‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 375 sur 547 · ÉCOLES CATHEDRALES OU ÉPISCOPALES · texte numérisé non relu

ÉCOLES CATHEDRALES OU ÉPISCOPALES

— L'origine de ces écoles remonte au ive et au ve siècle ; elles remplacent les écoles municipales. L'évêque, trésorier de la cité, défenseur de ses droits contre le fisc, est obligé d'établir une école auprès de l'église cathédrale; il y enseignera par lui-même, ou par un délégué choisi parmi les plus habiles (V. Ècolàtre), les écritures et la théologie. Saint Loup, en 585. fonde et dirige une école à Châlons auprès de la cathédrale. Le but semble d'abord restreint; on y prépare, comme plus tard dans les séminaires, des enfants, des adultes, des clercs pour le service des autels; cependant, on y reçoit aussi des fils de princes et des écoliers qui ne se destinent pas à l'Eglise; il y a en dehors du cloître des éc : s

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pour les laïques et les externes. Les écoles cathédrales de Reims, de Verdun, de Metz, de Toul, sont au premier rang; il y en a de célèbres aussi au centre de la France, à l'ouest et au midi: elles exercent une heureuse influence sur le développement des écoles élémentaires. [L. Maggiolo.]

ÉCOLES CENTRALES. — Nom sous lequel furent désignés, de 1794 à 1802, les établissements créés par la Convention et formant, dans le plan définitivement adopté par elle, le second degré d'instruction.

Dès 1792, le girondin Bancal des Issarts avait proposé de désigner sous le nom d'<?'co/<?? centrales des écoles qui eussent été placées au chef-lieu de chaque département (V. Convention, p. 528). Cette idée n'avait pas été favorablement accueillie; et c'est seulement en décembre. 1794 (26 frimaire an III) que le Comité d'instruction publique, revenant sur la résolution, qui avait prévalu pendant un temps, de laisser l'enseignement dn second degré aux mains de l'initiative privée, proposa, par l'organe de Lakanal, la création d'écoles centrales. Le rapporteur répondait d'avance à une objection qui devait, depuis, être fréquemment reproduite. « Ces écoles, disait-il, ne sont pas des écoles secondaires (V. Ecoles secondaires). Celles-ci sont devenues inutiles par l'étendue qne vous avez donnée aux écoles ouvertes à l'enfance. Les écoles primaires présentent en effet tous les germes des connaissances qui seront enseignées dans les écoles centrales; des établissements intermédiaires, des écoles de district ou de canton, seraient superflus. » (V. le rapport de Lakanal, article Convention, pp. 564 et 565.)

Le 7 ventôse an III (25 février 179.r>), la Convention adopta le décret relatif aux écoles centrales. En voici les principales dispositions :

« Chap. Ier. — Institution des écoles centrales.

» Art. Ier. — Pour l'enseignement des sciences, des lettres et des arts, il sera établi, dans touto l'étendue de la République, des écoles centrales distribuées à raison de la population ; la base proportionnelle sera d'une école par trois cent mille habitants.

» Art. 2. — Chaque école centrale sera composée :

» 1° D'un professeur de mathématiques ;

» 2° D'un professeur de physique et de chimie expérimentales;

» 3° D'un professeur d'histoire naturelle;

» 4° D'un professeur de méthode des sciences ou logique, et d'analyse des sensations et des idées ;

» 5° D'un professeur d'économie politique et de législation ;

» 6° D'un professeur de l'histoire philosophique des peuples ;

» 7° D'un professeur d'hygiène;

» 8° D'un professeur d'arts et métiers ;

» 9° D'un professeur de grammaire générale ;

» 10° D'un professeur de belles-lettres ;

» 11° D'un professeur de langues anciennes;

» 12° D'un professeur de langues vivantes les plus appropriées aux localités;

» 13° D'un professeur des arts de dessin.

» Art. 3. — Dans toutes les écoles centrales, les professeurs donneront leurs cours en français.

» Art. 4. — Ils auront tous les mois une conférence publique sur les matières qui intéressent le progrès des sciences, des lettres et des arts les plus utiles à la société.

» Art. 5. — Auprès de chaque école centrale, il y aura :

» 1° Une bibliothèque publique;

» 2° Dn jardin et un cabinet d'histoire naturelle;

>' 3° Un cabinet de physique expérimentale;

» 4° Une collection de machines et modèles pour les arts et métiers.

» Art. 6. — Le Comité d'instruction publique demeure chargé de faire composer les livres élémentaires qui doivent servir à l'enseignement dans les écoles centrales.

» Art. 7. — Il sera statué, par un décret particulier, sur le placement de ces écoles.

» Chap. II. — Jury central d'instruction. Professeurs.

» Art. 1er. — Les professeurs des écoles centrales seront examinés, élus et surveillés par un jury central d'instruction, composé de trois membres nommés par le comité d'instruction publique.

