ETUDES
ÉTUDES PRIMAIRES ÉLÉMENTAIRES (Certificat d'). — Nous avons donné, au mot Certifient, d'études primaires (p. 34G), les dispositions qui régissaient l'examen du certificat d'études primaires au moment où cet article a été publié. Depuis lors, un arrêté du ministre de l'instruction publique, en date du 1G juin 188o, a substitué, aux prescriptions émanant des inspecteurs d'académie et variant d'un département à l'autre, une réglementation uniforme. Nous résumons ci-dessous les principales dispositions de cet arrêté.
Le certificat délivré à la suite de l'examen réglementé par l'arrêté du 16 juin 1880 prend désormais le nom de certificat d'études primaires élémentaires (par contre, l'ancien certificat d'études primaires élémentaires, institué en exécution de la loi du 19 mal 1874 sur le travail des enfants employés dans l'industrie, s'appelle aujourd'hui certificat d'instruction primaire élémentaire ; V. pp. 349 et 845 du Dictionnaire).
Des commissions cantonales sont nommées par les recteurs, sur la proposition des inspecteurs d'académies, pour juger l'aptitude des aspirants et des aspirantes au certificat d'études primaires élémentaires. Ces commissions se réunissent chaque année, sur la convocation de l'inspecteur d'académie, soit au chef-lieu de canton, soit dans une commune centrale désignée à cet effet. L'inspecteur primaire du ressort fait nécessairement partie de ces commissions. Chaque commission nomme son président, son vice-président et son secrétaire. (Art. 1er).
Aucun candidat ne peut être admis s'il n'a au moins douze ans au 1er octobre de l'année de l'examen. (Art. 2).
Les épreuves écrites comprennent :
1° Une dictée d'orthographe de vingt-cinq lignes au plus ; cette dictée peut servir d'épreuve d'écriture;
2° Deux questions d'arithmétique portant sur les applications du calcul et du système métrique, aveesoution raisonnée ;
3° Une rédaction d'un genre simple (récit, lettres, etc.).
Les jeunes filles exécuteront, en outre, un travail de couture usuelle, sous la surveillance d'une dame désignée à cet effet. (Art. 3).
Le maximum des points à attribuer aux candidats pour chacune des quatre épreuves communes aux deux sexes (dictée, écriture, calcul, rédaction), ainsi que pour l'épreuve de couture, est de 10.
• Tout élève ayant fait plus de cinq fautes d'or- Ithographe dans la dictée est éliminé.
La nullité d'une épreuve entraîne l'élimination.
Les compositions sont corrigées, séance tenante, par les membres de la commission.
Ne sont admis aux épreuves orales que les candidats qui ont obtenu, pour la première série d'épreuves, au moins la moyenne de 20 points (garçons) ou de 25 points (filles).
Les épreuves orales comprennent :
La lecture expliquée ;
L'analyse d'une phrase de la lecture ou d'une phrase écrite au tableau noir ;
Les éléments de l'histoire el de la géographie de la France ;
Des questions d'application pratique sur le cal cul et le système métrique.
Les épreuves orales sont appréciées de la même manière que les épreuves écrites, c'est-à-dire au moyen de chiffres variant de 0 à 10. (Art. 4 et 5).
Nul n'est définitivement déclaré apte à recevoir le certificat d'études s'il n'a obtenu la moitié au moins du total maximum des points accordés pour les deux catégories d'épreuves, soit 40 points pour les garçons, 4j points pour les filles. (Art. 6).
Outre les matières énoncées ci-dessus, l'examen peut comprendre : un exercice de dessin linéaire et des interrogations sur l'agriculture. Il sera fait mention sur le certificat des matières complémentaires pour lesquelles le candidat aura obtenu la note 5. (Art. 7j.
Le procès-verbal de l'examen est transmis à l'inspecteur d'académie, qui, après avoir vérifié la régularité des opérations, délivre, s'il y a lieu, le certificat d'études. (Art. 8).
Dans le mois qui suit la clôture des sessions, l'inspecteur d'académie adresse au rect'ur un compte-rendu statistique des résultats obtenus dans son département. Le recteur adresse au ministre un compte-rendu analogue pour tous les départements de son ressort. (Art. 9).
ÉTUDES PRIMAIRES SUPÉRIEURES (Certificat d'). — L'ancien certificat d'études primaires n'étant plus, aux termes de la réglementation actuelle, qu'un certificat d'études primaires élémentaires, il était naturel qu'on songeât à instituer, à côté et au-dessus de ce premier diplôme, un certificat d'études primaires supérieures. Quelques départements ont déjà pris l'initiative dans ce domaine. Un projet d'arrêté, en préparation au ministère de l'instruction publique, et reproduisant les dispositions en vigueur dans le département de l'Allier, détermine comme il suit les conditions de l'examen qu'auraient à subir les candidats désireux d'obtenir ce nouveau certificat:
Nul ne serait admis aux épreuves s'il n'a au moins quatorze ans le 1er octobre de l'année de l'examen.
Les épreuves écrites comprendraient:
1° Une question portant sur l'application de l'arithmétique et de la géométrie;
2° Une question sur les sciences physiques et naturelles avec leurs applications les plus usuelles à l'hygiène, à l'industrie et à l'agriculture;
3° Une composition sur l'histoire moderne et sur la géographie générale;
4° Une composition en dessin.
Les épreuves orales seraient groupées de la manière suivante:
1° Arithmétique appliquée aux opérations pratiques ; éléments de géométrie, d'algèbre, d'arpentage et de nivellement ; tenue des livres ;
2° Notions élémentaires de physique, chimie, histoire naturelle avec leurs applications les plus usuelles à l'hygiène, à l'industrie et à l'agriculture de la région ;
3° Histoire de France et notions d'histoire générale ; géographie générale;
4° Langue française : lecture expliquée d'un auteur français en prose ou en vers; notions sommaires sur les grands écrivains de la France. Instruction morale et civique ;
5° Chant;
6° Gymnastique.
ETUDES SURVEILLÉES. — La proposition deloi sur l'organisation de l'enseignement primaire, présenté à la Chambre par M. Paul Bert dans la séance du 7 lévrier 1882, contient une disposition relative à l'établissement facultatif, dans les écoles primaires, d'études surveillées permettant aux élèves de préparer leurs devoirs quotidiens dans la classe même, sous la direction d'un instituteur.
Voici le texte de l'article de la proposition de loi qui concerne cette mesure :
« A la demande des conseils municipaux, et par décision du Conseil départemental, il pont être établi dans les écoles publiques des études surveillées en dehors des heures de classe réglementaires. — Ce surcroît de travail ne peut être imposé à aucun maître. — Les maîtres qui s'en chargeront recevront une indemnité annuelle, dont le taux sera fixé par le Conseil départemental.
ETYMOLOGIE
ETYMOLOGIE
— L'entretien de ces études constitue une dépense facultative, qui reste à la charge de la commune. »
f'ette institution existe déjà dans un certain nombre de villes, en particulier dans les départements du midi, et, au rapport des inspecteurs d'académie qui l'ont vue fonctionner, elle rend de réels services à ceux des écoliers auxquels la maison paternelle n'offre pas un milieu lavorable au travail intellectuel.
