‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 35 sur 547 · ANECDOTES · texte numérisé non relu

ANECDOTES

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de la bonne éducation, se trouvent dans sa Description de la République chrétienne en latin et dans sa Citai/elle chrétienne (en allemand). Il était très lié avec Amos Comenius*, et il sut comprendre plus que personne en son temps la portée de la Didactica magna. Spener disait de lui, par allusion à l.i vivacité de ses attaques contre la scolastique : « Si quelqu'un peut réveiller les morts, c'est Andréa?. » Sa vie fut un modèle de dévouement ; à Calw, où il fut doyen, il nourrissait à ses frais les élèves pauvres.

ANECDOTES. — Les anecdotes sont nécessaires à l'enseignement; elles le sont surtout au degré primaire. Elles donnent plus d'attrait à l'étude, soutiennent l'attention fatiguée, rappellent les esprits distraits. Un orateur athénien, voyant que ses auditeurs ne l'écoutaient pas, leur raconta une fable ; aussitôt on prêta l'oreille ; et après les avoir fait rougir de leur légèreté, il put reprendre son discours et se faire écouter. L'instituteur a souvent besoin de recourir à pareil artifice. L'anecdote habilement placée est un de ses petits moyens de succès: elle peut animer, égayer, quelquefois môme éclaircir utilement presque tous les genres d'enseignement.

C'est surtout, dans l'histoire qu'elle se place naturellement : il suffit parfois d'une anecdote pour donner aux personnages historiques leur caractère, leur physionomie particulière, pour en faire en quelques mots un portrait qui prendra sa place dans l'imagination et dans la mémoire. Parlez d'Alexandre, de Charlemagne, d'Henri IV, de Louis XIV, ce ne sont que des noms pour les enfants ; si l'on s'en tient aux généralités, aux guerres, aux traités, aux institutions, tout cela se ressemble et se confond dans l'esprit de l'écolier. Quelques anecdotes serviront à distinguer les figures. Henri IV, surpris par un ambassadeur se promenant dans sa chambre sur les pieds et sur les mains, ayant son fils sur le dos, ou faisant passer des vivres aux Parisiens qu'il assiège ; ou bien disant qu'il veut que tous les Français puissent chaque dimanche mettre la poule au pot, ce sont là des traits qui le feront bien mieux connaître aux enfants que de longues dissertations. Voulez-vous leur parler d'Alexandre, de sa soif de gloire et de son insatiable ambition, racontez qu'étant encore enfant, il se mit à pleurer en apprenant une nouvelle victoire de son père; comme ses amis lui en demandaient la cause : « J'ai peur, leur dit-il, que mon père ne s'empare de tout l'univers et ne me laisse plus de conquête à faire. » Voulez-vous faire comprendre le rôle de Charlemagne comme restaurateur des lettres ? Racontez sa visite à l'école, ses reproches aux enfants de familles riches, ses encouragements aux pauvres : cela peint et l'homme et l'époque. C'est peur les enfants surtout qu'on pourrait dire de l'anecdote comme de la légende, qu'elle est plus vraie que l'histoire.

Les anecdotes sont aussi profitables à l'enseignement moral. Quel discours sur l'amitié et la fidélité à tenir sa parole sera plus éloquent que l'aventure de Pythias et Damon ? Pythias était condamne à mort parDenys le tyran ; il demande la faveur d'aller auparavant terminer quelques affaires dans une ville voisine. Damon, ami de Pythias, se constitue prisonnier à sa place. Le jour fixé pour le supplice, Pythias n'est pas de retour, Damon est conduit au supplice. Au moment où le glaive du bourreau allai t. s'abati re sur sa tête, Pythias arrive hors d'haleine : il avait été arrêté en chemin. Denys, touché de voir les effets d'une pareille amitié, pardonna à Pythias et combla les deux amis de ses faveurs. Quelles leçons de courage, de patriotisme, ne peut-on pas tirer des anecdotes classiques sur les mères Spartiates, sur les femmes romaines, sur les philosophes grecs, sur les stoïciens! Dans un ordre inférieur et plus près de nous, combien de fois n'a-t-on

pas donné en exemple l'épingle de Laffitte? On ne peut mieux rendre sensible aux erfants l'importance de l'ordre et de l'économie dans les petites choses.

