ENSEIGNEMENT PRIMAIRE
branches d'enseignement à l'école primaire élémentaire et moyenne {eut fâche und mittlere Volksschulen^ sont les suivantes : religion et morale, langue allemande, lecture et écriture, calcul, géométrie, histoire, géographie, histoire naturelle, chant, dessin, gymnastique pour les garçons, et, si les circonstances le permettent, travaux à l'aiguille pour les filles. (Id.. art. 2.) Les écoles primaires supérieures (hohere Volksschulen) étendent leur programme à d'autrer matières encore, notamment aux langues étrangères, sans qu'il soit permis toutefois d'amoindrir l'enseignement de la langue et de la littérature allemandes. {Id., art. 13). — A l'école complémentaire, l'enseignement recevra un caractère plus développé qu'à l'école primaire élémentaire, notamment da»ns la langue allemande, le calcul, la géographie, l'histoire naturelle et le dessin, par l'introduction au programme de sujets qui n'ont que peu ou point pu être étudiés à l'école primaire, (Id., art. 14.)
saxe-weimar. — « L'école primaire a pour mission de donner à la jeunesse, par l'instruction et l'éducation, les principes de la culture morale et religieuse, ainsi que les connaissances générales €t les aptitudes pratiques nécessaires dans la vie sociale. » (Loi du 24 juin 1874, art. ler.)Les branches obligatoires d'enseignement sont les suivantes : religion et morale, langue allemande, lecture et écriture, calcul et éléments de géométrie, histoire naturelle, géographie, histoire, char.t, et pour les garçons gymnastique et dessin; les branches accessoires et facultatives sont : pour les garçons, arboriculture; pour les filles, travaux à l'aiguille, gymnastique et dessin. (Id., art. 2). — L'école complémentaire fortifie et développe les connaissances acquises à l'école primaire ; î'enseignementy comprend entre autres la composition et la rédaction commerciale, la comptabilité, le lever des plans, l'histoire nationale, les éléments de la physique, delà minéralogie, de la botanique; pour les filles, la rédaction commerciale, le lever des plans, le dessin technique sont remplacés par les travaux à l'aiguille et le dessin d'agrément. (Ordonnance ministérielle du 20 mars 1875, art. 9.)
Wurtemberg. — « Le but des écoles primaires est de donner à la jeunesse une culture religieuse et morale, ainsi que les connaissances générales et les aptitudes pratiques nécessaires dans la vie sociale. » (Loi de 1830, art. 1er.) Les branches obligatoires sont : religion et morale, lecture, écriture, langue allemande, calcul et chant. (Id., art. 2). L'ordonnance du 18 juin 1804 y a ajouté les Realien (c'est-à-dire l'histoire, la géographie, et des notions des sciences naturelles), et de plus, comme branche facultative, le dessin. La circulaire du 9 mars 1845 a recommandé l'introduction de la gymnastique : les autorités locales ont le pouvoir d'en rendre l'enseignement obligatoire.
Dans les écoles du soir d'hiver (Wijiterahendschulen), l'enseignement est le même qu'à l'école du jour ; mais on y joint quelques connaissances relatives à l'agriculture ou à l'industrie, suivant les localités, et il peut y être donné aussi des leçons d'arpentage. Dans les écoles complémentaires agricoles (landwirthschaftliche Fortbildungs-Schuleri), l'enseignement comprend celles des branches du programme de l'école primaire qui sont applicables à la vie pratique, ainsi que les connaissances spécialement agricoles. Dans les écoles | complémentaires professionnelles (gewerbliche Fortùildungs-Schulen), le dessin, le calcul et l'écriture sont les branches principales. (Circulaire du 4 juin 1852.)
Angleterre. — Les matières obligatoires d'enseignement à l'école primaire sont la lecture, l'écriture, l'arithmétique (New Code, 1881, § 28); une prime spéciale est allouée pour l'enseignement
du chant (Id., § 19, A). En outre, d'autres branches peuvent être enseignées à titre de class tubjectê : le Code scolaire énumère, sous cette rabiiqve, la grammaire, les travaux à l'aiguille, la géographie, l'histoire naturelle, la physique du globe, la physique, l'histoire, l'économie politique (Id., § 19, C.) Enfin, l'école primaire peut encore inscrire dans son programme un certain nombre de spécifie suhjecls, qui sont : la littérature anglaise, les mathématiques, le latin, le français, l'allemand, la mécanique, la physiologie animale, la cosmographie, la botanique, et l'économie domestique pour les filles (Id., quatrième cédule).