ÉTUDIANTS. — V. Facultés.
ETYMOLOGIE. — L'étymologie (du grec étymos, vrai; /ogos, langage, discours) est une science qui a pour objet la recherche de l'origine des mots d'une langue et de leur véritable signification.
Partant de leur forme actuelle, elle remonte le cours des âges, détermine successivement les transformations que les mots ont subies, isole les diverses parties qui les composent, et les ramène à leur forme originelle, fondamentale. En môme temps qu'elle retrouve ainsi les diverses parties qui constituent nos mots actuels, elle reconnaît, dit M. Littré, le sens de chacune de ces parties, et nous permet de concevoir comment l'esprit humain a procédé pour passer des significations simples et primitives aux significations dérivées et complexes.
La science étymologique se distingue de la linguistique en ce que celle-ci a pour objet l'étude comparative des langues : la linguistique recherche les principes universels du langage, son origine, son caractère et ses matériaux, ses procédés, ses formes, les rapports qui rattachent les divers idiomes entre eux, et les méthodes les plus logiques pour arriver à établir exactement leur classification et leur filiation ; l'étymologie, elle, se restreint à l'étude des mots d'une langue particulière.
« Selon le caractère des recherches dont on l'a fait l'objet, l'étymologie, dit M. Villemain, est une curiosité futile, paradoxale même, ou bien, au contraire, c'est une étude féconde qui, d'un côté tient à la partie la plus obscure de l'histoire, de l'autre à l'analyse de l'esprit humain, à l'invention des langues, à la perfection de la parole. » Bien plus, ajoute-t-il, l'étymologie, considérée dans toute son étendue, l'étymologie complète, analytique, peut devenir l'histoire de toutes les autres langues pour arriver à celle-là seule dont on étudie les origines.
L'étymologie, en effet, est une des sciences les plus anciennes et à la fois une des plus neuves. Ceux qui les premiers s'en occupèrent, privés de méthode, sans règle et sans expérience, ne s'attachant qu'au sens et à la forme apparente des mots, se laissèrent aller aux conjectures les plus hasardées, aux écarts les plus invraisemblables de l'imagination et de la fantaisie.
Sans essayer de faire l'histoire complète de l'étymologie, nous pouvons mentionner les recherches de Platon dans le Cratyte, de Ghrysippe et d'Aristote chez les Grecs; les travaux do Varron, de César, de Cicéron, de Verrius Flaccus et de Festus chez les Romains. Les uns et les autres, malgré leur talent et leur science, en l'absence de bases solides et certaines, privés de tout point de comparaison avec les langues aryennes de l'Orient, sœurs ou devancières des idiomes grecs et latins, ne nous ont guère laissé que des étymologies forcées, dépourvues de réalité, des hypothèses fondées sur des ressemblances fortuites ou des analogies sans fondement.
L'amour-propre national d'ailleurs était intervenu dans ces questions. On voulait expliquer l'origine de tous les mots de sa langue sans recourir à aucune autre. Tibère, raconte-t-on, fit faire le procès au mot emblema accusé de venir du grec, et ce mot. nous dit Suétone, fut banni
du latin et dénationalisé par ordre du Sénat. Le moyen âge négligea les études étymologiques.
Boger Bacon, cependant, conçut l'idée d'une grammaire comparée. Il voulait que l'explication des formes reposât d'abord sur l'historique des langues. « Brito, dit-il, ose faire venir Ge/ienna du grec gé, terre, et de ennos, profond, quoique Gehenna soit un mot hébreu et ne puisse venir du grec. »
Avec la Renaissance les recherches recommencèrent. Scali^er et Vossius continuent au xvie siècle l'école des étymologistes classiques. Henri Estienne publie la « Précellence du langage français » et la « Conformité du français avec le grec », et le président l'auchetson « Trésor des recherches et antiquités gauloises et françaises»; Pasquier entreprend de déterminer un certain nombre d'étymologies de notre langue ; mais, comme les anciens, tous encore travaillent avec leur imagination plutôt que sur des données réelles et scientifiques.
Gilles Ménage publie, en 1650, son « Dictionnaire étymologique de la langue française », qui eut une très grande vogue et fut réimprimé plusieurs fois. Ménage était un bon esprit, consciencieux et instruit. Son ouvrage, revu et complété en 1750, et qui résume à peu près toute la science étymologique du xviic siècle, contient des matériaux utiles. On y retrouve, par exemple, beaucoup de termes bas-latins tirés des anciens documents de la littérature française; l'histoire d'une foule de mots, depuis les Croisades jusqu'au siècle de Louis XIV, y est retracée d'une façon intéressante. Mais Ménage commet encore de nombreuses erreurs et s'abandonne trop souvent aux hasards de son imagination, comme lorsqu'il rattache jeûne à jeune, sous prétexte que la jeunesse est le matin de la vie et qu'on est à jeun quand on se lève.
Un progrès réel, à cette époque, se manifeste pourtant. Le latin, le grec, l'hébreu sont en honneur. Mais l'esprit de système reparaît de nouveau. La langue hébraïque ayant été déclarée la plus ancienne de toutes, on ne veut plus chercher ailleurs l'origine et l'étymologie des autres idiomes. Bogan, dans son « Homerus hebraïsans » établit que l'hébreu est la clef de l'interprétation du grec d'Homère ; Bochart, dans son Fhaleg et son Chanaan, explique de même les idiomes des anciens par l'hébreu.
D'autres veulent réduire toutes les langues de l'univers à l'ancienne langue celtique, encore parlée en Bretagne. Le P. Pezron, dans ses « Antiquités de la nation et de la langue des Celtes, IGSO », tente de ramener au bas-breton le grec, le latin et l'allemand. Bullet, en 175 i, y ramène toutes les langues, sans exception.
Acesécoles desHéùniïsants et des Celtistes vient s'ajouter, avec le président de Brosses {For/nation mécanique des langues, 17G5) et Court de Gébelin [Monde primitif, 1773-1784), le camp des nali&alistes. « Toutes les langues, disent-ils, exagérant et généralisant un principe exact au fond, sont nées des besoins de l'homme. La parole, et par suite le langage, est un résultat naturel de l'organisation humaine, de l'aptitude, de la prédisposition à parler. De là l'uniformité primitive ues procédés à travers la diversité des idiomes Tout ou presque tout, dans les langues, se ramène à V onomatopée. »
Bien de plus arbitraire et souvent de plus ridicule, dit M. Mazure dans la préface de son Dictionnaire, que les étymologies proposées alors par Court de Gébelin ; rien de plus eirange que les filiations qu'il fait dériver de sa prétendue langue primitive.
Jusqu'à la fin du xvmc siècle, aucun résultat sérieux, utile, n'est encore acquis. Les études
ÉTYMOLOGIE
ÉTYMOLOGIE
étymologiques sont tombées dans un juste discrédit : les écrits que nous venons de citer motivent toutes les critiques et méritent toutes les plaisanteries dont ils ont été l'objet.
