NOMBRE D ELEVES
d'écoles
écoles
publiques.
libres.
Garçons. Filles.
État actuel de l'instruction primaire. — Le département des Ardennes appartient depuis plusieurs années à ce qu'on peut appeler au point de vue scolaire la région de l'Est ; nous voulons dire que le niveau de l'instruction y est ou absolument ou à peu près aussi élevé que dans la Lorraine, l'Alsace et la Franche-Comté. Outre que la population y est intelligente et industrieuse, elle y est généralement agglomérée, ce qui facilite l'établissement et la fréquentation des écoles. La plupart des communes, surtout dans la partie nord, ont eu de bonne heure quelques revenus qui ont aidé à l'organisation des écoles.
Situation des communes. — En 1833, M. Guizot signalait 236 communes qui n'avaient pas de moyens d'instruction suffisants. Aujourd'hui, chaque commune, chaque section même possède sa maison d'école. Non seulement la loi de 1850 est rigoureusement appliquée (puisque la seule commune qui n'ait pas d'écoles, le Mont-Dieu, ne compte que 57 habitants dans des fermes éparses), mais les prescriptions mêmes de la loi du 10 avril 1867 sont également observées ; et près de 40 communes d'une population inférieure à 500 âmes ont établi sans y être tenues des écoles spéciales de filles.
Nombre et natu-e des écoles. — Le département en 1875 avait 802 écoles, soit une école pa~ 400 habitants et par 6 kilomètres et demi de superficie.
Les établissements scolaires se répartissent comme suit : 764 écoles publiques ; 38 écoles libres, dont 31 sont des écoles déjeunes filles, la plupart des pensionnats. On voit donc que l'enseignement des garçons est presque en entier confié aux écoles communales.
On remarquera la forte proportion des écoles mixtes (327 sur 764) ; c'est que le département n'a pas en tout 200 communes ayant plus de 500 h. et à peine 80 d'une population de 4 à 500 ; toutes les autres n'auraient évidemment pas assez d'enfants pour occuper un maître et une maîtresse. Cependant il faut convenir que plusieurs de ces écoles comptent encore un trop grand nombre d'élèves pour un seul maître : quelques-unes en ont plus de cent.
Près des sept huitièmes des écoles sont tenues par des laïques (690 sur 800). Les congréganistes n'ont que 11 écoles publiques de garçons sur 86 écoles publiques et 1 école mixte de filles sur 244. Parmi les écoles libres de filles, 14 sont dirigées par des laïques, 17 par des congréganistes.
Gratuité. — Une centaine d'écoles environ, sur près de 800, sont entièrement gratuites. Dans les autres, la gratuité est accordée au quart des élèves environ.
Salles d'asiles. — Le département compte 47 salles d'asile, dont 44 publiques. Pour en tenir lieu jusqu'à un certain point dans les communes qui en sont encore dépourvues, l'inspecteur d' académie, M. Carré, qui est en même temps l'un de nos pédagogues les plus distingués, a conseillé la création de ce qu'il a nommé la « petite classe mixte », intermédiaire ingénieux entre la salle d'asile et l'école. « Elle emprunte, dit-il, à la première ses méthodes, ses leçons courtes, variées, entremêlées de marches et de chants, ses récréations plus fréquentes et plus longues ; à la seconde son programme dans ce qu'il a de plus élémentaire pour la lecture, l'écriture, le dessin, le calcul et surtout l'enseignement par l'aspect à l'aide d'images et de cartes. »
Ces petites classes, dont une douzaine étaient organisées en 1876, sont surtout précieuses pour décharger les classes élémentaires trop nombreuses.
Installation matérielle. — On estime encore à près de 80 les maisons d'école qui doivent être considérées comme défectueuses scit pour la classe, soit pour le logement des maîtres. Mais le budget de ces dernières années fait une part très large aux constructions et aux réparations de locaux scolaires. En 1875, l'Etat donnait 37 000 fr., le département 13 000 et les communes près de 500 000 fr. pour cet objet : sacrifice considérable, comme le dit l'inspecteur, quand on songe aux lourds impôts que la guerre a mis à leur charge.
