PENSIONNATS DE FILLES
Annonay. Sœurs de Paris.
— (40 él.). Religieuses de Notre-Dame.
Aubenas. Sœurs de St-Joseph, puis du St-Sacr.
Tournon. Religieuses de Notre-Dame.
Boulieu (15 él.). Ursulines.
Pour être complet, il est juste d'ajouter que le Vivarais possédait 5 collèges, comptant ensemble avant la Révolution 772 élèves et 60 professeurs.
D'après nos recherches dans les archives des municipalités, le nombre des conjoints n'ayant pu signer leur acte de mariage donne en moyenne durant les vingt années qui ont précédé 1789 une énorme proportion d'illettrés; pour les hommes 65 p. 100, pour les femmes 87 p. 100 (moyenne générale 76 p. 100). Remarquons qu'en 1 832 la moyenne des conscrits illettrés était encore de 64 p. 100.
De 1789 à nos jours. — Nous lisons dans le Rapport de l'administration départementale de l'an VI : « On avait demandé à toutes les administrations municipales de transmettre leurs vues et leurs observations sur la quantité d'écoles dont leurs cantons étaient susceptibles, sur leur emplacement et l'état de situation de celles qui devaient être conservées. Un très petit nombre a répondu à cette invitation. Les préjugés religieux paralysent le zèle des municipalités dans tout ce qui tient aux institutions républicaines; et pendant qu'on se plaint du défaut d'instruction, on se refuse à tous les moyens de la faire prospérer. On s'obstine à ne pas envoyer les enfants chez les instituteurs qui se conforment aux lois : et l'insuffisance de leur salaire produit par le petit nombre d'élèves fait que ces instituteurs se livrent à d'autres occupations pour se ménager une subsistance que l'enseignement no peut leur donner. »
En 1794, les dossiers des archives sont pleins de réclamations des instituteurs contre les municipalités qui n'exécutent pas le décret de l'au II (V. Convention).
Pour recruter le corps enseignant, la Convention avait établi en l'an IV des jurys de l'instruction pu-
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blique composés de trois membres siégeant au cheflieu du district. Ces jurys délivrèrentle diplôme à un assez grand nombre d'anciens instituteurs, «après les avoir fait lire, écrire et chiffrer devant eux » .
Le Rapport de l'administration départementale de l'an XI constate « que l'instruction y est comme nulle», particulièrement depuis la Révolution. «On gémit, y est-il dit, de voir dans les communes les plus considérables l'enfance livrée en général à l'ineptie de maîtres d'école dont la presque totalité n'entend rien aux premiers éléments de la langue française. Aussi n'y est-elle parlée, dans les villes surtout de la partie méridionale du département, que par un petit nombre de personnes qui tiennent àla classe aisée, et dans les campagnes les ministres du culte sont obligés de faire le prône, comme les juges d'interroger les parties et les témoins, dans l'idiome du pays. Cette ignorance de la langue ne nuit pas seulement au succès des institutions nouvelles ; elle paralyse encore tout moyen d'instruction par la dissémination des bons livres et des avis de I autorité. C'est à ces instituteurs que, dans beaucoup de communes, on est forcé de confier la rédaction des actes municipaux. C'est sur eux que repose la civilisation d'une grande partie de l'Ardèche, parce que l'insuffisance des ressources et le besoin de se livrer de bonne heure aux travaux de l'agriculture y réduisent tout enseignement à celui des écoles primaires. C'est donc peu d'avoir prescrit le mode de leur organisation si on ne prend des mesures pour en former les instituteurs. »
On avait déjà proposé l'établissement d'une école normale d'instituteurs à Tournon, l'an VII ; mais elle ne fut fondée que 35 ans plus tard. Les mesures réparatrices prises dans ces premières années furent : la création d'une école centrale (à Tournon, germinal an VII), la réouverture des anciens collèges sous le nom d'écoles secondaires ; la création de plusieurs autres écoles secondaires et de plusieurs pensionnats, la plupart confiés à des congrégations, et qui atteignent leur apogée vers ihOtj pour décliner rapidement jusqu'à la fin de l'empire. En 1811, il ne restait plus que quatre écoles secondaires (Tournon, Annonay, Aubenas et Bourg), qui sont devenues, la première le lycée de Tournon, les trois autres des collèges dirigés par les Basiliens. On peut remarquer que l'enseignement secondaire classique comptait 772 élèves en 1789, tandis qu'en 1875 l'enseignement secondaire public et libre comptait en tout 872 élèves, dont 520 seulement suivaient l'enseignement classique; cette diminution s'explique en partie par l'amélioration des écoles primaires, qui retiennent un nombre croissant d'enfants de la classe moyenne.