« Souvent alors, dit M. Brachet, on tirait l'un de l'autre deux mots d'une forme tout à fait différente, et pour combler l'abîme qui les séparait, on inventait des intermédiaires fictifs. » C'est ainsi que le mot rat était tiré du latin mus. « On avait dû dire d'abord mus, puis muratus, puis ratus, enfin rat. » De même notre mot haricot venait sans plus de difficulté de faba, fève. « On avait dû dire faba, puis fabaricus, puis fabaricotus, aricotus, et enfin haricot. »
Toutes ces divagations justifient le mot d'un plaisant: «Les mots sont comme les cloches; on leur fait dire tout ce qu'on veut, » et cette épigramme du chevalier d'Aceilly n'avait rien d'injuste :
A Ifana vient d'cquus sans doute,
Mais il faut convenir aussi
Qu'en venant de là jusqu'ici
Il a bien changé sur la route, n
Voltaire ne pouvait manquer d'exercer sa verve satirique sur ces chercheurs de mots : « L'étymologie, disait-il, est une science où les voyelles ne sont rien et les consonnes fort peu de chose. »
« Il est évident, écrit-il ailleurs, que les premiers rois de la Chine ont porté les noms des anciens rois d'Egypte, car dans le nom de la famille Yu on peut trouver les caractères qui, arrangés d'une autre façon, forment le mot Menés. Il est donc incontestable que l'empereur Yu prit son nom de Menés, roi d'Egypte, et l'empereur Ki est évidemment le roi Atoës, en changeant if en a et i en toës. »
Malgré les quelques vérités découvertes par les étymologistes que nous avons cités, malgré les travaux consciencieux de Ducange, de Ménage et de Roquefort, l'étymologie n'était donc pas encore une science ; et Guichard, par exemple, pouvait conclure ia possibilité de l'interversion indéfinie des lettres dans un mot, de ce fait que « les Hébreux écrivaient de la droite à la senestre, tandis que les Grecs et autres écrivaient de la senestre à la droite. »
Une méthode sévère a remplacé aujourd'hui le hasard des inspirations et la fantaisie des hypothèses. Des observations laborieuses, l'étude comparative des langues surtout," ont conduit à la détermination de principes certains, de lois fixes et durables, qui président maintenant aux explications et aux recherches étymologiques.
Mais la découverte de ces principes et de ces lois ne remonte guère au-delà du commencement du xixe siècle. Ce n'est même qu'après la publication de la Grammaire des langues romanes par Frédéric Diez, éditée à Bonn eh 1836, que la philologie française s'est transformée, et que l'étude de notre langue est devenue une science véritable.
C'est par la méthode comparative, méthode employée surtout dans les sciences naturelles, que s'est formée la science étymologique actuelle.
« La science, dit M. Brachet, se compose de faits généraux. Savoir, c'est grouper les faits, c'est établir une loi. C'est dégager ce qu'il y a de général dans les données particulières. Pour contraindre ainsi les faits à nous livre, leur sens intime, il faut les rapprocher, les éclairer les uns par les autres, c'est-à-dire les comparer. » La comparaison est donc le principal instrument de la science étymologique ; elle a pour auxiliaires la phonétique et Y histoire.
1. Phonétique. — La phonétique est l'ensemble des lois de transformation qui président au
changement des lettres dans le passage d'une langue à l'autre.
La connaissance exacte des lois de la phonétique, des principes qui président aux permutations des lettres, est le point de départ de toute étymologie.
Une étymologie n'est admissible qu'autant qu'elle rend compte de toutes les lettres du mot qu'elle prétend expliquer, sans en omettre une seule ; toute étymologie qui suppose un changement de lettres doit avoir pour soi au moins un exemple d'un changement bien identique à celui qu'elle suppose.
« L'étymologie scientifique, dit M. Bréal, ne consiste pas à indiquer vaguement l'affinité qui peut exister entre deux termes ; il faut qu'elle retrouve, lettre par lettre, l'histoire de la formation d'un mot en rétablissant tous les intermédiaires par lesquels il a passé. »
Il faudra montrer, par exemple, que Yu de putrere (pourrir) est devenu ou, comme dans ours de ursus, sourd de surdus, tour de turris; que le tr latin (putrere, pourrir) s'est changé en rr comme dans larron de latronem, nourrir de nutiire, nourriture de nutritura; enfin que Ye long de putrere est devenu i en français {pourrir) : témoin tenir de tenere, abolir de abolere, avertir de avertere. « Arrivé à ce point, ajoute M. Brachet, le philologue n'a encore rempli que la moitié de sa tâche ; il a montré que pourrir correspond lettre pour lettre à putrere ; il lui reste à montrer comment ce changement s'est opéré. Nous n'avons ici que les deux anneaux extrêmes de la chaîne ; il faut retrouver les anneaux intermédiaires qui les relient l'un à l'autre. Entre le français et le latin, nous trouvons le bas-latin d'une part, l'ancien français de l'autre. Putrere n'a pas sauté brusquement à pourrir. Les textes latins des temps mérovingiens nous montrent que le mot est devenu putrire, plus tard pudrire, qui nous amène au plus ancien français podrir, auquel succèdent la forme porrir et postérieurement le mot pourrir. On voit ainsi quelles modifications lentes et presque insensibles le mot latin a subies pour devenir le mot français. »
2. Histoire. — Il est bien difficile de décrire les éléments étymologiques du français sans refaire l'histoire de la langue.
Notre langue, l'histoire nous l'explique, est en rapport naturel et direct avec le latin, importé en Gaule par les soldats de César et les colons. Le latin alors absorbe la langue indigène, le celtique. Quatre siècles plus tard, l'invasion des tribus germaines introduit chez nous Vêlement tudesque ; les Croisades au xin* siècle viennent ajouter à notre vocabulaire des mots orientaux; au xvie siècle ce sont des mots italiens et espagnols que les guerres d'Italie et la Ligue nous apportent ; au xvme et au xixe nous empruntons à l'allemand et à Yanglais.
En rapport naturel et direct avec le latin principalement, puis avec le celte et le germain, le français, par cette filiation, se rattache au sanscrit, la langue que parlaient les anciens Hindous, cette mère ou cette sœur aînée du latin et du grec.
Rappelons également les deux voies distinctes par lesquelles s'est formée la dérivation française. La plupart de nos mots sont le produit d'un travail de transformation toute populaire et irréfléchie ; les autres, d'un travail d'imitation savante et raisonnée. Deux grandes couches de mots se trouvent donc superposées chez nous : l'une antérieure au xne siècle, œuvre inconsciente du peuple et formée d'éléments latins, celtes et germains; l'autre postérieure au xne siècle, et formée d'éléments empruntés aux langues modernes et de mots savants empruntés aux langues an-
ETYMOLOGIE
EURE
ciennes. — V. dans la IIe Partie l'article Française (Langue), p. 799.