Nombre et répartition des élèves. — Environ 50 000 enfants formaient dans les dernières années l'effectif scolaire (dont environ 2500 dans les écoles libres). D'après une statistique spéciale que M. Carré croit approximativement exacte, il n'y aurait eu à la fin de 1875 que 1730 enfants de 7 à 13 ans non inscrits à l'école et 845 enfants d'âge scolaire employés dans les ateliers et les usines.
Mais la fréquentation reste fort au-dessous de l'inscription : on l'évalue à une moyenne de huit mois et quart. Mais ce chiffre même est exagéré, parce qu'on y fait entrer les enfants âgés de moins de 7 et même de moins de 6 ans. C'est surtout dans les arrondissements agricoles de Rethel et de Vouziers que la fréquentation laisse à désirer pendant l'été.
Personnel enseignant. — Le département compte :
Instituteurs titulaires.... 527 dont 11 congrég.
— adjoints 109 — 42 —
Institutrices titulaires.. .. 2i3 — 86 —
— adjointes 175 — 154 —
On remarquera la forte proportion des adjoints et adjointes chez les congréganistes par rapport aux titulaires; ils ont 2 adjoints pour un titulaire, tandis que chez les laïques c'est presque 3 titulaires pour un adjoint.
Des 109 instituteurs adjoints, 36 congréganistes sur 42 et 11 laïques sur 67 ne sont pas munis de brevet. Pour les institutrices, la différence est
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encore plus marquée : tandis que toutes les laïques directrices ou adjointes sont pourvues du brevet, 10 titulaires congréganistes sur 86 et 6 adjointes seulement sur 1 54 possèdent ce titre : aussi comprend-on la conclusion de l'inspecteur à qui nous empruntons les chiffres : « Il serait désirable que tous les maîtres et maîtresses chargés d'enseigner fussent pourvus du diplôme. »
Traitements. — En attendant que la loi du 19 juillet 1875 ait son plein effet, tous les traitements minima ont été élevés; 90 communes font volontairement à l'instituteur et à l'institutrice un traitement supérieur à celui que la loi garantit.
Organisation pédagogique. — Une des plus importantes réformes dues à M. l'inspecteur Carré est l'établissement d'une organisation pédagogique uniformément applicable à tout le département et qui comprend quatre catégories :
1° Cours préparatoire : élèves qui apprennent à lire et à écrire (ils ont en général de 4 à 7 ans) ;
2° Cours élémentaire : élèves qui lisent couramment, peuvent déjà écrire sous la dictée et résoudre des problèmes faciles sur les quatre règles (ils ont en général de 7 à 9 ou 10 ans; ;
3° Cours intermédiaire : élèves qui reçoivent une véritable instruction primaire, bornée pourtant aux connaissances pratiques et usuelles (ils ont en général de 10 à 12 ans);
4° Cours supérieur : élèves plus avancés, se destinant, la plupart, à des études ultérieures.
D'après les relevés que l'inspecteur a fait faire, ces quatre cours comprenaient en 1875:
Le cours préparatoire.. 15 800 élèves ou 40% de
la population scol.
Le cours élémentaire.. 13 750 — 36
Le cours intermédiaire. 8 100 — 21
Le cours supérieur 1300 — 3
Dans ce dernier cours, il y a trois fois plus de garçons que de filles.
Degré d'instruction des élèves sortants. — Une autre statistique très importante qui a été faite dans les Ardennes et qui devrait l'être partout, donne les résultats suivants. Sur 5300 élèves qui ont quitté l'école à la fin de 1875 (en nombre rond), 600 n'avaient pas dépassé le cours préparatoire, c'est-à-dire ne devaient savoir lire et écrire que très imparfaitement, 1700 sortaient du cours élémentaire, 2500 du cours intermédiaire, 500 du cours supérieur. Si telle est la réalité dans un de nos départements éclairés, on voit quelle doit être la situation dans les autres.
