‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 43 sur 547 · AQUARIUM · texte numérisé non relu

AQUARIUM

futurs bureaucrates ; » on ne fait rien à l'école pour leur inspirer dès l'enfance le goût de leur futur métier ; on les expose par là à tous les dangers de ce brusque passage, fatal à plusieurs, de la vie de l'école à celle de l'atelier : l'une a supprimé pour l'étude tout travail manuel, l'autre supprimera tout vestige d'étude intellectuelle.

Tels sont, résumés en quelques mots, les motifs qui ont déterminé de nos jours quelques remarquables tentatives pour organiser une ébauche d'apprentissage dans l'école primaire de garçons. Une des premières en date fut celle de M. Clauson- Kaas, officier danois qui a organisé à Copenhague et dans d'autres villes des écoles où quelques heures de travail manuel alternent avec les exercices scolaires. En Autriche, et notamment à Vienne et aux environs, des institutions semblables ont eu pour promoteur dévoué le docteur Erasme Schwab ; il s'est appliqué à prouver que si, dès le bas âge, la méthode Frœbel peut occuper agréablement et utilement les enfants de cinq à six ans à des jeux et à des travaux manuels, il n'y a nulle raison pour ne pas continuer cette éducation de l'œil et de la main dans les années qui suivent; et il a tracé à l'usage des écoles primaires tout un plan pratique d'exercices préparatoires à l'apprentissage, qui sont introduits avec succès dans un nombre croissant d'établissements.

Enfin à Paris à la fin de 1872, la délégation cantonale du Ve arrondissement a organisé dans une école communale de la rue Tournefort une série de cours d'instruction professionnelle qui, sans faire perdre à l'école son caractère primaire, réalisent le programme d'un apprentissage scolaire très remarquable. Le dessin et le modelage sont les deux exercices essentiels qui forment la transition et le lien entre les deux genres d'instruction. « Les apprentis de première année sont exercés en outre, par un enseignement collectif, à travailler au tour, à l'établi, à la forge, à l'étau. A partir de la seconde année, ils se partagent en quatre classes correspondant à ces quatre espèces de travaux, mais une rotation convenablement combinée entretient à titre accessoire l'esprit et la main dans une pratique suffisante des trois autres. »

M. G. Salicis, qui a été le principal auteur de cette organisation et à qui nous empruntons ces détails précis, a rendu compte des premiers succès de l'établissement dans un petit volume de la Bibliothèque Franklin : Enseignement primaire et apprentissage (Paris, Sandoz, 1875). Gomme le titre l'indique, c'est en même temps un plaidoyer chaleureux en faveur de l'introduction du travail manuel dans l'école primaire. — V. Manuel (Travail) et Manuelles d'apprentissage (Ecoles).

APPROVISIONNEMENTS DES ÉCOLES NOR- MALES. — La commission de surveillance (V. ce mot) décide si les approvisionnements de l'école ont lieu par voie d'adjudication ou de marchés à l'amiable. Elle désigne ceux des articles de consommation qui, ne pouvant être l'objet d'un marché préalable, seront acquis au comptant par le directeur. En aucun cas, les approvisionnements ne peuvent excéder les besoins de la consommation moyenne d'une année. (Décr. 26 décembre 1855, art. 17).

Le Livre de magasin comprend tous les approvisionnements de l'école. Les denrées achetées pour le compte de l'établissement y sont inscrites avec la date de leur entrée dans le magasin, l'indication de la quantité et de la valeur. Au fur et à mesure qu'elles sont livrées à la consommation, le directeur en inscrit la sortie avec la date du jour où il fait la livraison, l'indication de la quantité livrée et de sa valeur. A la fin de chaque trimestre, il fait la balance des entrées et des sorties pour chaque compte du registre, et dresse un inven-

taire de tous les approvisionnements qui existent dans le magasin. Chaque provision a son compte selon sa nature et sa destination. Le détail des approvisionnements en magasin au 31 décembre, tel qu'il résulte de l'inventaire dressé à la fin du 4e trimestre, est porté en tête de chacun des comptes particuliers du livre pour l'année suivante. (Id. art. 54.) LL- Armagnac]

APTITUDE (Certificat d') . — V. Certificats d'aptitude.

APUREMENT DU COMPTE DES DIRECTEURS D'ÉCOLES NORMALES PRIMAIRES. — Dans la seconde quinzaine de juillet, le préfet soumet au conseil de préfecture, selon les cas prévus par l'ordonnance royale du 7 juillet 1844, le compte des recettes et des dépenses du budget économique pour l'exercice clos.

Le conseil de préfecture apure ce compte avant le 31 juillet et dans les dix premiers jours d'août le préfet adresse au ministre de l'instcuction publique l'arrêté d'apurement. (Décr,. 26 décembre 1855, art. 70). [L. Armagnac]

AQUARIUM. — Par ce mot nous n'entendons pas désigner ces vastes édifices où sont exposées au regard du public, soumises à des essais d'acclimatation ou proposées à l'observation des savants les espèces les plus rares et les plus diverses d'animaux d'eau douce et d'eau de mer. Ces grands établissements, — tels que ceux de Paris, du Havre, de Londres, de Brighton, de Vienne, de New- York, etc., — peuvent sans doute, à part leur destination spéciale, avoir une réelle utilité pour l'instruction de tous.