» Art. 3. — Les nominations des professeur seront soumises à l'approbation de l'administration du département. »

(Les articles suivants stipulaient que, en cas de conflit entre le jury et l'administration, le Comité d'instruction publique aurait à prononcer.)

« Art. 9. — Le traitement de chaque professeur des écoles centrales est fixé provisoirement à vOOO livres.

» Dans les communes dont la population s'élève au-dessus de 15,000 habitants, ce traitement sera de 4000 livres.

» Dans les communes au-dessus de 60,000 habitants, il sera de 5000 livres.

» Art. 10. — Il sera alloué tous les ans, à chaque école centrale, une somme de 6000 livres pour frais d'expériences, salaire des employés à la garde de la bibliothèque, du cabinet d'histoire naturelle, et pour toutes les dépenses nécessaires à l'établissement.

» Art. 11. — Le Comité d'instruction publique est chargé d'arrêter les règlements sur le régime et la discipline intérieure des écoles centrales.

» Chap. III. — Elèves de la patrie. Prix d'encouragement.

» Art. 1er. — Les élèves qui, dans la fête de la jeunesse, se seront le plus distingués, et auront obtenu plus particulièrement les suffrages du peuple, recevront, s'ils sont peu fortunés, une pension annuelle pour se procurer la facilité de fréquenter les écoles centrales.

» Art. 2. — Des prix d'encouragement seront distribués tous les ans, en présence du peuple, dans la fête de la jeunesse.

» Le professeur des élèves qui auront remporté le prix recevra une couronne civique.

» Art. 3. — En conséquence de la présente loi, tous les anciens établissements consacrés à l'instruction publique, sous le nom de collèges, et salariés par la nation, sont et demeurent supprimés dans toute l'étendue de la République.

» Le Comité d'instruction publique fera un rapport sur les monuments et établissements déjà consacrés à l'enseignement public des sciences et des arts, comme les jardins des plantes, les cabinets d'histoire naturelle, les terrains destinés à des essais de culture, les observatoires, les sociétés des savants et artistes qu'il serait bon de conserver dans le nouveau plan d'éducation nationale. »

Afin « d'assurer l'exécution des lois relatives à l'instruction publique, » c'est-à-dire pour hâter partout la création des écoles primaires et des écoles centrales, la Convention décida, le 18 germinal an III, l'envoi dans les départements de cinq commissaires, qui furent Dupuis, Barailon, Lakanal, Bailleul, et Jard-Panvilliers.

Peu de temps après, Boissy d'Anglas, présentant (5 messidor an III), au nom de la Commission des Onze, un rapport sur la future Constitution de Tan III, déclarait que le chiffre de SG écoles centrales lui paraissait beaucoup trop considérable, et qu'on pourrait se contenter de la moitié de ce nombre. L'opinion soutenue par Boissy se retrouve.

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dans l'article 297 de la Constitution de l'an III, qui porte qu'il sera établi des écoles supérieures aux: écoles primaires et dont le nombre sera tel qu'il y en ait au moins une pour deux départements. Toutefois les décrets du 2 ventôse an III, attribuant cinq écoles centrales à la ville de Paris, et du 18 germinal an III, créant des écoles centrales dans 1)6 communes des 86 départements (les départements des Côtes-du-Nord, du Bec d'Ambès ou Gironde, de l'Hérault, de la Meurthe, du Pas-de- Calais, de Saône-et-Loire, de Seine-Inférieure, et du Var en avaient deux ; celui du Nord en avait trois), ne furent pas abroges.

Mais lorsque, le 3 brumaire an IV, Daunou présenta, au nom de la Commission des Onze et du Comité d'instruction publique, le texte définitif de la loi sur l'organisation de l'instruction publique, il se trouva que les dispositions du décret du 7 ventôse an III et de ceux du 2 ventôse et du 18 germinal avaient été modifiées sur plusieurs points dans ce nouveau projet, que la Convention adopta. Au lieu de distribuer les écoles centrales à raison de la population, sur la base d'une école par trois cent mille habitants, la nouvelle loi disait : « Il sera établi une école centrale dans chaque département de la Piépublique. » Chaque école ne devait plus avoir que dix professeurs au lieu de treize ; les professeurs de logique et d'analyse des sensations et des idées, d'hygiène, et d'arts et métiers, étaient supprimés. L'enseignement était divisé en trois sections qui correspondaient à trois degrés d'études : la première section comprenant l'enseignement du dessin, de l'histoire naturelle, des langues anciennes et des langues modernes ; la seconde, celui des mathématiques, de la physique et de la chimie ; la troisième, celui de la grammaire générale, des belles-lettres, de l'histoire et •de la législation. Les élèves ne devaient être admis aux cours de la première section qu'à l'âge de douze ans ; à ceux de la seconde, qu'à l'âge de quatorze ans ; et à ceux de la troisième qu'à l'âge de seize ans. La rétribution annuelle à payer par les élèves était fixée au chiffre maximum de vingtcinq livres ; de cette rétribution pouvaient être dispensés le quart des élèves de chaque section, pour cause d'indigence. Enfin, les règlements relatifs aux écoles centrales devaient être arrêtés par les administrateurs de département, sous la sanction du Directoire exécutif. En outre, des écoles centrales supplémentaires pouvaient être organisées dans les communes qui en feraient la demande, aux frais de ces communes. (V. le texte de la loi du 3 brumaire an IV, article Convention, op. 509 et 570.)