Pour plus de précision et avec une rigueur de recherche qui fait honneur à l'administration académique, on a relevé, au 1er janvier 1876, le nombre d'élèves ayant accompli leur douzième année et encore présents à l'école, et l'on a constaté que sur 4974 enfants de cet âge :
126, soit 2 1/2 p. 100, étaient complètement illettrés ;
413, soit 8 p. 100, pouvaient répondre sur les
matières du cours préparatoire ; 1723, soit 35 p. 100, sur celles du cours élémentaire ; 2394, soit 48 p. 100, sur celles du cours intermédiaire ;
318, soit 6 1/2 p. 100, sur celles du cours supérieur.
Soit 10 p. 100 des élèves ne sachant pas ou sachant à peine lire et écrire à la veille de leur sortie de l'école et près de la moitié n'ayant que le plus strict minimum d'instruction élémentaire.
Certificat d'études. — Il existe dans ce département deux degrés du certificat d'études : l'un délivré à tout élève âgé d'au moins onze ans capable de répondre sur les matières du cours intermé- 1 diaire (il en a été délivré 583 aux garçons, 424 aux |
filles en 1875); l'autre, supérieur, est destiné aux élèves de plus de douze ans (165 garçons, 83 filles).
Institutions auxiliaires. — Il existe une Caisse des Ecoles dans 114 communes ; une Caisse d épargne scolaire dans 92. Toutes les communes du département ont au moins une Bibliothèque scolaire, et la plupart de ces bibliothèques renferment, outre les livres de lecture, à prêter aux familles, un certain nombre de livres d'étude, destinés à être mis entre les mains des élèves pour les leçons de la classe.
Le département possède deux bons journaux pédagogiques, le Moniteur scolaire des Ardennes et le Bulletin départemental de l'instruction primaire (fondé le 1er octobre 1873). Ce dernier est en quelque sorte le commentaire raisonné et l'explication pratique des programmes arrêtés par l'inspecteur d'académie. Tous deux ont rendu les meilleurs services et contribué à soutenir l'impulsion vigoureuse imprimée depuis quelques années à l'instruction primaire.
Conscrits et conjoints illettrés. — Le nombre de conjoints qui n'ont pas signé leur acte de mariage a été en 1875, sur 2567 mariages, de 68 hommes et de 123 femmes, soit une moyenne d'illettrés de 2 1/2 p. 100 pour les hommes et de près de 5 p. 100 pour les femmes. Elle était enlH60 de 8 p. 100 pour les hommes et de 15 p. 100 pour les femmes.
La moyenne des conscrits sachant au moins lire a suivi une marche ascensionnelle, qu'il est intéressant de constater en suivant, depuis 1 827, les chiffres par période quinquennale : elle s'est élevée de 729 (pour 1827-31) à 811, 825, «38, 834, 876, 888, 914; elle a été enfin (pour 1867-1873) de 9â2 sur 1000.
ARDOISES. — Les débuts de l'écriture, tous les maîtres le savent, sont laborieux. Jusqu'à ce que l'attention soit fixée, que l'œil ait appris à voir et la main à tracer, combien de pages, combien de cahiers disparaissent couverts d'affreux griffonnages et plus remplis de taches d'encre que de lignes d'écriture! C'est probablement l'intention de diminuer le plus possible ce gaspillage et cette dépense, — à une époque surtout où les écoles primaires étaient à la lettre les écoles des pauvres, — qui a fait songer à l'emploi des ardoises. On attribue à Pestalozzi * l'introduction de cette innovation économique.
Les premiers directeurs des écoles mutuelles avaient encore recours, comme les anciens, aux caractères tracés sur des carrés de sable fin. Plus tard sont venues les ardoises, les ardoises naturelles bien entendu, en petites plaques choisies parmi les couches les plus régulières, à surface lisse, taillées régulièrement et aplanies sur les bords; un crayon aussi en ardoise permettait d'y marquer des traces suffisamment visibles.
