‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 38 sur 547 · ANTOINE · texte numérisé non relu

ANTOINE

seignement commence seulement à être ouverte aux femmes. La deuxième partie résume méthodiquement les lois et acies de l'autorité, les nouveaux programmes d'écoles en Autriche, en Allemagne et en Suisse, le mouvement, du personnel; Y Annuane rend compte avec détail des réunions périt/d quos du corps enseignant; il publie enfin la statistique scolaire dans ses éléments essentiels. L'Annuaire jouit d'une grande popularité non seulement dans les pays He langue allemande, mais dans toute l'Euope et même aux Etats-Unis; aussi voudrions-nous le Voir introduit en France, placé dans toutes nos grandes bibliothèques pédagogiques et au besoin accompagné de résumés en françus à l'usage de ceux de nos maîtres qui ne lisent pas l'allemand.

La société dite de pédagogie scientifique (herbartienne) de Leipzig, fondée p«r M. Ziller, publie aussi depuis 18>>9 un annuaire qui porte son nom (Jahrbuch des Vereins fur missenscchaftliche Pâdagogik).

On doit encore ranger parmi les Annuaires la Chronique généra lr de i instruction primaire (A ligemeine Chr nik des Vot ksschul ivesens, 1 vol. 20u p. m-8.) que publie à Liegnitz, depuis 1 8t;5, M. Seyffarth. auteur de grands ouvrages pédagogiques, notamment d'une édition des œuvres de Pestalozzi. Cette Chronique est surtout une revue générale do statistique scolaire comparée, dontl'Allemagne faitle principal, mais non I« seul objet. La législation, la littérature scolaire, les nouvelles diverses intéressant 1 organisation ou la marche de l'enseignement y sont recueillies et analysées d'une façon sommaire, mais très consciencieuse,

ANTÉÇÉDKNTS. — Les demandes d'admission aux divers emplois dans l'enseignement primaire donnent lieu à une enquête préalable faite par les soins de l'autorité la plus compétente ou la plus rapprochée : cette enquêie porte sur la conduite et la moralité du candidat, sur l'aptitude dont il a fait preuve précédemment ; sur les services qu'il a rendus, etc. La somme des renseignements recueillis constitue ce qu on appelle ses antécédents. On voit qu'on entend par ce mot, sinon tout le passé d'un postulant, du moins, comme le dit Littré, « les faits principaux de sa vie passée», et, dans l'espèce, les circonstances qui permettent d'apprécier ses titres à la position qu'il sollicite. On dit d'un instituteur qu'il a de bons ou de mauvais antécédents selon que son passé témoigne en sa faveur ou contre lui.

(E. Brouard.] ANTI-EMILE. — Titre de plusieurs réponses à Y Emile * de Rousseau. Les deux plus célèbres sont celles du cardinal Gerdi! (Paris, 1763; Genève, 1764) et celle de Formey (Berlin, 1763). — V. les articles Gerdil et Formey.

ANTOINE (Société des frères Saint-). — Cette société fut fondée au commencement du xviue siècle pour l'instruction gratuite des enfants pauvres de Sa ville de Paris, et particulièrement du Faubourg- Saint-Antoine, d'où elle a tiré son nom. Elle était laïque et religieuse tout à la fois : laïque en ce que les membres ne faisaient pas de vœux et ne portaient pas de costume spécial ; religieuse, chacun des membres se livrant à tous les exercices de piété et récitant chaque jour le tiers de l'office canonique en français, au lieu de le dire en latin comme le font les membres du clergé romain. En 1709, un prêtre nommé Tabourin, voulant mettre en pratique les idées pédagogiques de Port-Royal et conserver les croyances religieuses de cette maison, ouvrit une école gratuite sur la paroisse de Saint-Éticnne-du-Mont à Paris ; puis en 1711 une autre sur la paroisse Sainte-Marguerite (faubourg Saint-Antoine); et en 1713, deux nouvelles sur la même paroisse. Voyant ces écoles se multiplier, il réunit ses aides en communauté, en s'inspirant des

idées de Monseigneur de Noailles, archevêque de Paris. Ces écoles se propagèrent assez rapidement, puisque en 1769 on en comptait treize dans le faubourg Saint-Antoine; il y en avait 32 en 1787 tant à Paris qu'à Auxerre.

