‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 348 sur 547 · DISTINCTIONS · texte numérisé non relu

DISTINCTIONS

d'une maladie grave qui le met hors d'état d'exercer ses fonctions. Un congé de disponibilité, avec tout ou partie de son traitement, lui est accordé et maintenu jusqu'à ce qu'il ait atteint sa quarantecinquième année. Il a droit alors à une pension de retraite ; il compte quinze années de services, mais pour la fixation du chiffre de cette pension, on ne comptera que treize années de services effectifs. Les sept années de disponibilité ne sont comptées que pour cinq.

Les instituteurs sont rarement mis en disponibilité avec traitement, parce qu'aucune somme n'est portée au budget à cet effet. Cependant des instituteurs publics ont obtenu, sur les fonds départementaux ou communaux, des traitements d'inactivité sur lesquels ils ont versé la retenue, et alors ce temps leur a été compté dans la liquidation de leur pension, dans les limites précédemment fixées.

Les instituteurs ne peuvent être mis en disponibilité par mesure disciplinaire, l'art. 33 de la loi du 15 mars 1850 ayant indiqué d'une manière limitative les peines disciplinaires qui peuvent être prononcées contre eux. Les préfets ne pourraient donc mettre un instituteur en disponibilité que sur sa demande ou avec son consentement, dans le cas, par exemple, où un poste d'instituteur venant à être supprimé pour une cause quelconque, il ne se trouverait pas alors d'école vacante dans le département. De nombreuses décisions ministérielles ont consacré cette jurisprudence.

La mise en disponibilité sans traitement ne fait pas perdre au fonctionnaire les droits à la retraite qu'il a pu acquérir. Ces droits subsistent toujours, mais le temps qu'il a passé dans ces conditions ne lui est pas compté. [L. Armagnac]

DISTINCTIONS HONORIFIQUES. — Par le terme de Distinctions honorifiques on désigne les titres d'officier d'académie et d'officier de l'instruction publique accordés par le ministre de l'instruction publique aux membres de l'Université et aux personnes ayant rendu des services à l'instruction publique.

Les médailles et mentions honorables décernées par le ministre de l'instruction publique aux instituteurs, institutrices et directrices de salles d'asile portent le nom de Récompenses honorifiques ; nous leur consacrons, à ce mot, un article spécial.

Les titres honorifiques remontent à la fondation de l'Université. Ils furent créés par le décret du 17 mars 1 808 et destinés à « distinguer les fonctions éminentes et à récompenser les services rendus à l'enseignement. » (Décr. 17 mars 18U8, art. 32.)

A ces titres étaient attachées, aux termes du décret, « une pension et une décoration ». La première disposition du décret ne reçut pas d'exécution; quant à la décoration, on adopta les insignes trois ou quatre fois séculaires de l'Université. Elle consistait en une double palme, portée sur la partie gauche de la poitrine, brodée sur l'habit de ville.

Les titres honorifiques se divisaient en trois classas : 1° les titulaires ; 2° les officiers de l'Université ; o° les officiera d'académie. Ces titres étaient attachés de droit à certaines fonctions. Ils pouvaient, en outre, être conférés par nomination du grand maître aux membres de l'Université « les plus recommandables par leurs talents et par leurs services » (art. 35).

La double palme d'or était réservée aux hauts titulaires ; le grand-maître, le chancelier, le trésorier et les conseillers de l'Université.

La double palme d'argent devint ie signe distinctif des officiers de l'Université Les inspecteurs de l'Université, les recteurs, les inspecteurs d'académie, les doyens et les professeurs des facultés étaient de droit officiers de l'Université. Le grand -maître pouvait conférer ce titre aux cen-

seurs et aux professeurs des deux premières classes des hcées.

La double palme brodée en soie bleue et blanche distinguait les officiers d'académie. Ce titre appartenait de droit aux professeurs des deux premières classes des lycées et des principaux collèges. Il pouvait être conféré par le grand- maître ;\ux professeurs des autres classes des lycées, aux régents des collèges et aux chefs d'institution.

L.es nominations n'avaient lieu qu'une fois par an, à l'époque de la fête de l'empereur.

Le caractère exclusif que le décret de 1808 apportait à l'obtention des titres honorifiques fut successivement modifié sous la royauté constitutionnelle de 1830.

