‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 374 sur 547 · ECOLES NATIONALES D'ARTS ET METIERS · texte numérisé non relu

ECOLES NATIONALES D'ARTS ET METIERS

— Ces écoles sont au nombre de trois : celle de Cliâlons-sur-Marne, installée d'abord à Compiègne par arrêté du n' ventôse an XI, puis transférée à Châlons en 180G; celle d'Angers, installée primitivement à Beaupréau (28 ventôse an XII), et transférée à Angers en 1S15; et celle d'Aix, créée en 1843. Elles sont destinées à former, pour les industries correspondant à l'emploi du 1er et du bois, des contre-maîtres, des chefs d'ateliers et des ouvriers instruits et habiles; elles ressortissent au ministère de l'agriculture et du commerce. La durée des études est de trois ans. L'instruction est à la fois théorique et pratique. L'instruction pratique est donnée dans quatre ateliers et embrasse le travail de la forge, de la fonderie, de l'ajustage et des tours et modèles. Il y a dans chaque école trois cents places d'élèves boursiers ou pensionnaires. Les bourses sont entières ou partielles, et divisibles par quarts. Six places à bourse entière et deux places à trois quarts de bourse aux écoles de Châlons et d'Angers sont réservées aux candidats présentés par la Société d'encouragement pour l'industrie nationale. Les autres bourses sont accordées par le ministre de l'agriculture et du commerce, qui tient compte tout à la fois du rang d'admissibilité, de l'âge du candidat, de la fortune de ses parents et des titres particuliers qu'ils peuvent avoir à un encouragement de l'Etat.

Les élèves pensionnaires sont nommés par le ministre de l'agriculture et du commerce. Le prix do la pension est de OuO francs par an, payables par trimestre et d'avance ; celui du trousseau est fixé à 200 francs.

Les quinze premiers élèves sortants obtiennent une médaille d'argent, et peuvent aussi recevoir, au bout d'une année, un encouragement pécuniaire destiné à faciliter leur placement dans l'industrie. Les premiers élèves et ceux qui ont obtenu le premier prix de leur atelier peuvent être admis à faire gratuitement une quatrième année d'études et d'applications.

Les examens d'admission ont lieu tous les ans, du Ie' au 8 août, dans chaque département, devant un jury spécial. Pour y prendre part, il faut avoir déclaré son intention par écrit, trois mois à l'avance, c'est-à-dire avant le 8 mai, au chef-lieu de la préfecture du département où l'on a son domicile. L'entrée des élèves à l'école a lieu le 1er octobre. Les conditions de l'admission sont les suivantes : être Français et âgé de 15 à 17 ans au moment de l'entrée à l'école (1er octobre); savoir lire et écrire couramment, connaître l'orthographe, pratiquer et démontrer les quatre premières règles de l'arithmétique, les fractions et le système décimal inclusivement, posséder les premiers éléments de la géométrie, jusques et y compris tout ce qui concerne les surfaces planes, et les principes du dessin linéaire ou d'ornement ; avoir fait un appren-

tissage dans un métier analogue à l'un de ceux qtrf sont enseignés dans les écoles.

Les élèves de ces écoles sont admis à contracter l'engagement conditionnel d'un an p ur le service militaire. [L. Armagnac.]

Pour l'étranger, voyez Technique (Enseignement) et Professionnelles (Ecoles).

ÉCOLES NATIONALES DES BEAUX-ARTS DES DÉPARTEMENTS. — Outre l'Ecole 'les beaux-arts de Paris, â laquelle nous avons c cré un article spécial, il existe en France deux autres écoles nationales consacrées à l'enment des beaux-arts, et ressortissant au min de l'instruction publique : celle de Lyon, en 1807 et réorganisée en 1870, et celle de Dijon, dont la création remonte à 1705, et qui a < H comment réorganisée par un arrêté du :jo septembre 1880. L'enseignement y est moins éicndu et moins élevé qu';t l'école de Paris; il comprend la peinture, le dessin, la gravure, la sculpture et l'architecture.

ÉCOLES RUISSONNIERES OU FURTIVES. — Le chantre de Notre-Dame, à Paris, exigeait que les maîtres d'école lui payassent une redevance ; pour se soustraire à cet impôt , quelques-uns tinrent école dans les lieux écartés, les champs ou les bois; on appela leurs écoles buissonnières ou furtives. Au XVIe siècle, on donne ce nom aux écoles des huguenots établies, sans autorisation de l'évêque, hors des villes et des villages, au milieu des buissons, au fond des vallées. Un arrêt du parlement (1552) défend ces écoles, que l'on trouve en grand nombre dans les Cévennef et dans le Béarn avant les édits de pacification. De 1790 à 1795, les prêtres et les religieuses insermentées ouvrent des écoles clandestines, i ù les élèves se rendent furtivement : « Les tcoles patriotes sont désertes, disent les rapports des commissaires, le fanatisme soutient les écoles des prêtres, il en est d'impénétrables à l'œil du fonctionnaire. » Manquer à l'école, c'est faire l'école buissonnière; Ménage donne une double explication de ce mot : l'enfant veut ou échapper à une punition, ou aller chercher des nids, et il cite ces vers de Marot :

Où pas à pas, le long des buissonnets, Allais cherchant le nid des chardonnets.

[L. Maggiolo.l ÉCOLES CANONIALES OU COLLÉGIALES,

— Les chapitres et les collégiales, dans un g nombre de villes, à Toul, par exemple, ér tenus d'entretenir des écoles, en dehors des ci cathédrales; l'enseignement y était plus profane, moins spécialement destiné au recrutement du sacerdoce. Au xv* siècle, les écoles canoniales disparaissent ou se confondent avec les écoles ôpiscopales, mais les chapitres doivent fonder des écoles dans les paroisses soumises à leur patronage et entretenir des préceptoriales, dont 1rs chiffres figurent aux budgets des collèges municipaux jusqu'en 1790. [L. Maggiolo.

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