Enfin, au point de vue spécial qui nous occupe, nous ne devons pas omettre l'utilité des anecdotes qu'on pourrait appeler pédagogiques, comme celleci par exemple : Deux philosophes anglais, Johnson et Boswell, discutaient sur l'utilité de l'instruc tion en passant la Tamise dans une barque que conduisait un enfant d'une douzaine d'années. Johnson soutenait qu'on exagère le prix du savoir et le besoin qu'en a l'homme. Tenez, dit-il à Boswell, voilà un garçon qui rame tout aussi bien sans rien savoir que s'il pouvait chanter la chanson d'Orphée aux Argonautes. Eh ! mon garçon, ajouta-til, que donnerais-tu bien pour savoir quelque chose des Argonautes ? — Je donnerais tout ce que j'ai, monsieur, reprit l'enfant.

Quelques-unes des anecdotes pédagogiques que cite Rousseau dans l' Emile, devraient être familières à tous les instituteurs. N'en citons qu'une, parce qu'elle se rapporte précisément à un trait d'histoire ancienne, et à l'usage qu'il convient de faire de l'anecdote historique. Alexandre avait reçu une lettre lui assurant que son médecin Philippe voulait l'empoisonner, en lui donnant une médecine. Philippe apporte le breuvage, Alexandre le prend de ses mains, l'avale d'un trait en même temps qu'il tend la lettre à Philippe. Rousseau raconte qu'un enfant à qui on avait fait apprendre ce noble trait en semblait tout ému. Rousseau lui demande ce qu'il y trouve d'admirable : « C'est, dit-il. qu'il ait avalé d'un trait une médecine si mauvaise. » Ce n'est pas le tout de faire provision d'anecdotes ; il ne suffit pas d'amuser, il faut instruire, et pour cela se faire comprendre. L'anecdote purement plaisante peut faire rire un instant, mais ne doit pas être prodiguée ; ce serait chez un maître une mauvaise habitude d'esprit de s'y complaire et un mauvais service à rendre aux élèves que de leur en faire prendre le goût.

[Adrien Desprez].

ANGLETERRE. — Ce n'est que tout récomment que l'instruction publique a commencé à subir le contrôle de l'Etat en Angleterre : dans ce pays, on lésait, l'intervention du gouvernement n'est considérée comme nécessaire que lorsque l'initiative privée est évidemment en défaut.

Le principe qui domine dans le système de l'éducation à tous les degrés est le même que l'on retrouve plus ou moins souverain dans toutes les sphères de la vie civile et politique, celui du sclfgovemmen1:.

L'Etat n'enseigne pas. Quoique, d'après la Constitution anglaise, le Parlement fût arbitre suprême en toutes les matières, il s'est contenté de reconnaître à certaines corporations, à certaines sociétés, le privilège d'enseigner, de conférer des diplômes, d'ouvrir des écoles, de fonder des bourbes, etc.; c'est à ce rôle que se borne son action vis-à vis de l'enseignement supérieur {collèges, universités) et de renseignement se condaire ou moyen [put/lie schools, gramniar schoo/s, high schoo/s, etc.)