11 fallut une année environ pour organiser dans toute la France les écoles centrales : à la fin de 1790, Paris en possédait deux et chaque département avait la sienne. Les deux Conseils qui avaient succédé à la Convention s'étaient occupés des moyens pratiques de procéder à cette installation ; par une résolution du 8 messidor an IV (26 juin 1796), le Conseil des Cinq Cents avait décidé que les écoles centrales seraient placées dans les anciens collèges, ou, à défaut, dans unlocal désigné par l'administration départementale au Directoire exécutif. Le Conseil des Anciens sanctionna cette décision le 25 messidor an IV, après avoir entendu un rapport de Fourcroy, qui avait fait l'éloge de la nouvelle institution en des termes intéressants à reproduire :

«... Grâces éternelles, disait-il, soient rendues à cette étonnante Convention qui, dans les orages perpétuels des révolutions, au milieu même du chaos révolutionnaire, entourée des débris et des décombres sous lesquels le vandalisme menaça tant de fois de l'ensevelir tout entière, n'a jamais désespéré de la chose publique, et a conçu le vaste projet d'élever sur les ruines des sciences et des

ar.s une foule de monuments destinés à les faire renaître, à en répandre et à en féconder le germe, et à multiplier tout à coup les canaux de l'instruction sur la surface entière de la République!... Quatre-vingt-dix écoles centrales semblent tout à coup sortir du néant, et succéder à des collèges où des méthodes encore gothiques se bornaient presque à ressasser pendant de longues années les éléments d'une langue morte, la source, à la vérité, de tontes les beautés littéraires, mais en même temps celle d'une stérile abondance et d'une pédantesque élocution pour le plus grand nombre des jeunes gens qu'on y fatiguait de longues et ennuyeuses r titions. Ici, au contraire, les langues ne sont qu'un des moindres objets, et peut-être même trop resserrés, de leurs études. On les appelle à des jouissances plus étendues, à des connaissances plus multipliées, à des éludes plus attrayantes. C'est le spectacle delà nature et de ses créations, c'est la mécanique du monde et la scène variée de ses phénomènes, qu'on offre à leur active imagination, à leur insatiable curiosité. Ils n'auront plus à pâlir sur de tristes rudiment-, sur d'insignifi rites et menteuses syntaxes, sur des leçons mille fois rebattues et mille fois oubliées ; on ne bornera plus leurs facultés intellectuelles à la seule étude des mots et des phrases : ce sont des faits, ce sont des choses dont on nourrira leur esprit et dont on ornera leur mémoire. Aux sciences physiques et mathématiques on associera l'exercice si utile qui apprend à représenter sur des plans les objets avec leurs formes, leurs dimensions, leur position respective; on alliera aux langues anciennes l'étude des principales langues vivantes, dont 1 insouciante ignorance peut seule méconnaître l'utilité pour le commerce et les négociations. Aux principes et aux exemples de la belle littérature, on associera le mécanisme général des langues ; au lieu de quelques traits de l'histoire grecque et romaine qui ne donnaient autrefois dans nos collèges qu'une idée confuse de ces deux peuples fameux, et qui semaient dans nos jeunes esprits quelques germes de républicanisme que le despotisme et les habitudes monarchiques devaient bientôt y étouffer ou y comprimer, on offrira à de jeunes républicains la série non interrompue de l'histoire des hommes depuis les temps fabuleux jusqu'aux époques modernes; on fera germer dans leur âme l'amour de la liberté par les grands exemples des nations qui en ont joui, et l'amour des vertus par ceux des philosophes qui les ont cultivées. La science sociale, l'art de gouverner les hommes par les lois, les rapports des peuples par l'industrie et le commerce, BCiences qui se composent réellement de toutes les autres aux yeux des législateurs habiles, feront le complément de cette instruction consacrée à l'adolescence depuis douze ans jusqu'à dix-huit. Tel estl'ensemb! î de connaissances que doivent embrasser les écoles centrales. Dix professeurs dans chacune sont employés à fournir cette belle carrière, et en la comparant à celle qu'on faisait naguère encore parcourir aux jeunes gens dans l'âge auquel on veut l'ouvrir aujourd'hui, on reconnaît une grande et utile conception, mise à la place de la mesquine et pédantesque répétition qui caractérisait nos anciens collèges. On conçoit qu'en établissant ces institutions centrales telles que le législateur les a conçues, au lieu de faiseurs d'amplifications, au lieu de présomptueux bavards, ou d'ignorants écoliers que nous étions en général en sortant du collège, nos jeunes gens auront l'esprit meublé de connaissances utiles en entrant clans le monde, et qu'ils ne seront plus, comme nous nous rappelons l'avoir été presque tous, obligés de recommencer des études pour rectifier ou perfectionner ce qui était mal appris ou trop superficiellement enseigné... Aussi sous ce point de vue la suppres- ,