C'est un usage excellent d'y conduire de temps en temps une école, après surtout qu'on a, par des leçons convenables, préparé les enfants à tirer profit de ce qu'ils verront.

Mais nous attendons des services pédagogiques plus directs d'un établissement infiniment plus modeste, Vaguarium scolaire. C'est le complément naturel, nous ajouterions presque nécessaire du,/V)rdin scolaire* et des petites collections* d'histoire naturelle qu'on voudrait trouver dans toutes les écoles. L'enfant s'intéressera toujours plus et avec plus de profit intellectuel à observer les animaux vivants qu'à étudier la collection la plus riche. La dépense d'ailleurs est insignifiante, du moment qu'il s'agit non d'un aquarium de luxe, mais du réservoir le plus simple peuplé des espèces les plus communes : c'est précisément sur celles-là qu'il faut exercer l'attention des enfants.

Or, dans le moindre aquarium d'appartement ou d'école on peut élever et suivre dans leurs développements des plantes d'eau, les unes complètement submergées comme la vallisnérie, d'autres flottantes comme la nymphéa, d'autres vivant à la surface comme la linaigrette ou la sagittaire. On y peut également entretenir une faune assez variée quoique exclusivement choisie parmi les animaux de petite dimension, de petits poissons (épinoches, ablettes, cyprins dorés), des reptiles ou des batraciens, comme les diverses sortes de salamandres et de grenouilles dont les enfants verront avec admiration les têtards se transformer de semaine en semaine ; des insectes comme les dytiques voraces, les hydrophiles avec leur nid merveilleux, les étranges notonectes, les gyrins ou tourniquets, les ranâtres, etc. ; des crustacés comme les écrevisses, des annélides comme les sangsues, des mollusques comme les limnées, les planorbes et les autres coquillages d'eau douce, des bryozoaires même comme les plumatelles, etc. Combien plus riche encore et plus merveilleuse est la faune et la flore d'un aquarium marin 1 Ajoutons qu'on peut augmenter indéfiniment la variété et l'intérêt des études, si à côté de l'aquarium on a ce que les Allemands nomment un terrarium, c'est-à-dire un petit jardin on miniature, clos et couvert par un grillage, quoi-

AQUAYIVA

AH.BOIUCOLTUKR

que accessible au soleil et à l'air, domaine complémentaire indispensable à toutes sortes d'amphibies et qui permet de leur offrir tous les avantages du double séjour qu'ils recherchent.

Aux Etats-Unis on peut voir dans un certain nombre d'écoles, dehigh schools surtout (p. ex. à Jersey City), un aquarium généralement assez simple où les élèves apportent, entretiennent et observent soit de petits poissons, soit des insectes, des mollusques et des crustacés. En Autriche le docteur Erasme Schwab a réussi à faire introduire dans les jardins scolaires de plusieurs écoles des bassins alimentés par le ruisseau voisin ou par la fontaine de l'école et autour desquels se font, à la grande satisfaction des élèves de tout âge, des leçons de choses pour les uns, des leçons d'histoire naturelle pour les autres, des leçons d'observation et d'amour de la nature pour tous. Une instruction sommaire de M. Schwab pour l'installation de ces petits aquariums a été insérée dans de nombreux journaux allemands (par exemple dans Y Allgemeine Schulzeitung du docteur Stoy, 4 août 1877).

En France, nous ne savons pas si l'aquarium scolaire existe quelque part, mais nous le souhaiterions. Il serait particulièrement utile dans les écoles normales, où à bien peu de frais il fournirait les éléments et éveillerait peut-être chez plusieurs la première idée de ces études d'histoire naturelle générale ou locale qui peuvent être si précieuses à l'instituteur de campagne.

Dans de nombreuses publications allemandes à l'usage de la jeunesse, Y aquarium et son complément le terrarium sont l'objet d'explications et de conseils pratiques très étendus. Il en est de même d'un livre anglais cher aux adolescents, puisqu'il est leur dictionnaire des jeux, YEvery Boy's Book de Routledge.

Le Journal de la Jeunesse a indiqué en 1875 et 1*76, avec tous les détails nécessaires, comment on peut établir, entretenir et peupler l'aquarium marin et celui d'eau douce (II, 246, 261, 278, 294 et III 16*, 207).

AQUAVIVA (Claude). — Général des jésuites, de 1542 à 1615, auteur ou inspirateur de la lameuse ordonnance Ratio studiorum (1586), qui réglait l'ordre des études de la congrégation et qui fut supprimée par l'Inquisition. — V. Jésuites.

ARABES (Écoles chez les peuples). — Leur origine. — C'est la religion qui chez les Arabes a créé les écoles. Elles naquirent du libre désir de connaître et de comprendre le Coran. Phénomène curieux, mais qui n'a rien d'étonnant chez un peuple voué à. la théocratie, dans un pays où le discours du trône, à l'avènement du khalife, est un sermon qu'il adresse du haut de la chaire à ses nouveaux sujets, où l'on n'a qu'un même mot pour désigner la théologie et le droit.