L'histoire, du reste, n'est pas moins indispensable pour la compréhension du véritable sens des mots: « Le dictionnaire, dit M. Villemajn, qui au mot rival ajoutera pour racine le motlatin rivalis, ne m'apprend rien, s'il ne m'explique comment les laboureurs latins et les jurisconsultes romains appelèrent rivales les deux riverains qui se partageaient et souvent se disputaient un ruisseau (rtvus) pour arroser leurs prés, et comment ce mot a pris de là un sens moral éloigné du terme primitif. Il en est de môme de presque tous les mots. Dire que désirer vient de desiderare, considérer de considerare, admirer de mirari, c'est presque ne rien dire : c'est remplacer un chiffre par un autre chiffre. »
3. Comparaiso?i. — En même temps que le français, quatre autres idiomes se formaient du latin populaire : Yitalien, le provençal, Yespngnol et le portugais. Il est donc naturel de rechercher dans les formes de ces langues romanes, sœurs de la nôtre, la vérification de nos hypothèses sur l'origine et le sens des mots. « L'échelle est complète, par exemple, entre le français nourrir et le latin nulrire, quand on passe par les trois degrés du provençal norrir, du catalan nudrir, de l'italien nutrire. »
A côté des langues romanes, comme éléments de comparaison, se trouvent encore les patois. Les patois, en effet, ne sont pas, comme on l'a cru longtemps, des formes incorrectes du français littéraire corrompu par le peuple et les paysans : ce sont d'anciens dialectes, formés régulièrement sous les diverses influences locales, et que les événements ont fait déchoir ensuite du rang de langues officielles, mais dont l'étude doit naturellement éclairer les recherches des étymologistes. « Moule se rattache facilement à musculus en passant par le patois normand moucle et par le languedocien muscle. On comprend mieux que fresaie et prœsaga soient le même mot quand on voit les formes presaie du patois poitevin, bresague du gascon. »
L'étude de l'étymologie, on le voit, présente donc de réelles et sérieuses difficultés, qui proviennent à la fois de la façon dont notre idiome s'est formé, des modes différents de prononciation en usage dans nos provinces, et des systèmes orthographiques multiples usités jadis et correspondant en général aux variations de la prononciation.
Le latin était une langue à inversions et possédait une grande variété de finales pour marquer les différents rapports des mots entre eux ; nous avons supprimé toutes ces inflexions et modifié considérablement, par suite, la forme primitive de termes identiques au fond. Le mot français souvent ne correspond pas non plus au mot latin de même signification, mais à un autre mot qui en est dérivé. Jour, par exemple, ne correspond pas au mot aftes, mais à l'adjectif diurnus qui en vient et qui a donné d'abord l'italien giorno, d'où le vieux français jor, lequel s'est changé plus tard en jour.
La connaissance des langues anciennes, du latin surtout, les règles de la phonétique, Y histoire et la comparaison, sont donc, on le comprend, d'une nécessité absolue pour aborder avec chance de succès les études étymologiques.
« L'étymologie, dit M. Littré, — et nous terminerons par cette citation, — a toujours excité la curiosité. Il est, on peut le dire, peu d'esprits qui ne s'intéressent à ce genre de recherches; et plus d'une fois ceux qui s'occupent le moins de l'étude des mots ont eu l'occasion d'invoquer une origine à. l'appui d'une idée ou d'une explication. Cet intérêt n'est ni vain ni de mauvais aloi. Pénétrer Ve Partie.
dans l'intimité des mots, c'est pénétrer dans un côté de l'histoire, et de plus en plus l'histoire du passé devient importante pour le présent et pour l'avenir. » [A. Lenient.J
Ouvrages à, consulter : E. Littrè, Histoire de la. formation de la langue française, 2 vol. ; — Brachet, Dictionnaire étymologique de la langue française; — Brachet, Grammaire française fondée sur l'histoire de la langue ; — .M;ii-ty-Laveaux', Grammaire historique; — H. Cocberis, Notions d'étymologie française.
EURE (Département de V). — Superficie : 5 958 kilomètres carrés. Population en 1876 : 373 629 habitants (au lieu de 394 467 en 1866). Le chiffre de la population, dans ce département, va en s' abaissant d'une manière continue : il était, en 1830, de 424 248 habitants. Densité moyenne de la population par kilomètre carré : 63 habitants. Cinq arrondissements, formant autant de circonscriptions d'inspection primaire : Evreux, Louviers, Pont-Audemer, Bernay, les Andelys; 36 cantons; 100 communes.
Population d'âge scolaire. — En 1872, on comptait dans l'Eure 40 476 enfants de 6 à 13 ans (20 443 garçons, 20 033 filles), soit 10,7 enfants d'âge scolaire par 100 habitants.
En 1876, on y comptait 38 498 enfants de 6 à 13 ans (19 141 garçons, 19 357 filles), soit 10,3 enfants d'âge scolaire par 100 habitants.
1 . État de l'instruction primaire avant 1789- — Nous renvoyons à l'article Normandie pour les indications générales relatives à l'état de l'instruction primaire dans les départements normands avant la Révolution.
Nous croyons toutefois que les détails ci-dessous, dont nous devons la communication à l'obligeance de M. Beuzeval, inspecteur primaire, offrent un certain intérêt et peuvent trouver leur place ici : il s'agit de l'histoire des « petites écoles » d'une commune de l'arrondissement de Pont-Audemer, Saint-Etienne-l'AUier, pendant le cours du xvme siècle, d'après des documents authentiques.
Un curé de cette commune, M. Robin, avait légué en 1685 à sa paroisse une rente de 150 livres, sous la condition de l'employer à l'entretien d'une école de filles et d'une école de garçons : l'institutrice devait recevoir un traitement annuel de 100 livres, tandis que le traitement alloué à l'instituteur serait de 50 livres seulement. Il était assez difficile, même à cette époque, de trouver un maître d'école qui voulût se contenter d'un salaire aussi modique; aussi voit-on, de 1697 à 1716, les fonctions d'instituteur exercées par le curé de l'endroit, M. Couvet. Un peu plus tard, on engage un maître et une maîtresse au rabais : Pierre Fontaine, maître d'école, reçoit en 1721 40 livres pour un an ; la maltresse d'école touche la môme année 320 livres pour quatre ans ; le fermage de l'école des garçons est de 10 livres par an, celui de l'école des filles de 12 livres. En 1729, la maîtresse reçoit 90 livres au lieu de 80, « vu la cherté. » En 1731, le niveau des traitements se relève : M. Auny, vicaire, touche 50 livres pour une année de l'école des garçons, et la maîtresse d'école, fille de la Providence, est désormais payée à raison de 100 livres. — En 1 744, une assemblée de la paroisse délibère sur m la nécessité de pourvoir à ce que l'école des garçons et des filles soit tenue exactement par des personnes capables » ; et « vu que les honoraires portés au contrat de feu M. Robin ne sont pas suffisants pour l'entretien du maître et de la maîtresse d'école, les dits sieurs curé, paroissiens et habitants, après en avoir conféré entre eux, ont jugé à propos, pour le plus grand bien et pour l'avantage de ladite paroisse, de réunir les honoraires du maître et de la maîtresse d'école en une seule personne, et ont autorisé le trésorier en charge de payer à
EURE
