‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 46 sur 547 · ARDENNES · texte numérisé non relu

ARDENNES

système qui serait impraticable dans les écoles laïques, où le maître est ordinairement seul. Pour que la comparaison fût équitable, il faudrait étudier de près des écoles laïques et congréganistes placées dans les mômes conditions; mais il n'y a que peu d'années qu'il existe de grandes écoles laïques et seulement dans quatre villes.

Pour les filles, l'instruction laisse plus à désirer que pour les garçons : sur 959 institutrices congréganistes, 53 seulement sont pourvues du brevet et, on l'a vu, plus des trois quarts des filles sont confiées aux congréganistes (Rapport de 1875).

Il est à souhaiter que le département voie bientôt une école normale de filles s'ajouter aux pensionnats protestants et aux noviciats congréganistes qui lui ont été utiles jusqu'ici, mais qui ne peuvent lui donner qu'un nombre insuffisant d'institutrices.

Ecole normale. — Fondée en 1832, l'école normale d'instituteurs de Privas est en voie de développement. En 1877, elle comptait 31 élèves, dont 29 boursiers. Un seul inconvénient persiste, c'est la difficulté du recrutement.

Traitement moyen. — Le traitement moyen est de 900 fr. pour les instituteurs et de 700 pour les institutrices.

Institutions auxiliaires. — Des caisses d'épargne scolaires se sont établies sur différents points du département. Depuis quelques années une initiative aussi intelligente que dévouée à l'instruction populaire a introduit : le certificat d'étude, les conférences pédagogiques (qui sont encore trop rares et qui auraient besoin d'être vivifiées par la rédaction et la discussion de travaux écrits, peutêtre par des récompenses aux meilleurs mémoires), le Bulletin départemental de V instruction primaire, etc.

La Société de secours mutuels des instituteurs laïques est très prospère ; diverses sociétés de bienfaisance, de secours mutuels, de patronage, la plupart ayant un caractère religieux, aident à la diffusion et de l'éducation et de la moralité.

4. Conseils aux maîtres. — Les ressources particulières qu'offre le pays pour l'enseignement de l'histoire et de la géographie locales sont trop nombreuses pour être énumérées ici ; indiquons seulement par une nomenclature écourtée, en les classant par périodes, les ruines et les monuments les plus célèbres, ceux que tout instituteur de la région voudra faire visiter à ses élèves, en les y préparant par des leçons, des récits et des explications à leur portée.

Période de transition. — Elle est noblement représentée par deux remarquables édifices : le vaste vaisseau de l'église de l'ancienne abbaye de Mazan, et l'église paroissiale de Largentière.

Période gothique. — On doit citer le monumental clocher et l'église paroissiale de Chassiers ; le clocher de Quintenas ; l'église et le clocher branlant de Burzet; l'église de Tournon, l'église de Sainte-Claire à Annonay; le chœur de la cathédrale de Viviers.

Période féodale. — Elle nous a laissé les ruines de la Chartreuse de Bonnefoi, celles des châteaux de Peyraud, Quintenas, Tournon, la Tourette, près Vernoux, de Rochebonne, de Châteaubourg, de Crussol, de Cruas, de Boulogne, de Ventadour, de la Croisette de Meyras, de Fourcheyrolles

{très Montpezat, de la Bastide près Burzet, de Rocheraaure, es châteaux plus ou moins bien conservés de Lavoulte, d'Ornano à Aubenas, de Roohecolombe, de Vogué, du Pradel (Villeneuve), d'Aps ; la tour penchée de Soyons, la tour de Montréal, la tour d'Ucel, la tour de Gas (Rochemaure) et beaucoup d'autres souvent accrochées à des rocs escarpés.

Renaissance. — Cette époque nous a peu donné, mais les quelques spécimens que nous citons sont assez bien conservés : plusieurs maisons de Bourg-Saint-Andéol, de Villeneuve, de Chassiers, de Viviers, et parmi ces dernières, le célèbre hôtel d'Albert Noé. Le monument en marbre noir surmonté de deux statues en marbre blanc élevé à la mémoire du duc et de la duchesse d'Ornano serait la plus belle expression de la Renaissance chez nous, mais les deux statues ont été décapitées à l'époque révolutionnaire.

