ÉCONOMIE POLITIQUE
pas inutile de leur donner, en quelques formules nettes, la substance des explications du cours.
Pour les enfants des écoles, la forme concrète est tout spécialement indiquée : un récit, une histoire, pris de préférence parmi les faits de la vie courante ou empruntés à l'industrie qui leur est familière, frapperont leur attention et graveront dans leur mémoire la leçon qu'il s'agira d'en tirer. On ne peut cependant, à cet égard, s'en remettre à la discrétion du maître. Il importe donc que des livres, destinés à diriger cet enseignement, soient mis à leur disposition; et il sera bon que ces livres, coupés en lectures courtes et simples, soient pourvus d'une table et d'un questionnaire rédigés avec le plus grand soin.
Les conférences, dont l'usage s'est heureusement répandu depuis quelques années, sont encore un excellent moyen, le seul bien souvent, de mettre à la portée des adultes des connaissances qui ne leur ont pas été données dans leur enfance. Elles comportent, par leur nature, beaucoup plus de liberté, aussi bien quant au choix des sujets que quant à la façon de les traiter. Mais elles présentent en même temps plus de difficultés, plus de dangers même.
Elles s'adressent, la plupart du temps, même lorsqu'elles forment une série, à des auditeurs plus ou moins variables et plusoumoins inconnus, parfois absolument de passage ou absolument sans préparation. Il en résulte qu'elles doivent être disposées de façon à former chacune un tout complet en lui-même, et qu'il n'y doit être rien supposé qui ne soit ou réellement connu et admis de tous ou préalablement indiqué et expliqué. De là, vu les inévitables limites de temps, la nécessité de circonscrire avec soin le sujet et de n'y mettre, si l'on veut laisser quelque chose dans l'esprit des auditeurs, que peu de matière. Une ou deux vérités, clairement mises en lumière, et c'est assez.
En même temps qu'il est variable, l'auditoire des conférences est presque toujours mêlé, aussi bien sous le rapport de l'intelligence et de l'éducation que sous le rapport delà condition sociale. Il s'y trouve à la fois des simples d'esprit et des raffinés, des incultes et des cultivés, des gens qui ne savent pas le premier mot de la question et des gens qui en ont fait une étude spéciale. Il faut parler pour tous, et par conséquent unir la clarté à la sûreté, et la pureté du langage à la familiarité. Il ne faut craindre ni la variété des images, ni la chaleur du sentiment, ni les larges aperçus et les mouvements généreux qui élèvent et parfois transportent les foules, parce qu'ils les atteignent dans ces profondeurs où sont les racines communes de toutes les âmes humaines. Mais ce qu'il faut éviter et proscrire de la manière la plus absolue, ce sont les grands mots, les déclamations et tout ce qui vise à l'effet ; ce sont aussi ces allusions au moyen desquelles il est toujours facile d'exciter des applaudissements et de se procurer une popularité plus ou moins passagère, mais qui ont le grave défaut de substituer la passion à la conviction et d'éloigner les uns en flattant les autres.
L'économie politique surtout, pour laquelle cette épithète mal comprise a été l'occasion de tant de confusions regrettables, a le plus grand intérêt à éviter avec soin tout ce qui peut l'entraîner hors de son domaine. Les vérités économiques, pas plus que les vérités astronomiques ou chimiques, ne sont affaire de pays, de secte ou de parti. Elles sont les mômes pour tous, et c'est dans l'intérêt de tous qu'il importe d'en répandre et d'en populariser la connaissance.
En observant les règles que nous venons de tracer, on peut être, notre longue expérience nous autorise à l'affirmer, assuré de n'y pas travailler en vain. Les questions économiques, lorsqu'elles sont
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bien posées, ont le don d'intéresser toutle monde, parce qu'elles touchent aux intérêts de tout le monde ; et les plus ignorants ne sont, en cette matière, ni les moins avides de s'instruire, ni les moins accessibles à la vérité. — V. Economie politique dans la IIe Partie.
[Frédéric Passy, de l'Institut.]
ECONOMIE RURALE. — V. Agriculture.
ECOSSE. — 1. Aperçu historique. — C'est aux xve et xvie siècles que remonte la fondation des •quatre universités écossaisses : celle de Saint- Andrcws fut fondée en 1410, celle de Glasgow en 1450, celle d'Aberdeen en 1494, et celle d'Edimbourg en 1552. Quant à l'éducation populaire, elle reçut une première impulsion lors de la réforme religieuse prèchée par John Knox ; les doctrines presbytériennes ayant été acceptées par la presque unanimité de la population, l'obligation de lire la Bible favorisa la diffusion des connaissances élémentaires. Au commencement du xvnc siècle, le roi Jacques VI (Jacques Ier d'Angleterre) ordonna la création d'écoles dans toutes les paroisses ; et, en 1696, un acte du Parlement écossais vint régulariser et généraliser les institutions scolaires déjà existantes. Chaque paroisse dut avoir son instituteur,choisi sur l'avis du ministre; et les propriétaires furent tenus de s'assembler pour pourvoir aux besoins de l'école, de fournir pour celle-ci une maison convenable, et de voter pour l'instituteur un traitement qui ne devait pas être inférieur à 10 merks (environ 166 francs), ni supérieur à 20 merks. L'acte de 1696 resta en vigueur pendant tout le xvme siècle. En 1803, le minimum du traitement des instituteurs fut, élevé à 416 francs, et, en 1828, il fut porté à 641 francs.