AUTRICHE-HONGRIE. — Autriche. — « L'école primaire a pour mission de donner aux enfants une éducation morale et religieuse, de développer leurs facultés intellectuelles, de les munir des connaissances et des aptitudes dont le perfectionnement ultérieur doit les préparer à la vie, et de jeter les fondements de la culture qui doit faire d'eux des hommes et des membres utiles de la société. » (Loi du 14 mai 1869, art. 1er.) Les matières obligatoires de l'enseignement primaire élémentaire sont les suivantes : religion, langue, calcul, éléments de l'histoire naturelle, de la géographie et de l'histoire, plus particulièrement de l'histoire nationale avec notions de droit constitutionnel, écriture, géométrie, chant, gymnastique, et, pour les filles, travaux à l'aiguille et économie domestique. (Id., art. 3.) Le programme de l'école primaire supérieure (Bùrgerschule) est le suivant : religion, langue et composition, géographie et histoire, en ayant surtout en vue la patrie et sa constitution, histoire naturelle, sciences physiques, arithmétique, géométrie, comptabilité, dessin artistique et mathématique, calligraphie, chant, gymnastique ; pour les jeunes filles, travaux à l'aiguille et économie domestique. Dans les écoles de nationalité non allemande, la langue allemande doit être enseignée. (Id., art. 17.)
Hongrie. — Les matières obligatoires d'enseignement à l'école primaire élémentaire sont les suivantes : religion et morale ; lecture et écriture ; arithmétique et calcul mental, système légal des poids et mesures, et système monétaire; grammaire ; exercices de langage ; géographie et histoire nationales ; notions de géographie et d'histoire générales ; éléments de physique et d'histoire naturelle ; notions pratiques d'agriculture et d'horticulture ; principes élémentaires d'instruction civique ; chant; gymnastique, avec application aux exercices militaires. (Loi du 5 décembre 1868, art. 55.)
Les matières d'enseignement à l'école primaire supérieure sont : pour les garçons, religion et morale ; calligraphie et dessin ; langue, maternelle, plus le hongrois dans les écoles où cette langue n'est pas la langue d'enseignement ; arithmétique et géométrie, avec exercices pratiques ; physique et histoire naturelle, appropriées à l'agriculture et à l'industrie ; géographie et histoire, tant nationales que générales ; notions d'agriculture ; droit constitutionnel ; tenue des livres en partie simple ; gymnastique avec application aux exercices militaires; chant; — pour les filles, religion et morale; calligraphie et dessin; arithmétique; langue maternelle, plus le hongrois dans les écoles où cette langue n'est pas la langue d'enseignement; géographie et histoire; physique et histoire naturelle appropriées au jardinage et aux occupations des femmes ; chant ; travaux à l'aiguille. (Id., art. 04.)
BELGIQUE. — « L'enseignement primaire comprend nécessairement la morale, la lecture, l'écriture, les éléments du calcul, le système légal des poids et mesures, les éléments de la langue française, flamande ou allemande, selon les besoins de* localités, la géographie, l'histoire de la
Belgique, les éléments du dessin, la connaissance des formes géométriques, les notions élémentaires des sciences naturelles, la gymnastitique, le chant, et, pour les filles, les travaux à l'aiguille.
» L'enseignement primaire peut recevoir des extensions dans les localités où elles sont reconnues possibles et utiles. Un arrêté royal énumere les branches qui peuvent faire l'objet de ces extensions et détermine comment sont constatées, dans chaque localité, Futilité et la possibilité de comprendre une ou plusieurs de ces branches dans le programme des écoles primaires. » (Loi du 1er juillet 1879, art. 5.)
DANEMARK. — Les matières obligatoires d'enseignement sont les suivantes : religion, lecture, écriture, calcul et chant (ordonnance de 1814, art. 30); la gymnastique y a été ajoutée depuis. Dans la plupart des écoles, le programme contient en outre l'histoire et la géographie, ainsi que l'histoire naturelle et le dessin pour les garçons, les travaux à l'aiguille pour les filles. A Copenhague, le programme des écoles primaires payantes est le suivant : religion, écriture, calcul, chant, gymnastique, danois, allemand, histoire, géographie, histoire naturelle, sciences physiques ; en outre, pour les garçons, mathématiques, et dessin tant artistique que mathématique; pour les filles, travaux à l'aiguille.