Cette ardoise primitive a été rapidement perfectionnée; les uns ont imaginé de la fixer sur les tables de classe en l'incrustant à fleur de bois, les autres de l'enchâsser dans un petit cadre de bois qui la rendît plus portative et moins fragile ; d'autres lui ont donné plus de poli, d'autres ont amélioré le crayon ; quelques-uns ont essayé d'y tracer à l'avance une règlure en creux devant servir à guider la main de l'enfant et à faire prendre à son écriture la hauteur ou la pente voulue. Malgré tout, l'ardoise, considérée d'abord comme un progrès, passa bientôt pour un expédient. On la trouvait économique sans doute, mais lourde, froide, fragile, dure à la main du petit enfant. Les professeurs d'écriture lui reprochaient de rendre l'écriture raide et sèche en ne permettant pas de former les pleins et les déliés, en forçant l'élève à appuyer, à peser sur le crayon. Ce crayon, à la fois très dur et très cassant, devenait bientôt un fragment sur lequel les doigts se crispaient. Essayaiton de l'adopter au porte-crayon traditionnel à viro-
ARDOISES
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les en cuivre, c'était une nouvelle cause de dépense et d'embarras.
Il n'en fallait pas davantage pour faire tomber l'ardoise dans le discrédit. D'ailleurs les procédés de l'enseignement simultané, se substituant à ceux du mode mutuel, diminuaient l'utilité des ardoises dans la plupart des classes, sauf la plus élémentaire : le tableau noir et les cahiers en tenaient lieu avec avantage.
Cependant une expérience plus longue a fait revenir bon nombre d'esprits sur ce jugement sommaire. Le papier a bien aussi ses inconvénients. Il est cher et s'use vite, il se salit plus vite encore ; acheté au poids, il est presque toujours de mauvaise qualité ; d'ailleurs il exige une table et tout un attirail : encrier, plume, règle, crayon, sans compter l'habitude de se servir d'un outillage aussi compliqué, habitude qui ne s'acquiert qu'après des mésaventures sans nombre. L'ardoise, une fois acquise, dure indéfiniment. L'enfant de la salle d'asile la tient facilement sur ses genoux; s'il barbouille, et il faut barbouiller longtemps avant d'écrire, du moins il ne revient pas à la maison les mains et les habits couverts d'encre. L'écolier la trouve promptement dans sa case, la joint sans peine à son bagage et la porte avec lui comme les anciens faisaient de leurs tablettes. Elle se prête à des exercices de toute sorte et de tous les instants. Elle double l'utilité du tableau noir, en permettant mille manières d'en faire suivre, répéter, varier tous les exercices par les élèves réunis ou isolés, assis ou debout.
C'est pour ces motifs, non plus économiques, mais essentiellement pédagogiques, que dans plusieurs pays, qui ne sont pas les derniers au point de vue de l'instruction populaire, l'usage des ardoises, au lieu de se restreindre, s'est généralisé. En Angleterre notamment, et aux Etats-Unis on n'a pas réservé, comme chez nous, les ardoises aux commençants. « On s'en sert, dit M. Rapet, dans les classes avancées aussi bien que dans les classes élémentaires, et pour toutes sortes d'exercices auxquels nous n'avons pas songé jusqu'ici. Ainsi, l'ardoise y remplace presque entièrement le papier : dictées, exercices de grammaire et d'arithmétique, de géographie et d'histoire, rédactions et compositions même, presque tout se fait sur l'ardoise. On n'emploie le papier que pour la calligraphie et quelques travaux dont on veut conserver la trace. En outre, lorsque les élèves quittent leur place pour aller assister à une leçon, ils emportent toujours avec eux leur ardoise, afin de suivre, le crayon à la main, toutes les parties de la leçon et tous les exercices qui s'y font. » Ajoutons que, comme il est bien naturel, à force de se servir de l'ardoise, les élèves anglais et américains arrivent à en tirer parti d'une façon merveilleuse et que les nôtres ne peuvent pas même soupçonner; ils acquièrent à cette manœuvre une dextérité, une rapidité qui n'empêche pas l'écriture d'être correcte, nette, élégante même.
L'ardoise ainsi maniée est le seul a cahier de brouillons » qu'ils connaissent. Il est vrai de dire que les ardoises employées à cet usage sont d'excellente qualité, munies de petits encadrements en bois verni, souvent aussi de petits tampons de caoutchouc pour éviter le bruit; les cadres euxmêmes sont chargés d'inscriptions qui servent de mémento à l'élève : on y voit, suivant la classe, ou un alphabet ou des modèles de calligraphie, ou de petites figures de géométrie ou des formules de mathématiques usuelles ou un petit calendrier. (Voir à ce sujet les détails donnés par M. Berger dans son Rapport sur l'instruction primaire à l'Exposition de Philadelphie.)