Pendant près de trois siècles, le système des écoles paroissiales avait suffi aux besoins du peuple écossais. Mais l'ancienne unanimité confessionnelle ayant fait place de nos jours à de nombreuses dissidences, chaque secte a voulu avoir son école à soi. L'Eglise libre d'Ecosse s'est séparée en 1843 de l'Eglise nationale presbytérienne, et a aussitôt créé pour ses adhérents des écoles spéciales ; de leur côté, l'Eglise épiscopale et l'Eglise catholique en ont fait autant. Ce nouvel état de choses a engagé le Parlement britannique à remplacer le système paroissial, qui avait fait son temps, par un système national analogue à celui qui a été introduit en Angleterre par Y Education Act de 1870 : Y Education (Scotlawi) Act de 1872 institua un Bureau d'éducation siégant à Edimbourg, mais dépendant du département d'éducation pour l'Ecosse qui siège à Londres, et confia l'administration de toutes les écoles publiques à des comités scolaires locaux ou School Boards élus parles contribuables.
2. État actuel de l'instruction primaire. — Le Département d'éducation pour l'Ecosse et le Bureau d'éducation. — Le Département d'éducation pour l'Ecosse ( Scotch Education Department) se compose des mêmes personnages que le Département d'éducation pour l'Angleterre et le pays de Galles, c'est-à-dire des membres du Conseil privé constitués en « Comité d'éducation » ; seulement ils s'intitulent pour la circonstance « Comité de l'éducation en Ecosse » (Committee on Education in Scotland).
Le Bureau d'éducation siégeant à Edimbourg, et servant d'agent exécutif au Département d'éducation, ne devait avoir qu'un caractère provisoire ; il avait été institué pour faciliter la réorganisation de l'instruction primaire au moyen de l'action directe d'une autorité installée sur les lieux mêmes. L'Acte de 1872 disait expressément que le Bureau d'éducation n'était nommé que pour le terme de trois ans, en laissant toutefois à la reine la faculté de prolonger de deux années de plus, s'il était nécessaire, la durée de ses fonctions. En
conséquence, le Bureau d'éducation devait cesser d'exister en 1877, à l'expiration de la cinquième année de son activité; toutefois, le Parlement, par un vote spécial rendu en 1877, l'a maintenu en fonction pour une sixième année. Mais, à partir de 1878, l'instruction publique en Ecosse s'est trouvée placée sous le contrôle direct du Scotch, Education Department, qu'assistent un agent comptable résidant à Edimbourg et chargé d'apurer les comptes des School Board*, et les commissaires royaux auxquels est confiée l'exécution des dispositions d'un Acte récent, YEndowed Institutions (Scotland) Act de 1878, dont il sera question ci-après.
Les School Boards. — Dans toute paroisse et dans tout bourg (burgh) d'Ecosse, un comité scolaire ou School Hoard a dû être élu dans le délai d'un an à partir de la promulgation de l'Acte de 1872. La faculté était donnée au Bureau d'éducation de réunir en une seule paroisse scolaire deux ou plusieurs paroisses voisines, et de rattacher à une paroisse un bourg dont la population ne dépasserait pas 3 000 habitants. Le nombre des. membres d'un Schoo/. Bo >rd ne doit pas être inférieur à cinq ni supérieur à quinze. Peuvent participer à la nomination du School Hoard comme électeurs toutes les personnes majeures inscrites sur le registre du bourg ou de la paroisse comme propriétaires ou tenancières d'une propriété d'un revenu annuel minimum de 4 livres sterling, située sur le territoire du bourg ou de la paroisse. Le mode de votation est celui qu'on appelle en Angleterre vote cumulatif: chaque électeur dispose d'un nombre de voix égal à celui des membres à élire, et il a la faculté de les attribuer toutes à un seul candidat ou à plusieurs, à sa convenance. Les School Boards sont élus pour le terme de trois ans. Ils ont qualité de personnes civiles ; ils sont aptes à posséder et à acquérir, et ont le pouvoir de lever des taxes scolaires.