Période celtique et gallo-romaine. — Dolmens à Saintalban-sous-Sampzon, Serre (Grospierres), Ruoms, Thauriers,

Champ-Vermeil, (Bourg) ruines du temple de Diane à Dé> saignes; tombes creusées dans le roc à Verra» J tombes de Soyons, pierres tumulaires et cippes disséminé* sur le littoral du Rnône ; borne milliaire à Cruas ; bas-relief de Mithra (Bourg) ; ruines du temple dédié à la chienne Méra (Meyras) ; piscine romaine à Neyrac; voie romaine et ruines du temple de Jupiter Olympien à Montpezat; ruine* du temple d'Hercule au Châtelet (Andance); ruines du temple de Jupiter; restes du collège des Flamines Augustales (Aps), etc.

Période latine. — Étages du soubassement du clocher de Viviers ; une des deux cryptes souterraines à Cruas, sur lesquelles fut bâtie (fin du xvn« siècle) l'église actuelle.

Période romane. — Plusieurs types bien conservés : l'église souterraine de Cruas, l'église de Bourg (arr. de Privas) ; celle de Champagne (arr. de Tournon) ; celle de Thines (arr. de Largentière). On peut encore citer deux chapelles des pénitents et plusieurs maisons à Chassiers, la façade de l'église de Coucouron, l'ancienne chapelle du château fort dépendant de l'abbaye de Cruas, les églises de Vinezac et de Vesseaux agrandies et mutilées.

Période moderne. — Les monuments de construction iécente sont rares ; mentionnons : l'évêché de Viviers, le* palais de justice de Privas et de Largentière, les églises d'Annonay, du Pouzin, de Lalouvesc, de Lablachère, etc.

Pour la géographie, la confection de cartes à l'appui de chaque leçon et les promenades topographiques sont deux puissants auxiliaires. Les instituteurs pourront dans leur enseignement s'aider de la Géographie de l'Ardèche de Y. Fraitot, le premier ouvrage en ce genre que nous ayons à introduire dans les écoles, ainsi que des cartes départementales et cantonales, de Montrond, Ledoux, Dufour, Dalmas, G. Giraud, etc. — Quant aux promenades topographiques, outre celles que le maître pourra faire le jeudi par exemple avec ses élèves, on a, suivant les localités, maint but de promenade où les enfants peuvent se rendre avec leurs parents et qui donnent lieu tout naturellement à des rédactions très simples, mais aussi profitables comme exercice de composition qu'utiles à la connaissance des lieux. Par exemple, pour toute la région centrale, la chaîne du Coiron est particulièrement recommandable, soit par la hauteur moyenne de ses plateaux, soit par sa situation géographique. De là, l'œil découvre les deux plans inclinés, l'un vers le nord, l'autre vers le midi, qui constituent les deux grandes parties du département. La chaîne des Cévennes et celle des Boutières donnent accès sur le plu teau central, dont elles forment en quelque sorte chez nous la muraille orientale et sur diverses portions du versant rhodanien ; les chaînes de séparation de divers bassins, ainsi que celles de Lyas et de Berg, donnent à un grand nombre de communes des moyens efficaces pour réaliser ce que nous recommandons ici.

Enfin, pour propager les connaissances les plus élémentaires en histoire naturelle, en agriculture et en industrie, le département donnera lieu à des. études locales aussi nombreuses qu'intéressantes. Dans ce pays, les sujets spéciaux de leçons de choses et les objets de visite sont tout indiqués : le ver à soie, la magnanerie, la filerie, etc. ; la houille avec son goudron d'où l'on tire l'aniline, etc. les fours à coke, les usines à gaz, les mines de fer, la fabrication des papiers dont Annonay et Aubenas sont les grands centres, offrent d'inépuisables séries d'observations, de découvertes, de visites et de récits. C'est en animant ainsi l'enseignement scolaire par ces leçons attrayantes et pratiques, qui ont le double charme de l'imprévu et de l'intérêt local, qu'on fera aimer et apprécier l'instruction par les enfants d'abord et, ce qui n'importe pas moins, par les parents. [G. Giraud.]

ARDENNES (Département des). — Superficie, 523 587 hectares ; population, 326 782 hab. ; densité de la population : 61 hab. par kil. carré. — 5 arrondissements, Mézières, Rocroi. Sedan, Rethel, Vouziers ; 31 cantons, 502 communes.

Population a" âge scolaire. — Au lieu de 38 808 enfants de 6 à 13 ans en 1872 (19510 garçons, 19298

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