‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 39 sur 547 · ANTOINE · texte numérisé non relu

ANTOINE

APICULTURE

Vnlhc Douillette, autour d'un Traité des sons de la langue française, loué par l'Académie, composa pour la communauté un syllabaire méthodique, fondé sur ces deux principes de la nouvelle appellation des lettres [Le, fe, de, etc.), et de la décomposition des mots en sons et en articulations. Ce syllabaire contenait 32 pages in-lG « de principes présentés d'une manière tout à fait naturelle et aussi propres à faciliter l'attention de la vue et de l'ouïe qu'à contrarier la routine ; principes d'au tant plus faciles à retenir, qu'ils se répètent jusqu'à douze ou quinze fois de suite dans des mois différents. » Les résultats de la nouvelle métliode ne se firent pas attendre, car un rapport constate qu'en vingt-cinq ans plus de quarante mille enfants apprirent rapidement à lire par cette méthode. Dans la classe moyenne, on lisait couramment, on apprenait à écrire et à calculer et on étudiait la religion d'une façon assez développée.

La lecture se faisait alternativement dans le Nouveau Testament de Sac// et dans V Ancien Testament de Mésenguy. « Tandis que chaque élève, dit le règlement des écoles, lit de suite son verset, ou sa phrase tout haut et à son tour, les autres élèves doivent suivre exactement des yeux pour être en état de continuer aussitôt que le maître l'ordonnera, car il interrompra fréquemment le cours ordinaire pour avertir un autre élève de continuer et tenir ainsi tout son monde en haleine ; il expliquera les mots et les phrases, et terminera l'exercice de la lecture après avoir fait rendre compte à plusieurs élèves de ce qui aura été lu. »

Pour renseignement de l'écriture, le maître faisait en dehors des classes un modèle de bâtarde 6ur chaque cahier et taillait les plumes ; pendant la leçon, il passait auprès de chaque élève et corrigeait les lettres mal faites. En même temps un écolier lisait à haute voix la Bible de Royaumont, ou la Vie des Saints; et, cette lecture terminée, les élèves étaient interrogés sur ce qu'ils avaient entendu.

L'enseignement du calcul se faisait oralement et par écrit : on se servait fréquemment de jetons pour faire comprendre les combinaisons des nombres.

Dans la grande classe, on étudiait la lecture, récriture, l'arithmétique, la langue française et le

filain-chant. La lecture se faisait dans les livres de a seconde classe, la Bible de Royaumont, la Civilité puérile et honnête, etc., etc. Une fois par semaine, on lisait le latin dans le Psautier de David et fréquemment on exerçait les enfants à la lecture des manuscrits. On tenait beaucoup à ce que les élèves eussent une belle écriture ; aussi leur apprenait-on la bâtarde, la ronde et la coulée et les exerçait-on à la copie d'ouvrages manuscrits en usage dans la communauté. L'arithmétique était assez restreinte ; elle consistait surtout dans la pratique des opérations commerciales. L'étude de la langue française se résumait dans la copie, les exercices cacographiques, la dictée, l'analyse grammaticale et quelque rédactions sur des sujets religieux ou des lettres familières. Quant au plainchant, il s'apprenait sans méthode par la pratique ou par la lecture des chants du Vespéral et du Missel. Inutile d'ajouter que dans la grande classe l'étude de la religion, suivant les idées jansénistes, était l'objet, de soins particuliers.

L'émulation des enfants était stimulée par des récompenses fréquentes et par une distribution de prix à la fin de l'année. Telle était, avant 1780, l'organisation pédagogique des établissements des s Saint-Antoine, organisation bien imparfaite sans doute, mais qui était supérieure à celle des autres écoles de la même époque. Après la Révolution, les frères s'inspirèrent d'abord de l'organisation des anciennes écoles, et, en 1807, eu Manuel du Catéchiste et du Maître d'éeole, in-18, par par M, Landeguive, ouvrage trop oublié aujourd'hui; et insensiblement ils modifièrent leur en-

seignement suivant les indications officielles, sans conserver de méthode spéciale à 'eur institut.

