FERMES-ECOLES
M. Leguay, qu'assistaient trois instituteurs laïques. Depuis 1875, la direction de l'asile a été confiée aux frères des écoles chrétiennes.
FENETRES. — V. Eclairage et Maisons d'école.
FEU LUS (Dom François). — Bénédictin français, né en 1748 à. Castelnaudary. Il professa d'abord les belles-lettres et la philosophie dans divers collèges. Lorsque éclata la Révolution, il en adopta les principes, tout en gardant ses convictions chrétiennes. Au moment où les anciens collèges se fermaient de toutes parts, il ouvrit dans l'ancienne abbaye de Sorèze (Tarn) une école qui acquit promptement une grande réputation. Le ]<> juillet l?9i, il présenta à l'Assemblée constituante un Projet d 'éducation nationale, où l'on retrouve la plupart des aspirations communes aux réformateurs de l'époque, de beaux sentiments, une phraséologie ampoulée, et peu d'idées pratiques. Il mourut en 1812, laissant la direction de l'école de Sorèze à son frère Raymond-Dominique Ferlus ; celui-ci fut obligé de l'abandonner sous la Restauration, à la suite des tracasseries qu'on lui suscita.
FERMES-ECOLES. — La loi du 30 juillet 1875 a réglé comme il suit l'organisation de l'enseignement élémentaire de l'agriculture dans les écoles pratiques d'agriculture et dans les fermes-écoles :
« Art. 1er. L'enseignement élémentaire pratique de l'agriculture sera donné:
1° Dans les fermes-écoles créées en vertu delà loi du 3 octobre 1848, avec les modifications qui y sont apportées par la présente loi;
2° Dans les établissements d'enseignement professionnel agricole qui prendront le nom d'Ecoles pratiques d'agriculture.
2. 11 pourra être établi dans chaque département, ou pour plusieurs départements qui s'entendront à cet effet, une école pratique d'agriculture, instituée sur une exploitation gérée aux risques et périls de l'exploitant.
3. Le choix du domaine sur lequel sera instituée l'école pratique d'agriculture sera fait par le ministre de l'agriculture et du commerce, après avoir pris l'avis du Conseil général ou des Conseils généraux intéressés.
4- Les départements intéressés à la création d'écoles pratiques d'agriculture auront à s'imposerles sacrifices nécessaires à l'installation matérielle de ces établissements.
5. La rétribution de tout le personnel dirigeant et enseignant des écoles pratiques d'agriculture et les frais accessoires de l'enseignement seront exclusivement à la charge de l'Etat.
L'Etat pourra, en outre, intervenir pour tout ou partie des frais d'appropriation des lieux et d'achat de matériel d'enseignement dans les départements dont les ressources sont insuffisantes.
6. Le prix de la pension affectée aux frais de nourriture et d'entretien des élèves sera fixé, pour chaque école, parle ministre de l'agriculture.
L'Etat, les départements et les communes pourront entretenir dans les écoles pratiques d'agriculture des élèves avec des bourses entières ou partielles.
7. Le programme des études sera réglé par le ministre, pour chaque école, suivant la spécialité culturale de la contrée et après avis du comité de surveillance et de perfectionnement institué comme il sera dit ci-après. Il comportera le maniement des armes et des exercices de tir.
Ce programme pourra comprendre l'étude de la pisciculture.
8. Il y aura, pour chaque ferme-école et pour chaque école pratique d'agriculture, un comité de surveillance et de perfectionnement.
Ce comité sera ainsi composé :
l° L'inspecteur général de l'agriculture attaché & la région;
2° Un professeur de sciences attaché à un établissement d'instruction publique du département ou de la circonscription, nommé par le ministre de l'agriculture et du commerce;
3° Trois membres du Conseil général délégués par lui, chaque année;
4* Deux membres nommés par le ministre et choisis parmi les notabilités agricoles du département.
Pour les écoles appartenant à plusieurs départements, le comité comprendra, en outre, un membre désigné par chaque Conseil général et un membre choisi parmi les notabilités agricoles de chacun des départements intéressés.
9. Le comité veillera snr la direction, la discipline et l'enseignement des fermes-écoles et des écoles pratiques d'agriculture.
Il donnera son avis sur le programme des études et les conditions d'admission; les examens d'entrée et de sortie des élèves, la collation des brevets de capacité, et les présentations pour les bourses et fractions de bourse auront lieu avec son concours et sous sa surveillance.
Le comité correspondra directement avec le ministre de l'agriculture et du commerce. Il adressera chaque année, aux Conseils généraux intéressés, un rapport sur la situation de l'école.
10. L'engagement de se vouer pendant dix ans à l'enseignement public, prévu par l'article 79 de la loi du 15 mars 1850, peut être réalisé par les instituteurs brevetés et les professeurs de l'Université dans les fermes-écoles et dans les écolespratiques d'agriculture désignées h l'article 1er de la présente loi.
Pour l'exécution de cette disposition, le ministre de l'agriculture et du commerce se concertera avec celui de l'instruction publique.
1 1 . Le brevet de capacité délivré à la sortie de ces établissements donnera droit, sans autre épreuve, au bénéfice du volontariat d'un an. Un officier de l'armée, mis par le ministre de la guerre à la disposition du ministre de l'agriculture, fera partie de la commission des examens de sortie.
Les élèves qui entreront dans les fermes-écoles après la promulgation de la présente loi ne recevront de pécule ou prime de sortie que s'ils ont obtenu le brevet de capacité. »
D'après l'annuaire du ministère de l'agriculture et du commerce pour 1881, la France possède actuellement 24 fermes-écoles, dont nous donnons ci-dessous la liste :
Départements.
Alpes (Basses-^.
Ariège.
Aude.
t>ouches-du-Rhôue
Charente-Infér.
Cher.
Corrèze.
Creuse.
Dordogne.
Duubs.
Garonne (Haute-).
Gers.
Gironde.
Ille-et-Vilaine.
Isère.
Loire (Haute-).
Lozère.
Nièvre.
Orne.
Sarthe.
Vienne.
Vienne (Haute-).
Vosges.
Arrondissements.
Digne.
Pamiers.
Castelnaudary.
Aix.
La Rochelle.
Saint-Amand.
Ussel.
Aubusson.
Périgueux.
Besançon.
Lectoure.
La Réole.
Rennes.
Grenoble.
Le Puy.
Cahors.
M arvejols.
Château-Chinon.
Domfront.
Saint- Calais.
Civray.
Limoges.
Mirecourt.
Fermes-écoles.
Paillerols.
Royat.
Besplas.
La Montaurone,
Puilboreau.
Laumoy.
Les Plaines.
La Villeneuve.
Lavallade.
La Roche.
Castelnau-les-N'auzes.
La Rivière.
Machorre.
Les Trois Croix.
La Bâtie
Nolhac
Le Montât.
Reeoulettes.
Saint-Michel.
Saint-Gautier.
La t'illetière.
Moutlouis.
Chavaignac.
Beaufroy.
Il faut y ajouter les écoles pratiques d'agriculture, que la loi do 1875 a instituées et qui sont d'un rang supérieur aux fermes-écoles. Ces écoles pratiques sont actuellement au nombre de six,