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celui qui sera choisi pour tenir les écoles la somme de 150 livres par an... et d'autant qu'il convient donner un logement convenable à celui qui sera préposé pour tenir les écoles, lesdits sieurs curé et paroissiens lui ont accordé le lieu dit lieu Cuisine, à ce destiné, avec la cour, le jardin, et tout ce qui en dépend.... à la charge par celui qui sera choisi de tenir exactement les écoles des garçons et des filles, dans des lieux séparés, et de leur apprendre à lire, écrire, et l'arithmétique. » Cette délibération ne fut pas exécutée, et dans les années suivantes on voit encore l'école des filles tenue par une sœur de la Providence. Mais en 1767, la commune s'avise d'un autre moyen pour améliorer la situation de l'instituteur : « Vu la modicité de la fondation faite pour la nourriture et l'entretien d'un maître d'école, est convenu ce qui suit : Nous, paroissiens, promettons, pendant l'espace de trois années, au sieur Cailly, indépendamment des 60 livres, le logement et la cour, portées par la fondation, de lui payer 5 sols par mois pour chacun de nos enfants qui liront à son école, et 10 sols pour ceux qui apprendront à écrire. » Ces conditions sont renouvelées en 1774, lors de l'engagement d'un autre instituteur : les paroissiens promettent de lui payer, « pour chaque mois, 5 sols pour les enfants qui apprendront à lire, 8 sols lire et écrire, et 10 sols lire, écrire et chiffrer. Il aura soin, en plus, de faire sonner l'angelus le matin, à midi et le soir, pendant le courant de l'année. Bien entendu que les pauvres enfants qui seront mis à l'école par M. le curé ne paieront rien en vertu de la fondation. » En 17"6, date à laquelle s'arrêtent nos renseignements, les paroissiens agréent le sieur Pierre-Antoine Bonnet, « pour faire les fonctions de recteur d'école et de clerc du trésor, pour lesquelles ils lui accordent 15 livres par an pour honoraires, et 50 livres, avec cour, jardin et bâtiment de l'école des garçons, ce que ledit Bonnet a accepté avec promesse de s'acquitter de tout scrupuleusement, avec zèle et édification. »
2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — Le département de 1 Eure, comme les départements normands en général, se montra peu disposé à accueillir les principes de la Révolution, et il ne semble pas que les tentatives faites par la Convention pour y organiser les écoles primaires y aient produit des résultats sérieux. Cependant le zèle pour l'éducation populaire n'avait pas fait défaut sur quelques points du département ; témoin, entre autres, la lettre écrite à la Convention, le 20 septembre 1792, par le maire et les officiers municipaux d'une commune rurale, celle de Pitres par le Pont-de-l'Arche. « Vos commissaires, lit- on dans cette pièce, animés de votre esprit, nous ont invités en votre nom à nommer dans notre commune un lecteur public auquel vous feriez passer les divers ouvrages d'instruction si utiles à la classe villageoise, beaucoup trop négligée. Nous avons l'honneur de vous faire passer copie du procès-verbal de son élection. » Ce procès- verbal dit que « sur 41 votants, 40 billets ont été en faveur de M. J.-B. François Malherbe, prêtre, vicaire, et il a été à l'instant proclamé lecteur, ce qu'il a accepté. » Dans les vœux relatifs à l'instruction publique, émis en l'an IX par les Conseils généraux, on voit le Conseil général de l'Eure se plaindre que « les instituteurs des écoles primaires laissent beaucoup à désirer sur le mode d'enseignement. Les écoles particulières, ajoute-t-il, sont plus fréquentées, parce qu'on n'y pratique pas les institutions républicaines. »
Evreux était devenu, en 1796, le siège d'une école centrale qui fut au nombre des meilleures de la France, et qui s'acquit une certaine renommée.
Un pensionnat y était annexé, et, aux termes du règlement, « les élèves du pensionnat de l'Ecole centrale, qui auront remporté des prix, devaient parcourir, pendant les vacances, les endroits du département les plus intéressants par leur situation, par l'antiquité des monuments qu'ils renferment, par les manufactures qui s'y trouvent et par le genre de culture dont on s'occupe en ces endroits. » La relation du premier voyage fait par ces jeunes gens, durant les vacances de l'an VIII, a été publiée en un volume par les soins du Conseil de l'instruction de l'école {Voyage des élèves du pensionnat de l'Ecole centrale de l'Eure dans la partie occidentale du département, pendant les vacances de l'an Vlll, avec des observations, des notes, et plusieurs gravures relatives à l'histoire naturelle, Vagricullure% les arts, etc. Evreux, J.-J.-L. Ancelle, imprimeur, an X ; 1 vol. in- 12 de 179 pages). Les touristes étaient au nombre de dix-sept, accompagnés des directeurs du pensionnat, d'un des professeurs de l'école et d'un membre du jury d'instruction. Deux journées de marche les conduisirent sur le territoire de la commune de Conteville, où ils établirent leur campement au confluent de la Risle et de la Seine : ils avaient emporté une tente, et quelques instruments destinés à des observations scientifiques. Les élèves visitèrent plusieurs établissements industriels, et se firent expliquer les procédés de fabrication; ils recueillirent des minéraux, des plantes, des insectes, des animaux marins, pour le musée de l'école ; ils prirent des notes sur les monuments historiques ; ils dessinèrent des sites, des objets d'histoire naturelle, firent des observations barométriques, etc. Après quinze jours employés à des excursions et à des études de divers genres, ils rentrèrent à Evreux, « animés d'un nouveau zèle et pénétrés de reconnaissance », et munis d'un certificat du maire de Conteville attestant que pendant leur séjour dans cette commune, les élèves de l'Ecole centrale s'étaient conduits « avec honneur et dignité. >• En l'an IX, un second voyage fut accompli dans les mêmes conditions et avec le même succès, mais le récit n'en a pas été publié, croyons-nous.
Nombre des écoles. — Le tableau ci -dessous indique l'accroissement des écoles primaires, depuis la Restauration, premier régime à partir duquel nous possédions des indications statistiques relatives à ce département, jusqu'à nos jours :
Écoles publiques Écoles libres Total
En 1837, sur un total de 719 écoles, on comptait 130 écoles de garçons, 166 écoles de filles, et 423 écoles mixtes. En 1876-77, la proportion était : 218 écoles de garçons, 252 écoles de filles, 328 écoles mixtes. En 1879-1880, les chiffres sont 224 écoles de garçons, 262 écoles de filles, et 332 écoles mixtes.
Sur les 700 communes du département, 529 possédaient (en 18S1) au moins une école primaire; 131 étaient réunies à. d'autres communes ; 40 étaient sans écoles. Il existe 81 communes au-dessus de 500 âmes n'ayant pas d'école publique de filles, savoir 13 dans l'arrondissement des Andelys, 18 dans celui de Bernay, 20 dans celui d'Evreux, K) dans celui de Louviers, 20 dans celui de Pont- Audemer,
EUKE
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Division des écoles publiques et libres en écoles laïgues et écoles congréganistes.
Écoles laïques Écoles congréganistes
garçons mixtes
de filles
de garçons ou mixtes
de filles
Nombre total d'élèves, et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.
Total des élèves Élèves gratuits
Manque
36 loi
1876-77 (année scolaire)..
En 1832, il y avait 688 élèves inscrits sur 10 000 habitants; en 1876, il y en avait 1<)78 sur 10 000 habitants. En 1880, il y en a eu 1116.
Personnel enseignant. — La plupart des instituteurs sont laïques; par contre l'élément congréganiste est dominant parmi les institutrices, comme le fera voir le tableau suivant :
Nombre d'instituteurs et d'institutrices, y compris les adjoints et les adjointes.
