‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 44 sur 547 · ARBRES DE NOËL · texte numérisé non relu

ARBRES DE NOËL

ARCHITECTE

grandes divsiions de l'agriculture. Elle exige, comme l'agriculture tout entière, pour être convenablement pratiquée, le secours de plusieurs sciences. Elle comprend plusieurs parties distinctes, correspondant aux diverses espèces ligneuses qu'on peut avoir à étudier : l'arboriculture forestière ou sylviculture, l'arboriculture d'ornement, l'arboriculture économique, l'arboriculture fruitière dont fait partie la viticulture.

L'étude pratique de l'arboriculture a été dans la plupart des pays la première forme de l'enseignement agricole, et elle a parfois précédé de longtemps toutes les autres parties de cet enseignement, soit dans les écoles primaires, soit dans les écoles normales, soit dans des cours populaires spéciaux.

PAYS ÉTRANGERS. — Nous avons indiqué au mot Agriculture tous les pays où, à notre connaissance, l'arboriculture fait partie du programme officiel, soit seule, soit avec les autres connaissances agricoles et horticoles.

FRANCE. — Chez nous, l'enseignement de l'arboriculture, inauguré dans des proportions bien modestes par Moreau de la Rochette *, a été pendant longtemps abandonné à l'initiative privée.

Il y a peu d'années encore, l'arboriculture n'occupait aucune place dans l'enseignement officiel, sauf à l'école forestière de Nancy. Depuis 1866 elle fait partie du programme des écoles normales (Décr. 2 juillet 1866) ; depuis 1875 elle est enseignée en outre dans les écoles d'agriculture et à l'École d'horticulture de Versailles.

Des cours nomades, rétribués par l'Etat, sont faits chaque année dans une vingtaine de départements, ordinairement par les professeurs d'agriculture des écoles normales.

Le département de la Seine a organisé à Paris; depuis 1868, une école d'arboriculture qui attire de nombreux élèves. Enfin l'Institut national agronomique, créé à Paris au Conservatoire des arts et métiers, compte deux chaires consacrées à l'arbo iculture.

Un des moyens les plus efficaces pour faire pénétrer parmi les populations rurales ces connaissances si utiles, surtout celle de l'arboriculture fruituire, ce serait certainement de les rendre familières aux instituteurs, qui en feraient l'application dans le jardin de l'école ou dans le leur. Mais il faudrait alors introduire sérieusement cet enseignement dans les écoles normales primaires et pour cela former un corps enseignant qui manque presque complètement aujourd'hui. On pourrait en attendre des résultats plus faciles à atteindre et certainement d'une utilité plus immédiate que ceux de l'enseignement général de l'agriculture qu'on tente d'introduire à tous les degrés de l'enseignement primaire. — V. Arboriculture dans la IIe Partie. ,. [A. Du Breuil.]

ARBRE DE NOËL. — La coutume allemande et alsacienne de réunir les enfants la veille de Noël autour d'un arbre vert brillamment illuminé et chargé de bonbons et de jouets s'est introduite dans un certain nombre d'écoles, d'abord dans les écoles du dimanche protestantes et dans les orphelinats, puis dans des écoles primaires fréquentées en majorité por une population d'origine alsacienne ou du culte protestant. L'arbre de Noël d'Alsace- Lorraine est chaque année, à Paris, le signal d'une touebante réunion de plusieurs milliers d'enfants et le prétexte ingénieux d'abondantes libéralités au profit des familles pauvres.

ARBRES ET PLANTATIONS. — Des réclamations sont fréquemment adressées aux préfets ou à l'administration centrale de l'instruction publique par des instituteurs qui, ayant planté des arbres fruitiers ou fait des semis dans le jardin dont ils avaient la jouissance, sont appelés à un autre poste avant le moment de la récolte.

La question ainsi posée est double. Il y a lieu en

effet de tenir compte de la situation de l'instituteur partant : 1° vis-à-vis de la commune propriétaire de l'immeuble ; 2° vis-à-vis du nouvel instituteur.

1« A l'égard de la commune la situation est régie par l'article 555 du Code civil :

« Lorsque les plantations, constructions et ouvrages ont été faits par un tiers et avec ses matériaux, le propriétaire du fonds a droit, ou de les retenir, ou d'obliger ce tiers à les enlever. Si le propriétaire du fonds demande la suppression des plantations et constructions, elle est aux frais de celui qui les a faites, sans aucune indemnité pour lui ; il peut même être condamné à des dommages et intérêts, s'il y a lieu, pour le préjudice que peut avoir éprouvé le propriétaire du fonds. Si le propriétaire préfère conserver ces plantations et constructions, il doit le remboursement de la valeur des matériaux et du prix de la maind'œuvre, sans égard à la plus ou moins grande augmentation de valeur que le fonds a pu recevoir. Néanmoins si les plantations, constructions et ouvrages, ont été faits par un tiers évincé, qui n'aurait pas été condamné à la restitution des fruits, attendu sa bonne foi, le propriétaire ne pourra demander la suppression desdits ouvrages, plantations et constructions ; mais il aura le choix, ou de rembourser la valeur des matériaux et du prix de la main-d'œuvre ou de rembourser une somme égale à celle dont le fonds a augmenté de valeur. »

2° A l'égard du successeur : — Si la commune ne retient pas la plantation, le maître partant peut, soit recueillir les fruits et enlever les arbres, soit les céder à son successeur, qui est redevable d'une indemnité égale au prix des arbres, des fruits et de la main-d'œuvre.