Les écoles publiques. — L'Acte de iS72 a placé toutes les écoles existantes à ce moment, et désignées par le nom soit d'écoles de paroisses, soit d'écoles de bourg (y compris les académies, les high schools et les grammar schools), sons la ju^ ridiction des School Boards, et leur a imposé à toutes la dénomination d'écoles publiques. Si le nombre de ces écoles est insuffisant dans une localité, le School Board a le devoir de créer des écoles nouvelles ; il peut aussi créer des écoles du soir, et des Industrial schools ou établissements de réforme pour les enfants vicieux. Les instituteurs sont nommés par le School Board, qui fixe leur traitement, et qui règle aussi le taux de la rétribution scolaire. Nulle personne ne peut être nommée aux fonctions d'instituteur ou d'institutrice, si elle n'est en possession du brevet de capacité délivré par le Département d'éducation. Au nombre des écoles que l'Acte de 187*2 a rangées dans la catégorie des écoles publiques, se trouvent, comme il vient d'être dit, quelques établissements d'enseignement secondaire. Ces écoles secondaires sont distinguées par le nom d'écoles publiques supérieures [higher class public schools) ; leurs maîtres sont aussi nommés par les School Boards respectifs, qui fixent eux-mêmes le niveau des connaissances à exiger de ces maîtres et nomment la commission d'examen chargée de s'assurer de leurs aptitudes. Les higher class public schools ne participent pas à la subvention accordée par le Parlement en faveur de l'instruction publique.
Libcté de conscience garantie. — L'article 68 de l'Acte de 1872 contient les dispositions suivantes : « Toute école publique et toute école recevant une subvention quelconque prise sur les fonds publics, doit être ouverte aux enfants de toutes les confessions ; les parents pourront tou-
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iours empocher leurs enfants de participer à renseignement religieux ou à tout acte religieux ; aucun enfant ne devra éprouver quelque désavantage, en ce qui concerne L'enseignement laïque donné dans l'école, du fait que lui ou ses parents appartiennent à telle confession, ou du fait qu'il ne participe pas à l'enseignement religieux. Les moments consacrés soit à l'accomplissement d'actes religieux, soit à l'enseignement religieux, seront placés au commencement ou à la fin de la classe, et dûment indiqués dans un tableau à soumettre à l'approbation du Département d'éducation. »
Obligation. — Les parents sont tenus de pourvoir & l'instruction élémentaire (lecture, écriture, arithmétique) de leurs enfants âgés de cinq a treize ans. S'ils sont trop pauvres pour payer la rétribution scolaire, ils devront s'adresser au conseil de paroisse (p'arochial board), qui paiera pour eux.
Un fonctionnaire spécial, nommé par le School Board, s'assure que les parents remplissent leur devoir à cet égard, et dresse la liste des délinquants. Ceux-ci sont appelés devant le Sch>ol Board, qui peut les dénoncer au procureur fiscal du comté ; et, à la requête de celui-ci, le shériff peut les condamner sans appel à 20 shillings d'amende ou à l i jours de prison.
Un certificat délivré par un inspecteur royal, et constatant que l'enfant sait lire et écrire et possède des connaissances suffisantes en arithmétique, dispense les parents de l'obligation d'envoyer leurs enfants à l'école.
Un supplément à l'Acte de 1872 a été voté en 187S par le Parlement, sous le titre à!Educatio?i {Scotland) A't, 1878, et a renforcé les dispositions relatives a l'obligation. Il stipule que dans le délai d'un mois après la condamnation de parents qui négligent de pourvoir à l'instruction de leurs enfants, de nouvelles poursuites pourront être exercées contre eux pour le même motif. Il interdit le travail des enfants âgés de moins de dix ans, et n'autorise le travail des enfants âgés de plus de dix ans que s'ils sont munis du certificat de l'inspecteur dont il vient d'être question.
Inspecteurs. — Des inspecteurs scolaires sont nommés par la reine, sur la proposition du Département d'éducation. Ces inspecteurs visitent chaque école au moins une fois par an, et c'est sur leur rapport que le Département d'éducation décide le chiffre de la subvention qui doit être accordée à une école. L'examen annuel que doivent subir les élèves est fait soit par l'inspecteur luimême, soit par une personne à laquelle il a délégué ses pouvoirs.
Subvention du Parlement. — Le Parlement vote en faveur de l'instruction publique en Ecosse une subvention annuelle, dont la répartition est faite par le Département d'éducation conformément aux règles que celui-ci établit dans son Code scolaire publié chaque année. Le Département consulte en outre les commissaires spéciaux nommés par la reine en vertu de V Endowed Institutions {Scotland) Act de 1878, qui ont à donner un préavis sur cette répartition « en ce qui concerne l'encouragement de l'enseignement primaire supérieur, surtout dans les districts qui n'ont pas de hii/lvr class public schools. »
Sont admises à participer à la subvention parlementaire :
"J Les écoles administrées par les School boards; '' Parmi les autres écoles, celles que le Départit « aura jugées contribuer efficacement à donner l'instruction laïque dans la paroisse ou le bourg où elles sont situées. » Une école privée qui désire bénéficier de cette disposition doit adresser directement sa demande au Département, et se soumettre à l'inspection.
Comme en Angleterre, nulle école subventionnée ne doit exiger de ses élèves une rétribution supérieure à 9 pence par semaine.
Le montant de l'allocation accordée a chaque école se calcule d'après le nombre de. élèves qui l'ont fréquentée régulièrement et qui ont passé un examen satisfaisant dans les branches obligatoires ou facultatives mentionnées par le Code scolaire. Aucune allocation n'est accordée pour l'enseignement religieux.