Instituteurs
Institutrices
talques congréganistes laïques congréganistes
Maisons d'école et mobilier scolaire. — L'inspecteur d'académie s'exprimait en ces termes, dans son rapport de 1881, au sujet des bâtiments scolaires : « Ce qui a été fait est peu en comparaison de ce qui reste à faire, de ce qui aurait dû être fait. Dans l'arrondissement des Andelys, il y a plus de 40 communes dont les écoles devraient être reconstruites en totalité ou en partie. Sur 205 écoles publiques et salles d'asiles communales que possède l'arrondissement d'Evreux, 84 seulement sont installées d'une façon convenable à tous égards, 121 laissent plus ou moins à désirer. Dans l'arrondissement de Louviers, un grand nombre de communes ont à l'étude des projets qui n'aboutissent pas; 37 locaux scolaires, dans l'arrondissement de Bernay, ne répondent nullement à leur destination. Dans celui de Pont-Audemer, l'état matériel des écoles ne laisse pas moins à, désirer.
» Le matériel d'enseignement, ajoute ce rapport, comprend aujourd'hui dans beaucoup d'écoles du département les objets qu'exige l'emploi des procédés intuitifs, mais presque partout le mobilier proprement dit laisse à désirer : les tables-bancs des élèves sont hors de service ou si mal confectionnés qu'ils peuvent exercer une influence fâcheuse sur la santé des enfants. »
« Les mobiliers scolaires, dit de son côté M. Lescœur, inspecteur général, dans son rapport de 1880, s'améliorent très lentement, et le progrès n'est sensible que dans les centres de quelque im-
portance. Dans les écoles mixtes, on voit disparaître sans regret, et l'on a bien raison, la cloison réglementaire qui séparait les deux sexes. »
Le chiffre des subventions accordées par 1 Etat à diverses communes de l'Eure, pour construction ou réparation de maisons d'école, durant les cinq dernières années, est le suivant :
Nombre des écoles.
Subvenir ru
Enseignement ; méthodes et résultats. — Le rapport de M. l'inspecteur général Lescœur, que noua venons de citer, contient des observations trèa intéressantes sur l'état de l'enseignement primaire dans le département de l'Eure; en signalant les abus et les lacunes, il indique en même tempe les causes et le remède, Nous reproduisons quelques-uns des passages de ce document.
« L'enseignement est peu prospère dans le département de l'Eure. Gela tient-il, comme quelques-uns le prétendent, au caractère même de la population, ou bien à un état particulier du pays, où il n'y a pas de familles nombreuses et où les enfants, très souvent uniques, sont généralement trop choyés par les parents ? Ne faut-il pas plutôt en chercher la cause dans les errements d'une administration qui a pendant trop longtemps négligé l'instruction populaire et subordonné l'intérêt de l'enseignement à des considérations d'un ordre étranger ? Jusqu'ici, il n'y a pas d'organisation pédagogique uniforme dans le département de l'Eure ; les écoles rurales sont en général distribuées en quatre cours, et le cours préparatoire est celui qui compte le plus d'élèves. 11 n'est pas rare que le cours supérieur soit représenté par un seul élève, quelquefois par un aspirant à l'école normale ou au brevet, et les soins qu'on donne à cet élève unique, destiné à faire honneur au maître à un examen ou au jour de l'inspection, nuisent trop souvent à i'ensemble de la classe.
» Il y a peu d'écoles dans l'Eure, même des meilleures, où il ne reste un grand nombre d'enfants inoccupés pendant la majeure partie de la classe. Quand on fait observer aux maîtres qu'ils ne doivent pas négliger ainsi une partie de leurs élèves, ils disent que ces enfants ont lu et liront encore au tableau avec les moniteurs ; ils paraissent croire qu'en dehors de cela, on ne peut rien leur demander que de rester tranquilles; et, de fait, ces enfants passent leur temps assis sur des bancs, les bras croisés; les petites filles, quelquefois, les mains jointes et les yeux fermés.
» Il est bien difficile d'écarter de l'école du village les enfants de l'âge de quatre ans et quelquefois au-dessous; ils viennent en classe avec leur frère ou leur sœur, qui ne viendraient pas euxmêmes à l'école s'il fallait laisser ces enfants à la maison. D'ailleurs, si on ne les prenait pas, surtout dans les pays où la concurrence est ardente, comme à Pont-Audemer par exemple, l'école libre rivale les accaparerait. Ajoutons que souvent l'administration locale le demande et l'exige ; la population prétend qu'on ne paie pas un instituteur pour ne pas s'en servir. On se préoccupe, dans l'Hure comme partout aujourd'hui, de la création d'écoles enfantines. Mais pourra-t-on les Créer? Les communes voudront-elles en faire les frais? Je le souhaite plus que je ne l'espère.
» D'ailleurs, il y a encore bien peu d'écoles dans l'Eure où l'emploi du temps soit réglé convenablement et où le cercle des matières a voir dans une année forme un tout complet. Généralement ou
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apprend dans le livre à la suite, un certain temps ; puis on repasse ; on ira jusqu'où Ton pourra; c'est une sorte de hasard qui décidera si le cours d'histoire, par exemple, sera conduit dans l'année jusqu'à Charlemagne ou jusqu'à la Révolution française Dans certaines écoles, surtout chez les
religieuses, les cahiers d'écriture, toujours sans date, en sont généralement à la troisième ou à lit quatrième page ; on cherche à dissimuler les cahiers des devoirs journaliers, et l'on n'étale que les cahiers au propre. Quand on le peut, on prend le temps de disposer les choses que l'on veut montrer et de faire disparaître ce qui ne doit pas être vu. Chez les frères, on fait attendre à la porte, qui est toujours fermée
» L'enseignement dont j'ai été le moins satisfait, c'est celui de la géographie. Généralement j'ai eu des réponse* qui me prouvaient qu'on ne s'était
pas servi de la carte Parmi les autres matières
que la loi déclare obligatoires, il y a la gymnastique : tout est encore à faire dans l'Eure pour l'organisation de cet enseignement. J'ai même le regret d'avoir à signaler trop peu de communes où le besoin en soit compris, et où il pourrait être opportun d'envoyer des collections d'agrès et d'appareils dont on ne serait pas disposé à faire usage
» J'ai cru bon d'appeler l'attention toute particulière de MM. les inspecteurs primaires sur deux points : la préparation quotidienne de la classe, et l'usage des compositions hebdomadaires. Il n'y a aucun doute que la préparation journalière de l'instituteur est la première condition de tout progrès dans une école Il en est de même de
l'usage des compositions hebdomadaires. Les résultats très satisfaisants que j'ai constatés dans deux départements du ressort académique de Caen m'autorisaient à inviter MM. les inspecteurs de l'Eure à exiger, comme leurs collègues du Calvados et de la Seine-Inférieure, que dans toutes les écoles il y ait pour toutes les divisions, au moins celles du cours moyen et supérieur, une composition chaque semaine, que le maître corrige, annote à l'encre rouge, et conserve toute l'année, pour en présenter la collection, soigneusement datée et classée, à l'inspecteur primaire, à son passage.
» Malgré les nombreuses imperfections que je viens de signaler, j'ai la satisfaction de constater que j'ai été témoin d'un commencement d'activité et d'un véritable réveil dans le département de l'Eure. »
Le certificat d'études primaires a été institué dans l'Eure en 1868. En 1874, 426 élèves se sont présentés, 277 ont été reçus. En 1880 il y a eu 1176 candidats et 657 admis.