ESPAGNE. — Matières obligatoires de l'enseignement primaire élémentaire : doctrine chrétienne et notions d'histoire sainte, lecture, écriture ; principes de grammaire castillane avec exercices d'orthographe ; principes d'arithmétique, avec le système légal des monnaies, poids et mesures ; courtes notions d'agriculture, d'industrie et de commerce, selon les localités. (Loi du 9 sept. 1857, art. 2.) Le décret du 23 février 1870 y a ajouté l'étude de la constitution de l'État. — Matières de l'enseignement primaire supérieur : outre les branches ci-dessus, principes de géométrie, de dessin linéaire et d'arpentage ; rudiments d'histoire et de géographie, avec application spéciale à l'Espagne ; notions générales de physique et d'histoire naturelle appropriées aux nécessités les plus ordinaires de la vie. (M., art. 4. ) — Dans les écoles de filles, l'enseignement des notions d'agriculture, d'industrie et de commerce, des principes de géométrie, de dessin linéaire et d'arpentage, des notions de physique et d'histoire naturelle, est remplacé par celui des branches suivantes : travaux à l'aiguille, éléments de dessin appliqué aux travaux à l'aiguille, notions d'hygiène domestique. (ld., art. 5.)
GRÈCE. — « Dans toutes les écoles primaires on enseignera ce qui suit : le catéchisme, les éléments de la langue grecque, l'écriture, l'arithmétique, le système légal des poids et mesures, le dessin linéaire, le chant. S'il est possible, on y ajoutera les éléments de la géographie, de l'histoire grecque, et les notions les plus indispensables des sciences naturelles. — En outre, deux fois par semaine aurontlieu des exercices gy mnastiques sous la surveillance de l'instituteur ; celui-ci enseignera pratiquement l'agriculture et lu viticulture, et théoriquement la sylviculture, la sériciculture et l'apiculture. Dans les écoles de filles on enseignera les travaux à l'aiguille. » (Loi du 6 février 1834, art. 1 et 2.)
hollande. — « Sous le nom d'enseignement primaire, la présente loi comprend l'enseignement des branches suivantes : la lecture, l'écriture, le calcul, les éléments de la géométrie, ceux de la langue hollandaise, ceux de l'histoire nationale, ceux de la géographie, ceux des sciences naturelles, le chant, les travaux à l'aiguille pour les filles. Gomme matières facultatives, les écoles primaires pourront enseigner en outre : les éléments
de la langue française, ceux de la langue allemande, ceux de la langue anglaise, ceux de l'histoire universelle, ceux des mathématiques, le dessin, les éléments de l'agriculture, la gymnastique, les travaux d'agrément pour les filles. » (Loi du 17 août 1878, art. 2.) — « L'instruction scolaire tendra, non seulement à faire acquérir aux élèves des connaissances utiles, mais aussi à développer leurs facultés intellectuelles et à les conduire à l'exercice de toutes les vertus chrétiennes et sociales. » (Id., art. 33.)
La Hollande possède, sous le nom de Burgerscholen, des écoles que la loi range au nombre des établissements d'instruction secondaire, mais dont le programme, presque identique à celui des Bùrgerschulen autrichiennes, nous paraît appartenir plutôt à l'enseignement primaire supérieur. Ces écoles, ajoute la loi, sont destinées essentiellement aux jeunes gens de la classe ouvrière et de la classe agricole. On y enseigne : les mathématiques ; les éléments de la mécanique théorique et appliquée et de la théorie des machines ; les éléments de la physique et de la chimie ; ceux de l'histoire naturelle; ceux de la technologie ou de l'agronomie (ou de ces deux branches simultanément) ; ceux de la géographie ; ceux de l'histoire ; ceux de la langue hollandaise ; des notions d'économie sociale; le dessin artistique et linéaire; la gymnastique. Il y a aussi des Burgerscholen du soir, dont le programme est moins étendu; le conseil communal décide quelles sont celles des branches ci-dessus qui doivent y être enseignées. (Loi du 2 mai 1863, art. 13.)
ITALIE. — « L'instruction primaire est de deux degrés, inférieur et supérieur. L'instruction du degré inférieur comprend : l'enseignement religieux, la lecture, l'écriture, l'arithmétique élémentaire, la langue italienne, des notions élémentaires sur le système métrique. Le degré supérieur comprend, outre le développement des matières du degré inférieur, les règles de la composition, la calligraphie, la tenue des livres, la géographie élémentaire, les faits les plus marquants de l'histoire nationale, les notions des sciences physiques et naturelles applicables aux usages ordinaires de la vie. Dans les écoles supérieures de garçons, on enseigne en outre les éléments de la géométrie et le dessin linéaire; dans celles de filles, les travaux à l'aiguille. » (Loi du 13 nov. 1859, art. 315.)
La loi du 15 juillet 1877, qui a rendu obligatoire l'instruction primaire du degré inférieur, en a modifié le programme en supprimant l'enseignement religieux et en le remplaçant par des notions d'instruction morale et civique. Voici le texte de ce nouveau programme du degré inférieur : « Le cours primaire inférieur comprend les premières notions des devoirs de l'homme et du citoyen, la lecture, la calligraphie, les rudiments de la langue italienne, de l'arithmétique et du système métrique. » (Loi du 15 juillet 1877, art. 2.)