Le chiffre total de l'allocation ne pourra pas dépasser 17 shillings G pence par élève, à moins que la somme de cette allocation ne reste inférieure à celle des revenus que l'école reçoit d'autre part (une exception est faite à cette disposition en faveur des îles Orcades et Shetland et des comtés d'Inverness, d'Argyll et de Ross).
Des subventions peuvent aussi être accordées aux School Boards pour la construction de maisons d'école.
Matières d'enseignement. — Les matières d'enseignement obligatoires à l'école primaire sont la lecture, l'écriture, l'arithmétique, l'histoire et la géographie. Les examens que l'inspecteur fait passer aux élèves sur les trois premiers de ces sujets peuvent être de six degrés {standards) différents, suivant la force et l'âge des enfants ; pour l'histoire et la géographie, la connaissance n'en est exigée que des élèves passant l'examen des trois degrés supérieurs.
Les filles doivent en outre être exercées aux travaux à l'aiguille.
Quant aux matières facultatives, elles sont actuellement au nombre de quatorze ; la quatrième cédule du Code scolaire de 1880 les énumère comme il suit : mathématiques, langue et littérature anglaise, latin, grec, français, allemand, mécanique, chimie, physiologie animale, lumière et chaleur, magnétisme et électricité, géographie physique, botanique, économie domestique (pour les tilles). Les examens sont de trois degrés différents.
Comme on le voit, l'étude des langues classiques n'est pas exclusivement réservée à l'enseignement secondaire, et la loi lui accorde une place parmi les matières facultatives de l'enseignement primaire.
Personnel enseignant des écoles primaires. — Le personnel enseignant comprend trois catégories : 1° instituteurs et institutrices brevetés ; 2° élèves-maîtres (pupil teachers); 3° adjoints et adjointes {assistant teachers).
La carrière de l'enseignement n'est ouverte qu'aux laïques; une exception est faite toutefois en faveur des ecclésiastiques qui se trouvaient, avant la promulgation de l'Acte de 1872, en fonctions comme instituteurs en chef d'une école publique, ou comme instituteurs dans une école de bourg.
Pour obtenir un brevet, le candidat doit subir un examen et faire ensuite un stage de deux ans dans une école publique.
Sont admis à. l'examen du brevet :
1° Les élèves des écoles normales ;
2° Les candidats âgés de plus de vingt-un ans, qui ont servi au moins deux ans comme maîtres provisoirement brevetés, ou qui ont servi pendant un an comme adjoints ou adjointes dans une école publique;
3° Les candidats qui ont pris un grade dans une université du Royaume-Uni, et qui ont fait un stage d'au moins trois mois dans une école subventionnée approuvée par un inspecteur. Pour les candidats de cet ordre, l'examen ne porte que sur les questions do pédagogie et de pratique scolaire.
Les brevets sont de quatre classes. Nul ne peut recevoir de prime abord un brevet de première
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classe. Les brevets de seconde classe peuvent être transformés en brevets de première, et ceux de troisième en brevets de seconde, à la suite de services satisfaisants. Le brevet de quatrième classe ne peut être transformé en brevet d'une classe plus élevée qu'à la suite d'un nouvel examen.
Le brevet est valable pour dix ans; mais il est révocable en tout temps sur un rapport défavorable de l'inspecteur.
Pour être admis à la condition d'élèves-maîtres dans une école publique, les jeunes gens des deux sexes doivent être âgés de quatorze ans au moins, contracter un engagement de quatre ans, et subir un examen annuel destiné à constater leurs progrès. A la fin de leur engagement, ils peuvent exercer les fonctions d'adjoint ou adjointe, ou entrer à l'école normale.
Les élèves-maîtres qui ont fini leur temps peuvent aussi, sur la recommandation spéciale de l'inspecteur, recevoir un brevet provisoire de quatrième classe qui les autorise à se charger d'une école et à se présenter à l'examen du brevet.
Les adjoints et adjointes sont choisis, soit parmi les élèves-maîtres qui ont terminé leur engagement d'une manière satisfaisante, soit parmi les candidats qui ont subi avec succès l'examen d'admission à l'école normale.
Le traitement des instituteurs, des adjoints et des élèves-maîtres est fixé par les administrateurs de chaque école.
Ecoles normales. — Le cours d'études dans les écoles normales primaires est de deux ans. Toutefois, il est permis de se présenter aux examens du brevet après une seule année d'études.
Des bourses sont accordées par le Département d'éducation aux élèves qui satisfont à certaines conditions de l'examen d'entrée. En outre, des subventions peuvent être allouées à l'école normale, ainsi qu'à l'école primaire qui y est annexée comme école d'application.
Les élèves des écoles normales sont autorisés à suivre, pendant le semestre d'hiver, un ou plusieurs cours à l'une des universités écossaises.
Toutes les écoles normales d'Ecosse sont des fondations privées.