Les mêmes principes sont applicables s'il s'agit d'agencements faits personnellement par l'instituteur à la maison d'école.

La révocation ne saurait porter atteinte au droit de propriété. Lorsqu'un instituteur quitte une commune pour ce motif, il n'en a pas moins droit à la récolte des terrains qu'il a cultivés ou à une indemnité. [L. Armagnac]

ARCHÉOLOGIE. — V. Monuments.

ARCHEVÊQUE ou ÉVEQUE. — Aux termes de l'art. 23 de la loi du 18 germinal an X, les évêques ont la surveillance de l'enseignement religieux (V. Religion) dans toutes les paroisses et maisons d'éducation publique ou libre de leur diocèse. C'est en vertu de ce principe que les archevêques ou évêques font partie des divers conseils de l'instruction publique. Quatre d'entre eux, élus par leurs collègues, siègent au conseil supérieur de l'instruction publique (L. 25 mars 1873, art. 1er). Un archevêque ou évêque de la circonscription académique fait partie du conseil académique (L. 14 juin 1854, art. 3). Ils font partie du conseil départemental et peuvent se faire remplacer par un délégué. Ils désignent un ecclésiastique pour faire partie de ce conseil (L. 15 mars 1850, art. 10 et 9 juin 1854, art. 5).

En dehors de cette haute surveillance de l'enseignement, les archevêques ou évêques sont appelés à présenter à la nomination du ministre les ecclésiastiques qui doivent inspecter les pensionnats do filles tenus dans leurs diocèses par des associa tions religieuses, cloîtrées ou non. Les rapports constatant les résultats de cette institution sont transmis directement au ministre de l'instruction publique (Décr. 31 décembre, 1853, art. 12). Ils s'entendent avec les recteurs pour la présentation au ministre des candidats aux fonctions d'aumôniers des écoles normales (Cire. 24 avril 1851).

[E. de Resbecq.]

ARCHITECTE. — Le Code civil impose aux architectes et aux entrepreneurs une grave responsabilité pour les travaux qu'ils dirigent ou qu'ils exécutent.

ARCHITECTURE

ARCHITECTURE

Si l'édifice construit à prix fait périt, en tout ou en partie, par le vice de la construction, môme par le vice du sol, les architectes et entrepreneurs en sont responsables pendant dix ans (Cod. civ., art. 1792).

Après dix ans, l'architecte et les entrepreneurs sont déchargés de la garantie des gros ouvrages qu'ils ont faits ou dirigés (Cod. civ., art. 2270). Ces prescriptions courent du jour où la commune a pris possession des travaux après leur achèvement et non pas seulement du jour de la réception définitive des travaux (Cons. d'Et., 7 janvier 1858).

Lorsqu'un entrepreneur s'est chargé de la construction à forfait d'un bâtiment, d'après un plan arrêté et convenu avec le propriétaire du sol, il ne peut demander aucune augmentation de prix, ni sous le prétexte de l'augmentation de la main d'oeuvre ou des matériaux, ni sous celui de changements ou d'augmentations faits sur ce plan, si ces changements ou augmentations n'ont pas été autorisés par écrit et le prix convenu avec le propriétaire (Cod. civ., art. 1793).

Si une contestation s'élève entre l'administration et un architecte au sujet d'honoraires réclamés par ce dernier pour la préparation de projets de travaux dont il a été chargé, mais qui n'ont point été exécutés, le conseil de préfecture est compétent pour en connaître (Cons. d'Ét., 14 août 1852).

Lorsque par vice de construction imputable à l'architecte et à l'entrepreneur de constructions communales, des réparations sont nécessaires, le conseil de préfecture ne peut pas laisser l'exécution de ces réparations à la charge de la commune, en se bornant à déclarer l'entrepreneur et l'architecte débiteurs de la somme pour les effectuer. Il faut que les travaux soient exécutés par eux. Dans le cas où l'architecte et l'entrepreneur ne les exécuteraient pas dans le délai fixé par l'arrêté, la commune serait autorisée à les faire exécuter à leurs frais, risques et périls. — Dans ce cas, les travaux seraient dirigés et reçus par l'ingénieur de l'arrondissement, et aussitôt après la réception, l'architecte et l'entrepreneur seraient tenus de rembourser à la commune le montant de la dépense (Arr. du Cons. d'État, 3 décembre 1857).

Les honoraires des architectes peuvent être réglés de gré à gré. Néanmoins, s'il n'y a pas convention contraire, on applique un arrêté du conseil des bâtiments civils du 12 pluviôse an VIII, qui fixe ces honoraires à 5 p. 100. Le Bulletin officiel du ministère de l'intérieur estime que l'initiative de la fixation des honoraires plus ou moins élevés appartient aux conseils municipaux et que l'administration supérieure ne doit intervenir qu'à titre de conseil, sauf à elle à donner ou à refuser l'approbation nécessaire pour l'exécution des projets.

Ces diverses dispositions sont applicables en matière de construction de maisons d'école.

[E. de Resbecq.]