En France, on n'a pris parti jusqu'ici ni pour la proscription absolue des ardoises ni pour leur emploi universel. On s'est surtout préoccupé, de-
puis quelques années, de transformer l'ardoise ou plutôt d'y substituer une surface ardoisée, une ardoise factice. Et le problème semble être à peu près résolu. On a le choix entre différents systèmes d'ardoises factices : l'une est une tranche de carton recouverte d'un enduit ardoisé, l'autre une planchette noircie, une autre une plaque de tôle émaillée. Le crayon n'a pas été moins perfectionné : le rude crayon d'ardoise ou de talc est remplacé par un crayon de pâte) tendre qui n'alourdit pas la main et qui est monté dans un porte- crayon ayant la forme ordinaire du porte-plume.
En 1874, M. Gréard, directeur de l'enseignement primaire de la Seine, a fait faire une enquête et une série d'expériences dans les écoles sur les différentes variétés d'ardoises et sur leur mode d'emploi. M. de Montmahou, inspecteur primaire, que sa compétence spéciale désignait à cet effet, centralisa les renseignements et en fit l'objet d'un rapport développé (juin 1875). Il conclut en recommandant l'emploi de l'ardoise non-seulement dans le cours élémentaire, mais dans toutes les classes. La presque totalité des personnes chargées de l'expérimentation qui vient de se faire estiment, dit-il, que, dans les classos supérieures il est avantageux à tous les points de vue de se servir des ardoises pour toute une catégorie d'exercices qui se font sous l'œil du maître comme complément de l'enseignement oral, exercices qui animent et vivifient la classe par leur caractère d'improvisation : « Rien de plus expéditif pour un exercice de calcul, un tracé géométrique ou géographique, un résumé orthographique ou historique. »
On préfère généralement à tous les autres systèmes d'ardoises factices celle de carton, telle que la confectionne un fabricant spécial, M. Suzanne. Les Autrichiens, notamment la maison Ignaz Fuchs, en fabriquent d'analogues sur carton mince et ils en font même des cahiers. Les conditions à remplir sont : que le carton soit assez épais et résistant, tout en ayant une certaine souplesse: aue les tranches ne s'effeuillent pas et que les angles ne se détériorent pas trop vite; que le revêtement (formé, dit M. de Montmahou, d'une matière siliceuse à l'état pulvérulent dont l'adhérence est obtenue au moyen d'un mélange d'huile et de litharge) prenne la trace du crayon, mais ne la garde pas; que l'enduit enfin soit susceptible d'une certaine durée sans se ternir, s'écailler ni se graisser.
Les prix des diverses ardoises factices expérimentées en 1874-1875 (dimensions environ 16 à 17 centim. sur 22 ou 23) étaient alors fixés comme suit :
Ardoise de Vienne (système Hardmuth),
noire des deux côtés, le cent 25 fr. »
— réglée d'un côté, quadrillée de
l'autre 27 fr. 50
Ardoise Suzanne (Paris), noire des deux côtés 16 fr. 80
— noire d'un côté, quadrillée, pointillée
ou réglée de l'autre 20 fr. »
réglée d'un côté et quadrillée de
l'autre , 23 fr. »
Ardoise Charroy (Paris), carton, noire
des deux côtés 22 fr. »
Pour le crayon, — qu'il suffit de placer dans ce petit porte-crayon dit américain qu'on vend depuis quelque temps dans tous les bazars, — il est incontestable que le crayon à pâte tendre, qu'on appelle crayon d'Allemagne à cause de sa provenance, est supérieur à la mine d'ardoise enchâssée dans du bois : parfaitement calibré, facile à tailler ou se taillant par l'usure même, le crayon tendre, analogue au savon des tailleurs, dépasse à peine le prix de 6 francs le mille, tandis que le crayon d'ardoise atteint celui de 32 francs, soit 24 en supposant une remise du tiers.