Statistique scolaire. — Nous extrayons du rapport du Département d'éducation pour l'année 187 y les renseignements suivants:
La population de l'Ecosse était estimée en 1879 à 3 628 065 habitants. Le nombre des enfants inscrits sur les registres des écoles primaires du jour était de 508 402, savoir:
108 863 enfants au-dessous de sept ans, 363 143 enfants de sept à treize ans, et 36 446 enfants au-dessus de treize ans.
Le nombre des écoles du jour visitées par les inspecteurs a été de 3 003, contenant des places pour 585 629 élèves. Le nombre des élèves présents à l'école le jour de la visite de l'inspecteur a été de 447 801 ; le chiffre moyen de la fréquentation pendant l'année a été de 385 109 élèves.
Une comparaison avec les chiffres de 1872 montre que des progrès importants ont été réalisés durant les sept dernières années. En 1872, le nombre des enfants inscrits était de 266 998 ; celui des places dans les écoles du jour, de 281 688; celui des élèves présents le jour de l'inspection, de 225 300 ; et le chiffre de la fréquentation moyenne de 213 549.
En outre, 271 écoles du soir ont donné en 1879 l'instruction à 15 090 élèves.
Le nombre des instituteurs et institutrices brevetés employés dans les écoles publiques était de 5 148, auxquels il faut ajouter 357 adjoints et adjointes et 4 fi48 élèves-maîtres. Les écoles normales, au nombre de sept, ont compté 970 élèves.
L'allocation parlementaire répartie entre les
écoles du jour a atteint la somme de 325 754 livres sterling, soit 16 shillings 11 pence par élève, sur la base de la fréquentation moyenne. Le produit des taxes scolaires locales levées par les School Boards a été de 207 577 livres sterling. Le nombre des élèves qui ont passé l'examen des matières facultatives a été le suivant :
Langue et littérature anglaise 26 018
Economie domestique 19 071
Géographie physique 12 102
Physiologie animale 5 061
Latin 5 027
Français 2 305
Mathématiques 2 138
Le chiffre moyen du traitement d'un instituteur breveté, qui était en 1870 de 101 livres sterling 16 shillings 7 pence, est aujourd'hui de 139 livres sterling 3 shillings ; celui d'une institutrice, qui était de 55 livres sterling 14 shillings 2 pence, est actuellement de 72 livres sterling 6 shillings 4 pence. En addition à ce traitement, 1 735 instituteurs sur 3 034, et 450 institutrices sur 2 028 ont le logement gratuit.
Des pensions de retraite ont été payées par le Département d'éducation à 45 instituteurs ou institutrices.
Le nombre total des School Boards qui administrent en Ecosse les écoles publiques est actuellement de 982, dont 923 School Boards de paroisses, pour une population de I 882 101 habitants, et 59 School Boards de bourgs, pour une population de 1 477 917 habitants (d'après le recensement de 1871).
ÉCRITURE. — Nous n'avons, dans cette Ire Partie du Dictionnaire, ni à définir l'écriture ni à faire l'historique des différentes formes de l'écriture ; nous n'avons point non plus à énumérer les services que l'écriture rend aux sociétés, ni même les avantages qu'il y a à bien écrire. Sur ce dernier point toutefois, sans aller peut-être jusqu'à prétendre, comme Grote, qu' « une mauvaise écriture est une forme du mépris d'autrui, parce qu'elle prouve qu'on attache plus de prix à son propre temps qu'à celui des autres, » disons que c'est faire preuve d'une certaine éducation que d'écrire au moins lisiblement et correctement ; qu'il y a une écriture de cuisinière comme il y a une orthographe de cuisinière ; qu'en dehors des raffinements de la calligraphie, qui est une certaine forme, inférieure, si l'on veut, mais réelle, de l'art, à laquelle tout le monde ne peut atteindre, il y a au moins dans l'écriture un certain degré de qualités moyennes d'ordre, de proportion, de propreté et de goût, au-dessous duquel il n'est permis à personne de rester, et qui, faute de mieux, sert souvent de mesure pour juger les gens.
A tous ces titres, l'écriture occupe une place extrêmement importante dans l'instruction primaire. Elle a été même, pendant des siècles, la seconde des trois matières d'enseignement dont on s'occupait, exclusivement ou à peu près, dans les écoles : lecture, écriture, calcul. D'après les anciennes méthodes, on apprenait d'abord à lire, puis à écrire, et c'était seulement quand on avait passé par tous les degrés de la lecture que l'on devenait « écrivain ». — «Il est nécessaire, dit l'auteur de la CondwU des écoles chrétiennes J.-B. de la Salle, 1722), que les écoliers sachent très parfaitement lire, tant le français que le latin, avant que de leur faire apprendre à écrire. Si cependant, ajoute-t-il, il arrive qu'il y en ait qui aient atteint l'âge de douze ans, et qui n'aient pas encore commencé à écrire, on les pourra mettre à l'écriture en les mettant dans le latin, pourvu qu'ils sachent bien et correctement lire dans le français, et qu'on juge qu'ils ne viendront pas assez longtemps à
ÉCRITURE
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l'école pour apprendre suffisamment à écrire.. . »
Nous avons aujourd'hui réforme cette pratique, dont le moindre inconvénient était le terrible ennui qu'elle apportait dans la classe. L'enfant, en arrivant à L'école, est jeté, comme on dit, in médias res; on lui ouvre à la fois toutes les sources d'instruction, en lui enseignant, dès le premier jour, toutes les matières du programme, l'écriture comme les autres. Quelques-uns môme — et ce ne sont pas les moins avisés — font découler la lecture de l'écriture ; ils enseignent à tracer les lettres avant d'enseigner à les lire, sauf à faire précéder l'étude du tracé des caractères graphiques par celle de quelques principes préliminaires de dessin. (V. dans la IIe Partie, l'article Ecriture et l'article Lecture.)