ARCHITECTURE. — Ni les instituteurs auxquels est confiée l'instruction de la jeunesse, ni même les professeurs d'école normale qui préparent nos futurs instituteurs, ne sauraient avoir la prétention d'enseigner l'architecture à leurs élèves. Cet art exige des études longues et une réunion de connaissances que la vie moyenne d'un homme suffit à pnine à développer. Ils ne doivent pas davantage essayer de leur donner des notions superficielles qui n'auraient d'autre résultat que d'engendrer des prétentions ridicules chez les jeunes gens et de fausser leur jugement.

Ce qui serait bon, ce qui rendrait de véritables services, ce serait de donner aux jeunes maîtres et par eux plus tard à leurs élèves un certain nombre d'idées justes et extrêmement simples sur un art qui intéresse tout le monde, puisque tout le monde habite des maisons et use des édifices publics. On ne sait pas assez de quels préjugés et

de quelles sottises il faut à ce sujet débarrasser les esprits. Bien des personnes s'imaginent qu'apprendre les notions premières en architecture, c'est connaître les cinq ordres, leurs noms, leurs proportions, etc. D'autres se figurent qu'il s'agit d'étudier une forme d'architecture qui, déclarée meilleure ou plus belle que toutes les autres, devra dans tous les cas servir de modèle. C'est de la sorte qu'ont été rédigés ou plutôt copiés les uns sur les autres depuis deux siècles, de prétendus traités élémentaires d'architecture qui ne sont que des recueils de formules dogmatiques et de recettes empiriques également nuisibles au développement de l'intelligence.

C'est tout autrement que nous entendons faire entrer dans l'enseignement des écoles normales quelques vues sommaires : 1° sur l'architecture; 2° sur l'histoire de architecture.

1. Architecture. — L'architecture est proprement l'art de bâtir, non de bâtir suivant un certain système ou d'après certaines formules, mais en raison des conditions faites à l'homme, conditions résultant du climat, de la nature des matériaux, des besoins et des mœurs. C'est de cette idée que le maître doit partir, à quelques élèves qu'il s'adresse : il faut qu'il leur fasse bien comprendre que la bonté et la beauté d'une construction dépendent non pas du luxe des ornements, non pas de sa conformité avec un type de convention, mais de la manière dont elle réalise, dans des conditions et avec des matériaux déterminés, la destination spéciale qui lui est assignée.

C'est en propageant ces principes, ou plutôt ce principe unique, que quelques leçons, quelques entretiens sur l'architecture serviront réellement à redresser et à former le jugement des futurs maîtres et plus tard de leurs élèves.

L'enseignement élémentaire de l'architecture se réduit donc à deux points, savoir : 1° l'étude des moyens de structure et de leur application aux besoins ; 2° comment l'apparence, la forme apparente, n'est et ne doit être que la conséquence de cette application des moyens de structure aux besoins.

En d'autres termes, les notions utiles à propager ce ne sont pas des formules toutes faites qui n'apprennent rien, ce sont les principes résultant de la nature des choses et qui ont régi le développement de l'architecture à travers les âges, parce qu'ils ne sont autres que les lois du bon sens.

Qu'un enfant apprenne par coeur la hauteur du fût d'une colonne dorique grecque, et son diamètre pris à la base ou au milieu, à quoi cela lui servira- t-il, puisqu'il n'y a pas deux colonnes doriques grecques qui présentent des rapports identiques entre le diamètre du fût et sa hauteur ? Mais que l'on montre à cet enfant : la fonction du support vertical, comment ce support peut être d'autant plus grêle que la matière dont il est formé est plus résistante ; la fonction de la plate-bande, qui tend à fléchir, et comment on a su parer à cette flexion soit en diminuant la portée du linteau par les saillies données au chapiteau, soit par un arc de décharge ; la fonction de l'arc, et par suite de la voûte ; comment, celle-ci tendant à pousser, il faut opposer à ces pressions obliques des résistances qui les neutralisent ; comment, dès lors, le système de structure adopté impose les formes données à l'architecture, comment ces formes ne peuvent être définies que quand le système de structure est connu, — alors on aura exercé l'intelligence de cet élève d'une manière profitable, on aura fait de lui non pas un petit pédant, mais un homme de sens, qui, sans se piquer de juger les œuvres d'architecture en général, saura dans l'usage ordinaire de la vie émettre une opinion raisonnable sur la convenance ou la disconvenance de telle ou telle construction.

ARCHITECTURE

ARCHITECTURE

Rien ne semble plus simple, et rien pourtant n'est plus difficile que de faire bien pénétrer dans l'esprit cette idée capitale qui devrait régler tous les jugements, toutes les opinions sur les œuvres d'architecture, savoir : que l'art de bâtir ne doit rien se permettre qui ne soit justifié ou par un besoin, ou par les propriétés des matériaux mis en œuvre, ou par les exigences du climat. Prenons un exemple. Quand on aura présenté à l'enfant, comme un chef-d'œuvre de l'art, la colonnade du Louvre, cette décoration sans raison d'être, ce portique placé au premier étage et qui rend inhabitables les logis placés derrière, n'est-il pas évident qu'on aura imprimé dans son cerveau une idée fausse, qu'on aura détourné son esprit de la voie dans laquelle il doit être dirigé pour ne pas commettre plus tard les plus grossières bévues ? Plus tard, en effet, cet enfant, devenu maire de sa commune et ayant à faire bâtir une mairie, se préoccupera plus de l'aspect de la façade de son bâtiment que de savoir si ses distributions sont bonnes, si elles satisfont pleinement aux besoins, si l'architecte tient compte des matériaux dont il dispose et s'il soumet sa construction à leurs propriétés. En un mot, la vanité aura le pas sur le simple bon sens.