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mon des universités et des collèges qui en dépendaient fut une chose utile, et leur remplacement par les écoles centrales fut une chose grande. »

Cependant, le parti qui regrettait l'ancien régime avait vu d'un mauvais œil, comme il était naturel, l'établissement des écoles centrales; et même dans cette partie de la bourgeoisie qui acceptait sans arrière-pensée la constitution républicaine, beaucoup de pères de famille conservaient une certaine défiance à l'endroit de la nouvelle méthode d'enseignement. On reprochait aux écoles centrales d'avoir, conformément aux dispositions constitutionnelles sur la liberté des cultes, laissé l'enseignement religieux au soin des familles, sans lui faire une place dans leur, programme d'études ; on regrettait aussi, paraît-il, le système de l'internat qui était celui des anciens collèges, et auquel les écoles centrales avaient substitué l'externat. Quelques-uns trouvaient encore que la part donnée à l'étude des langues anciennes n'était pas suffisante (Fourcroy l'avait déjà dit), et qu'on les avait sacrifiées aux sciences. On retrouve l'écho de quelques-unes de ces critiques dans une proposition faite au Conseil des Cinq Cents au nom de la Commission d'instruction publique, par Roger-Mariin, le 30 floréal an V.

ioger-Martin proposait une réorganisation du programme d'enseignement des écoles centrales, sur les bases suivantes : on eût supprimé les professeurs de langues vivantes, de grammaire générale et d'histoire ; en revanche, trois professeurs eussent été affectés à l'enseignement des langues anciennes et de la langue française, et un professeur à celui de la logique et de la philosophie spéculative ; en outre, le professeur de législation eût été chargé de faire aussi un cours de morale. La division des cours en trois sections eût été supprimée. On eût établi enfin, auprès de chaque école centrale, un pensionnat où eussent été placés les « élèves de la patrie ou boursiers »t et dans lequel les pères de famille domiciliés dans une commune éloignée auraient pu envoyer les enfants qu'ils destinaient à suivre les leçons de l'école.

Le projet de Roger-Martin n'eut pas de suite.

La réaction, sur ces entrefaites, avait gagné du terrain ; les élections du printemps de l'an V amenèrent dans les conseils une majorité de royalistes. Pendant quelques mois, les institutions républicaines furent sérieusement menacées, et les écoles centrales se ressentirent de cet état de choses : les professeurs furent intimidés ; les familles, s'attendant à chaque instant à voir les écoles fermées, hésitèrent plus que jamais à y envoyer leurs enfants. La journée du 18 fructidor an V délivra enfin la République du complot royaliste, et l'on put espérer que la stabilité du gouvernement républicain, qui semblait désormais assurée, favoriserait la prospérité des écoles centrales qui achevaient à ce moment leur première année d'existence.

Un curieux article, publié par le Moniteur du 18 brumaire an VI (8 novembre 1797), donne des détails sur la cérémonie de clôture de la première année scolaire des écoles centrales de Paris, en thermidor an V, et sur celle de la réouverture de leurs cours en brumaire an VI. On verra, par les passages que nous reproduisons, quelle était à ce moment la situation des écoles de la capitale.

« Les écoles centrales (de Paris), dit l'auteur de l'article, qui signe David, ne furent organisées qu'au mois do frimaire an V. Les chaires étaient occupées par les plus habiles professeurs, et pourtant ils ne rassemblèrent autour d'eux qu'un très petit nombre de disciples. N'importe, ils ne perdirent point courage : ils enseignèrent à quelques jeunes gens les sciences, l'histoire et les belles-lettres, avec autant de zèle qu'ils

l'eussent fait pour une nombreuse jeunesse.

« Ces professeurs étaient d'autant plus simples et plus clairs dans leurs leçons, qu'ils étaient plus profonds et plus habiles ; ils créèrent une méthode nouvelle, ou plutôt ils renouvelèrent celle des anciens philosophes qui instruisaient leurs disciples, non par d'ennuyeux sermons, mais par des conversations familières... Nos professeurs ont senti que l'autorité de ceux qui enseignent nuit souvent à ceux qui veulent apprendre ; et ils se sont dépouillés de cet appareil magistral qui rebute la jeunesse, et qui rend les savants ridicules et leurs leçons inutiles.