Le 14 novembre 1844, une ordonnance donne au ministre de l'instruction publique l'autorisation de conférer le titre d'officier d'académie aux maîtres d'études des collèges royaux et des collèges communaux.

Le 9 septembre 1845, le titre d'officier de l'Université peut être décerné aux aumôniers des collèges, aux économes, aux principaux des collèges communaux et aux inspecteurs des écoles primaires. En outre, les nominations devaient avoir lieu deux fois par an ; aux grandes vacances et à l'époque de la fête du roi.

Le Ier novembre 1846, nouvelle extension : création de nouvelles catégories d'ayants-droit et d'éligibles aux titres honorifiques.

En 1850, on reconnut que les distinctions honorifiques, pour produire tout leur effet, ne devaient être accordées qu'à des services exceptionnels ou anciens rendus dans l'exercice d'une fonction, et on exigea pour le titre d'officier d'académie un certain temps de services effectifs, et pour celui d'officier de l'instruction publique, qui remplaça alors le titre d'officier de l'Université, la possession, durant cinq années au moins, du grade d'officier d'académie.

Le décret du 7 avril 186G a autorisé le port des palmes sur l'habit de ville comme sur le costume officiel.

L'usage a modifié la forme extérieure de cette décoration en réduisant peu à peu ses premières dimensions. Au lieu d'être brodée sur le ruban même, elle y fut suspendue. Mais une note insérée au bulletin administratif du ministère de l'instruction publique rappela que, d'après la législation générale sur les distinctions honorifiques en France, le ruban seul de la Légion d'honneur pouvait être porté sans la décoration et qu'il n'était pas dérogé à cette règle en faveur des palmes universitaires dont le ruban violet moiré ne devait pas être séparé des insignes.

Les palmes étant devenues, par le décret du 7 avril 1866, une véritable décoration, des archives spéciales furent constituées au ministère de l'instruction publique et dans les dix-huit chefs-lieux académiques.

Ces archives renferment toutes les nominations postérieures au décret précité et toutes celles qui remontent à une époque antérieure. Tous les mois les recteurs adressent au ministre un état des extinctions (Circulaire du 24 août 1866).

Depuis 18t;6, les nouveaux titulaires reçoivent un brevet sur parchemin revêtu de la signature du ministre et de l'empreinte du sceau du ministère; la décoration est également remise au titulaire à l'instar de ce qui se pratique à la chancel: lerie de la Légion d'honneur.

Le décret du 2" décembre W>6 règle les conditions d'admissibilité et le mode de présentation.

Les titres honorifiques sont conférés, par le ministre de l'instruction publique, sur la proposition des recteurs et. après avis des inspecteurs généraux réunis en comité (comité consultatif de l'enseignement public), aux membres de l'ensei-

DISTRACTION

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gnement supérieur, de renseignement secondaire public ou libre, aux fonctionnaires de l'administration de l'instruction publique, aux fonctionnaires des écoles normales primaires, ainsi qu'aux littérateurs et aux savants.

Ils sont conférés aux instituteurs, aux institutrices, aux directrices de salles d'asile, publics ou libres, sur la proposition des préfets ou sur celle des recteurs. Aux membres des sociétés savantes des départements et aux correspondants du ministère pour les travaux historiques, sur la proposition du comité des travaux historiques et des sociétés savantes et sur celle des présidents élus par les délégués des sociétés à l'époque de leur réunion à Paris. Aux personnes qui ont bien mérité de l'instruction publique, soit par leur participation aux travaux des délégations cantonales et des conseils ou commissions établis près des lycées, des collèges, des écoles normales, soit par le concours efficace qu'elles ont prêté au développement de l'enseignement à tous ses degrés et sous toutes ses formes, sur la proposition des recteurs.

Les fonctionnaires et membres de l'enseignement public et libre ne peuvent être nommés officiers d'académie qu'après cinq ans de services ou d'exercice.

Nul instituteur, public ou libre, ne peut être présenté pour les palmes d'officier d'académie, s'il n'a obtenu, depuis deux ans au moins, la médaille d'argent instituée par l'arrêté du 15 juin

Nul ne peut être nommé officier de l'instruction publique, s'il n'a été, pendant cinq ans au moins, officier d'académie, sauf les personnes déjà titulaires du grade d'officier de la Légion d'honneur.