Si cet appel constant au bon sens, si cette étude raisonnée n'a pas prévalu jusqu'ici dans l'enseignement officiel de l'architecture en France, il est d'autant plus souhaitable que l'enseignement populaire réagisse, dans la mesure où il le peut, contre ces fâcheuses tendances qui se traduisent en dépenses superflues. Plus que tout autre, l'enseignement qui s'adresse au peuple doit avoir pour caractère de faire entrevoir ce qu'on ignore et ce qu'il faudrait savoir, et non pas de faire croire à l'élève qu'il sait. En lui donnant des notions très élémentaires sur un art qui est soumis à tant de conditions diverses, on ne peut entrevoir qu'un but, c'est de former et d'affermir son jugement, en lui faisant bien comprendre que ce n'est ni le hasard ni l'habitude, ni la convention qui déterminent les formes de l'architecture, ses procédés, ses matériaux, ni même ce qu'on nomme le style. Faire étudier les styles d 'architecture sans rendre compte des conditions extérieures qui les ont fait naître, c'est faire apprendre un texte à l'élève sans lui en expliquer le sens.

Ajoutons que ce n'est pas non plus en plaçant sous leurs yeux des images en plus ou moins grand nombre qu'on éveillera le jugement des enfants et qu'on leur fera comprendre en quoi une construction est bonne ou mauvaise, est œuvre d'art ou œuvre d'ignorance.

Quelques exemples, dont on expliquera les éléments et la constitution logique, leur en apprendront plus que mille gravures reproduisant des monuments anciens et modernes. Car, de cette revue de modèles de toutes sortes et de toute provenance dont ils ne saisiront ni les programmes ni la raison d'être, que peut-il résulter, sinon la confusion la plus étrange?

En cette matière, autant et plus peut-être qu'en toute autre, rien ne peut dispenser de la réflexion, de l'examen intelligent des faits et non des mots, d'une étude enfin qui explique les choses non d'après des règles arbitraires, mais d'après leurs vraies raisons, c'est-à-dire les raisons naturelles qui les font être ce qu'elles- sont.

2. Histoire de l'architecture. — Ce que nous venons de dire pourrait suffire à indiquer dans quel esprit on devra donner aux jeunes gens quelque idée de l'histoire de l'architecture en général et de l'architecture nationale en particulier.

Nulle question ne se présente plus naturellement à l'esprit, nulle n'est plus propre à intéresser l'imagination de la jeunesse que l'histoire de l'habitation humaine. Appelez l'attention de vos élèves sur les premiers âges de l'humanité, de la

civilisation, montrez-leur comment l'homme a débuté, faites-leur comprendre qu'il n'avait à l'origine que deux modes d'abri : le refuge dans une grotte naturelle ou la construction d'une cabane en bois ; montrez à l'aide des exemples qui subsistent encore aujourd'hui les perfectionnements successifs de la cabane, le passage de la hutte à la construction par empilage, puis par assemblage; faites voir que toute architecture dérive de ces deux formes primitives de l'abri, et suivez-en les traces à travers les âges, depuis les constructions égyptiennes et assyriennes jusqu'à celles de la Grèce et de Rome, tout en expliquant que dans la longue série des migrations des peuples, par suite du mélange des races, des traditions, des nécessités climatiques, bien des causes tendent à atténuer la rigueur de ce principe.

Provoquez surtout les réflexions de vos élèves sur ce fait essentiel, que les formes adoptées par l'architecture de chaque âge et de chaque pays ont leur cause première dans les conditions de climat, de matériaux, de milieu ; que, comme la forme du corps humain est la conséquence des organes qu'elle recouvre et de leurs fonctions, de même toute forme architectonique est la conséquence des procédés de structure qui ont été employés ; qu'enfin si l'architecture varie, c'est que les hommes n'ont pas eu à leur disposition^ sur toute la surface du globe les mêmes matériaux, c'est qu'ils ne vivent pas sous la même latitude, c'est qu'ils ont dû satisfaire à des besoins différents avec des éléments différents.

Prétendre posséder les notions les plus élémentaires en architecture sans se pénétrer de ces principes, ce serait prétendre connaître une langue par la simple nomenclature des mots sans en étudier la grammaire et la syntaxe. Etudié empiriquement et sans cette recherche des causes qui l'ont sans cesse modifié, l'art de l'architecture serait la plus inexplicable des fantaisies humaines, tandis qu'au contraire, examiné avec le sens critique qu'il faut toujours apporter dans l'étude, cet art n'est que le résultat logique des aptitudes de certaines races, de leurs besoins et de leurs ressources matérielles.