» Ce fut le 27 thermidor an V que finit cette première année scolaire, et que Ton distribua les prix. Les deux écoles du Panthéon (depuis le lycée Henri IV) et des Quatre-Nations (au palais Mazarin), les seules en activité jusqu'alors, tinrent à cet effet une séance publique, présidée par les administrateurs du département. Le jury d'instruction, composé des citoyens Lagrange, Laplace et Garât, une députation de l'Institut national, et des membres du Corps législatif, assistaient à cette cérémonie.

» Le président de l'administration centrale ouvrit la séance par un discours sur les bienfaits de l'instruction nouvelle ; mais comme il était alors de bon ton de vanter, par dessus tout, les institutions de nos pères » (c'était le moment où s'étalait au grand jour le complot royaliste, déjoué par le coup d'Etat du 18 fructidor), « il fit en passant le panégyrique de l'ancienne Université, que personne ne blâme depuis qu'elle n'est plus, et dont Montesquieu ne faisait point l'éloge dans ses Lettres persanes, lorsqu'elle existait encore.

» Le citoyen Boisjolin (professeur à l'école du Panthéon), nommé par les deux écoles pour faire le discours de clôture, rendit compte de leurs travaux, de la méthode des professeurs et des progrès des élèves. Malgré les circonstances, il n'oublia point qu'il parlait devant des citoyens aux élèves d'une République. L'administration départementale ordonna l'impression de son discours.

» ... Ces premiers succès de l'institution nouvelle laissèrent d'agréables espérances aux amis de la philosophie et de la liberté. Voyons si l'ouverture de la seconde année doit ajouter encore à cet espoir flatteur.

» Une troisième école centrale a été organisée, durant l'intervalle des vacances ; et cet accroissement est déjà d'un bon augure, et pour la stabilité de l'institution et pour la propagation des lumières. C'est dans le local de cette nouvelle école (celle de la rue Saint-Antoine, depuis le lycée Charlemagne) que les autres se sont réunies le 1er brumaire, pour célébrer en quelque sorte sa naissance.

» Les autorités constituées, le jury d'instruction, des membres de l'Institut national, les professeurs des écoles centrales, des hommes de lettres, des chefs de pensionnats, des pères de famille, un grand nombre de jeunes gens, étaient réunis dans cette enceinte pour cotte cérémonie. »

Le journaliste termine en adjurant les pères de famille, au nom de la République, de recevoir les bienfaits de l'instruction qu'elle leur offre pour leurs fils.

Cependant, au sein même du parti républicain,, quelques voix adressaient aux écoles centrales le reproebe d'être, par l'élévation de leur enseignement, trop éloignées du niveau auquel s'arrêtait l'instruction des écoles primaires. La Commission d'instruction publique du conseil des Cinq-Cents présenta à cette assemblée, en brumaire an VI, un projet instituant des écoles secondaires*, intermédiaires entre les écoles primaires et les écoles centrales, et réduisant le nombre de celler>-ci à

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quarante-deux, soit une pour deux départements, ainsi que le permettait le L*xte de la constitution.

Le représentant Barailon prit énergiquement la défense des écoles centrales. Voici les principaux passages de son plaidoyer :

« La commission objecte, contre les écoles centrales du 3 brumaire, qu'elles n'ont qu'une demiexistence, qu'elles n'ont pu se former, ou qu'elles sont peu fréquentées.

» On se serait épargné ces diverses allégations, si l'on eût bien approfondi notre situation.

» D'abord je me refuse à croire qu'il y ait des départements où elles ne sont point organisées, lorsque de toutes parts on reçoit des témoignages du contraire, lorsque je connais moi-même les travaux et les succès de plusieurs.

i) Il est vrai, à l'égard de certaines, que la malveillance a cherché à les avilir, qu'elle est même parvenue à décourager les professeurs.

» Il est vrai aussi que dans ces derniers moments (avant le 18 fructidor), des jurys royalistes y ont introduit des ennemis de la constitution, ries réfractaires, des ignorants; mais ce n'est là qu'une gangrène partielle, très facile à extirper.

» Reste maintenant à déduire pourquoi elles sont peu fréquentées.

» Je commence par soutenir que les écoles centrales, actuellement existantes, sont aussi fréquentées qu'elles peuvent l'être, eu égard aux circonstances...» Les causes qui ont mis obstacle à une plus grande fréquentation, selon Barailon, sont, en premier lieu, la guerre : « loin de se fixer sur des livres, les jeunes gens se livraient aux aimes ; on ne voyait de toutes parts que des adolescents, même des enfants, faisant des évolutions militaires »; 2° les pères de famille étaient appauvris, et beaucoup n'ont pu procurer l'instruction à. leurs enfants; 3° les parents n'avaient pas confiance dans l'avenir, « voyant que la faction royale grossissait chaque jour; » ils ne voulaient pas faire dos frais pour envoyer des jeunes gens à l'école centrale, « sans cesse menacée, et qui sans doute, disaient-ils, n'existera plus dans trois mois ; y> 4° « il faut aussi compter pour quelque chose le peu d'attrait qu'offre toujours un nouveau système d'instruction, surtout quand il est encore peu connu, conséquemment mal apprécié. Il est si difficile de renoncer à ses habitudes, de divorcer avec ses préjugés !