La fondation immédiate des écoles pour étudier l'Islam est un des plus clairs indices du succès soudain de la nouvelle doctrine. Et dès les premiers temps ce n'est pas seulement en Arabie, c'est dans toutes les provinces à peine conquises qu'on voit fleurir les écoles. On rapporte qu'Abou Moslem, un des fondateurs de la dynastie Abbasside (au Ier siècle de l'hégire) suivit, enfant, les classes de l'école du Khoraçan. A la fin du IIe siècle, l'histoire mentionne h Fuster en Perse une école de garçons entretenue par la commune, gratuite pour les pauvres et dont la fréquentation régulière était devenue obligatoire au point que dos parents peu aisés, pour retirer leurs fils avant l'âge de sortie, devaient en demander l'autorisation au maître. Les enfants des deux sexes y entraient à 6 ans, les esclaves même y étaient admis. Ces écoles élémentaires se répandirent par milliers et exercèrent une immense influence. L»; discipline y était sévère. Aujourd'hui encore en Orient on ne connaît guère d'autre moyen da

se faire obéir que le bâton, « ce don du ciel, » comme dit un proverbe arabe.

Il ne pouvait être question de méthode, de principes pédagogiques chez un peuple porté par ses croyances fatalistes à. nier l'influence de l'éducation. D'ailleurs nulle organisation commune, puisque l'État ne s'en occupe pas et que si l'école est obligatoire, c'est grâce à la seule puissance du sentiment religieux.

Nature de l'enseignement. — C'est aussi la religion qui a déterminé la nature de l'enseignement : il se borne à l'étude du Coran. « Enseigner le Coran aux enfants, dit un auteur arabe, est une marque de piété que donnent les musulmans dans toutes leurs cités. C'est le Coran qui façonne les jeunes âmes et en développe les diverses facultés. »

Enseignement élémentaire et moyen. — Le Coran sert de livre de lecture ; les chapitres les plus importants, les prières journalières en sont appris par cœur. Autrefois, il n'était pas rare qu'un élève intelligent sût le livre entier. Puis on exerçait les enfants à l'écriture, d'où le nom de Mekteb ou Kouttâb (la racine de mot est katab, écrire) donné aux écoles primaires. La peinture et la sculpture étant proscrites par l'Islam, on s'appliqua de bonne heure à l'écriture.

Cet art avait été remarquablement développé dans quelques pays, en Mésopotamie par exemple, et à l'autre extrémité de l'empire arabe, en Espagne, tandis que dans l'Afrique occidentale et au Maroc, il ne dépassa jamais les premiers éléments. Les musulmans d'Espagne apprenaient en outre la grammaire et la littérature. Il en était de même en Perse, où la lecture des poètes Sadi et Hafiz faisait partie dès le xine siècle des études classiques.

Pèlerinages et voyages d'études. — Aux écoles proprement dites il faut ajouter, comme moyen d'instruction générale, les pèlerinages de la Mecque, inspirés au début par le désir de recueillir les traditions les plus authentiques sur le Prophète et sur son enseignement. Le célèbre Boukhari partit du Turkestan actuel non-seulement pour Bagdad, alors le foyer de la civilisation arabe, mais pour le centre de l'Arabie, pour la Syrie et l'Egypte et revint après seize années de voyages, ayant réuni 60 000 traditions. Un autre savant, Merwasi, se vantait d'en posséder 70 000. Un autre avait retrouvé 1300 sentences authentiques du Prophète, etc. On voit par ces exemples que la mémoire devenait la principale, sinon la seule forme du savoir.

Enseignement supérieur. — Nous n'avons pas à parler ici des écoles destinées à l'enseignement supérieur des sciences ou plutôt de la science unique, la théologie. Rappelons seulement que la même mosquée abritait souvent les fidèles récitant leurs prières avec la foi la plus aveugle et de savants docteurs.interprétant d'abord le Coran, puis d'autres textes, et traitant même de matières étrangères à la religion. Au ixe siècle, la philosophie grecque, apportée à Bagdad, se répandit dans tout l'empire arabe, si vaste alors, et l'enseignement y brilla d'un vif éclat, à une époque où il existait à peine en Europe. C'est par les Arabes que la philosophie ancienne a été révélée à l'Occident. — V. Alqérie, Tunisie, Egypte.

[G. Calame.]

ARABES-FRANÇAISES (Écoles). — V. Algérie.

ABBOGAST (L. F. A.). — Recteur de l'Université nationale de Strasbourg, député du Bas-Rhin à la Convention nationale et membre du Comité d'instruction publique, auteur d'un Rapport et Projet de décret sur la composition des livres élémentaires, qui contiennent quelques vues originales. — V. Convention (p. 528) et Livres élémentaires de la première République.

ÀBBORICULTURE (Enseignement de 1'). — L'arboriculture ou culture des arbres est une des

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