Ainsi comprise, l'histoire de l'architecture se rattache à l'histoire de l'humanité, elle en est en quelque sorte le corollaire visible, au lieu d'être un formulaire mystérieux accessible aux seuls adeptes et inutile à tous ceux qui n'ont pas à s'en servir. Elle ouvre les plus lumineuses perspectives sur l'état de la civilisation chez les divers peuples et aux diverses époques. En ce qui concerne particulièrement notre pays, un instituteur qui saurait bien l'histoire de nos monuments et l'histoire de l'habitation privée en France, depuis les origines de la féodalité jusqu'à ce siècle, en saurait plus sur la véritable histoire de France, — c'est-à-dire suf l'histoire de notre état social, de notre vie nationale, de nos mœurs et de notre civilisation — que celui qui a la mémoire remplie des dates de batailles et des généalogies de rois.

Mais il ne suffit pas de recommander cette étude qui à première vue peut paraître une innovation considérable dans le cours d'études déjà si chargé des écoles normales. Il faut montrer qu'elle est possible et en tracer les lignes principales. C'est le travail que nous avons essayé de faire expressément à l'intention et pour les besoins particuliers de l'école normale primaire au mot Architecture dans la IIe Partie. [E. Viollet-le-Duc]

ARCHITECTURE (École spéciale d'J. — V.

École spéciale d'architecture, p. 763.

ARCHITECTURE SCOLAIRE. — L'architecturo scolaire comprend l'ensemble des dispositions intérieures et extérieures dont se compose une école ; mais, comme chacun des éléments constitutifs de l'école est étudié dans un article spécial du

ARCHITECTURE

ARCHIVES

Dictionnaire nous ne voulons parler sous le titre d'architecture scolaire que de la seule enveloppe extérieure des bâtiments.

Tout édifice doit avoir son caractère propre, faire comprendre par son simple aspect ce qu'il est, à quelle destination il est réservé. Le caractère d'une écolo estla simplicité ; sadestination, l'étude : c'est là ce qu'il faut exprimer et traduire aux yeux. La façade d'un établissement scolaire ne saurait donc forcer l'attention : son apparence au contraire doit être calme et tranquille ; les proportions, c'està-dire le juste rapport des différentes parties de l'édifice entre elles, les grandes lignes de la construction et les masses franchement accusées sont les seuls éléments mis à La disposition du constructeur.

Il ne faut pas perdre de vue que la simplicité ne consiste pas seulement dans la suppression de tout ornement, de toute décoration superflus; elle s'obtient encore par le choix des matériaux, par l'exclusion de tous ceux que leurs frais de transport ou de mise en œuvre rendent d'un prix élevé, et cette observation s'applique aussi bien aux écoles rurales qu'aux écoles urbaines.

Si dans les écoles urbaines, en effet, c'est un tort de décorer les façades à l'aide de pilastres, de frontons, de consoles ou de fausses baies, ce n'en est pas un moindre pour les écoles rurales de préférer aux matériaux du pays ceux d'une provenance étrangère, d'élever une école en pierres dans une commune où ne se trouve que de la brique, de recouvrir des parements de bois ou de moellons avec un enduit en plâtre, en simili-pierre ou en simili-marbre, agrémenté d'ornements inutiles, toutes combinaisons dont le grand défaut est d'abord d'occasionner une dépense première, et une dépense d'entretien superflue, puis de donner à l'édifice une apparence mensongère et prétentieuse. Une corniche saillante abritant bien les murs, supportant un chêneau dont les infiltrations ne peuvent par conséquent pénétrer les maçonneries, des fenêtres carrées ou légèrement cintrées, larges et hautes, différentes suivant la destination des pièces qu'elles éclairent, des bandeaux accusant les hauteurs des planchers, des combles franchement plats ou aigus suivant les exigences du climat, des murs en matériaux apparents, tels sont les éléments constitutifs de la façade d'une école. Le talent de l'homme du métier coordonne ensuite ces divers éléments, les équilibre et les proportionne entre eux, associe suivant son goût, son savoir et les ressources locales, la pierre au moellon, la brique au bois. Il crée ainsi, sans efforts autres que ceux qu'impose la saine raison, une œuvre dont l'incontestable mérite est d'être originale, c'est-àdire de bien indiquer son origine et d'atteindre le bat qui lui est assigné.

Toute forme compliquée, — telle que les fenêtres à plein cintre, à ogives, lucarnes Renaissance, pilastres, chapiteaux et entablement, — doit être bannie de la façade d'une école. Outre qu'elle froisse le bon goût, cette ornementation malencontreuse nuit à l'introduction de l'air, de la lumière ou donne à l'édifice une apparence en contradiction avec le rôle qu'il doit remplir.

De même que pour les palais, les théâtres, les églises, etc., il existe pour les écoles un certain nombre de données fondées sur la logique et le raisonnement et en dehors desquelles aucune solution favorable n'est possible.

Il ne faut pas cependant pousser à l'extrême ces sages principes, donner à l'école par économie ou par tout autre motif un aspect pauvre et triste, une apparence par trop sévère. L'école doit au contraire avoir un air riant et gai, quelque chose qui la fasse aimer de ses jeunes habitants. Le luxe qui se borne à éviter tout ce qui leur ferait prendre en horreur ce séjour de l'étude n'est pas un luxe

mal entendu. C'est ainsi qu'il faut dans les Tilles éviter les façades froides monotones et uniformes; dans les campagnes, entourer le bâtiment scolaire de plantes, de fleurs dont les couleurs se marient aux tuiles du toit, aux briques rouges, aux parements blancs des murs.