Les tableaux ci-dessous donnent les chiffres des conscrits et des conjoints lettrés :
ANNÉES
CONSCRITS
Examinés
Sachant moins lire
au
10 904 il 660 11363 10732
Combien pour 100
BANG du
DEPAR- TE}! KIST
Homme*
ernmei
et
Femmes.
Nombre de conjoints, sur 100, ayant signé leur acte de mariage.
Ecole normale et cours normal . — L'école normale d'Evreux, fondée en 1832, comptait en 1880 46 élèves-maîtres ; l'enseignement y est donné par le directeur, quatre maîtres-adjoints, et cinq professeurs externes. On se plaint que l'exiguïté du local ne permette pas à cet établissement de recevoir un plus grand nombre d'élèves ; il serait désirable, dit l'inspecteur d'académie dans son rapport de 1881, que l'école fut installée dans un bâtiment dont les dimensions fussent suffisantes pour cent vingt élèves environ.
L'Eure ne possède pas encore d'école normale d'institutrices. Elle n'a qu'un cours normal, aux. Andelys, où les élèves-maîtresses ne reçoivent qu'une préparation jugée insuffisante. Un rapport d'inspecti«n générale signale à ce propos un fait caractéristique : c'est que les élèves du cours normal des Andelys vont passer l'examen du brevet à Rouen, dans un département voisin, au lieu de le passer à Evreux, où les juges ont la réputation d'être plus sévères.
Le nombre total des brevets délivrés de 1833à 1880 a été le suivant :
Instituteurs.
1833-1850 373 brevets élémentaires, 21 brevets supérieurs. 1851-1867 318 brevets obligatoires, 5 brevets complets. 1868-1880 338 — — 30 — facultatifs
ou complets.
Institutrices.
1836-1850 13 brevets élémentaires, 74 brevets supérieurs.. 1851-1867 159 brevets obligatoires, 10 brevets complets. 1868-1880 285 — — 28 — facultatifs
ou complets.
Salles d'asile. — L'Eure comptait 5 salles d'asile en 1837, 6 en 1850, 12 en 1863, 13 en 1867 et 31 en 1877. Le nombre des élèves reçus dans les salles d'asile était de 240 en is37, de 618 en 1850, de 1 381 en 1863, de 1 485 en 1867 et de 2 230 en 1877. Le dernier rapport de l'inspecteur d'académie signalait pour 1880 un total de 25 salles d'asile avec 2 452 élèves ; 18 d'entre elles sont des établissements communaux (9 laïques et 9 congréganistes), et 7 sont des établissements libres (1 laïque et 6 congréganistes).
Cours d'adultes. — Nous donnons ci-dessous la statistique des cours d'adultes à partir de 1867 :
Nombre de
Hommes
s cours
Femmes
Nombre de
auditeur!
Femmes
En 1880-81 , le nombre des cours d'adultes hommes était de 390, avec 5 054 élèves, et celui des cours d'adultes femmes de 57, avec 652 élèves. « MM. les inspecteurs primaires, dit le dernier rapport de l'inspecteur d'académie, persistent à croire que les services rendus par ces cours ne sont pas en rapport avec les sacrifices qu'ils exigent de l'Etat et la fatigue qu'ils imposent aux maîtres. On prévoit avec satisfaction le moment où leur suppression sera la conséquence naturelle de l'organi-
EURE-ET-LOIR
sation de l'enseignement primaire à tous ses degrés. »
Institutions auxiliaires. — En 1863, l'Eure comptait 5'» bibliothèques scolaires avec 4 067 volumes ; en 1880 le nombre des bibliothèques s'élevait a. 301, et celui des volumes à 34 654. Il ne restait plus, au 31 décembre 1880, que 9 écoles publiques à pourvoir d'une bibliothèque.
Les bibliothèques pédagogiques étaient, en 1880, au nombre de 35 avec 3 610 volumes.
L'Eure possède depuis 1872 un Bulletin scolaire départemental, qui parait tous les mois, et qui reçoit du Conseil général une subvention annuelle de 300 francs.
En 1878, le nombre des caisses des écoles était •de 20; ce nombre n'a pas augmenté depuis.
La société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 1867, comptait, au 1" janvier 1880, 315 membres, et possédait à •cette date un avoir de fr. 10 873, 48 c.
Le nombre des caisses d'épargne scolaires en 18s0 était de 273, avec 3 038 livrets; le montant des sommes inscrites à ces livrets s'élevait à •fr. 103 524.
Budget de l'instruction primaire. — Nous don- Dons, dans le tableau ci-dessous, le chiffre des •dépenses ordinaires de l'instruction primaire dans l'Eure del8ô5 à 1880 :
1 • Etat de l'Instruction primaire avant 1789. — Pour la période antérieure à la Révolution, V. l'article Orléanais.
2 . Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — Nombre des écoles. — Nous donnons, dans le tableau ci-dessous, l'indication du nombre des écoles primaires, à partir de l'époque à laquelle fut faite la première statistique officielle :
École» publiques Écoles libre» Total
En 1837, sur un total de 507 écoles, on comptait 84 écoles de garçons, 92 écoles de filles et 331 écoles mixtes quant aux sexes. En 187G-77. la proportion était: 175 écoles de garçons, 198 écoles de filles, 231 écoles mixtes. En 1880, les chiffres sont: 184 écoles de garçons, 209 écoles de filles, et 230 écoles mixtes.
Sur les 426 communes du département 392 pos-
sédaient (en 1880) au moins une école primaire 34 étaient réunies à d'autres communes ne
et
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SUBVENTIONS
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A. PiBT.
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l'entretien d'une école. Il existe dans l'Eure-et- Loir 37 communes au-dessus de 500 âmes n'ayant pas d'école publique de filles.
Division des écoles puoliques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.
Écoles laïques
Écoles contrreganistes
de garçons ou mixtes
de filles
de garçons ou mixtes
de filles
Total
Nombre total d'élèves, et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.
EURE-ET-LOllt (Département d'). — Superficie: 5,874 kilomètres carrés. Population en '1876: 283 075 habitants (au lieu de 290 753 en i 1866). Densité moyenne de la population par kilo- ' mètre carré : 48.0 habitants. Quatre arrondissements, formant autant de circonscriptions d'int spection primaire: Chartres, Châteaudun, Dreux, ,Nogent-le-Rotrou ; 24 cantons, 420 communes.
Population d'âge scolaire. — En 1872, on comptait dans l'Eure-et-Loir 34 290 enfants de 6 à 13 ans ;i7 114 garçons, 17 176 filles), soit 12,1 enfants t; d'âge scolaire par 100 habitants.
En 1876, on y comptait 34 059 enfants de 6 à }13 ans (17 207 garçons, M 852 filles), soit 12.0 en- ^ants d'âge scolaire par 100 habitants.
Total des élèves
Elè\es gratuits
Manque.
loi
1876-77 (année scolaire)..