Quelle que puisse être, d'ailleurs, la méthode d'exécution, il s'agit toujours pour l'instituteur de conduire l'enfant le plus tôt possible à écrire bien.
Il convient de s'entendre sur ce mot. Ecrire bien, en véritable langage d'école, ce n'est pas écrire comme les Barbedor, les Rossignol, les Beaulieu, les Baron et autres maîtres en l'art de la calligraphie. L'écolier, en apprenant à écrire, n'est pas plus destiné à devenir un calligraphe qu'il n'est destiné à devenir un artiste en apprenant à dessiner. Les calligraphes, comme les artistes, outre leur vocation naturelle, se forment par des moyens spéciaux, qui ne sont pas l'affaire de l'école. Ce n'est pas la pratique d'un art, à proprement parler, que l'école doit mettre entre les mains de l'enfant quand elle lui enseigne l'écriture, c'est un précieux moyen d'étude personnelle, c'est un instrument de communication à distance aujourd'hui indispensable dans toute société civilisée ; c'est aussi un ensemble de procédés qui sont l'expression de principes harmoniques, de certaines données d'ordre et de convenance, et peuvent, comme tels, contribuer, pour leur part et dans une just'3 mesure, à la formation de ce produit complexe et délicat de l'intelligence qu'on appelle le goût.
De là, quelques règles générales, qui devront, ce semble, guider le maître chargé d'enseigner l'écriture à des enfants.
Il est bien clair, par exemple, que le meilleur « écrivain », à prendre ce mot dans son vieux sens scolaire, ne sera pas l'élève qui pourra le mieux, comme on disait encore, peindre la lettre moulée ou pousser une élégante majuscule, mais celui qui saura écrire le plus proprement et le plus lisiblement, en se conformant d'ailleurs aux lois de proportion, de symétrie et de forme. Il est clair encore que l'enseignement ne devra pas tendre à la « main posée », mais à l'expédiée, à cette écriture, en quelque sorte spontanée, que nous employons de nous-mêmes, une fois sortis des préliminaires de l'apprentissage, et où chacun de nous met comme la marque de sa propre personnalité. Il est clair enfin qu'à la condition de répondre à toutes les exigences voulues en fait de lisibilité et de convenance graphique, la meilleure méthode d écriture, ce sera la plus rapide.
Ces données vont nous permettre de dire quelques mots d'une question qui partage aujourd'hui les maîtres, et qui, sur un terrain où il semblerait qu'il fût facile de s'entendre, a souvent donné lieu à des discussions passionnées.
Depuis longtemps, en effet, deux méthodes ou plutôt deux systèmes différents sont en présence. Les uns, s' attachant, disent-ils, dans l'écriture, à une qualité qui est, sans contredit, une qualité ^ maîtresse, la lisibilité, préconisent une forme d'écriture large, arrondie, de peu de pente, facilement uniforme sous toutes les mains, à laquelle on donne généralement le nom d'écriture française, sans doute parce qu'elle se rapproche plus ou moins de notre ancienne bâtarde. Les/
autres veulent, sans sacrifier la lisibilité, atteindre aussi à une certaine élégance, et surtout à la rapidité, condition si nécessaire, en écriture comme en toute chose, à notre époque pressée, et ils ont adopté les formes anglaises, américaines, anglo-américaines, anglo-françaises, comme on voudra les appeler, qui constituent la cursive ; formes allongées, penchées, légères d'exécution et de liaison, aussi faciles, quoi qu'on en ait dit, à saisir et à reproduire que les autres, charmantes — il est impossible de le nier — sous des doigts habiles.
Sur une question comme celle-là, le maître, cela va sans dire, doit avoir toute liberté, et, en fait, cette liberté lui a été garantie par une lettre ministérielle. Remarquons seulement qu'à degré égal de lisibilité — et il y a des cursives qui sont lisibles — il nous semble difficile que l'écriture dite française, qui n'est, au bout du compte, qu'une bâtarde ou une coulée, puisse échapper aussi bien que l'anglaise, l'américaine, ou tout autre système analogue, aux nécessités de la main posée. L'anglaise, l'américaine sont incontestablement plus rapides. Plus rapides et aussi plus agréables à l'œil, pouvant conduire plus directement à un certain sentiment de formes gracieuses et harmonieuses, dont l'é'-ole n'a pas le droit de dédaigner l'appoint éducatif, si minime qu'en soit la valeur dans le développement général des facultés.