Dans la très grande majorité des communes rurales, un môme bâtiment sert à la fois au service scolaire et au service administratif: ce bâtiment prend alors le nom de maison commune ; c'est en effet la maison de tous, celle dans laquelle doivent s'accomplir les actes lesplus essentiels de l'existence de chacun des habitants. Le caractère d'un tel édifice n'est plus alors seulement celui d'une école, puisque souvent, outre l'école et la salle du conseil municipal, il contient encore, suivant l'importance de la commune, le prétoire de la justice de paix, la bibliothèque communale, le télégraphe, etc.

Il faut que chacune de ces différentes parties accuse sa destination ; celle dont le rôle est le plus important, la salle du conseil municipal, doit, tout en restant dans les conditions les plus modestes, se signaler par la forme extérieure de l'édifice ; à elle est réservée la partie centrale la plus importante et la plus en vue ; c'est elle qui doit attirer l'attention du passant et lui rappeler qu'en cet endroit, tout humble qu'il paraît, se trouve le siège de l'autorité, le dépôt du pouvoir légal.

En résumé, petite ou grande, urbaine ou rurale, l'école doit être simple et modeste toujours, mais toujours aussi attrayante pour les enfants et propre à éveiller chez tous, au premier aspect, l'idée du i édifice consacré à l'éducation de la jeunesse, c'està-dire à un des plus importants services d'utilité publique. — V. Maison d'école. [Félix Narjoux.]

ARCHIVES COMMUNALES. — Dans les communes dépourvues de maison municipale et où l'instituteur remplit les fonctions de secrétaire de la mairie, les archives communales, au lieu d'être conservées par le maire à son domicile, doivent être déposées à la maison d'école et confiées à la garde de l'instituteur, tout en restant placées sous l'autorité et sous la surveillance directe du maire. Cette mesure n'est applicable ni aux écoles dirigées par un instituteur qui n'est pas secrétaire de mairie, ni aux écoles installées dans des locaux trop restreints pour qu'on puisse y placer une bibliothèque scolaire et qui seraient, par conséquent, insuffisants pour recevoir les archives communales (Cire. 31 octobre 1868).

En diverses circonstances, le ministre de l'instruction publique, sur la demande du préfet, a autorisé les inspecteurs primaires à se charger de l'inspection des Archives communales et à adresser leurs rapports à l'administration préfectorale. La rémunération de ce travail ne saurait être mise à la charge du budget de l'instruction primaire. L'inspection des Archives ne peut avoir lieu qu'en dehors des heures consacrées à la visite des écoles. Un certain nombre de grandes villes ont des archivistes chargés du classement et de la conservation des documents qui concernent la cité. Ces archivistes sont nommés par les maires. V. Archives départementales. [E. de Resbecq.]

ARCHIVES DE L'INSPECTION PRIMAIRE. — Ces archives doivent être tenues avec un soin scrupuleux ; il est en effet de la plus haute importance quo les inspecteurs, appelés d'une résidence à une autre, puissent s'éclairer d'une façon immédiate et complète sur les nouvelles affaires qui leur sont confiées. Ces archives ont été formées avec les dossiers des anciens comités supérieurs, auxquels sont venus se joindre tous les documents provenant de la correspondance quotidienne. L'ordre avec lequel ces archives sont tenues ne peut que rendre l'administration elle-même plus prompte et plus facile (Cire, 31 décembre 1850). En cas de mutation dans le personnel de Tin-

ARCHIVES

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sperction, les archives doivent être remises au nouvel inspecteur qui en devient responsable, et l'état des documents doit être constaté par procèsverbal (Cire, 24 août 1855).

Les art. 173, 254, 255 et 439 du Code pénal frappent de peines allant de l'emprisonnement aux travaux forcés à temps les fonctionnaires qui auront brûlé, détruit, supprimé, soustrait, etc., les actes, titres, pièces dont ils sont dépositaires ou qui leur auraient été remis ou communiqués à raison de leurs fonctions. [E. de Resbecq.]

ARCHIVES DÉPARTEMENTALES. —Tous les départements ont des archivistes chargés du classement et de la conservation des documents qui intéressent le département. Ces archivistes sont nommés par le ministre de l'intérieur et choisis de préférence parmi les anciens élèves de l'École des Chartes *, munis du diplôme d'archiviste-paléographe, qui se sont fait inscrire, au ministère de l'intérieur, sur le registre des candidats à cet emploi, et, à défaut-, parmi les personnes pourvues d'un certificat d'aptitude que délivre, après examen, une commission nommée par le ministre de l'intérieur.

Les demandes de recherches, de communications et d'expéditions de pièces doivent être adressées, par écrit, au préfet. Les pièces d'un intérêt privé sont communiquées seulement aux personnes qui justifient qu'elles ont qualité pour en prendre connaissance. Les communications de pièces ont lieu, sans frais et sans déplacement, en présence de l'archiviste ou d'un employé ; il n'est perçu aucun droit pour la recherche des pièces. Les copies sont certifiées conformes aux originaux par l'archiviste et marquées du timbre de la préfecture ; les frais et droits de délivrance, fixés conformément à la loi du 12 septembre 1790 et aux instructions du 4 mai 1808, sont relatés en marge. [L. Armagnac]

ARCHIVES NATIONALES. — Chaque administration de l'État possède des archives qui, classées d'abord au siège de l'administration, sont, au bout d'un certain temps, dirigées sur le dépôt central des Archives nationales, situé à Paris, rue du Paradis du Temple, n° 20.