En 1832, il y avait 903 élèves inscrits sur 10 000 habitants; en 1876, il y en avait 1,348 sur 10 000 habitants; en 1880, il y en avait
Persojmel enseignant — Comme d'ordinaire, le personnel laïque domine dans les écoles de garçons, et le personnel congréganiste dans les écoles de filles.
No?nbre d'instituteurs et d'institutrices, y compris les adjoint* et les adjointes.
Instituteurs
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EURE-ET-LOIR
Maisons d'école et mobilier scolaire. — Sur 539 maisons d'école que comptait le 'département dT Eure-et-Loir en 1880, 489 appartenaient aux communes, 29 étaient louées, et 21 étaient prêtées. Une centaine de ces bâtiments étaient rangés dans la catégorie des « non convenables»; 501 maisons d'école étaient pourvues d'un jardin ou d'un champ ; 27 d'entre elles possédaient un gymnase. Une trentaine do maisons d'école étaient en construction en 1880; et d'assez nombreux projets de construction étaient à l'étude, ou soumis à l'autorité supérieure.
Quant au mobilier scolaire, l'inspecteur d'académie constatait dans son dernier rapport que, dans les trois quarts des écoles, il est suffisant et en bon état. Ce matériel se complète peu à peu.
Le chiffre des subventions accordées par l'Etat à diverses communes d'Eure-et-Loir, pour construction ou réparation de maisons d'école, durant les cinq dernières années, est le suivant :
Nombre des écoles.
Subventions de l'Etat.
Total....
Enseignement ; méthodes et résultats. — Le très intéressant rapport de l'inspecteur d'académie, M. Desprez, pour l'année scolaire 1879-1880, j'exprime comme il suit à ce sujet, en ce qui concerne les écoles de garçons :
«. L'application exacte et consciencieuse des programmes d'études adoptés depuis 1878 pour le département d'Eure-et-Loir produit une salutaire émulation dans les classes et fait naître des progrès qui se marquent d'une année à l'autre.
» Les programmes contiennent tous les développements qu'il était utile d'ajouter aux matières obligatoires: l'agriculture, le dessin, l'histoire naturelle, le chant et la gymnastique.
» L'enseignement moral et religieux est donné conformément au règlement...
» Dans beaucoup d'établissements aujourd'hui, la lecture est raisonnée. Des explications simples, précises, sont données non seulement sur le sens des mots et des phrases, mais encore sur l'ensemble du morceau lu, résumé par l'élève, et d'où le maître sait tirer, soit une leçon de morale, soit un précepte utile.
» L'écriture s'améliore. Elle est généralement plus soignée, plus nette et plus lisible. Il y a également progrès sous le rapport de la tenue des cahiers.
» Les maîtres intelligents et consciencieux ne font plus consister l'étude de la langue française dans la récitation de quelques règles incomprises : dès qu'ils commencent à lire, les enfants sont exercés à distinguer les différentes espèces de mots, à en connaître le sens, à bien les orthographier. La règle découle ainsi de l'exemple. On habitue l'élève à réfléchir, on le prépare à la composition, qui ne consiste d'abord qu'à compléter quelques propositions, quelques phrases courtes, et qui finit par la rédaction de lettres se rapportant aux relations ordinaires do la vie., de récits d'événements connus et locaux.
» L'enseignement de l'arithmétique et du système métrique est à peu près donné partout avec succès. Les théories sont courtes et claires ; les problèmes sont multipliés et ne roulent guère que sur des faits usuels.
» Les mesures métriques sont mises sous les yeux des enfants dans un certain nombre d'écoles, Us apprennent à les comparer, à se familiariser
avec leurs usages. 11 serait vivement à désirer que tous nos établissements scolaires fussent pourvus de compendiums métriques.
» L'histoire de France est mieux enseignée que par le passé. Les maîtres, surtout les plus jeunes, s'essaient à faire apprendre l'histoire par son côté sérieux, moral et pratique. Ils s'attachent à développer les grands faits, tout en laissant dans l'ombre les détails secondaires qui diminueraient l'intérêt du récit et en rendraient la marche pesante.
» L'enseignement de la géographie est également en progrès. Le tracé des cartes au tableau noir intéresse les élèves qui deviennent habiles à les tracer en assez peu de temps. Au tracé des cartes, on joint des notions historiques, industrielles et commerciales, qui donnent de la vie à cette branche des études primaires.
» L'horticulture et l'agriculture, comme toutes les autres matières facultatives, ne sont l'objet d'un enseignement régulier et suivi que dans les écoles importantes où, pour les premiers élèves, la pratique est ajoutée aux leçons théoriques. Ailleurs, cet enseignement, purement théorique, est donné au moyen de dictées, de problèmes, de lettres ayant trait à la profession d'agriculteur.
>> Le dessin linéaire, le seul qui, dans les campagnes, puisse rendre de réels services, a été introduit depuis peu dans un grand nombre d'écoles. Cette étude n'a pu produire encore les résultats qu'on doit en attendre.
» Le chant n'est enseigné avec succès que dans quelques écoles. Beaucoup de maîtres ne se sentent pas l'aptitude nécessaire pour l'ajouter aux matières obligatoires.
s> Les instituteurs se sont adonnés résolument à l'enseignement de la gymnastique, en suivant de point en point l'ordre des exercices du manuel envoyé par le ministère. Les plus jeunes maîtres sortis de l'école normale, se rappelant facilement les exercices de l'école, ont réussi à faire faire des progrès sensibles à leurs élèves; les instituteurs plus âgés se sont mis courageusement à cette étude nouvelle pour eux et obtiennent de bons résultats.
i> Dans les écoles de filles, ajoute l'inspecteur d'académie, la situation de l'enseignement est quelque peu inférieure à celle des garçons. Un certain nombre d'institutrices, principalement les cengréganistes, n'ont encore qu'une instruction et une aptitude pédagogique insuffisantes. Les conférences cantonales qu'elles ont commencé à suivre et auxquelles la plupart prennent un véritable intérêt, ne pourront que contribuer à faire disparaître progressivement l'infériorité que nous signalons. »
Le certificat d'études primaires a été introduit dans l'Eure-et-Loir en 1807. En 1872, 300 élèves s'étaient présentés, et 252 avaient obtenu le certificat. En 1880, sur 887 candidats examinés, 488 ont été déclarés admissibles (301 garçons, 187 filles).
Enseignement primaire supérieur. — Il n'existe pas encore dans l'Eure-et-Loir d'école donnant exclusivement l'enseignement primaire supérieur; mais on y comptait, en 1880, 8 écoles possédant une section d'enseignement primaire supérieur : sur ces 8 écoles, 4 sont des écoles publiques et laïques de garçons, 1 est une école libre et laïque de garçons, 2 sont des écoles libres et laïques de filles, et 1 est une école libre et congréganiste de filles.
Depuis ce moment, une école primaire supérieure s'est ouverte dans la petite ville de La Loupe. Des projets sont à l'étude en ce qui concerne les villes d'Illiers, Maintenon, Bonneyal, Auneau, et surtout Chartres, où il est question d'organiser l'enseignement primaire supérieur pour les filles.
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Les tableaux ci-dessous donnent les chiffres des conscrits et des conjoints lettres :
ANNÉES
examinés
:onscrit
Sachant
nu moins lire.
Combien pour 100.
RANG
du
DKPAKTK- MKNT.