Quant à l'enseignement élémentaire, qui touche de plus près aux intérêts de la majorité, il devait attirer plus souvent et plus efficacement l'intervention de l'autorité publique, soit gouvernementale, soit locale; mais là encore le Parlement a laissé libre essor à l'esprit de charité et au zèle religieux : il n'a inouïe consenti qu'avec peine à encourager ou à stimuler ie zèle des associations qui avaient entrepris l'éducation dupeuplc, en accordant à leurs écoles ou à leurs maîtres, sur le rapport d'inspecteurs dn gouvernement, des subventions etdes primes (grants) proportionnées aux résultats obtenus. E'>fi:i il y a quelques années il a reconnu la nécessité d'intervenir plus directement en créant pour les indigents

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et les vagabonds des écoles entretenues et dirigées par l'Etat [Pauper schools, naval schools, re/ormatories, industrial schools) et en ordonnant la création de comités scolaires élus (school boards), destinés à améliorer et à étendre les moyens d'éducation aux frais des contribuables dans tous les districts où il y avait insuffisance reconnue.

L'histoire de cette marche progressive, souvent entravée par les jalousies sectaires et les rivalités de parti, mérite d'être étudiée. Ce développement de l'éducation populaire, accompli à force de luttes et de persévérance, est peut-être, avec l'extension du droit de suffrage, le fait le plus important que la Grande-Bretagne ait eu à enregistrer dans ses annales depuis une douzaine d'années.

Jusqu'en 1803 on peut dire que l'enseignement primaire était uniquement entre les mains du clergé anglican. A cette époque, grâce aux réclamations de certains esprits libéraux, parmi lesquels il faut citer surtout les méthodistes, les Wesley, les Raikes *, les Lancaster *, une enquête fut rodonnée et prouva que les écoles étaient aussi mal entretenues qu'elles pouvaient l'être. La moyenne des enfants fréquentant les écoles était d'environ 900 000 sur 2 200 000.

Deux ans après (180.S),et comme premier résultat de ces révélations, se constituait, grâce à l'initiative de Lancaster, une société qui prit plus tard le nom de British and foreign school Society et dont l'influence ne tarda pas à inquiéter le clergé de l'Église établie, parce que Lancaster appartenait à la secte des quakers, et avait réduit l'instruction religieuse donnée à l'école à la lecture de la Bible. Cet homme de bien fut le premier qui appliqua en Angleterre le système des moniteurs, qui ne tarda pas à passer en Amérique, puis dans les Indes et jusqu'en Australie. Son école-modèle de Londres reçut la visite de George III. Mais la gloire de cette œuvre rejaillissait sur une secte dissidente, et le clergé anglican, qui accusait Lancaster de donner aux enfants une éducation athée (a godless éducation), résolut de lui opposer un pédagogue orthodoxe, le docteur Bell, théologien de l'université de Saint-André. Celui-ci, sur la proposition de l'archevêque de Cantorbéry, constitua une société ayant pour but de rivaliser avec les écoles lancastériennes, \a.Naiional school Society ofthe Church of England, qui fit enseigner le catéchisme 'anglican dans ses écoles. (V. Bell et Lancaster.)

Cette concurrence, qui dure encore, de deux associations actives et riches, à côté desquelles s'en groupent d'autres encore (telles que Home and colonial Society, Wesley an gênerai Commit tee of Education, et une foule de sociétés locales, protestantes, catholiques ou israélites), profita sans doute à la cause de l'éducation. Tandis pourtant que la Suisse et la Hollande avançaient rapidement dans la voie des réformes scolaires et que l'Allemagne elle-même, forcée de devenir libérale pour lutter contre Napoléon, favorisait le développement de l'instruction, il semblait que l'Angleterre, isolée par sa position, son antagonisme contre la France et la puissance de son aristocratie, voulût se soustraire à ce mouvement continental.

Enfin vers 1833, à l'époque où Guizot créait chez nous l'instruction primaire, lord Brougham et lord John Bussell réclamèrent avec éloquence que le Parlement anglais se décidât à s'éclair-r sur l'état de l'éducation nationale et, malgré l'opposition du clergé, de nouvelles enquêtes provoquèrent de nouvelles améliorations.

