ETIENNE
ET0URDER1E
et qui a paru à Boston pendant treize ans, sous différents titres.
Dans beaucoup d'Etats, on trouve des publications mensuelles sur l'instruction. En Pensylvanie, un excellent journal de ce genre, édité par le surintendant d'Etat, est envoyé, aux frais de l'Etat, dans tous les districts scolaires.
De toutes les publications pédagogiques américaines, la plus importante de beaucoup, à l'heure actuelle, est le Journal américain d'éducation {American Journal of Education), édité et publié par Henry Barnard, et qui en est à son vingtsixième volume. [John D. Philbrick.]
ETHNOGRAPHIE, ETHNOLOGIE. — On trouvera dans la IIe Partie la définition de ces deux termes. Les connaissances qu'embrassent l'ethnologie et l'ethnographie doivent être rattachées, à l'école primaire, d'une part à l'enseignement de l'histoire et de la géographie, d'autre part à celui de l'histoire naturelle. V. ces mots.
ETIENNE, — Etienne (Jean-Baptiste), quatorzième supérieur général de la Congrégation de la Mission (Lazaristes) et de la Compagnie des filles de la Charité, naquit en 1801 à Longeville près Metz, et mourut à Paris en 1874. 11 fut le restaurateur de sa congrégation, qui avait été dispersée à la suite de la Révolution.
Si nous mentionnons le nom de M. Etienne dans ce Dictionnaire, c'est à cause du rôle qu'il a joué, au témoignage de ses amis, dans une question qui intéresse au plus haut point l'enseignement primaire.
Lorsque M. Guizot soumit aux Chambres le projet qui est devenu la loi de 1833, ce projet contenait un article (article 26) portant que les dispositions de la loi, et entre autres celle qui exigeait des instituteurs la possession du brevet de capacité, seraient aussi applicables aux écoles de filles. « On conçoit, dit la biographie de M. Etienne écrite par un prêtre de la Mission (Paris, Gaume et C'e, 1881), la perturbation que cette mesure rigoureuse devait causer dans les maisons d'éducation dirigées par les filles de la Charité : il était évident que la plupart des sœurs ne pourraient ou ne voudraient, pour les plus graves raisons, se présenter devant un jury d'examen, et que leurs écoles seraient nécessairement fermées. Pour écarter ce danger, M. Etienne songea d'abord à s'entendre avec les frères des Ecoles chrétiennes, et à adresser, de concert avec eux, une réclamation au gouvernement." Mais le supérieur général des frères refusant de s'associer à cette démarche et préférant se soumettre aux exigences de la nouvelle loi, M. Etienne fut contraint d'agir isolément et résolut de s'adresser à M. Guizot, dont il possédait l'estime et la bienveillance. Prenant donc occasion de quelque autre affaire, il va trouver le ministre, et celui-ci lui ayant demandé incidemment des nouvelles de la Compagnie des filles de la Charité, qu'il aimait beaucoup et dont il appréciait singulièrement les services : « Les filles de la Charité, répondit M. Etienne, sont dans la plus grande inquiétude, depuis qu'elles savent qu'il est question de fermer leurs écoles. — Fermer leurs écoles 1 et pourquoi cela? demanda le ministre avec étonnement. — Parce que le récent projet de loi sur l'instruction primaire exige des institutrices un brevet de capacité. — Eh bien! est-ce là une difficulté sérieuse? La plupart des sœurs employées aux écoles sont très capables, je le sais, et n'ont point à redouter un échec devant le jury d'examen. — Sans doute, monsieur le ministre, si elles se résignent à comparaître devant le jury, mais — La loi, interrompit M. Guizot, doit être la même pour tous, et nous ne saurions faire d'exception pour les religieuses. — Nous ne demanderions pas non plus d'exception, reprit M. Etienne, s'il n'y avait là
pour les communautés religieuses une question de vie ou de mort; mais nous sommes persuadés que cetto mesure leur serait fatale, et nous croyons que cet avis sera partagé par tous ceux qui connaissent la nature de l'état religieux, les vertus spéciales qu'il exige et les habitudes de vie qu'il fait contracter. »
Et là-dessus M. Etienne exposa longuement les raisons qui, selon lui, devaient faire dispenser de l'examen les sœurs enseignantes. M. Guizot, ajoute le biographe, fut très frappé des arguments de M. Etienne ; et à quelque temps de là, le 4 mai, l'article 2G du projet de loi ayant été mis en discussion à la Chambre des députés, et quelques membres en ayant demandé la suppression, tandis que d'autres voulaient seulement le modifier : « J'adhère à la suppression totale », dit le ministre ; et l'article, mis aux voix, fut supprimé. Trois ans plus tard, une ordonnance royale trancha définitivement la question des écoles de filles. Par cette ordonnance, du 23 juin 1836, l'obligation du brevet de capacité était maintenue pour les institutrices, mais l'article 13 en dispensait celles qui appartiendraient à une congrégation religieuse approuvée, et déclarait qu'elles pourraient être autorisées à tenir des écoles primaires sur le vu de leurs lettres d'obédience. « Pour justifier cette exception, le ministre, dans son rapport au roi, invoquait précisément les raisons que M. Etienne avait fait valoir dans son,entretien avec M. Guizot.
» Donc, ajoute le biographe auquel nous avons emprunté ces détails, si la loi de 1833 et l'ordonnance de 1836 ont créé pour les communautés enseignantes la situation favorable dont elles jouissent encore aujourd'hui » (ces lignes ont été écrites avant la loi du 16 juin 1881 qui a fait rentrer les congréganistes dans le droit commun), « c'est à M. Etienne qu'elles en sont redevables. »
Nous avons cru qu'il était intéressant de faire la lumière sur ce point d'histoire qui était resté peu connu des contemporains ; il est utile que l'on sache à quelle influence a été due l'introduction dans notre législation scolaire d'un privilège qui a soulevé pendant tant d'années de si justes réclamations.
ÉTOURDERIE. — C'est, nous disent les dictionnaires, le fait de celui qui agit sans réflexion. L'étourdi serait donc, à proprement parler, une personne mal munie de cette faculté de concentration, de repliement, par laquelle l'homme se rend maître de son activité intellectuelle, la soustrait à la mobile influence des impressions, et la dirige au gré de sa volonté. La volonté : voilà en effet, si l'on y regarde de près, le point faible, la lacune morale qui fait l'étourderie. La pensée peut errer çà et là, au hasard des impressions du dehors ou des associations automatiques d'idées : c'est la volonté seule qui peut l'arrêter, la fixer, la retenir sur un sujet déterminé : l'attention, la réflexion est donc, avant tout, un acte de volonté. D'où il suit que deux causes peuvent concourir à provoquer l'étourderie : l'une, à notre avis la première en importance, est la débilité du vouloir ; la seconde est la vivacité d'imagination, qui donne aux impressions une intensité excessive et leur permet d'entraîner et de dominer à chaque instant la pensée.
Ces deux causes se trouvent précisément réunies dans le jeune enfant. Chez lui la vie intellectuelle est d'abord presque complètement passive, flottant au gré des sensations, dont elle a commencé par êtro entièrement dépendante, et d'où elle a tiré son premier développement. Il lui faut graduellement se dégager de cette anarchie, pour devenir maîtresse de sa propre direction et entrer peu à peu dans la liberté. Mais cette conquête de l'indépendance ne se fait pas d'un seul coup, et