ENFANTS ASSISTÉS — 841 — ENFANTS DE TROUPE
Les demandes d'admission à l'hospice ou au secours temporaire doivent, pour la plus grande célérité de l'instruction, être adressées h la préfecture, par l'intermédiaire du maire.
Si le maire a lieu de penser que des femmes domiciliées ou se trouvant temporairement dans la commune ont l'intention d'exposer leurs enfants, il en informe aussitôt le préfet; il lui fait également connaître le nom et la résidence connue ou présumée des femmes qui, par suite de grossesse, se seraient éloignées de leur domicile.
Le maire inscrit sur un registre spécial tous les enfants assistés placés dans la commune ; ce registre comprend séparément les élèves des hospices et les enfants secourus temporairement. Il indique, d'après les livrets, le numéro matricule, le sexe, les noms et l'âge de l'enfant, les noms et demeure des mères des enfants secourus, et des nourrices, nourriciers, maîtres ou patrons des élèves des hospices.
Le maire engage les nourrices et nourriciers dont la moralité et les ressources lui sont connues h se charger des élèves des hospices, et il rappelle à toute occasion aux cultivateurs les avantages qu'ils trouveraient à prendre des enfants en apprentissage avant ou après leur douzième année.
Le maire s'assure, par de fréquentes visites, si les enfants de tout âge reçoivent une nourriture saine et abondante et s'ils sont l'objet de bons soins; s'ils sont vaccinés et obtiennent dans leurs maladies les soins d'un médecin et les médicaments nécessaires ; et, dès qu'il y a lieu de transporter un enfant malade à l'hospice, il veille à ce que toutes les précautions nécessaires soient prises par les nourriciers ou patrons afin d'éviter les accidents. Le maire doit en outre s'assurer si les enfants sont préservés de la mendicité et du maraudage ; s'ils ont de bons exemples sous les yeux ; enfin si, à l'âge indiqué par les règlements, ils sont envoyés et admis dans les salles d'asile et les écoles publiques ou privées.
Le maire reçoit périodiquement de la préfecture, soit chaque mois, soit chaque trimestre, des formules de certificats de vie ou de certificats-mandats, suivant l'usage adopté dans le département, pour le paiement des mois de nourrice, de pension, ou de secours temporaires des enfants assistés. Au dernier jour de la période à solder, il se fait présenter les enfants d'une manière toute spéciale et s'assure de leur identité au moyen des numéros matricules portés sur le collier et sur le livret, et, s'il remarque quelque fraude à cet égard, il a soin d'en informer immédiatement le préfet.
Il refuse le certificat de vie lorsque l'enfant ne lui est pas présenté, ou lorsque le collier a été, sans motif fondé, enlevé avant l'époque réglementaire.
Le maire veille à ce que les enfants ne quittent pas la commune sans l'autorisation de l'administration, et, lorsqu'il n'a pu empocher leur départ, il mentionne au registre tous les renseignements qu'il s'est procurés sur leur résidence et avertit immédiatement l'inspecteur ou le préfet.
Le maire tient la main h ce que le décès des élèves de l'hospice ou des enfants secourus temporairement soit déclaré sans retard, et il transmet au préfet une copie do l'acte mortuaire. Il mentionne en outre le décès sur le livret. Enfin, en cas de mort des mères d'enfants secourus, des nourrices et nourriciers, maîtres ou patrons, il en informe immédiatement le préfet et prend d'urgence les mesures que réclame l'intérêt des enfants.
Comités de patronage. — Dans chaque commune où se trouvent placés un ou plusieurs enfants assistés, un comité de patronage est institué par un arrêté préfectoral qui en règle la composition.
La mission des membres de ce comité est
d'exercer une surveillance constante et immédiate sur les élèves des hospices jusqu'à leur majorité, et sur les enfants temporairement secourus; de donner aux enfants, aux mères, aux nourrices, nourriciers, maîtres ou patrons des conseils et des avertissements, et de porter à la connaissance de l'autorité supérieure, par l'intermédiaire du maire, tout ce qui importe au bien-être physique ou moral des enfants de tout âge.
Le comité doit s'assembler tous les trois mois régulièrement, et chaque fois que le président, sur la demande d'un des membres, le juge nécessaire.
A la séance trimestrielle, le comité dresse, pour chacun des enfants assistés placés dans la commune, un bulletin détaillé dont la formule a été envoyée par la préfecture.
Il convient d'ajouter que les membres des comités de patronage des enfants assistés font également, en général, partie de la commission locale de protection des enfants du premier âge (loi du 23 décembre 1874), et qu'en cette qualité ils peuvent désigner au préfet, comme dignes de récompenses pécuniaires ou honorifiques , les nourrices et nourriciers les plus méritants, par leurs bons soins et leur dévouement à l'égard des enfants assistés âgés de moins de deux ans qui leur sont confiés. ^ [G. Rouit.]
ENFANTS CÉLÈBRES. — L'appellation d'enfants célèbres ne devrait, dans la rigueur du terme, s'appliquer qu'à ceux des personnages historiques qui doivent leur illustration uniquement à un acte accompli ou à un talent manifesté lorsqu'ils étaient encore enfants, soit que la mort les ait frappés avant qu'ils eussent atteint l'âge d'homme, soit que, devenus adultes, ils n'aient plus rien fait de remarquable et soient rentrés dans l'obscurité. Tels sont ces deux jeunes héros de la Révolution française, Joseph fiara, le petit volontaire de Palaiseau, tué à l'affaire de Chollet en Vendée en décembre 1793, à l'âge de treize ans, et Joseph- Agricol Viala, tué en défendant le passage de la Durance, près d'Avignon, en juillet 1793, à l'âge de treize ans aussi ; ou bien cet enfant dont le nom est resté inconnu, qui sauva, par son courage et sa présence d'esprit, la ville de Lucerne, menacée en 1333 par une conspiration de la noblesse; tel fut, dans un autre ordre d'idées, ce fameux Henri de Heinecken, qui, à deux ans, parlait trois langues et prononçait des discours latins, et mourut à cinq ans lorsqu'on voulut le sevrer. Toutefois, par une extension quelque peu abusive, on range le plus souvent dans la catégorie des enfants célèbres ceux des hommes de génie, des grands écrivains ou des artistes illustres qui se sont distingués dès leur. jeune âge par la précocité de leur intelligence et le développement extraordinaire d'une faculté ou d'un talent spécial; citons au hasard : Pic de la Miraudole, orateur et poète à l'âge de dix ans; Pascal, qui étudia la géométrie sans maître et avait trouvé seul, à l'âge de douze ans, les trente-deux premières propositions d'Euclide ; Voltaire et Pope, à qui leur esprit et leur talent poétique avaient déjà fait une réputation sur les bancs du collège ; Mozart, dont l'étonnant génie musical s'était manifesté dès la plus tendre enfance, et qui, à huit ans, écrivait des compositions dignes des maîtres, etc., etc. A ce dernier peint de vue, l'histoire des enfant? célèbres soulève une question intéressante : d'une part, les hommes qui se sont distingués dans une carrière ontils toujours été des enfants précoces ? et d'autre part, la précocité est-elle, en règle générale, un don funeste, et conduit-elle, sauf exception, à un étiolement prématuré des facultés? V. à ce sujet l'article Précocité.
ENFANTS DE TROUPE. — Avant la Révolution, on appelait enfants de troupe tes enfants, le