L'administration des Archives nationales est régie par les décrets des 22 décembre 1855, 22 mars et 1er août 1856 et par un arrêté ministériel du 12 novembre 1856; elle ressortit au ministère de l'instruction publique.

Constituées par Napoléon Ier, en 1808, les Archives centrales de l'Empire français furent établies alors dans le palais que le prince de Soubise avait fait construire, en 1706, sur l'emplacement des hôtels de Clisson, de Laval et de Guise.

Elles contiennent plus de 90 millions d'actes ou de titres, répartis dans environ 300,000 cartons, liasses, registres, etc., etc. Ces documents sont divisés en quatre sections, placées, ainsi que les autres parties du service, sous les ordres d'un directeur général.

Le plus ancien des titres que possèdent les Archives nationales est un diplôme original de l'an 625. L'antiquité de ces documents, la suite et l'ensemble de ces grandes séries, telles que les diplômes mérovingiens et carlovingicns, le Trésor des Chartes, lo Bullaire, les Archives des anciennes Chambres des comptes et de l'ancien Conseil d'État, les registres du Parlement et de toutes les juridictions de son ressort, le fonds des abbayes, la collection des sceaux, les archives de la Couronne, la secrétairerio d'État et le cabinet de l'empereur Napoléon Ier, font des Archives une institution unique.

Les demandes de renseignements, de communications et d'expéditions doivent être faites par lettres adressées au directeur général, ou en personne au secrétariat des Archives, de 10 à 3 heures.

Les expéditions, les recherches qu'elles ont occasionnées et les épreuves de sceaux (soufre et

plâtre) sont soumises à des droits fixés par un décret du 22 mars 1856.

Une salle, dite salle du public, est ouverte, au Palais des Archives, chaque jour ouvrable, de 10 à 3 heures, pour les communications sans déplacement. Un archiviste préposé à la surveillance de cette salle y fournit aux travailleurs autorisés par le directeur général tous les éclaircissements à la disnosition de l'administration.

Un musée paléographique dans lequel sont exposés chronologiquement, de 625 à 1821, les documents originaux les plus remarquables de notre histoire nationale, a été ouvert le 19 juillet 1867. Le public y est admis le dimanche de midi à 3 heures. — Le jeudi, jour réservé à l'étude, il peut être également visité avec des billets qui sont délivrés au cabinet du Ministre. [L. Armagnac]

ARCHIVES PÉDAGOGIQUES. — Titre de plusieurs revues étrangères, dont les deux plus remarquables à notre connaissance sont : le Pàdagogisches Archiv de Stettin fondé en 1858, et le très intéressant Archivio di pèdagogia e scienze afftni publié à Palerme depuis 1876, par M. Latino.

— V. Périodiques.

ARCHIVES SCOLAIRES. — Il existe dans un certain nombre de communes de l'académie de Nancy, notamment dans la Haute-Marne, des archives scolaires, c'est-à-dire des collections de documents inédits sur le passé de l'école, sur la condition matérielle, intellectuelle et morale des maîtres qui l'ont dirigée depuis sa fondation. Rien de plus utile et en même temps de plus facile que d'établir partout ces modestes archives ; il suffit en effet de rechercher, avec persévérance, dans les registres des actes de l'état civil, des délibérations de la commune, de la fabrique, dans les papiers de certaines familles, dans les titres déposés chez les notaires, tout ce qui peut mettre en lumière le passé trop peu connu des hommes et des choses de l'enseignement.

Afin de faciliter à MM. les instituteurs l'exécution de cette œuvre de patience et de patriotisme, nous plaçons sous leurs yeux quelques-unes des questions essentielles qui doivent le plus attirer et fixer leur attention.

1. A partir de quelle année peut-on constater l'existence d'une école de garçons, de filles, d'une « école de charité » ?

2. Nom du plus ancien maître, régent, recteur d'école ou précepteur ; date de sa nomination. — Nom de la plus ancienne maîtresse ou régente des écoles ; date de sa nomination.

3. Peut-on établir la série des maîtres et des maîtresses jusqu'en 1789 ?

4. Existe-t-il un ou plusieurs traités ou baux entre le maître ou la maîtresse d'école et la commune ou la paroisse (en résumer les parties essentielles sur un registre spécial et en déposer le texte ou la copie dans un carton) ?

5. Existe-t-il un règlement pour le régime intérieur de l'école, la conduite du maître (en résumer les parties essentielles et en déposer le texte ou la copie dans un carton spécial) ?

6. Renseignements officiels concernant : les ressources de la commune en maison, jardin, dépendances, rentes, legs, fondations dons, relatifs aux écoles ; — le mode de nomination, de révocation du maître et de la maîtresse ; — leur revenu, fixe, accessoire ; écolagcs, en argent, en denrées,

— les autorités préposées à la surveillance et à la direction des écoles ; — la durée annuelle de la tenue des classes ; — l'assiduité plus ou moins grande des élèves à les fréquenter ; — les conditions de la gratuité ; — la liste des livres classiques ; — les programmes et les méthodes.