PORTUGAL. — « L'enseignement primaire se divise en deux degrés : degré élémentaire et degré complémentaire. Le degré élémentaire, pour les garçons, comprend les matières suivantes : la lecture, l'écriture, les quatre règles sur les nombres entiers et les fractions, les éléments de la grammaire portugaise, les principes du système métrique décimal, les principes du dessin, la morale et la doctrine chrétienne. Pour les filles, en outre, les travaux à l'aiguille. Le degré complémentaire, pour les garçons, comprend : 1° lecture et récitation de prose et de vers ; 2° calligraphie et exercices d'écriture ; 3° arithmétique et géométrie élémentaire, avec les applications les plus usuelles ; 4° grammaire et exercices de langue portugaise ; 5° système légal des poids et mesures ; 6° éléments de chronologie, de géographie et d'histoire portugaise ; 7° des-
sin linéaire et ses applications les plus communes; 8° morale et histoire sainte ; 9° notions élémentaires d'hygiène; 10° notions élémentaires d'agriculture; 11° gymnastique; 12° chant choral; 13° droits et devoirs du citoyen. Pour les filles, le programme comprend les matières désignées sous les numéros 1° a. 9° inclusivement, et de plus les devoirs de la mère de famille, et l'art de broder, de prendre mesure, de couper les patrons, et de faire des dentelles et des fleurs. » (Loi du 2 mai 1878, art. 1 à 3.) — « Lorsque trois ans se seront écoulés depuis l'établissement des écoles normales, l'enseignement primaire pourra comprendre en outre, selon les conditions spéciales des localités, les branches suivantes :
» Degré élémentaire pour les garçons : gymnastique; chant choral; notions élémentaires d'agriculture ;
» Degré complémentaire pour les garçons : tenue des livres; principes d'économie rurale, industrielle ou commerciale, selon les conditions spéciales des localités; rudiments de physique, de chimie, et d'histoire naturelle;
» Degré élémentaire pour les filles : gymnastique; chant choral ;
» Degré complémentaire pour les filles : économie domestique ; dessin d'ornement appliqué aux travaux à. l'aiguille ; tenue des livres; rudiments des sciences physiques et naturelles. » (Id., art. 4.)
RUSSIE. — Il n'existe pas, à notre connaissance, de texte officiel traçant le cadre de renseignement primaire dans les écoles rurales. Pour les écoles primaires urbaines, le statut du 31 mai 1872 porte ce qui suit : « L'enseignement dans les écoles urbaines comprend : l'instruction religieuse ; la lecture et l'écriture ; la langue russe et le slavon d'église ; l'arithmétique; la géométrie pratique ; la géographie et l'histoire de la Russie avec les notions indispensables de l'histoire et de la géographie universelles ; des notions d'histoire naturelle et de physique ; le dessin linéaire et celui d'imitation; le chant; la gymnastique. » (Statut des écoles urbaines du 31 mai 1872, art. 13.)
SUÈDE ET NORVÈGE. — Suède. — La loi organique du 18 juin 1842 n'a pas déterminé d'une façon précise le programme de l'enseignement primaire. Nous empruntons la liste des matières de cet enseignement au Plan d'études officiel pour les petites écoles et les écoles primaires, Stockholm, imprimerie royale, 1878 :
Matières d'enseignement dans les écoles élémentaires ou petites écoles (Smaskolan) : religion, langue maternelle, calcul, exercices d'intuition, dessin, chant, gymnastique.
Matières d'enseignement dans les écoles primaires proprement dites (Folkskolan) : religion, langue maternelle, calcul, géométrie, géographie, histoire, sciences naturelles, dessin, chant, gymnastique. (Normalplan for undervisniugen i folkskolor och smaskotor, 1878.)
Norvège. — En Norvège, les écoles primaires des villes et celles des campagnes ont été organisées par deux lois différentes.
Ecoles primaires des villes. — « Le but des écoles primaires doit être d'appuyer l'éducation domestique en donnant à la jeunesse une vraie instruction chrétienne et en lui procurant en môme temps les connaissances et les aptitudes que tout membre de la société doit posséder. Les objets de l'enseignement sont les suivants : lecture et exercices intellectuels; religion et histoire sainie d'après les livres d'instruction autorisés, lecture de la Bible et récitation de psaumes ; chant ; écriture, lecture de morceaux écrits, et calcul. Lorsque les circonstances le permettront, la commission, de concert avec les parents, tuteurs
et autres intéressés, veillera à ce que l'enseignement puisse s'étendre au delà des objets précités, et notamment à l'orthographe et aux compositions. Elle cherchera en môme temps à réun r aux écoles primaires des écoles d'ouvrages manuels, surtout pour les jeunes filles, et à faire donner aux garçons des leçons de gymnastique. » (Loi du 12 juillet 18i8, art. 1 et 2.)