[A. Demi.

Cf. In très-curipnx Mémoire historique sur la ci-detant communauté des éc les cfrrétiênnti du faubourg i Antoine, par le cit. Hcnaud, ancien instituteur. i';iris, [•* germinal an XII, in-8.

ANTON I A NO (Silvio). — Né à Rome en 15 40, mort en 160.*. A l'âge de onze ans, il charma plusieurs cardinaux par des improvisations poétiques et prédit à Jean de Médicis qu'il serait pape; on le surnommait il Poetino (le petit poète). Entré de bonne heure dans les ordres, il. fut chargé d'enseigner et le fit avec un rare succès. Il fut honoré de plusieurs charges ecclésiastiques et nommé successivement secrétaire de saint Charles Borromée, puis du sacré collège des cardinaux, enfin cardinal en 1508 II était très- lié avec Philippe de Néri, fondateur de l'Oratoire *. C'est pendant son séjour auprès de saint Charles Borromée * qu'à la demande de ce prélat il publia (Vérone, 15K4) en italien le Traité de l'éducation chrétienne des enfants, réimprimé plusieurs fois en Italie et traduit en français par P. H. Guignard (Troyes, 1858).

Le Traité de l'éducation chrétienne des enfants se compose de trois livres d'une lecture agréable, formant ensemble 258 courts chapitres ou paragra plies d'une à deux pages.

Le premier livre traite de l'importance morale et religieuse de l'éducation, des devoirs des parents avant et après la naissance des enfants, et en particulier des soins dus à la première enfance ; l'auteur parle aux mères avec moins de déclamation le môme langage que leur tiendra Rousseau deux siècles plus tard; il compare l'éducation publique et privée, conseille d'imiter la marche douce et progressive de la nature et de compter beaucoup sur l'influence des bonnes habitudes, prises de bonne heure « par une sorte d'imitation » : l'enfant s'en imprègne, dit-il, comme le drap d'une couleur, d'autant plus profondément qu'on l'y plonge et l'y replonge souvent.

Le deuxième livre, beaucoup plus long, passe en revue les principaux points de la foi chrétienne et d'abord les dix commandements dans leurs rapports avec l'éducation, c'est-à-dire les moyens de les faire connaître et accomplir dans l'enfance et dans la jeunesse.

Le troisième livre est celui qui touche le plus directement à la pédagogie générale, comme l'indiquent les titres des principaux chapitres : défauts propres à l'enfance (gourmandise, curiosité, jeu ; des moyens de correction (sans en excepter les châtiments, corporels); éviter l'excès d'indulgence et de sévérité (se faire aimer tout ensemble et se faire craindre); alimentation saine, mais commune et sobre (combattre les répugnances et les préférences du goût ; bonne tenue à table ; ni excès ni négligence dans les soins du corps ; importance du bon choix des maîtres dans les écoles, des précepteurs dans les familles et incidemment éloge des méthodes des jésuites) ; choix des livres ; exercice de la mémoire et de la prononciation ; nécessité pour quelques-uns seulement d'étudier lesbelles-lcttres, pour tous, même pour ceux des plus humbles conditions, de savoir lire, écrire et compter ; accorder aux enfants beaucoup d'exercices et de promenades dans leurs récréations ; dangers de l'adolescence; éducation morale et professionnelle des jeunes apprentis ; étendue indéfinie de la période d'éducation : l'homme n'a jamais fini d'apprendre.

APATHIE. — V. Caractère et Tempéraments.

APIIORISMBS. — V. Maximes.

Al'ICL'LTUItE. — La plupart des pays qui ont placé les connaissances agricoles au nombre des branches obligatoires ou facultatives de renseignement primaire, y ont fait rentrer l'apiculture, sans consacrer à cet art une mention spéciale. Pourtant,

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