décisives servant à constater les résultats qu'on croity avoir obtenus.
Le lecteur devra chercher dans la il* partie ce que nous considérons comme les condition- nécessaires pour la bonne pratique de cet exercice, à savoir comment il faut dicter, ce qu'il faut dicter, et comment il convient de corriger une dictée.
Nous insisterons ici sur la part normale que doit prendre la dictée dans renseignement de la langue française, sur les abus qu'on en peut faire, sur la valeur de cet exercice considéré comme critérium du savoir d'un élève ou d'un aspirant au brevet de capacité.