FOURNITURES SCOLAIRES — 1047 — FOURNITURES SCOLAIRES
prit le nom de fournitures scolaires qu'il porte aujourd'hui, sans doute parce que les instruments de travail qu'il comprend sont fournie le plus souvent soit parle maître à certaines conditions, soit gratuitement par les communes. Ces fournitures sont comme un supplément au mobilier fixe : tables, tableaux, cartes, etc., de telle sorte que l'enfant peut, pour ainsi dire, se présenter à l'école les mains vides. Elles diffèrent du mobilier en ce que celui-ci est d'un usage général, demeure la propriété commune, sert à plusieurs générations, tandis que les menus objets mis à la disposition de chaque enfant sous le nom de fournitures sont sa propriété, sa chose, et qu'il peut dire : mon livre, mon cahier, ma plume, ma règle, etc.
Les fournitures scolaires ont une grande importance au point de vue pédagogique. Elles sont, avons-nous dit déjà, la condition du travail personnel à l'école ; elles sont aussi celle des exercices simultanés, de la marche régulière des classes, en fin de compte du progrès des études. Sans livres, sans cahiers, sans ardoises, etc., quel pourrait être le travail personnel de l'écolier ? Son livre est au moins son répétiteur; c'est au besoin un professeur muet dont on peut condamner l'abus, mais non l'usage. Son cahier borne momentanément l'horizon trop vaste où sa jeune imagination ne tarderait pas à s'égarer; c'est d'ailleurs comme le champ d'expérimentation sur lequel il tourne et retourne sa pensée pour lui donner un corps et une forme avant de la soumettre à son précepteur. De son côté, le maître, grâce aux instruments de travail, peut abandonner de temps en temps ses élèves à eux-mêmes, faire alterner les exercices écrits avec les exercices oraux ; grâce à l'uniformité de ces mêmes instruments, il peut assigner tantôt à toute sa classe, tantôt à un groupe appareillé, une tâche commune et des exercices d'ensemble. Ainsi l'écolier intervient dans sa propre instruction et ses efforts se joignent aux efforts de son maître. Ainsi disparaissent en même temps de l'école la fatigue, la monotonie et les pertes de temps.
Les fournitures scolaires sont donc une nécessité. Pourtant, ce n'est pas sans peine qu'elles se sont introduites en quantité suffisante dans nos écoles. La famille se montrait parcimonieuse, avare à leur endroit et, d'après une opinion qui a longtemps prédominé, elles étaient exclusivement à sa charge. Les lois d'instruction primaire qui se sont succédé jusqu'à nos jours portaient bien « que toute commune était obligée de pourvoir à ce que les enfants indigents reçussent l'instruction ^ gratuitement. » Mais les communes ne voyaient dans cette disposition que l'obligation de tenir la porte de leur école plus ou moins grande ouverte aux enfants pauvres; cela fait, elles se croyaient quittes à leur égard. Elles ne voyaient pas ou affectaient de ne pas voir que si l'instruction de ces enfants était une fin, la fourniture de l'outillage scolaire était un moyen ; que, logiquement, la première obligation entraînait la seconde. Du reste, l'ancien Conseil royal pensait à peu près comme elles à cet égard. Cela paraît résulter du moins de cet avis du 3 octobre 1834: « Le Conseil, consulté sur la question de savoir si l'admission gratuite dans une école primaire communale dispense les parents de fournir les crayons, ardoises, plumes, livres, etc., dont la dépense est évaluée à 40 centimes par mois ; considérant qu'on ne saurait laisser cette dépense à la charge des instituteurs communaux, sans les priver d'une pattie considérable des avantages que la loi a voulu leur assurer; est d'avis, qu'à l'exception des livres qui peuvent être fournis gratuitement aux indigents, il y a lieu de laisser à la charge des parents la fourniture des autres objets, tels que crayon, papier, plumes, ardoises, etc. »
pie, pour balancer une vingtaine de berceaux mus a la mécanique, un seul enfant pourra faire le service, quand chez nous il faudrait occuper vingt femmes. Les bonnes se relaieront et se reposeront souvent. Elles se porteront vers les groupes auxquels les assortissent leurs caractères, et elles y seront stimulées à expérimenter ou inventer en rivalité divers systèmes de perfectionnement. Enfin elles seront encouragées par de forts dividendes, de grands honneurs, les compliments des mères, etc.
Quelques essais entrepris dans le sens phalanstérien ont été te ntés de nos jours.
A F>y (Seine-Inférieure), le docteur Jouanne a fondé une maison rurale sous le patronage d'une associai ion qui s'intitule « la Solidarité universelle, œuvre de colonies sociétaires, agricoles et industrielles. » Cette société prétend assurer aux enfants une instruction professionnelle en rapport avec les progrès des sciences et de l'industrie. Une première colonie avec écoles, ateliers, cultures et jardins d'apprentissage reçoit, moyennant une modique pension, les enfants de cinq à douze ans. Un orphelinat est adjoint à cette institution purement laïque.
Le familistère * de Guise (Aisne), sous la direction de M. Godin-Lemaire, donne également à tous les enfants élevés dans l'enceinte de cette intéressante institution philanthropique et industrielle une éducation dans laquelle sont appliqués en partie les principes de Fourier.
Enfin en ce moment une société des Orphelinats agricoles d'Algérie est en voie de formation. Le premier établissement créé par elle est situé à Saint-Denis du Sig. Les fouriéristes, qui en sont les principaux fondateurs, ont l'espérance d'y voir expérimenter avec succès les théories du maître sur l'éducation. [Jules Giraud.]
FOURNITURES SCOLAIRES. — Le soldat a la provision d'armes et d'ustensiles nécessaires à sa vie quotidienne et à l'exercice de son métier ; c'est son fourniment. L'écolier a un outillage sans lequel il ne pourrait se livrer au travail personnel, à la pratique solitaire et réfléchie des enseignements que son maître lui donne de vive voix. Cet outillage a reçu le nom de fournitures scolaires. Il comprend : les livres de lecture ou didactique», le ou les cahiers, les plumes, la règle, le crayon, l'encrier, l'ardoise, l'atlas, les instruments de dessin, etc. ; pour la jeune fille, il comprend de plus le fil, les aiguilles, le dé, les ciseaux, l'étoffe qui servira à l'apprentissage de la couture. Dans l'origine, il a du être très rudimentaire. Chez les anciens, il ne consistait probablement qu'en un style et une tablette enduite de cire. Dans le moyen âge, la tablette se transforma, au moins pour l'étudiant parisien, en quelques feuilles de parchemin achetées à grands frais à la foire du Landit. Chez nous, il y a quelque cinquante ans, il se réduisait encore à sa plus simpleexpression ; un livre unique, un seul cahier, une plume d'oie, quelquefois un encrier, le constituaient tout entier. Riche qui possédait en propre un crayon et une règle ; un canif et un grattoir étaient des objets précieux qui ne sortaient que par fraude de la famille; un compas, un étui de mathématiques, un dictionnaire portatif étaient des objets de luxe, rares dans les villes, absolument inconnus dans les campagnes. De quoi s'agissait-il en effet pour le jeune paysan d'alors ? D apprendre à lire, ensuite à écrire, ensuite à se tirer tellement quellement des quatre règles; le reste était considéré comme du superflu.
Mais, peu à peu, les programmes de l'instruction primaire s'étendirent ; l'aisance vint et, comme les vêtements, comme la nourriture, l'outillage de l'écolier s'améliora ; il se compléta suivant la nomenclature que nous avons donnée plus haut et