Ecoles primaires des campagnes. — Elles sont de deux degrés : les écoles primaires proprement dites, et les écoles secondaires ou écoles primaires supérieures. Les matières d'enseignement dans les écoles primaires proprement dites sont les suivantes : lecture ; religion ; morceaux choisis du livre de lecture, notamment sur la géographie, les premiers éléments des sciences naturelles, et l'histoire; chant; écriture ; calcul. Dans les écoles primaires supérieures, le programme comprend le norvégien, la géographie, l'histoire, les sciences naturelles, le dessin et l'arpentage ; et facultativement les mathématiques, l'économie politique, et une langue étrangère. (Loi du 16 mai 1860, art. 2,5 et 36.)
SUISSE. — La constitution fédérale du 29 mai 1874 dit à l'article 27: « Les cantons pourvoient à l'instruction primaire, qui doit être suffisante et placée exclusivement sous la direction de l'autorité civile. Elle est obligatoire et, dans les écoles publiques, gratuite. » Les cantons, ayant à interpréter l'expression d'instruction a suffisante », lui ont donné une extension plus ou moins considérable.
A Genève, l'enseignement primaire obligatoire doit comprendre: la lecture, l'écriture, la langue française ; l'arithmétique et les notions usuelles de géométrie ; la géographie ; l'histoire nationale ; les ouvrages à l'aiguille pour les jeunes filles ; — dans les écoles publiques de l'Etat, il comprend encore : des entretiens sur les devoirs de l'enfance ; les notions les plus élémentaires des sciences naturelles ; la langue allemande, quand cet enseignement pourra être donné ; des notions élémentaires sur la constitution du pays ; le dessin ; le chant ; la gymnastique ; des notions d'agriculture dans les écoles rurales. Dans les écoles secondaires (qui sont des écoles primaires supérieures), l'enseignement comprend les objets suivants : pour les garçons et les filles, la langue française, la composition et les éléments du style ; la lecture expressive ; la comptabilité élémentaire et la tenue des livres ; la langue allemande, quand cet enseignement pourra être donné ; les faits les plus importants de l'histoire générale, et en particulier de l'histoire suisse et de l'histoire de Genève ; des notions élémentaires de météorologie, de physique, de chimie et d'histoire naturelle ; la géographie générale et les éléments de sphère ; des notions d'hygiène et des instructions pour les premiers soins à donner aux blessés et aux malades ; la calligraphie ; le chant; — pour les garçons seuls, l'instruction civique ; les éléments de la géométrie applicables au toisé et au cubage, avec exercices pratiques d'arpentage ; des notions d'agriculture ; le dessin ; la gymnastique ; — pour les filles seules, des notions d'horticulture ; l'économie domestique; les ouvrages à l'aiguille. (Loi genevoise du 19 octobre 1872, art. 32, 33 et 61.)
La loi sur l'instruction primaire du canton de Vaud s'exprime ainsi : « Les objets d'enseignement dans les écoles publiques primaires sont les suivants : religion, langue française, écriture, arithmétique, géographie, dessin linéaire, chant, histoire nationale et instruction civique, notions élémentaires de géométrie, notions élémentaires des sciences naturelles, gymnastique élémentaire facultative; pour les filles, ouvrages du sexe et économie domestique. Les filles sont dispensées de la géométrie, de l'instruction civique et de la gyni-
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ENTHOUSIASME
nastique. » (Loi du 31 janvier 1865, art. 13 et 14).
La loi sur les écoles primaires du canton de Zurich dit : « L'école primaire doit concourir à seconder l'éducation dans la famille, afin d'exercer les enfants de toutes les classes de la société à l'activité intellectuelle, d'en faire de bons citoyens et des hommes moraux. — Les matières d'enseignement de l'école primaire sont: 1° des conseils et des préceptes du domaine de la vie intellectuelle, morale et religieuse, à l'exclusion de tout ce qui est dogmatique et confessionnel, et sous réserve des dispositions de l'art. 63, alinéas 1 et 2, de la constitution cantonale (alinéas ainsi conçus : « La liberté de croyance, des cultes et a d'enseignement est garantie. Les droits et les dece voirs civils sont indépendants des croyances rect ligieuses»). L'ecclésiastique de la localité donne cet enseignement dans la septième, la huitième et la neuvième classe ; le conseil d'éducation arrête le programme et les moyens d'enseignement; 2° la langue allemande ; 8° la théorie des nombres et la connaissance des formes géométriques; 4° des exposés fidèles de la nature et de l'histoire, ainsi que les lois fondamentales de la physique et de la chimie ; 5° matières artistiques : le chant, la calligraphie et le dessin ; 0° la gymnastique ; 7° les travaux féminins. » (Loi du 21 février 1872, art. 14.)