Les nominations d'officiers d'académie et d'officiers de l'instruction publique ne peuvent avoir lieu qu'aux trois époques suivantes :

1° Au 1er janvier;

2° Au Kjuillet;

3° A l'époque de la réunion à Paris des sociétés savantes des départements.

Toutefois, en dehors de ces époques, le ministre s'est réservé la faculté d'accorder un certain nombre de distinctions honorifiques à l'occasion de quelques cérémonies placées sous son patronage. Les séances annuelles des sociétés philotechniques et polytechniques qui reçoivent de l'administration des livres, des livrets de la caisse d'épargne, etc., rentrent dans cette catégorie.

[Georges Petit.]

DISTRACTION. — La distraction est un état d'inattention accidentel ou habituel, dans lequel l'esprit poursuit involontairement une série de réflexions intimes, ou s'abandonne à certaines impressions extérieures, en négligeant ce qui devrait être pour lui un objet unique et sérieux d'attention.

Disons tout d'abord que la distraction, qui peut être la faute du maître, est le plus souvent du fait des enfants. La moindre contention d'esprit fatigue leurs faibles cerveaux. Non quils ne soient capables d'un certain nombre d'efforts intellectuels : mais encore faut-il que ces actes soient peu prolongés, et portent sur des objets souvent renouvelés. La mobilité est. pour ainsi dire, une des fonctions de l'enfant : il est aussi difficile de fixer son attention que d'empêcher ses membres u(! bouger. Mais si l'attention chez lui est de courte durée, sa curiosité naturelle et son besoin impérieux d'impressions fraîches permettent de l'obtenir pour quelques instants avec la plus grande facilité. L'attrait, voilà le talisman infaillible contre la distraction. On l'a dit avec raison : l'enfant distrait est celui qu'on ne distrait pas assez.

Mais ce défaut commun à tous les enfants

prend chez quelques-uns des proportions vraiment affligeantes. Il est des naturels maladife dolents, apathiques, sur lesquels la parole du maître glisse, aussi bien que les encouragements ou les réprimandes. « Tout leur est distrac dit Fénelon, ils ne sont jamais où ils do. être. >; Ils oublient ce qu'ils savent le mieux, le lieu où ils se trouvent, les personnes qui leur parlent; leurs réponses, leurs actes, sont toujou s à contre-temps; ils disent blanc pour noir, oui pour non ; ils ne se bornent pas à répondre aux questions avant qu'elles soient formulées, mais ils répondent aussi aux questions qu'on ne 'eur adresse pas. Têtes de linottes, dont l'attention ne peut un instant s arrêter sur une idée.

En dehors de ces cas extrêmes, le maître doit se demander si la distraction de ses élèves ne vient pas en partie de sa faute. Si 1 instruction, au lieu de mettre en jeu toutes les facultés de l'intelligence, ne fait appel qu'à la plus indifférente de toutes, à la mémoire; si on la force à n'enregistrer que des règles, des mots, des faits et des dates, en les accompagnant d'explications plus ou moins abstraites; si l'on ne proportionne pas la quantité des devoirs ou la durée des exercices à la capacité individuelle d'attention; si l'attrait de l'enseignement ne vient pas à chaque instant provoquer la curiosité et soutenir l'effort intellectuel, faut-il s'étonner que l'enfant ne cherche pas à comprendre, n'écoute pas, ne regarde pas ce qui se fait en classe? Et, comme il ne lui est pas permis de dormir, et qu'il ne saurait parvenir à cet idéal de la paresse, ne rien penser, n'est-il pas bien naturel qu'il s'occupe avec le plus sérieux intérêt à regarder voler les mouches ou à taquiner ses camarades, à moins que sa charmante imagination ne le promène dans les champs, aux bords des ruisseaux, ou à travers une belle partie de barres? Ainsi donc, travail très court, variété dans les objets d'enseignement mesure et à-propos, en un mot, autant d'attrait que possible, — voilà des moyens sûrs pour combattre la distraction. Ajoutez à l'attrait qui vient des matières enseignées celui qui peut naître des qualités naturelles ou acquises du maître, de son entrain, de son imagination, de ses sentiments, de ses gestes expressifs, des inflexions variées de sa voix, de son attachement évident à ses élèves, et il sera bien facile de neutraliser ce défaut inhérent à l'enfance. Quand l'étourderie, môme excessive, vient d'un défaut naturel d'intelligence, mais accompagné d'une certaine vivacité, il n'y a que demi-mal : il ne sera jamais impossible de rendre attentif, à ses moments, et pour un temps donné, un enfant sensible : il y a toujours quelques ressources ignorées dans ces folles petites têtes. La sensibilité est la sœur aînée de l'intelligence.