Ce n'est pas, d'ailleurs, que le type d'écriture que l'écriture française prétend reproduire n'ait aussi sa grâce et sa beauté; mais il faudrait, ce nous semble, le maintenir à la place qu'on lui a toujours donnée, au moins depuis cinquante ans. On se servait autrefois, et on se sert encore généralement, de la ronde, de la coulée, de la bâtarde, et de tout ce qui y ressemble, dans des pièces d'écriture soignée, pour les titres, pour les en-têtes, pour tout ce qui a besoin d'être mis en relief ou en saillie, et de l'écriture anglaise ou américaine (M. Taupier, qui a été un de nos calligraphes contemporains les plus compétents, disait anylo- française) pour le corps même de la pièce : n'est-ce pas là ce qu'on peut encore faire de mieux?
Une fois le maître fixé sur le fond même de ce qu'il doit enseigner en fait d'écriture, sur le but précis et la direction générale de son enseignement, il devra se préoccuper de la meilleure manière de donner une leçon d'écriture.
Les bonnes méthodes (elles sont énumérées, pour la plupart, dans l'article Écriture de la IIe Partie) contiennent des indications techniques sur la position que doit avoir l'élève en écrivant, sur la façon dont il faut qu'il tienne son cahier ou son ardoise, son crayon ou sa plume. Nous ne pouvons que renvoyer les maîtres à ces méthodes. Nous les y renvoyons aussi pour tout ce qui concerne l'étude graduée des éléments, le choix du corps d'écriture pour les premiers exercices, etc. Nous nous bornerons à remarquer que l'enseignement de l'écriture, trop dédaigné dans certaines écoles, demande, de la part du maître, plus que toutes les autres parties du programme, une intervention personnelle prolongée, une dépense quotidienne considérable de temps et de soins. Si le mode d'enseignement individuel est nécessaire quelque part, c'est quand il s'agit de conduire les petites mains si lourdes et si gauches des enfants, de corriger et de rectifier leurs premiers essais plus ou moins informes, de leur tracer, à côté de ces essais, des modèles dont ils puissent suivre des yeux l'exécution. Nos anciens maîtres d'école, moins surchargés, hâtonsnous de le dire, et moins pressés que ceux d'aujourd'hui, ont laisse sur tous cespointsd'exeellenies traditions qu'on aurait tort de laisser perdre, et nous trouvons dans nos plus vieux livres de pé-
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ÉCRITURE
dagogie des directions qu'il n'est peut-être pas inuùle de remettre en mémoire à un bon nombre d'instituteurs.
« Il est nécessaire, dit la première édition de la Conduite des écoles chrétienne*, que le maître visite chaque jour tous les écrivains, et même plusieurs fois les commençants, et qu'en les visitant, il remarque si les plumes de ceux qui les taillent sont bien taillées (on se servait alors de plumes d'oie); si leur corps est dans la posture dans laquelle il doit être ; si leur papier est droit, et s'il est net; s'ils tiennent bien leurs plumes, et s'ils ont des exemples ; s'ils écrivent autant qu'ils le doivent; s'ils s'appliquent à bien faire; s'ils n'écrivent point trop vite; s'ils font leurs lignes droites; s'ils portent toutes leurs lettres dans la même situation et dans la distance convenable; si le corps de toutes les lettres est d'une même hauteur et d'un même caractère, et si elles sont nettes et bien formées ; si les mots et les lignes ne sont ni trop serrés ni trop éloignés; il corrigera chaque fois l'écriture et la moitié des écrivains (on faisait chaque jour deux classes d'écriture), et ainsi il la leur corrigera à tous, tant le matin qu après midi, sans y manquer.
» Il ira derrière tous l'un après l'autre, et pour ce sujet il y aura quelque espace entre les bancs des écrivains ; il se mettra du côté droit de celui qu'il a à corriger et lui fera remarquer tous les défauts qu'il fait en écrivant, tant dans la posture du corps que dans la manière de tenir la plume et de former les lettres,Jet dans toutes les autres choses qu'il doit remarquer quand il les visite, et qui sont exprimées ci-dessus.
» Lorsqu'en corrigeant, il parlera de jambages, de pieds, de têtes et de queues, de membres et de corps de lettres; de séparations, distances, éloignements ; de hauteur, largeur, rondeur et demirondeur, plein et délié, petit caractère, gros caractère, etc., il leur expliquera tous ces termes chacun en particulier et en demandera ensuite l'explication, en disant, par exemple : qu'est-ce qu'on appelle jambages?
» Il aura soin que les écoliers soient attentifs lorsqu'il corrigera leur écriture, leur marquant par un trait de plume les principales fautes qu'ils auront faites, et prendra garde dans le commencement de ne leur faire remarquer que trois ou quatre fautes dans la crainte de les brouiller, s'il ieur en marquait un plus grand nombre, et de leur faire oublier ce qu'il leur aurait enseigné par la confusion que mettrait dans leur esprit le grand nombre de fautes dont on les aurait repris...