C'est cette année (1833) que le Parlement vota le premier budget d'instruction {grant in aid of éducation), s'élovant à. 2000 livres sterling et destiné à permettre la construction de maisons d'école. En 1839 de nouveaux progrès s'accomplissent : l'organisation d'un fomi ê d'éilura'ion dans le sein du Conseil privé {Commit tee of'Councit on Education)^

Comité présidé par le Lord président du Conseil privé et par un vice-président qui est une sorte de ministre de l'instruction publique, l'augmentation du budget voté par le Parlement les années précédentes, et la création d'inspecteurs scolaires nommés parla couronne. Mais le gouvernement, malgré les efforts du docteur Hook qui renouvela les propositions de Lancaster, ne put faire passer le plan d'éducation unsectarian (non confessionnel) qu'il avait conçu.

En 1846, le Comité d'éducation, qu'on désigne aussi sous le nom de Department of Education, émit, non sans opposition, l'idée d'étendre les subventions de 1 Etat aux écoles dissidentes, car jusque-là le monopole avait été accordé à l'Eglise établie. Encore le gouvernement dut-il se disculper (Lettre de Sir P. Kay Shuttleworth) et assurer au Parlement qu'il ne voulait pas séparer la religion de l'instruction.

A partir de 1846, les subventions sont devenues plus libérales etont permis la création et l'entretien de plusieurs écoles normales (training schojls), pour aider au recrutement du personnel enseignant.

En 1862, M. Lowe, alors vice-président du Comité d'éducation, rédigea son lîevised Code concernant les écoles élémentaires, qui introduisait le système des primes " (payment by results), mais seulement pour les résultats de la partie séculière de l'éducation et sans que l'Etat entrât dans la distinction des sectes. Quant à la gratuité, M. Lowe ne l'admettait que pour les indigents. Le niveau des connaissances exigées était encore bien peu élevé. Cette réforme apparaît aujourd'hui empreinte d'un caractère trop utilitaire ; elle ne visait pas assez haut. Elle eut cependant le mérite et l'honneur de frayer la voie à la législation plus libérale de 1870, qui devait être un pas décisif dans la voie du progrès.

Le célèbre et volumineux rapport (vingt gros blue books) publié, en 1868, par la commission d'enquête pour l'enseignement secondaire, contribua à ramener les questions d'éducation à i'ordre du jour. La loi pour l'extension du droit de suffrage votée pendant la courte administration de Disraeli rendait encore la réforme de l'éducation primaire plus urgente. M. Forstcr et ses amis ne manquèrent pas de faire ressortir la nécessité de préparer, pour l'avenir, des électeurs lettrés, et les débats parlementaires, écho de l'opinion publique, aboutirent au vote d'un reform bill (juin 1868).

Il y avait à cette époque en Angleterre et dans le pays de Galles 1 438 872 élèves inscrits, 1 153 572 présents en moyenne. Il y avait en outre 688 555 enfants dans les écoles non inspectées et 1 000 000 dans d'autres petites écoles privées; il restait environ 40d 000 enfants sans éducation.

Le retour du parti libéral au pouvoir (déc. 1868) permettait de prévoir en matière d'éducation des réformes radicales. La nomination comme vicepré^dent du Comité d'éducation de M. Forster, gendre du docteur Arnold (de Bugby) et beaufrère de M. Mathew Arnold, éminent écrivain, auteur de remarquables rapports sur l'état de l'instruction en Angleterre et à l'étranger, était d'un favorable augure En effet, le nouveau ministre se mit activement à l'œuvre, et, le 17 février 1870, le bill sur lequel repose toute l'organisation actuelle de l'enseignement primaire fut présenté au Parlement et devint loi sous le nom de : Elementary Education Act 9 août 870).

Cet ac , qui se compose de cent paragraphes et de cinq appendices, et dont nous ne pouvons ici que résumer les principales clauses, ne s'applique qu'à l'Angleterre proprement dite et an pays de Galles (Introduction, § 2). Un act spécial destiné à l'Ecosse * fut passé deux ans après (6 août 1^7'2). — Hour 1 Irlande, V. Irlande.