» On assure, continue l'orateur, qu'il existe une telle disproportion entre l'école primaire et l'école centrale, que jamais un élève, sortant de l'une, ne pourra parvenir à l'autre et en suivre utilement les leçons.

» Il ne faut ni beaucoup de savoir, ni un grand effort de génie, pour concevoir que l'enfant qui sait lire, écrire et calculer, n'a aucun besoin d'intermédiaire pour apprendre la langue latine, l'histoire naturelle, le dessin.

» Votre commission ne serait pas mieux fondée quand elle prétendrait que l'élève, âgé de quatorze ans, qui a déjà des notions de la langue latine et dt; l'histoire naturelle, n'est pas susceptible de comprendre les éléments de mathématiques, de physique et de chimie.

» Enfin la commission n'oserait prétendre, sans doute, qu'avec toutes les connaissances préliminaires dont on vient de parler, l'élève, alors âgé de seize ans, est incapable de profiter des cours de belles-lettres et de législation.

» Que l'on me démontre donc, s'il est possible, le besoin d'une école intermédiaire entre les primaires et les centrales.

» .... 11 n'y a. donc pas de vide réel entre les écoles primaires et les écoles centrales du 3 brumaire. Les écoles secondaires que l'on présente ne sauraient donc, capter les suffrages, ni mériter votre approbation. »

La proposition de la commission fut effectivement rejetée par les Cinq-Cents (27 bruma're an VI).

L'année suivante, la même commission présentait un nouveau projet (brumaire an Vil), qui maintenait une école centrale dans chaque département, mais qui proposait en même temps, pour tenir lieu des écoles secondaires repoussées, d'élever le niveau de l'enseignement dans un certain nombre d'écoles primaires: « Dans quelques points remarquables de chaque département, deux ou trois instituteurs primaires seront réunis dans la même école, afin de donner à leur enseignement un degré d'élévation qu'il ne peut avoir dans les écoles ordinaires. »

Ce projet fut discuté dans plusieurs séances, mais sans que le Conseil prît une résolution. Lorsque l'année suivante le coup d'Etat du 18 brumaire mit fin au régime de la constitution de l'an III, les écoles centrales, qui comptaient alors trois années d'existence, se trouvaient dans la môme situation légale qu'au moment de leur première organisation.

Le gouvernement consulaire ne se montra pas d'abord hostile à l'enseignement scientifique et laïque tel que l'avait créé la Convention. Le plan d'instruction publique élaboré par le ministre de l'intérieur Chaptal (V. Consulat, p. 513) supprimait, il est vrai, les écoles centrales, mais pour les remplacer par 250 écoles d'arrondissement, ayant à peu près le même programme, et destinées à des élèves de dix à seize ans; a celles qui existent sous le nom d'écoles centrales, ajoutait le projet, conserveront l'emplacement qui leur est affecté. »

Il est intéressant de connaître le jugement porté par Chaptal sur les écoles centrales. Voici les objections qu'il leur adresse dans l'exposé des motifs do son projet :

« La graduation des études, si nécessaire pour développer par degrés les facultés de l'entendement, n'est point organisée dans les écoles centrales : car on ne peut pas appeler organisation les dispositions bizarres de la loi qui distribue l'enseignement d'après la seule considération de l'âge.

» L'instruction s'y donne sans surveillance, de' sorte que le temps consacré à l'enseignement n'est point tracé; les élèves n'y sont point soumis à une discipline assez sévère ; et, dans un âge où le besoin du mouvement et l'attrait presque in tible des jeux maîtrisent la jeunesse, cette discipline, cette contention forcée, sont la première condition qu'on doit lui imposer pour assurer de bonnes études.

» Les cours des écoles centrales ne sont pas disposés partout d'une manière avantageuse à l'élève. Trop souvent l'heure des leçons et. l'époque des cours sont commandées par la seule commodité des professeurs. 11 en résulte que l'instruction se donne sans ordre et sans suite ; que, dans certaines époques de l'année, les cours sont si nombreux, que les élèves ne peuvent pas y suffire, tandis que dans d'autres temps l'école ne présente aucune trace d'enseignement.

» L'instruction, telle qu'on la donne généralement, n'est pas proportionnée à la faiblesse de l'élève, pour qui essentiellement elle est faite. Aussi ne voit-on dans les départements que quelques hommes déjà, instruits qui suivent les cours des écoles centrales, de manière que cos écol !S sont plutôt des écoles de perfectionnement que des écoles d'instruction première pour les scienc ss.