Le tableau suivant, dressé d'après les seuls documents officiels que nous ayons pu consulter, indique suffisamment la marche progressive de l'enseignemant primaire depuis 1807:
„ . ,„ PROPORTION NOMBRE NOMBRE i i.
*NNBBS. POPULATION. ^.^ ^^ JJJf*^
Le conseil général du département de l'Ardèche a, à toutes les époques, contribué dans la mesure que lui laissent les faibles ressources du département, à améliorer l'instruction, dont le budget, après avoir été en 1837 de 26 950 fr., 96 et avoir passé en 1857 par 30 930 fr., 54, atteint, en 1877, 77 814 fr., 32.
État actuel de l'instruction primaire. — Si
l'on recherche le rang qu'occupait l'Ardèche parmi les départements d'après le nombre de conscrits illettrés à diverses époques, on remarque qu'il est : En 1832, le 64e avec 64,92 illettrés sur 100 contenu. 1852, 67e — 49,93 —
Donc, si paradoxal que ce fait paraisse, le rang de l'Ardèche recule, bien que le nombre des illettrés diminue : c'est que beaucoup de départements avancent plus rapidement que celui-ci.
La situation économique de l'Ardèche est en grande partie cause de ce phénomène. Aux difficultés naturelles qu'oppose le sol volcanique et accidenté de l'Ardèche, aux obstacles que créent l'insuffisance et le mauvais état des voies de communication, est venu se joindre, depuis quelques années, le dépérissement des deux cultures industrielles qui avaient fait au pays une aisance relative, la sériciculture et la viticulture. Du reste le chiffre de la population, thermomètre ordinairement sûr de la prospérité, est descendu de 388 000 en 1861 à 380 000 en 1872. Le dernier recensement accuse un heureux accroissement (384 378), mais qui n'a pas encore compensé les pertes des dernières années.
Nombre d'établissements. — Le département compte 770 écoles publiques, dont 390 laïques et 380 congréganistes. Pendant que le nombre des élèves des écoles congréganistes est de plus en plus grand depuis 1843, au point d'avoir triplé pour les garçons et presque doublé pour les filles, nous constatons avec surprise que, depuis la même époque, celui des écoles laïques n'a pas sensiblement varié : pendant 35 ans environ il est demeuré stationnaire.
A ces écoles il faut ajouter 41 salles d'asile (il n'y en avait que 5 en 1830), 56 pensionnats (au lieu de 89 en 1870) et IV orphelinats.
Nombre d'élèves. — Le total des élèves inscrits dans toutes les écoles est de 54,614.
Ce nombre se décompose comme suit :
Écoles
laïques
congréganistes..
Garçons. .
Filles....
Garçons. .
Filles
Sur ce total, on compte 42 271 enfants de 6 à 13 ans, soit 78 p. 100 de la population enfantine recensée.
Maisons d'école. — D'après les derniers rapports, sur 754 écoles publiques, le local était jugé bon pour 337, passable pour 234, mauvais pour 183. Ce dernier chiffre peut être commenté par ce mot d'un inspecteur d' académie : « véritables caves privées d'air et de lumière. » Pour le mobilier scolaire, les proportions sont à peu près les mêmes.
Bibliothèques scolaires. — Les bibliothèques populaires, cantonales^ scolaires, etc., laissent encore fort à désirer. On en compte 82, avec 6374 volumes, mais le goût de la lecture est peu répandu, et dans nombre d'ouvrages les feuillets sont encore à couper.
Appréciations pédagogiques. — Il y a généralement une différence de niveau très notable entre les écoles urbaines et les écoles rurales. On ne peut établir une comparaison analogue entre les établissements laïques et ceux des congréganistes. Ces derniers sembleraient l'emporter si l'on prenait pour base les résultats des concours ou des examens du certificat d'études ^introduit en 1872); mais la raison en est facile à comprendre : il n'y a dans l'Ardèche que 85 écoles congréganistes de garçons, situées toutes dans les centres de population les plus importants et disposant d'un personnel relativement nombreux; un soin spécial peut donc y être donné à la préparation des élèves destinés aux examene,
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