7. Combien de mariages de 1686 à 1690?-- Combien d'époux et d'épouses n'ont pu signer leur acte de mariage ? — mêmes recherches sur les re-

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gistres des actes de l'état civil, de lTSOà 1790 et 1816 à 1820 ; constater le chiffre proportionnel dos époux et épouses illettrés à ces diverses dates.

8. Quel était le régime disciplinaire ? Caractère des récompenses, des punitions.

9. A quelle date le dernier maître nommé sous l'ancien régime a-t-il cessé ses fonctions ?

10. A-t-on nommé un instituteur on exécution de la loi du 29 frimaire an II (17 décembre 1798) ?

11. Date et nom du premier instituteur nommé en exécution du décret du 17 mars 1804.

12. Résumer, sur le registre, en une note concise, la condition de l'école et du maître durant la période révolutionnaire, d'après la tradition et les pièces d'archives, dont le texte ou la copie sera déposé dans le carton.

13. Exposer, dans une note très brève, l'état matériel de l'école, la condition du maître, la fréquentation des classes, etc., etc., de 1804 à 1815 ; de 1815 à 1830 ; de 1830 à 1848; de 1848 à 1854 ; de 1854 à 1867.

14. A partir de 1867, établir, pour chaque année, une statistique très exacte et comparative de l'état matériel, intellectuel et moral de l'instruction primaire dans la commune ; ne rien négliger : écoles publiques et libres, congréganistes et laïques spéciales aux filles, asiles, cours d'adultes, bibliothèque scolaire, caisse des écoles, concours, enseignement horticole, agricole, expositions, distributions de prix, libéralités et fondations, etc., etc.

En résumé, une réponse rigoureusement exacte à chacune de ces questions, un simple énoncé des actes, des faits, des chiffres officiels consignés sur un reyistre spécial et le dépôt des documents dans un ou plusieurs cartons suffiraient pour constituer, h peu de frais, ces Archives de l'école.

L'auteur de cet article a fait lui-même l'expérience de la possibilité de ce travail et du zèle intelligent qu'y apportent les instituteurs. Du 15 octobre dernier à ce jour (20 février 1878) plus de 10 000 instituteurs, répondant à sa demande, ont bien voulu lui adresser des notices qui renferment sur l'état ancien des écoles les renseignements les plus complets. Réunis et classés dans les archives des l'écoles normales, ces travaux formeraient pour chaque département un dépôt précieux qui permettrait d'écrire un jour l'histoire pédagogique de la France. [L. Maggiolo.]

ARDÈCHE (Département de 1'). — Superficie, 552 660 hectares ; population : 384 378 hab., densité de la population : 70 hab. par kil. carré. — 3 arrondissements : Privas, Tournon, Largentière ; 31 cantons, 339 communes.

Population d'âge scolaire : 54 718 enfants de 6 à 13 ans (26 875 garçons, 27 843 filles), soit 4 enfants pour 100 hab. En 1872 le rapport était de 14.54 p. 100 (55 502 enfants de 6 à 13 ans : 28 214 garçons, 27 288 filles).

1. Historique de l'enseignement primaire. — Avant 1789. — Les seules pièces authentiques qui nous permettent de reconstituer en partie l'histoire des petites écoles sont les délibérations des États particuliers du Vivarais et surtout les rôles de taille des communautés. Encore n'est-ce qu'au milieu du xvne siècle que les renseignements sont un peu étendus. A partir de cette époque, dans la plupart des paroisses de quelque importance, on trouve chaque année, sauf un certain nombre d'interruptions, une quittance jointe au rôle du collecteur comme pièce justificative d'un article de son compte ainsi libellé : « plus tant de livres à (un tel) pour avoir fait les petites escoles pendant cette année, imposition permise par les commissaires depuis (telle date). » Il est rare que cette quittance soit signée deux ans de suite du même nom, ce qui donne à penser que les <• mestres et mestresses d'cscole » de cette époque formaient une sorte de population nomade, desservant successivement les

diverses régions du pays et ne tenant école dans chacune d'elles que pendant quelques mois. Ce sont toujours, sauf dans les principaav cenfes de population, des laïques le plus souvent mariés. Les quittances, écrites en entier de leur main, dénotent presque toujours une faible connaissance de la grammaire. Les salaires fixes que leur donnent les conseils de communauté varient entre 70 et 150 livres pour les instituteurs, 50 et 100 livres pour les institutrices. Des restes de comptabilité permettent d'évaluer « l'écolage » payé par les parents à une somme environ égale à celle du traitement fixe. Il n'y a nulle part de maison spécialement affectée aux écoles ; chaque année on loue une chambre, quelquefois une petite maison pour y tenir l'école. Quand le maître n'est pas marié, il vit le plus souvent à tour de rôle chez les parents de chaque élève.

Dispensons-nous d'insister sur les imperfections d'une telle organisation et sur ses résultats probables. Nous avons essayé de dresser pour la fin du xvme siècle la liste des écoles permanentes établies dans les villes et les bourgs, avec le nom de la congrégation qui les dirigeait.

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