Le Parlement éiaMit par Vact de 1870 la nécessite d une subvention de l'Etat, qui devra être

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votée annuellement, afin d'assurer dans tous les districts de l'Angleteire et du pays de Galles l'établissement et l'entretien d'écoles élémentaires pour tous les enfants à l'éducation desquels il n'est pas pourvu autrement.

Les fonds à ce destinés sont administrés par le Department of Education, qui peut seulement les appliquer à deux classes d'établissements scolaires, savoir : 1° les écoles élémentaires, c'est-àdire celles où la partie principale de l'éducation est élémentaire et dont le prix d'écolage n'excède jamais 9 pence (90 centimes) par semaine; 2° les écoles normales primaires {training schools to qualify teachers for the elementary schools).

Ces fonds sont accordés sous la forme de grants ou allocations ayant pour but de seconder l'initiative locale et d'aider à la fondation ou à l'entretien d'écoles. Ils sont alloués, — non aux instituteurs, mais aux managers, c'est-à-dire aux administrateurs d'écoles, comités ou associations, — en proportion du nombre, de l'assiduité et des progrès des élèves. Les principales conditions auxquelles ces allocations sont subordonnées sont les suivantes : l'école ne sera fermée à aucun enfant sans motifs raisonnables; les élèves ne seront pas tenus de fréquenter un lieu de culte ou d'assister à un enseignement religieux dont leurs parents voudrons les tenir éloignés ; ils auront le droit d'être absents de l'école aux jours et heures affectés au service religieux par la confession à laquelle appartiennent leurs parents ; l'instruction religieuse sera donnée «oit au début, soit à la fin des classes, afin que l'absence des dissidents entraîne une moindre perte de temps; tous les instituteurs en chef principal teachers) employés devront être munis de diplômes (certificated), excepté pour les écoles du soir ; les écoles seront toujours accessibles aux inspecteurs du gouvernement, et l'inspection ne portera pas sur les sujets religieux (section 7).

Pour avoir droit aux subventions de l'Etat, les écoles doivent avoir tenu au moins 4oo classes (matin ou soir) par an. A cette condition elles peuvent réclamer du Department of Education 6 shillings par élève présent le jour de l'inspection, pourvu qu'il ait été présent au moins à 15n classes, s'il est âgé de plus de 4 ans et de moins de 7. L'école a droit à 8 shillings et même à 19 par élève, •si ces infants (écoliers de 4 à 7 ans) sont instruits dans une salle à part. Pour les élèves âgés de plus de 7 ans, la subvention est de 9 shillings par élève, à condition que les résultats de l'inspection soient satisfaisants.

Les organisateurs et administrateurs d'écoles du soir peuvent réclamer, si leurs cours ont eu lieu au moins 60 fois par an, 4 shillings par élève, d'après la moyenne de la fréquentation annuelle, et 7 shillings 6 pence pour chaque élève qui n'a pas été présent moins de 4o fois, toujours après examen.

Jusqu'ici ce n'est encore que l'initiative privée que l'Etat seconde en accordant des subventions. Pour arriver à l'enseignement primaire obligatoire, l'act de 1870 et ses compléments en 1873 constituaient les bourgs et paroisses ou communes en districts scolaires (school districts), et des comités locaux électifs [school boards i, composés d'au moins cinq membres et de quinze au plus, étaient chargés de surveiller l'état de l'éducation dans leur circonscription respective Elus dans les bourgs par les bourgeois (buryesses) et dans les paroisses par les contribuables (rate payers), ils avaient le droit de contraindre les parents à envoyer leurs enfants à l'école entre les âges de a et 13 ans. Ils pouvaient appeler les parents négligents à leur barre et au besoin les traduire devant un magistrat et les faire condamner à des amendes.

