‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 384 sur 547 · ÉCRITURE-LECTURE · texte numérisé non relu

ÉCRITURE-LECTURE

doiscs, « ce papier du pauvre, » ont des avantages et des inconvénients qui ont été indiqués dans ce Dictionnaire (V. Ardoises), et sur lesquels nous ne reviendrons pas ici. A l'école mutuelle, c'était dans la huitième classe seulement, c'est-à-dire dans la classe supérieure, qu'intervenait l'étude de l'écriture sur le papier, celle-ci n'étant alors pour les élèves qu'un fac-similé de l'écriture sur l'ardoise.

Nos écoles actuelles, où domine la leçon directe du maître et le mode d'enseignement simultané, doivent, pour l'écriture comme pour toutes les autres matières du programme, faire appel à ces deux principes, en vue desquels elles sont organisées.

La leçon du maître consistera à écrire, sur le tableau noir, non avant la classe, comme on le fait quelquefois, mais en présence des élèves, les parties de lettres, les lettres, les mots, la phrase, sur lesquels les élèves devront s'exercer, et qu'ils auront à reproduire sur leurs ardoises ou sur leurs cahiers. Et il ne lui suffira pas d'écrire la donnée de l'exercice, il l'expliquera; il dira pourquoi il l'a r'ioisi, il dira comment on doit s'y prendre pour l'imit )r.

C<:ue leçon directe, où le maître fera œuvre de professeur, ne l'empêchera pas, s'il le juge utile, de mettre entre les mains des élèves des cahiers préparés, comme l'industrie scolaire en fournit maintenant une grande variété, contenant en haut de chaque page des modèles tracés ou des motifs de calque ou de repassage; ce sont là des procédés qui peuvent rendre de grands services, pourvu qu'on n'en abuse point, en en prolongeant l'usage outre mesure. Mais il faut que le maître comprenne bien que tous les exercices, qu'ils viennent de lui ou qu'il les emprunte à une méthode, réclament absolument son interprétation personnelle, avec questions posées aux élèves pour s'assurer qu'ils ont compris , etc. C'est le seul moyen d'éviter la routine machinale, si facile dans un exercice qui peut se réduire, comme cela se voit trop souvent, à un acte inconscient des doigts.

D'autre part, comme toutes les matières du programme se tiennent, et que chacune, sans rien perdre de son individualité propre, doit venir compléter ou confirmer les autres, le maître rattachera la leçon d'écriture, soit à la leçon de langue française, soit à la leçon de morale, soit à telle autre matière du cours, en choisissant, pour les reproduire, des mots qui aient un sens et dont il expliquera le sens; des phrases qui contiennent, indépendamment des éléments graphiques à l'enseignement desquels elles sont destinées, quelque indication morale, historique, géographique, etc., qu'il ne manquera pas non plus d'expliquer, do développer au besoin, pendant que les élèves écrivent.

Enfin, la leçon d'écriture sera véritablement simultanée, si, en dehors des conseils individuels que le maître pourra donner en passant entre les tables, comme le veulent les vieilles méthodes, il a soin de tenir la main à ce que les élèves d'une môme classe fassent, le même jour, les mêmes exercices, ceux précisément qui auront été indiqués au tableau noir, et non d'autres.

Voici, pour finir, les excellentes directions que donne, pour l'enseignement de l'écriture, l'Organisation pédagogique des écoles publique* du département de la Seine, laquelle est, comme on sait, la grande œuvre de M. Gréard ; ony trouvera une confirmation autorisée des principes pédagogiques que nous avons essayé nous-môme de formuler.

Cours élémentaire. — Le maître rappelle au commencement de chaque classe les préceptes relatifs à la tenue du corps, du cahier et de la plume.

L'objet de la leçon est toujours exposé au tableau noir.

Le maître passe ensuite dans les tables et procède à la correction individuelle des cahiers. Les défauts qui se produisent chez plusieurs élèves font l'objet d'une observation générale accompagnée d'une démonstration au tableau noir.

Il veille à ce que les préceptes relatifs à la tenue du corps, du cahier et de la plume soif m toujours observés quand l'élève écrit, que ce soit un exercice spécial d'écriture ou une rédaction de devoir.

Cours iwoyen. — Au commencement de chaque classe, et toutes les fois qu'il en est besoin, le maître rappelle les principes relatifs à la tenue du corps, du cahier et de la plume.

La leçon est exposée au tableau noir sur un modèle que trace le maître.

Les corrections individuelles aux tables et les démonstrations au tableau noir se font comme dans le cours élémentaire.

Les phrases servant de modèles doivent toujours présenter un sens complet, et avoir pour objet soit un précepte de conduite, soit une notion utile.

Cours supérieur. — Ecriture cursive, ronde, bâtarde. — Retour sur les principes ; exercices de ronde et de bâtarde (Insister sur la cursive).

Tableaux, comptes, factures, mémoires d'un genre simple, réunissant les trois genres d'écriture. [Charles Defodon.]

Législation. — FRANCE. — L'écriture fait partie des matières obligatoires de l'enseignement primaire (L. 15 mars 1850, art. 23).

Les épreuves écrites pour l'admission dans les écoles normales comprennent :

Une page d'écriture cursive, en gros, en moyen et en fin. Elle comprend au moins deux lignes de gros, quatre de moyen et huit de fin. Les candidats devront avoir une écriture non seulement courante, mais encore régulière et déjà formée ; il sera tenu compte, dans l'appréciation de cette épreuve, de l'écriture des autres compositions (Arr. du 31 décembre 1867, art. 3).

L'écriture est comprise dans le programme d'études de ces établissements (Décr. du 22 janvier 1881).

L'enseignement donné dans les salles d'asile publiques ou libres comprend les premiers principes de l'écriture (Décr. 21 mars 1855, an. 2).

Les épreuves écrites pour l'examen des aspirants et aspirantes au brevet de capacité comprennent :

Une page d'écriture à main posée, comprenant une ligne en gros dans chacun des trois principaux genres (cursive, bâtarde et ronde), une ligne de cursive en moyen, et quatre lignes de cursive en fin (Arrêté du 5 janvier 1881).

[L. Armagnac]

PAYS ÉTRANGERS. — Dans la plupart des pays étrangers, l'écriture figure au programme de l'enseignement primaire, parmi les branches obligatoires, sans autre explication ni commentaire. Quelques Etats, cependant, distinguent entre Vécriture proprement dite et la calligraphie : cette dernière branche est alors enseignée à part. Les pays qui font expressément cette distinction sont : le duché d'Anhalt et celui de Bade, le Wurtemberg, l'Italie et le Portugal.

ÉCttlTUKK-LECTUKK. — C'est par cette expression abrégée qu'on désigne souvent la méthode de Yenseigyieinent simultané de récriture et de la lecture. Cette méthode, qui, après avoir été pratiquée en France dès le siècle dernier par quelques novateurs, n'a reçu ses derniers perfectionnements que dans la seconde moitié de celui-ci, gagne rapidement du terrain dans tous les pays où l'instruction populaire est en honneur. 11

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