UNION AMÉRICAINE. — Pour les Etats-Unis plus encore que pour la Confédération suisse, il n'est pas possible de donner une définition légale et unique de l'enseignement primaire. Chaque Etat a son système scolaire particulier ; chaque ville, chaque comté, parfois chaque district détermine à sa guise le programme de ses écoles. Nous ne pouvons que renvoyer, pour des détails, à l'article Etats-Unis .
ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL. — V. Professionnel [Enseignement).
ENSEIGNEMENT RELIGIEUX. — V. Religieuse {Instruction).
ENSEIGNEMENT SECONDAIRE. — Les établissements d'instruction secondaire, en France, sont publics ou privés.
« Les établissements publics d'instruction secondaire sont les lycées et les collèges communaux.
» Il peut y être annexé des pensionnats.
« Les lycées sont fondés et entretenus par l'Etat avec le concours des départements et des villes.
» Les collèges communaux sont fondés et entretenus par les communes. Ils peuvent être subventionnés par l'État. » (Loi du 15 mars 1850, art. 71 et 72.)
La loi du 21 juin 1865 a créé l'enseignement secondaire spécial, qui se donne, à côté de l'enseignement secondaire classique, dans les lycées et dans un certain nombre de collèges communaux.
La loi récente du 21 décembre 1880 a créé un enseignement secondaire public pour les jeunes filles, qui sera donné aussi dans des lycées ou des collèges.
Les établissements d'instruction secondaire privés forment plusieurs catégories : ceux dans lesquels le cours d'études ne dépasse pas les classes dites do grammaire sont désignés plus particulièrement sous le nom de pensions, tandis qu'on appelle institutions les établissements où l'enseignement atteint un niveau plus élevé.
Il existe en outre des écoles secondaires ecclésiastiques, connues sous le nom de petits séminaires.
Pour l'histoire de l'enseignement secondaire public et les détails de son organisation, V. Lycées et Collèges; V. aussi France et Liberté d'enseignement.
ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR. — V. Faculté, France, et Liberté d'enseignement .
ENSLIN. — Libraire berlinois, auteur d'un catalogue imprimé en 1823 sous le titro de liibliotheca pedagogica, et qui contient la liste des principaux ouvrages relatifs à l'éducation publiés en Allemagne jusqu'à cette date. Ce catalogue, qui ne comprend pas moins de 178 pages de texte compact, format in-8°, peut être encore aujourd'hui consulté avec fruit.
ENTHOUSIASME. — Ce mot signifiait en grec : inspiration divine, émotion suscitée par la présence intérieure du dieu ; il s'appliquait au délire sacré de la Pythie. Aujourd'hui, il désigne ce transport qui soulève et emporte 1 ame à l'aspect d'un objet qu'elle admire : car l'admiration fait le fond de l'enthousiasme; l'admiration émue, passionnée, mêlée de trouble, d'emportement, de ravissement. Il y a des degrés dans l'enthousiasme, comme il y en a dans la passion : il peut être silencieux ou frénétique, dompté, guidé par la raison, ou au contraire emporté et comme en délire ; mais, sous quelque forme qu'il se manifeste, on le reconnaît toujours à ses deux traits fondamentaux : l'admiration, l'émotion.
A y regarder de près, c'est l'émotion qui prédomine ; l'admiration n'est que le point de départ. En face de l'objet qu'il contemple, l'esprit a d'abord procédé au travail de la réflexion, qui lui en a révélé plus ou moins rapidement toutes les qualités : do cette révélation, l'admiration est née, qui se développe, grandit, se fait dans l'âme une place de plus en plus large, en chasse les autres préoccupations. Jusque-là le phénomène reste purement logique. Tout à coup, dans cet envahissement, il semble qu'une dernière barrière se soit brisée, que le flot ait submergé l'âme : celle-ci s'élance alors hors d'elle-même et se donne éperdument à ce qu'elle admirait. Cet entraînement soudain, ce don irrésistible et spontané de soimême à l'idéal, voilà l'enthousiasme : état vraiment divin, selon l'antique signification du mot, et sans analogue en psychologie, dans lequel il semble que l'âme cesse pour un instant de s'appartenir; elle est enlevée, transportée par le démon intérieur dans une sphère sublime, d'où elle n'aperçoit plus les difficultés, les antinomies, les misères de la réalité ; elle plane, ravie, dans une atmosphère qu'embrase le rayonnement direct de l'idéal. La cause de l'enthousiasme est donc, au fond, dans l'attrait tout puissant de l'idéal, sous quelque forme qu'il se manifeste, beauté, bonté ou vérité, c'est-à-dire, en dernière analyse, dans l'attrait du Bien ; autant dire qu'il a son origine première dans la spontanéité morale de l'âme. Il prend naissance quand l'éternelle Bonté laisse entrevoir à l'âme sa splendeur souveraine et la fait tressaillir d'amour. Aussi, l'enthousiasme peut errer; il peut, mal éclairé par l'intelligence, prendre pour le rayonnement du Bien la flamme impure des passions et livrer l'âme aux plus grossières erreurs : mais, jusque dans ces écarts, il reste le mouvement le plus divin de la nature humaine, celui par lequel elle affirme sa noblesse originelle et comme sa parenté avec le suprême idéal.