Cette législation, qui avait déjà donné d'utiles résultats, a effrayé le parti conservateur, qui, à son

retour au pouvoir en 1874, s'est empressé de préparer des amendements à Yact t.-op libéral de 1870, surtout en ce qui concerne les school lourds et l'obligation. Lord Sandon, devenu vice-président du Comité d'éducation, a fait passer au Parle* ment Y Elementary Education mil de juin 1870, qui limite les pouvoirs des school l-oards, et qui permet même aux bourgs et paroisses de ne plus en élire et de remettre la surveillance de l'éducation aux autorités communales dans les villes (town council), aux comités d'assistance et marguilliers (board ofguardians) dans les paroisses. En même temps l'obligation directe est remplacée par l'obligation indirecte, c'est-à-dire qu'au lieu de contraindre les parents à envoyer leurs enfants à l'école, l'Etat, à partir de 1881, défendra aux manufacturiers et autres employeurs d'admettre dans leurs atelier» des enfants âgés de moins de 14 ans qui n'auront pas obtenu des inspecteurs d'écoles la labour pass (autorisation de travail) et justifié de leur présence à l'école au moins 250 fois pendant chacune de» cinq années précédentes , c'est-à-dire d'une présence de 1250 fois, ou subi avec succès l'examen prescrit par le modèle n° 4 du Code d'éducation. Voici le programme de cet examen :

Lecture avec intelligence de quelques vers choisis par l'inspecteur ;

Récitation d'au moins cinquante vers;

Ecriture : huit lignes sous la dictée, en courante fine;

Arithmétique jusqu'aux règles d'intérêt composé et au système de poids et mesures ;

Grammaire : analyse d'une phrase simple;

Géographie générale de la Grande-Bretagne, de l'Irlande et des colonies ;

Histoire générale d'Angleterre jusqu'à la conquête normande.

Malheureusement dans bien des cas, les enfants qui n'auront pas obtenu la labour pass et qui, par suite, ne pourront entrer en apprentissage, ne fréquenteront pas pour cela l'école, mais resteront peut-être souvent dans un état voisin du vagabondage. A ce danger la loi nouvelle a voulu parer en ordonnant l'arrestation de tous les enfants vagabonds, et leur transfert dans les industvial schools, sortes d'établissements pénitentiaires, miécoles, mi-prisons. Mais l'application de ces mesures de rigueur est difficile, et la loi est fréquemment éludée.

L'obligation scolaire directe et sous le contrôle des school boards était moins dure que ce système bâtard, qui, sous prétexte de respecter la liberté des parents d'envoyer ou non leurs enfants à l'école, les punit de leur négligence en empêchant leurs enfants d'entrer en apprentissage s'ils n'ont pas reçu l'instruction exigée, ou même va .jusqu'à les incarcérer et à les traiter en malfaiteurs. Cependant cette modification de 187G n'a enlevé à Yact de 1870 aucun de ses éléments fondamentaux, et on peut dire, malgré cette espèce de réaction, que le principe de l'instruction obligatoire semble désormais entré dans les lois anglaises.

De 1870 à 1876 les school boards ont fondé plus de iOOO écoles publiques, subventionné 600 écoles libres; on a ouvert 5U00 écoles libres confessionnelles ; 4 500 000 enfants peuvent trouver place actuellement dans ces divers établissements.

Quant à la question de la gratuité si discutée en France et jadis en Amérique, on ne semble pas s'en préoccuper autant en Angleterre. La loi eiempte seulement de l'écolage, du reste toujours modique, les enfants dont les parents sont reconnus incapables de le payer. Il y a très peu d'écoles complètement gratuites free schools) en Angleterre; excepté dans quelques grandes villes très populeuses et dans les quartiers pauvres de Londres, où deux Sociétés charitables, les Missionnaires de la Cité (City 7nissio?i! et YUnion des écoles déguenillées

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