Tous ces établissements, bien vus de la population ouvrière, qui leur vota des remerciements, prospérèrent jusqu'au 14 germinal 1794 (:J avril), époque où, obligés de fermer leurs classes, les frères en remirent les clefs aux administrateurs des bureaux de bienfaisance : il y avait encore en ce moment treize maîtres sur la paroisse Sainte-Marguerite et trois sur celle de Saint-Étienne du Mont. A peine le culte catholique fut-il rétabli en France, que l'association ouvrit de nouvelles écoles. Bien que non approuvée par l'Empire, elle jouit cependant des faveurs du gouvernement impérial, puisque, chose rare à cette époque, ses membres étaient exemptés du service militaire. Après la Restauration, la société prit de nouveaux développements, et, grâce à l'appui de MM. Ambroise Rendu et Guéneau de Mussy, membres de la commission d'instruction publique, elle fut légalement reconnue par ordonnance royale du 23 juin 1820, et devint une des trois associations enseignantes qui, jusqu'au second Empire, pouvaient seules exercer dans toute la France. La Société des frères Saint-Antoine ouvrit alors des écoles gratuites à Paris, à Auxerre, à Troyes, etc. En 1829, aidée des libéralités d'un ancien magistrat, M. Silvy, elle fonda une école gratuite et un pensionnat avec bourses à Saint-Lambert, petit village situé près de Port-Royal des Champs. Plus tard, des internats avec de nombreuses bourses, à l'usage des enfants de familles peu favorisées de la fortune, furent également créées a Saint-Mandé, à Magny-les-Hameaux, à Port-Royal même, etc. A partir de 1843, la société déclina, elle abandonna les écoles communales qu'elle dirigeait à Paris et se consacra surtout à former des maîtres dévoués à l'enfance. Un grand nombre d'instituteurs libres du département de la Seine sont sortis de cette association, qui compte maintenant peu de membres et n'a plus sous sa direction que trois établissements : à Paris (boulevard de l'Hôpital) , à Saint-Mandé et à Saint-Lambert.

Voici quelle était avant 1789 l'organisation pédagogique des écoles des frères Saint-Antoine. Chaque école était divisée en trois classes : la grande classe comprenant environ 40 élèves, la moyenne classe comptant de 60 à 80 élèves et la petite classe ayant une centaine d'enfants. Dans chacune des classes, on suivait le mode simultané et le procédé omnip /ionique, c'est-à-dire que dans certains exercices, tels que la lecture, le calcul, l'étude du catéchisme, la récitation de l'office, les élèves psalmodiaient ensemble la leçon qu'ils devaient apprendre.

Dans toutes les classes, les prières se récitaient en français, contrairement à l'usage adopté par les autres écoles, où on les disait en latin ; tous les dimanches on réunissait les élèves à la classe, et là « les offices étaient psalmodiés à deux chœurs en français, afin que tous pussent également en profiter » (Règlement). Il y avait dans chaque école quatre enfants chargés d'aider à maintenir le bon ordre : un censeur, un sous-censeur, un bibliothécaire et un portier. Ces fonctions étaient la récompense de l'application et de la conduite et ceux qui en étaient revêtus jouissaient de diverses prérogatives. Quelques élèves avaient aussi mission, à tour de rôle, d'aider le maître de lapetile classe pour l'enseignement des prières et de la lecture.

Dans la petite classe, on s'occupait de l'étude de la religion et on apprenait à lire couramment. On enseigna d'abord la lecture suivant l'ancienne épellation d'après la méthode de Cherrier*; mais à partir de 1769 on suivit la nouvelle appellation.

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