» Toutes les parties de l'enseignement n'y reçoivent pas d'assez grands développements. \1\\ seul professeur est destiné à, enseigner les langues anciennes, ue matière que ses leçons ne peuvent être profitables ni aux personnes instruites, qui

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désirent se perfectionner dans leurs études, ni à ceux qui commencent. »

Chaptal signale en outre la lacune dont il a déjà été question, et qui paraît avoir été réelle dans la plupart des cas : « Le passage des écoles primaires aux écoles centrales n'est pas rempli par des études intermédiaires, de manière que le jeune homme qui sait lire et écrire ne peut pas profiter de l'instruction qu'on donne dans les écoles centrales. »

Ces objections sont d'un esprit judicieux ; mais elles ne portent pas sur le fond même du système d'enseignement, et il eût été bien facile d'opérer les réformes que demandaient d'ailleurs, avec Chaptal, beaucoup d'amis des écoles centrales, et quelques-uns des professeurs qui y enseignaient, sans supprimer l'institution. On pouvait créer des examens de passage ; les règlements spéciaux, dont la confection avait été laissée par la loi aux administrations de département, pouvaient être révisés de manière à assurer une discipline plus exacte et une meilleure répartition des leçons. On trouve, par exemple, dans un discours prononcé à la distribution des prix des écoles centrales du département de !a Seine, le '^9 thermidor an VIII, par Lacroix, membre de l'Institut et professeur de mathématiques à l'école centrale desaQuatre- Nations, un examen détaillé des critiques adressées aux écoles, et l'indication des réformes qu'il serait possible d'y introduire. Dellard, professeur de physique et de chimie à l'école centrale de Seineet-Oise, proposait aussi, dans une brochure publiée en l'an IX, un certain nombre d'améliorations : il faut, disait-il, non détruire des établissements que nos voisins nous envient, mais les perfectionner (V. Del lard).

Mais le retour à la tradition d'avant 1789, à la discipline monacale ou militaire de l'internat, à la prépondérance donnée aux études classiques, était déjà décidé dans l'esprit du premier consul ; les écoles centrales, où vivait encore l'esprit de la Révolution, ne pouvaient continuer à subsister sous un régime tel que celui que Bonaparte voulait imposer à la France. En l'an X, un nouveau projet de loi sur l'instruction publique fut présenté au Tribunat et au Corps législatif : ce projet instituait les « écoles secondaires » repoussées tour à tour par la Convention et les Cinq-Cents, et créait, comme troisième degré d'enseignement, en lieu et place des écoles centrales, les « lycées », au nombre de trente. '< A mesure que les lycées seront organisés, disait le projet, le gouvernement déterminera celles des écoles centrales qui devront cesser leurs fonctions. »

Dans la discussion de ce projet au Tribunat et au Corps législatif, la plupart des orateurs, tout en acceptant le plan du gouvernement, payèrent un juste tribut d'éloges aux écoles centrales. Ainsi le tribun Jacquemont dit : « Le nombre des élèves de ces écoles, dans ces dernières années, s'était considérablement augmenté. L'ordre des études et la matière de l'enseignement s'étaient fixés, et l'administration avait pris d'elle-même une marche exacte et régulière. » Jard-Panvilliers, délégué par le Tribunat pour appuyer le projet de loi devant le Corps législatif, s'exprima en ces termes au sujet de la « lacune » dont on avait si souvent parlé : « S'il existait, par le fait, une lacune entre les écoles primaires et les écoles centrales, on pouvait facilement la remplir sans créer d'autres établissements que ceux oui avaient déjà été formés par la loi. Il sufiisait pour cela d'élever un peu l'enseignement dans les écoles primaires des villes, et de le rendre plus élémentaire dans les écoles centrales.... Si cela n'a pas été fait, on ne peut l'imputer qu'à la négligence des administrations de département, qui étaient autorisées par la loi à faire tous les règlements re-

latifs aux écoles primaires et centrales. » Il manifesta le regret de voir remplacer une centaine d'écoles centrales par trente lycées seulement : « Il en résultera que, dans la plupart des départements, les enfants seront obligés d'aller chercher au loin renseignement assez étendu dont, les écoles centrales leur offrent aujourd'hui l'avantage.»