« Rien, écrivait Voltaire à d'Argental,ne se fait sans enthousiasme. » Il suffit de jeter un coup d'œil sur les grands événements de l'histoire pour découvrir la justesse de ce mot : on en trouvera peu où l'enthousiasme n'ait pas joué le principal rôle. Parmi les événements politiques, citons-en deux, entre mille : la première croisade, incroyable élan d'une société tout entière, nobles et serfs, riches et pauvres, emportée dans une guerre religieuse, à la poursuite d'un objet tout mystique ; et la nuit du 4 août 1789, prélude admirable de la Révolution, dans laquelle une contagion de sacrifice, une soudaine passion de justice s'emparèrent de toute une assemblée, et firent taire pour quel-
ENTHOUSIASME
ENTHOUSIASME
ques heures la voix des préjugés séculaires, de i'égoïsme et de l'esprit de caste. Mais c'est surtout dans l'histoire de la pensée humaine que le mot de Voltaire se vérifie pleinement. C'est là particulièrement que rien ne se fonde sans enthousiasme et que nulle œuvre n'est vivante que si elle soulève la passion. Toutes les grandes révolutions de l'esprit sont des exemples de la puissance créatrice de l'enthousiasme. C'est l'enthousiasme qui transportait les premiers confesseurs chrétiens et qui leur livra l'empire du monde : c'est l'enthousiasme qui fit défaut à la noble mais froide et raisonneuse tentative de Julien pour ressusciter le paganisme. On retrouve l'enthousiasme au fond de tout grand mouvement de foi ; et c'est même là, pratiquement, ce qui distingue une philosophie d'une foi religieuse : la première n'a pour ello que la raison, lumière pure, mais froide, incapable d'embraser le monde; la seconde saisit d'abord le cœur, le pénètre, le possède, y allume un incendie qui se propage et gagne de proche en proche.
Que le pouvoir de l'enthousiasme soit sans bornes, tout l'affirme. Aussi ce pouvoir est-il dangereux, et devrait-il toujours être contrôlé et dirigé par la raison. Les exemples ne manquent pas pour nous montrer combien il peut devenir fatal : pour n'en citer qu'un, le fanatisme religieux n'est qu'un enthousiasme meurtrier, qui a ensanglanté l'histoire. Rien n'est lamentable et humiliant comme de voir des erreurs parfois monstrueuses soulever d'aussi contagieux entraînements. Mais rien n'est précisément difficile comme de maintenir l'empire de la raison sur la passion, et de garder le libre contrôle de ses pensées et de ses actes alors qu'on est transporté au-dessus de soi, c'està-dire hors de soi, par l'admiration. C'est pourquoi, dans la pratique personnelle, ce n'est jamais sans quelque défiance qu'il se faut livrer à l'enthousiasme : il s'en faut particulièrement défendre dans toutes les questions de parti ou d'intérêt, alors qu'une pente naturelle nous porte à approuver et à admirer les hommes ouïes choses qui sont en notre faveur.
L'enthousiasme est plus fréquent et plus puissant dans les natures incultes que chez l'homme cultivé, et dans la jeunesse que dans l'âge mûr. C'est que l'instruction et l'expérience enseignent également à l'homme à se défier de ses entraînements, à étouffer le premier mouvement, à tout peser et balancer avant de se résoudre : progrès incontestable, à condition qu'il reste en deçà de certaines limites. Le point délicat, difficile, est de perdre la crédulité ignorante, la facilité à s'éprendre légèrement, sans perdre en même temps ce don divin d'admirer et de s'émouvoir, qui seul féconde la vie et lui donne tout son prix. Otez à l'âme humaine la faculté de saisir, à un moment donné, l'idéal d'une étreinte passionnée et de s'y dévouer avec transport, et vous lui enlevez le meilleur d'elle-même; ce qui reste n'a que l'apparence de la vie : c'est une prudence glacée, une morne sagesse, le calcul perpétuel des possibles, le culte du relatif. Ainsi mutilée, l'âme devient stérile : la défiance à l'égard de toute émotion la mène à l'insensibilité; l'excès de prudence la conduit à la haine du progrès ; la recherche du pratique, du positif la dispose à I'égoïsme, qui peu à peu s'empare d'elle et finit par y régner en maître. Et ce qu'elle a perdu en activité féconde, ne croyez pas qu'elle l'ait regagné en jouissance : le bonheur, en effet, ne va pas sans émotion, sans élan, sans don de soi, sans enthousiasme; il est interdit à qui ne sent plus battre son cœur.
