‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 349 sur 547 · DOCTRINE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

DOCTRINE CHRÉTIENNE

vortcs en industrie, en agriculture, etc. Ces livres passent de main en main et sont conservés comme Un agréable souvenir des études de la jeunesse. Par cette considération, il y a lieu de propager l'usage dos distributions de prix. [E. Cuissart.J

III. Résultats moraux. — Beaucoup de moralistes se sont demandé si l'usage dos prix dans les écoles primaires n'avait pas plus d'inconvénients que d'avantages. Il est à remarquer que <lans dos pays qui devancent la Franco pour l'instruction populaire, notamment l'Allemagne et la Suisse, on ne connaît pas les distributions de prix, surtout avec l'appareil solennel qui leur est donné che2 nous. Port-Royal et Ilollin ne les ont pas connues non plus, et l'on peut dire qu'elles so sont développées à mesure que le système d'éducation des jésuites a prévalu et grâce à la faveur dont a joui le Concours général des lycées de Paris.

En Belgique, cette question : « Faut-il supprimer les distributions de prix ? Doivent-elles être remplacées par un autre moyen d'éducation ?» a été discutée par les congrès scolaires, et elle a été résolue dans le sens de l'affirmative sur l'avis conforme des directeurs , pour les élèves de l'école industrielle et de l'école supérieure d'adultes de la ville de Liège.

L'émulation est On ressort fort délicat et il faut le manier avec beaucoup de tact. Le désir naturel d'être loué, d'obtenir la première place peut facilement dégénérer en jalousie, en orgueil, •et en froid égoïsme.

« Faire vivre un enfant dans cet état d'irritation où le tient l'envie de supplanter les autres et la crainte d'être supplanté, c'est lui nuire de mille manières; c'est agacer ses nerfs mobiles, c'est altérer son humeur, c'est le porter en cas de revers à trouvor un refuge dans le dénigrement, dans la moquerie, froide disposition du cœur.

» Quand on voit des institutions combinées de manière à fomenter l'envie, à exciter le désir de déprimer les compétiteurs, et à faire jouir chaque enfant des défauts des autres, comment se réconcilier de bonne foi avec un tel ordre de choses? Comment soutenir que les lumières doivent surtout servir à rendre les hommes meilleurs, lorsque, dans l'espoir d'un peu plus de lumières, on s'expose à les rendre plus mauvais ? Il ne résulte pas de là beaucoup de mal, à ce qu'on assure ; mais est-ce une bonne excuse, quand il en résulte toujours un peu, et quand il ne peut en résulter aucun bien? » (Mine Neckèr de Saussure, De V éducation progressive, liv. IV, ch. vin.)

« Il est incontestable, dit Bain, que de tout temps les plus grands efforts de l'intelligence humaine ont été déterminés par l'émulation, la lutte et l'ambition d'être le premier Or, la question est de savoir si un moindre degré de perfection, accessible aux facultés moyennes, ne pourrait être obtenu sans l'aide de ce stimulant. Si cela était, l'avantage moral serait évident. Quoi qu'il en soit, il n'est nullement nécessaire de le faire intervenir trop tôt, ou d'en faire usage dès le début. Pendant l'enfance, il s'agit, de développer les sentiments bienveillants, et il vaut mieux ne pas avoir recours à l'émulation. Pour un travail qui est facile et intéressant, elle serait inutile. Chez les élèves doués d'une facilité peu ordinaire, il faudrait plutôt développer la modestie que l'orgueil. » (La science de l'éducation, ch. v.)

Il nous a toujours semblé que les motifs qui ont pu être invoqués pour les distributions de prix des lycées et collèges ne sauraient avoir de valeur pour celles des écoles primaires. Il s'agit, ■dans les lycées, de faire remarquer, d'exciter au travail les élèves qui annoncent du talent en vue des carrières libérales ou des fonctions publiques. Dans les écoles primaires, on a pour but de mettre

tous les élèves, et non une élite, en possession des

connaissances indispensables. Ce qu'il y faut, encourager, c'est l'effort, le travail \ ersévérant, tan

dis qu'au lycée on veut susciter les aptitudes rares et signaler les sujets distingués. Le but n'étant pis lé môme, on ne saurait recourir aux mêmes moyens. [B. Berger.]

IV. Législation. — Dans chaque département ies présidents des distributions de prix dans les écoles communales sont désignés par le préfet. Aucun discours ne devra être prononcé dans ces fêtes scolaires s'il n'a reçu, au préalable, l'approbation du président (Arr. 2!) octobre 1873, art. 8 et 4). L'art. 104 du décret du 17 mars 1808, et l'art. 219 du statut du '» septembre 1821, avaient déjà prescrit l'approbation pour les discours. Depuis l'établissement de la liberté d'enseignement, les directeurs d'écoles libres ne sont plus soumis à cette règle.

Le nouveau règlement-modèle * des écoles interdit toute représentation théâtrale dans les écoles publiques (Bègl. mod., 5 juin 1880, art. \h\.

[L. Armagnac]

DIVISION. — Signification. — En général, dans le langage scolaire, on entend par division un groupe d'élèves recevant le même enseignement sur l'ensemble ou sur une branche du programme d'études : l'effectif de nos écoles normales se répartit en trois divisions comprenant l'une la promotion de première année, l'autre celle de seconde, l'autre celle de troisième ; un instituteur peut dire : les diverses divisions de mon école ou de ma classe, ou bien : ma première, ma deuxième, ma troisième division de lecture, d'écriture, d'arithmétique, etc.

Doctrine. — Dans notre système d'organisation pédagogique actuel, le mot division, en tant que signifiant le classement général des élèves d'une école, a à peu près disparu ; on l'a remplacé par celui de cours ; il y a le cours élémentaire, le cours moyen ou intermédiaire, et le cours supérieur, correspondant chacun à un certain degré de développement intellectuel et aussi aune certaine dose d'enseignement sur toutes les matières.

Comme nous l'avons dit ailleurs (V. Cours et Classement des élèves), un cours peut comprendre plusieurs classes soit parallèles, soit simplement nuancées. Mais une môme classe ne doit plus être partagée en di'-is'ons. Il est de principe que, comme dans l'enseignement secondaire, le professeur doit s'adresser à tous sos élèves à la fois et leur donner le même enseignement en prenant pour base la force moyenne des enfants qu'il a devant lui; les divisions multiples qu'admettait l'ancienne pédagogie sont absolument bannies.

Toutefois, un fractionnement s'impose dans la petite classe ou division inférieure du cours élémentaire, pour la lecture ou le calcul, à cause des nouveaux venus ou des retardataires : on ne peut faire marcher de front des enfants qui ne connaissent pas ou qui connaissent à peine leurs lettres, avec des enfants qui arrivent, presque à la lecture courante, des enfants déjà en état de faire quelques petites opérations arithmétiques avec ceux qui n'ont aucune idée de la numération.

Le partage d'une même classe en trois cours ou divisions s'impose encore dans les écoles à un seul maître. Là, en effet, l'instituteur ne peut que rarement parler pour tous; force lui est de faire la plupart de ses leçons séparément et successivement a chacun des trois cours, à chacune des trois divisions fondamentales entre lesquelles il a dû répartir son effectif scolaire.

[E. Brouard.]

DOCTRINE CHRETIENNE (Frères de la). — Nom d'une congrégation religieuse d'hommes, qui se consacre à l'enseignement primaire. Elle a été autorisée par ordonnance royale du 17 juillet

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