» Pendant qu'il visitera et corrigera l'écriture de quelqu'un des écoliers, il prendra garde d'avoir toujours tous les autres en vue, et pour cet effet il lèvera de temps en temps la tête pour regarder *out ce qui se passera dans la classe, et, s'il trouve quelqu'un en faute, il l'avertira en lui faisant signe; il veillera particulièrement sur ceux qui en auront besoin, c'est à dire sur les commençants et sur les négligents; il aura égard surtout dans ce temps-là que rien n'échappe à ses yeux... »
Ailleurs, il est prescrit que « toutes les exemples en lignes soient des sentences de la Sainte Ecriture ou des maximes chrétiennes tirées des saints Pères ou des livres de piété. » Il y aura pour cela deux recueils dans chaque maison : « les maîtres ne donneront aucune exemple qu'elle ne soit tirée de l'un de ces deux recueils, et s'appliqueront surtout à celles de la Sairue Ecriture, qui doit faire une plus forte impression et plus facilement toucher les cœurs, comme étant la parole de Dieu. »
Dans un livre aujourd'hui fort rare, imprimé au commencement du xvin0 siècle (l'approbation et le privilège sont de 170(3) : L Ecole paroissiale,
sorte de manuel dédié « à monsieur le chantre do l'église de Paris, collateur, juge et directeur des petites écoles, tant en la ville, cité et université que faubourg et banlieue de Paris, » et qui contient « une instruction facile et méthodique » pour chaque partie de l'enseignement dans ces petites écoles, nous trouvons, en ce qui concerne l'écriture, les mêmes directions, avec des détails peut être plus minutieux encore. Le chapitre II de la troisième partie, qui a pour objet « la méthode pour enseigner l'écriture, » prévoit non seulement les divers cas sur lesquels devra se porter l'attention du maître dans l'enseignement proprement dit, mais encore les conditions matérielles de cet enseignement, depuis les plumes, le papier, le canif (« les meilleurs de Paris se prennent ordinairement en la rue de la Goustellerie, au Pistolet ») jusqu'à la poudre et l'encre des enfants, voire la composition de cette encre. « Le maître aura soin de faire apporter à chacun des écrivains une main de papier relié et couvert proprement d'une carte; le papier ne sera point moite, mais bien sec, bien collé, à ce qu'il reçoive l'encre sans boire (comme on parle communément); ils tiendront toujours leur papier bien propre, bien net, sans oreilles ; autrement le maître les punira exactement. .. » Dans l'école paroissiale comme dans l'école des frères, il y a deux leçons d'écriture par jour, a II faut que le maître fasse écrire tous les jours à ses enfants un exemple le matin, et un redouble après midi au moins ; et pour ceux qui en pourraient faire davantage, comme les plus avancés, il doit avoir un nombre d'exemplaires en feuilles, afin que, quand ils ont fait leurs exemples, ils s'en puissent servir pour les copier sur le derrière de leur papier, jusqu'à la fin de la leçon, prenant garde qu'ils ne gâtent rien, mais qu'ils tiennent tout net, sans mettre de l'encre dessus. Le maître même regardera la pratique de ces redoubles, dont la matière sera de divers formulaires de quittances, obligations, baux à ferme, etc., parties de marchandises, selon la vacation d'un chacun, afin de les styler aux pratiques du trafic des affaires du siècle, en apprenant l'écriture, ce qui donne de la satisfaction aux parents... »
L'école mutuelle, qui, sous la Restauration, parvint presque à se substituer au système des anciennes écoles, se préoccupa particulièrement de l'enseignement de l'écriture. Elle contribua pour une très grande part à l'adoption de la cursive anglaise, dont le Guide de l'enseignement mutuel (1818), dans un très remarquable exposé, fait valoir tous les avantages. Par une innovation qui mérite d'être remarquée, l'enfant, en arrivant à l'école mutuelle, était immédiatement mis à l'étude simultanée de la lecture et de l'écriture ; on faisait marcher de front ces deux enseignements, « en les associant de manière que l'un servît de complément et comme de contrôle à l'autre. » On avait imaginé, à cet effet, d'apprendre aux enfants à tracer avec le doigt la figure des lettres sur du sable blanc, à mesure qu'on leur montrait ces lettres. Les tables de la division des petits enfants étaient munies pour cela d'une tablette avec rebords contenant une mince couche de sable que le rabot du moniteur égalisait, au besoin, pendant ou après l'exercice. Ce n'était point là, d'ailleurs, la méthode actuelle, qui subordonne la lecture à l'écriture ; les auteurs du système nouveau y voyaient surtout :< un moyen sûr de parvenir à une prompte connaissance de l'alphabet, tout en amusant les écoliers. » L'école mutuelle préconisa aussi et popularisa l'emploi de l'ardoise et du crayon à ardoise précédant l'emploi du papier et de la plume pour apprendre à écrire. Peut-être même lui devons-nous ce procédé, que ne mentionne point, par exemple; l'édition de la Conduite des écoles chrétiennes refondue en 1811. Les ar-
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