Seul le royaliste Roederer, l'un des orateurs du gouvernement, osa critiquer la pensée même qui avait donné naissance aux écoles centrales, et faire l'éloge des anciens collèges : « Le système d'instruction publique qui nous a donné, en l'an IV, les écoles centrales, dit-il, a fait tout le contraire de ce qu'indiquait la nature des choses. Dans ce système, peu ou point d'enseignement littéraire, partout des sciences. Tandis que, d'un côté, les écoles centrales accordaient à peine un cours à l'étude des langues anciennes, première base de toute éducation libérale, de l'autre elles semblaient avoir entrepris de peupler la France d'encyclopédies vivantes. Il y avait plus de sagesse à cet égard dans le système des anciens collèges ; de ces collèges par où ont passé, d'où nous sont venus tous les grands hommes des deux siècles qui viennent de s'écouler ; là le fond de l'instruction était l'étude des langues anciennes, l'art d'exprimer ses pensées en prose, en vers; l'art de conduire son esprit dans la recherche de la vérité. »

On se rappelle qu'une des raisons qui avaient éloigné des écoles centrales une partie de la population, c'est que l'enseignement religieux ne figurait pas dans leur programme. Le nouveau projet du gouvernement consulaire ne contenait également aucune disposition relative à l'enseignement de la religion dans les lycées. Daru en fit l'observation au Tribunat, et exprima à cet égard un regret. Sans doute Bonaparte, qui venait de rencontrer une si vive opposition dans les assemblées délibérantes à l'occasion du Concordat, avait voulu éviter de faire publiquement, et dans le corps même de la loi sur l'instruction publique, une nouvelle concession au clergé. La loi fut votée (11 floréal an X), après que Fourcroy eut déclaré au nom du gouvernement que les écoles centrales auraient, si la difficulté des temps ne s'y fût opposée, « entièrement rempli le but que la philosophie avait marqué dans leur création, » et ajouté que « c'était véritablement une amélioration de ces écoles qui se présentait dans les lycées ; » après que Bœderer eut rappelé, toujours au nom du gouvernement, que « l'instruction publique et la religion sont et doivent être deux institutions différentes, » et que l'Etat ne pouvait faire donner l'enseignement religieux dans les écoles nationales, parce qu' « il aurait fallu mettre un enseignement pour chaque culte avoué par l'Etat dans chaque école, et en écarter les enfants dont les parents sont attachés à un autre culte. » Mais quelques mois plus tard (19 frimaire an XI), un arrêté fut pris par les consuls pour régler l'organisation de l'enseignement dans les lycées ; et cet arrêté contenait un article 28 ainsi conçu : « Il y aura un aumônier dans chaque lycée. »

Après l'adoption de la loi du 11 floréal an X, les écoles centrales disparurent successivement. En ce qui concerne Paris et les départements avoisinants, l'arrêté qui les supprima est du 23 fructidor an XI (10 septembre 1803); il porte ce qui suit : « Dans le cours de l'an XIII, il sera établi à Paris trois lycées à la place des trois écoles centrales actuelles. Les trois écoles centrales de. Paris, les écoles centrales de Seine-et-Oise, de Seine-et-Marne, d'Eure-et-Loir, de l'Yonne et de l'Aube, seront fermées à dater du 1er vendémiaire an XIII. Les fonds des écoles centrales supprimées par le présent arrêté seront affectés à l'en- 1 retien des lycées de Paris. »

ÉCOLES

ÉCOLES

« Les écoles contrains, dit M. Eugène Despois dans un livre remarquable (Le Vandalisme révolutionnaire), ont duré trop peu de temps pour qu'on puisse apprécier exactement leur utiliié ot leurs services. Attaquées avec fureur dès leur début par les ennemis bientôt enhardis de la Révolution, menacées sans cesse dans leur existence, elles ont succombé sous l'accusation de n'avoir pas réussi : ce crime leur a été surtout reproché par ceux qui avaient tout fait pour les empêcher de réussir. A l'époque où cette imputation nouvelle fut dirigée contre elles avec un ensemble et une émulation de haine qui indiquaient assez les vues secrètes de leurs adversaires, au début du Consulat, elles trouvèrent des défenseurs sérieux et convaincus qui montrèrent les résultats obtenus en moins de six années, et prouvèrent qu'indépendamment du mérite des méthodes et des innovations utiles, elles avaient dans bien des villes mieux réussi que les anciens collèges. Ainsi, à Besançon, l'école centrale comptait cinq cents élèves, tandis que le collège n'en avait jamais eu plus de trois cents dans son état le plus florissant. Mais elles étaient condamnées et devaient disparaître pour faire place à une restauration à peu près complète de l'enseignement tel qu'il était avant 1789. Le temps s'est chargé de les justifier, en ramenant lentement et malgré bien des obstacles, dans l'enseignement des lycées, les études diverses que les écoles centrales avaient eu le mérite d'inaugurer les premières, et que la réaction consulaire et impériale avait supprimées. »

ÉCOLES CHARITABLES OU DE CHARITÉ. — V. Charité. (Ecoles de).

ÉCOLES CHRÉTIENNES. — V. Chrétiennes (Ecoles) et Frères des Ecoles chrétiennes.

ÉCOLES CLANDESTINES. —V. Ouverture d'école.

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