HORTICULTURE
de créer et de développer l'honneur. A y regarder de près, tout se réduit à ces deux points essentiels : laisser à l'enfant la plus grande liberté possible — le respecter entièrement.
Sans liberté, point de responsabilité ; or, là où la responsabilité fait défaut, l'honneur n'a point de place. La première condition pour attacher quelque prix a soi-même et à ce que l'on vaut, c'est de se sentir son maître et d'ôtre responsable de soi. Si vous enfermez l'enfant, comme il n'est que trop fréquent, dans un cadre étroit et rigide, d'où il ne saurait sortir, si chacune de ses actions est réglementée, chacun de ses pas marqué d'avance, chaque désobéissance réprimée, s'il n'est point enfin, en quelque mesure, son propre maître, soyez assuré que vous étouffez en lui le germe même de la dignité; sous prétexte de discipline stricte, vous tuez l'honneur. Laissez donc à son initiative une marge suffisante; tout en le surveillant, en le dirigeant, en lui posant au besoin des bornes, livrez-le à lui-même. Loin de le tenir en défiance perpétuelle, donnez-lui, au contraire, quelque tâche de confiance, imposez-lui quelque responsabilité mesurée à son âge et à son tempérament, livrez-lui quelquefois le soin de surveiller ou d'instruire des camarades plus jeunes : vous aurez chance alors de le voir faire appel à ses propres forces, puis en prendre conscience, enfin en avoir la fierté. De l'exercice de sa liberté naîtra le sentiment de sa dignité.
Nous songeons, en écrivant ces lignes, à l'é' norme différence qui sépare, sur ces points vitaux, notre pratique pédagogique de la pratique anglaise ; nous pensons avec jalousie à ces petits Anglais, dressés dès le jeune âge à l'indépendance et à l'exercice de leurs droits futurs, jouissant dans les internats d'une somme de liberté que nous jugerions inouïe, à peine surveillés dans leurs études, jamais dans leur jeux, enfin toujours envisagés par leurs maîtres comme de petits hommes, dont la conscience est déjà respectable et qui doivent être assujettis à eux-mêmes plutôt qu'à une discipline. Une telle méthode a ses périls. Elle a surtout ses difficultés ; elle exige du maître un genre d'activité que notre confortable discipline lui épargne aisément. Mais combien elle est plus « éducatrice » ! Combien elle est plus propre à créer les grandes qualités morales, et en particulier l'honneur I
Notez que la liberté porte les mêmes fruits en ce qui est de l'instruction proprement dite. Comment l'enfant apprendra-il à se respecter dans son propre ouvrage, s'il reste passif, si vous ne faites point de lui votre collaborateur? Ici encore le seul moyen de le voir, suivant l'expression banale, se piquer d'honneur, c'est de faire que son travail soit le plus personnel possible, de le solliciter à l'originalité, c'est-à-dire à la liberté, bien loin de prétendre l'écraser sous le poids de la routine.
Si l'enfant a besoin d'être libre pour apprendre le respect de lui-même, il est plus nécessaire encore qu'il se sente respecté. Ceci, nous semblct-il, est de première évidence et se passe de commentaire. Voulez vous que l'enfant ait la religion de sa parole ? N'en doutez jamais légèrement ; tenez-la, jusqu'à preuve du contraire, pour l'exacte expression de sa pensée. Voulez-vous lui apprendre la droiture? Commencez par lui témoigner une entière confiance. Accordez-lui, en toutes choses, l'estime que vous déeirez qu'il mérite. Gardoz-vous avec soin de tourner en dérision se3 erreurs et sa faiblesse et de jamais lui témoigner du dédain. Pour qu'il se prenne au sérieux et qu'il tienne à sa propre estime, il faut que la gravité et le respect soient le caractère dominant de vos relations avec lui. Il importe surtout de ne jamais le flétrir à ses propres yeux et d'écarter tout ce
qui risquerait d'abaisser son caractère, tout châtiment dégradant, tout encouragement à quelque acte méprisable, à la délation par exemple. En un mot, honorez l'enfant et il s'honorera luimême.
Est-il besoin d'ajouter qu'ici comme dans tout le reste du domaine moral, l'exemple du maître est l'un des principaux instruments de l'éducation ? On est parfois porté à oublier de quel poids énorme pèse sur l'enfant le caractère même de son instituteur, et combien l'imitation est puissante pour le bien comme pour le mal. L'enfant ne fait point la distinction entre les actes et les enseignements, entre la personne et les discours. C'est sur son maître qu'il tient les yeux attachés, et c'est en quelque sorte à travers lui qu'il voit et conçoit la chose enseignée. Il faut donc que le maître soit pour lui la personnification même de l'honneur; qu'ii lui inspire un respect profond, une estime absolue, une inébranlable confiance. Par son exemple, mieux que par ses leçons, il lui révélera le haut prix de la personne morale ; cette révélation est le seul fondement solide de l'honneur. [Dr E. Pécaut.]
HORLOGERIE (Ecoles d'). — Il existe en France trois écoles d'horlogerie : celle de JJesançon, celle de Cluses (Savoie) et colle de Paris. Destinées à favoriser le recrutement d'une branche importante de l'industrie nationale, ces écoles présentent un des types les plus intéressants d'écoles professionnelles. — V. Professionnelles (Écoles).
HORTICULTURE. — L'horticulture figure à côté de l'agriculture dans le programme des écoles normales et dans celui des écoles primares. Le programme de la troisième année des écoles normales d'instituteurs porte ce qui suit, sous la rubrique Horticulture fruitière, et potagère :
« 1° Notions générales de culture. Emplacement, préparation du sol, plantation.
» 2° Cultures spéciales arborescentes. Vigne, pêcher, cerisier, prunier, poirier, pommier, rosier, etc.
» 3° De la greffe.
» 4° Du jardin potager.
» Le professeur insistera particulièrement sur les cultures et les variétés intéressant la région. »
Dans les écoles normales d'institutrices, les notions d'horticulture font partie des cours d'économie domestique de la deuxième année, et le programme les résume de la façon suivante :
« Le jardin. — Disposition générale du jardin \. allées, bordures, murs, espaliers, travaux, et outils de jardinage.
» Le jardin fruitier. — Principes généraux de la culture des arbres fruitiers, avec application aux variétés qui conviennent le mieux au pays. Maladies des arbres fruitiers. Destruction des animaux nuisibles.
» Le jardin pot<>ger. — Variétés, culture et récolte des légumes. Porte-graines, récolte, triage et conservation des graines. Culture forcée : couches, châssis, cloches.
» Sotio7is sur lg culture de* fleur?, soit pour l'ornement, soit pour la fabrication des parfums. »
Quant aux écoles primaires, le programme du 28 juillet 1882 contient les indications suivantes r
« Cours élémentaire. — Premières notions dans le jardin de l'école.
» Cours moy ri. — (L'enseignement dans le cours moyeu porte sur les premières notions d'agriculture : principales espèces de sols, engrais, instruments de culture, etc.")
» Cours supérieur, — Notions d'horticulture r piiin ipaux procédés de multiplication des végétaux les plus utiles à la contrée.