Mais la difficulté est beaucoup plus grande, quand on a affaire à cette étourderie d'indolence, qui accuse un état de langueur maladive. Dans ce cas, il est bon de ne perdre jamais ni espoir ni patience, d'agir avec tout le tact et toutes les précautions que réclament ces organisations malheureuses, et d'avertir, au besoin, les parents de la nécessité de leur appliquer une curation médicale. La contrainte n'aurait pour résultat que de briser ces cerveaux délicats, sur lesquels l'attrait lui-même a si peu de prise. C'est ici que la patience jouera u-: rôle dominant : ou le mal doit passer bientôt, et il faut attendre que la force avec la santé reparaissent, pour regagner le temps perdu; ou le mal doit ne s'affaiblir qu'à la longue, et il faut se résigner à le combattre à petits coup-* répétés, comptant toujours sur la fécondité relative du sol même le plus ingrat. Trouvez un p< tu coin, dans cette intelligence, où le bon grain fructifiera, et, par l'heureuse influence de cette culture, la fertilité s'étendra peu à peu aux parties

DISTRIBUTION

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voisines. C'est ainsi que nous avons vu un enfant indifférent à tout, incapable do fixer son attention sur rien, développer ses facultés d'observation, de mémoire, de jugement, d'imagination, à propos du plaisir de la pêche, qui devint pour lui une occupation passionnée, et véritablement intellectuelle : sa faculté d'attention, pour ne parler que de celle-là, en reçut, un grand surcroît de force, dont un maître intelligent tira parti pour ses éludes. [Bernard Perez.]

DISTRIBUTION DE PIlIX. — I. Historique.

— Distribuer des prix aux élèves les plus méritants a été, à toutes les époques, l'un des moyens les plus employés pour exciter et soutenir l'émulation dans les écoles.

Quintilien veut que l'étude soit un jeu pour l'enfant, qu'on le loue, qu'on le stimule par des récompenses proportionnées à son âge.

« Aidez l'enfant à surmonter les difficultés des études, dit saint Jérôme, encouragez-le par de bonnes paroles, par des éloges, proposez-lui des récompenses. »

A partir du xve siècle, on trouve dans les archives des communes, dans les registres des hospices, des preuves évidentes que cet usage antique a passé des collèges dans les classes abécédaires, dans les petites écoles. Les constitutions des congrégations enseignantes, les règlements diocésains et les statuts synodaux renferment des chapitres qui témoignent de l'ancienneté et de l'utilité de ces cérémonies scolaires. Elles avaient lieu soit à la mi-carêmo ou au 1er mai, époques de la première communion et de la reprise des travaux agricoles ; soit à la fin de juillet, avant la moisson ; soit à la fête de saint Nicolas pour les garçons, et à celle de sainte Catherine pour les filles. Voici quelques extraits des procès-verbaux de ces distributions : En 158e», à Chalon-sur-Saône, dans la division des abécédaires, les petits élèves, « en la présence des assistants, écrivaient une même sentence; comparaison faite de toutes les écritures, celui qui était déclaré le mieux écrivant et ayant tenu une meilleure mesure et proportion en son escript, recevait des mains du maire deux plumes et un ganivet. » Dans les classes plus élevées, on donnait un livre, une escriptoire. En 1593, la distribution des prix coûta 5 écus, 28 sols, 3 deniers; en 1596, 8 écus, 10 sous. Dans les diocèses de Metz, de Toul, de Verdun, de Keims, à la fête de saint Nicolas, les maîtres avaient coutume d'habiller en -évêque l'écolier le plus sage et le plus docte ; on le conduisait processionnellement à l'église; il était le roi de la fête; en son honneur on distribuait des imagos, des gâteaux à tous les élèves. Dans les Vosges, les autorités de la commune remettaient des livres, des images, des fournitures de classe aux élèves qui avaient obtenu les meilleures places et le plus de bons points; on leur donnait une place d'honneur à l'école, et à l'église le dimanche et les iours de fête.