L'enthousiasme est un des plus puissants moyens d'éducation, au sens le plus élevé du mot éducation. On ne s'élève qu'en sortant de soimême. Rien ne vaut, pour donner à l'âme une
forte trempe, l'exemple entraînant des grandes vertus et des grandes qualités intellectuelles. Voilà pourquoi le récit des belles actions et des nobles vies, et le culte des grands hommes, doivent avoir leur large place dans la pratique pédagogique. Mais il y a plus. Il ne suffit pas de provoquer l'enthousiasme pour les grands spectacles de la nature morale ou physique : tâche, à tout prendre, aisée, car à l'âge de l'enfant, pendant cette jeunesse de l'intelligence et du cœur, la faculté de s'émouvoir est extraordinairement prompte à entrer en jeu. Mais il faut encore le faire naître dans tout le cours de l'éducation et s'en servir, comme d'un levier puissant, dans les choses même en apparence les plus positives. Ou plutôt il faut en faire l'âme môme de la pédagogie tout entière; il faut que l'enfant aime à apprendre, aime ce qu'il apprend, c'est-à-dire qu'il s'émeuve d'enthousiasme pour le vrai, comme il s'émouvait pour le beau, et cela jusque dans les sciences abstraites : tâche difficile, celle-là, où un art infini est nécessaire pour démêler le côté, en quelque sorte, sensible, la face émouvante des choses, et la présenter à l'enfant sous une forme saisissante. Mais, à y bien regarder, ce n'est qu'à ce prix que l'instruction devient éducation, qu'elle pénètre dans les avenues les plus intimes de l'âme de l'enfant, qu'elle agrandit son cœur aussi bien que son intelligence, et fait de '"i, non un sceptique, encore moins un don Quichotte, mais une âme généreuse et vibrante gouvernée par une saine raison.
Comment faire pour animer l'éducation de ce feu vraiment sacré? La première condition, c'est qu'il brûle d'abord dans l'esprit du maître: car c'est le propre de l'enthousiasme d'être chose communicative, contagieuse. Un maître indifférent, blasé, qui s'est laissé user par une longue routine, ne parviendra jamais, quel que soit d'ailleurs son talent d'enseigner, à donner à ses leçons cette vie ardente sans laquelle elles risquent de rester stériles ; l'esprit de l'enfant est, en effet, comme un instrument merveilleusement délicat, qui saisit et reproduit avec une redoutable exactitude les moindres nuances de l'esprit de son instituteur. La passion d'enseigner, passion contenue par la raison et guidée par l'expérience, mais persistant, sans se refroidir, à travers les années, comme une éternelle jeunesse de l'âme, voilà ce qu'il faut d'abord posséder pour faire, en pédagogie, œuvre vivante. Et cela même est, au fond, affaire de noblesse morale : lorsque l'instituteur a conscience de la grandeur de son office, lorsqu'il sent que, selon la magnifique étymologie de son titre, il a à fonder l'être moral chez l'enfant, il est bien près, selon nous, de se laisser embraser par cet enthousiasme pédagogique qui doit secrètement inspirer ses moindres leçons. Il n'aura pas de peine alors à trouver les moyens pratiques de le faire passer dans l'âme de l'enfant, et il serait superflu de prétendre les lui indiquer ici. Tout au plus pouvons-nous l'aider de quelques règles très générales concernant les trois grandes divisions de l'enseignement, la morale, la science et la littérature.
Pour ce qui est de la première, la tâche du maître, nous l'avons fait remarquer, est relativement facile, parce que, quoiqu'on en ait pu dire, l'enfant est naturellement désintéressé, et ne demande qu'à s'éprendre de la justice, de la générosité, du courage, du bien en général. Seulement il faut le lui montrer sous une forme concrète, l'abstraction n'offrant pas de prise à sa jeune raison : il aimera l'homme courageux plutôt que le courage, le héros magnanime plutôt que la vertu, Léonidas ou Régulus plutôt que la grandeur d'âme. Montrez-lui donc le bien sous la forme vivante, anecdotique ; créez, dans sa mémoire, une galerie de grands exemples. Pour cela, ne dédai-