Dans ses constitutions et dans ses lettres, le B. P. Fourier *, fondateur de la congrégation de ÏVotre-Dame, recommande aux religieuses d'encourager les petites filles et, « si elles apprennent bien, de leur donner pour prix quelque papier, quelque belle plume ou autres objets semblables. »

En évêque de Toul (1749) indique aux maîtres des petites écoles quand, et comment on peut et on doit récompenser et exciter l'émulation : « On peut récompenser les enfants par des jeuv. innocents et mêlés de quelque industrie, mais plus facilement par de petits présents comme des livres, des chapelets, des reliquaires, des estampes ou

des images signées pour les sauver du fouet

Si les maîtres ou maîtresses ont le moyen de faire ces libéralités ou si quelque personne bien intentionnée leur fournit de quoi pour cela, ils

distribueront pour chaque classe tous les moi* un prix pour la lecture, un pour l'écriture, un pour le catéchisme, un pour l'orthographe, et un pour l'arithmétique; ils le donneront à celui gui Vaura mérité en faisant le mieux, sans aucune' acception de personnes; ils examineront aussi de temps en temps les bonnes notes r et quand le nombre auquel il y aura une récompense attachée sera accompli, ils seront fidèles à la donner. »

L'usage des distributions des prix était tellement passé dans les habitudes scolaires, que le 21 décembre 1792, le député Rabaud- Saint- Etienne propose à la Convention que la fête desenfanis sera célébrée chaque année le 1er juin. Dans les réunions et fêtes décadaires, on devait donner des prix à l'élève qui réciterait le mieux les droits de l'homme, les chapitres de la Constitution. 11 suffit enfin de lire les discours de clôture des écoles centrales pour se convaincre que la tradition non interrompue, en France, a été d'exciter par des récompenses chez les élèves le sentiment de l'honneur et le goût de l'étude.

[L. Maggiolo.]

II. Conditions actuelles. — Les distributions de prix n'existent, pour les écoles primaires, que dans les villes et dans les communes importantes qui s'imposent cette dépense facultative. Mais elles n'y ont pas toujours le caractère sérieux qu'on leur donne dans les lycées et les collèges. Là il n'y a de prix que pour les élèves qui les ont réellement mérités par leur travail ou leurs succès. Il n'en est malheureusement pas de même dansbeaucoup d'écoles primaires et surtout dans les pensionnats. L'institution y a perdu sa valeur morale. On donne des livres à presque tous les élèves. Ce ne sont pas des prix, mais des cadeaux ou, comme on le dit par euphémisme, des encouragements. Pour arriver à contenter tout le monde, on est dans la regrettable nécessité de multiplier les prix au delà de toute mesure et d'en instituer avec des titres vraiment dérisoires. C'est là un déplorable moyen d éducation. Tel enfant qui comptait sur un prix le voit passer à un de ses camarades, et celui-ci est tout surpris d'être récompensé quand il n'a jamais eu de bonne place. Les enfants sont bons juges du mérite, et une distribution de prix qui froisse en eux le sentiment de la justice devient une cérémonie dérisoire. Or il faut que de bonne heure ils s'habituent au respect des institutions publiques, et comprennent que les récompenses ne vont qu'au mérite et au savoir.

Le maître ne doit être guidé dans l'attribution des prix par aucune considération étrangère, ni par la position sociale ou la fortune des familles, ni par le caractère aimable et doux de l'enfant. Le fils du plus pauvre journalier et celui du riche: propriétaire doivent être traités sur un pied d'égalité, avec une rigoureuse justice.

Dans les lycées et collèges, toutes les compositions hebdomadaires de l'année y compris lescompositions finales, jadis connues sous le nom de compositions des prix, concourent à la détermination du prix d'excellence. Les prix spéciaux à chaque faculté sont déterminés par la lotalité des compositions de l'année, mais les compositions finales comptent double (arr. 8 sept. 1879).

Cette organisation est très simple et pourrait être appliquée ou imitée dans les écoles primaires.

Les distributions do prix ont souvent pour résultat de retenir quelques enfants à l'école jusqu'à la fin de l'année scolaire. Elles permettent aussi de répandre, dans des familles où les livres de lecture sont rares, de bons ouvrages de littérature, des biographies inspirant 1 amour do la patrie, des notions utiles sur les grandes décou-

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