‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 55 sur 547 · ARNOLD · texte numérisé non relu

ARNOLD

instituteurs, en sorte qu'ils sont, par une longue expérience personnelle, au fait de tous les détails de l'organisation dont ils ont à surveiller la marche.

L'école pour les enfants se divise en deux degrés : l'école élémentaire, où l'on enseigne la lecture, récriture, l'orthographe et le chant ; et l'école supérieure, où les branches d'enseignement sont : la lecture, l'écriture, l'arithmétique, l'histoire d'Angleterre, le chant, la géographie, la grammaire et et quelquefois la géométrie et l'algèbre. L'école de l'après-midi, tenue par l'institutrice, est appelée « école industrielle » ; elle est fréquentée par les jeunes enfants, et par les grandes filles de l'école de l'instituteur; on y enseigne différents travaux d'aiguille, et une somme annuelle de 5 shillings est allouée à chacun des enfants au-dessus de 4 ans pour achat de matériaux. Les objets confectionnés sont distribués entre les enfants, à titre de récompense. Les heures d'école sont de 7 à 12 le matin et de 2 à 4 l'après-midi.

Pour l'instruction religieuse, elle est donnée de la manière suivante : le matin, à l'ouverture de l'école, l'instituteur fait une prière et explique ensuite la Bible durant une demi-heure ; cette leçon n'est pas obligatoire pour les élèves qui n'appartiennent pas a la môme confession que l'instituteur. Deux jours par semaine, une heure est consacrée à une leçon de religion donnée par les chapelains des diverses confessions ; ordinairement l'un de ces jours est réservé aux garçons et l'autre aux filles.

Dans les écoles d'adultes, il y a quatre degrés, à chacun desquels correspond un certificat spécial. La fréquentation de l'école est obligatoire pour toutes les recrues jusqu'à ce qu'elles aient obtenu un certificat de 4e classe, c'est-à-dire du degré inférieur : les connaissances exigées pour ce certificat sont les 4 règles simples de l'arithmétique, ainsi que la lecture et l'écriture. La possession d'un certificat de 3e classe qualifie le soldat pour l'obtention du grade de caporal : les connaissances exigées sont l'arithmétique (règles composées et réduction des monnaies), la lecture et l'écriture sous dictée. Pour passer sergent, il faut posséder un certificat de 2e classe ; les connaissances requises sont l'arithmétique (fractions), la lecture et l'écriture sous dictée (capacité d'écrire des «ordres de service »). Enfin, pour devenir officier, il faut posséder un certificat de 1" classe, qui s'obtient à la suite d'un examen satisfaisant sur les branches obligatoires suivantes : arithmétique générale , orthographe , rédaction d'une lettre sur un sujet donné, et sur une au moins des branches suivantes : histoire d'Angleterre, géographie générale, algèbre, trigonométrie plane, mécanique, arpentage, géométrie pratique, fortifications, dessin, levée de plans, chimie, une langue moderne, européenne ou orientale.

Les heures des leçons dans les écoles d'adultes varient suivant les armes, la station, et le service des troupes ; mais généralement elles ont lieu de quatre à cinq heures et demi de l'après-midi.

SAXE (royaume). — Il existe à Dresde et à KÔnigstein des écoles de garnison, destinées aux enfants des sous-officiers et soldats : l'école de Dresde comprend 4 classes successives. Il y a en outre à Kleinstruppen un établissement destiné à l'éducation des orphelins militaires.

SUISSE. — Les hommes astreints au service militaire passentun examen devant des experts pédagogiques, sur les branches suivantes : lecture, composition ou dictée ; calcul mental et par écrit ; géographie, histoire et constitution de la Suisse. Ceux dont l'examen est insuffisant sont tenus, pendant toute la durée de leur cours d'instruction militaire, de suivre les leçons de l'école complémentaire. Dans cette école, organisée spécialement pour les recrues illettrées, l'enseignementdoit être donné par des instituteurs capables ; il comprend la lecture, l'écriture et l'arithmétique. L'organisation de

l'enseignement est laissée à la sagacité de l'instituteur.

Les jeunes gens qui, avant l'arrivée au service, ont fréquenté, pendant au moins un an, une école au-dessus de l'école primaire et possèdent un certificat d'études peuvent être dispensas de l'examen (Règlement fédéral 28 sept. 1875).

AR>ALLD ( Antoine). — V. Port Boy al '.

ARNDT (Ernest-Maurice). — Nous n'avons a mentionner ici le célèbre patriote allemand (né en 17G9, mort en 1-G0y que pour la moindre partie de ses œuvres. Arndt n'a pas seulement, par ses ' hauts patriotiques et par ses Contes, exercé une influence éducatrice sur la jeunesse allemande, il a directement abordé le problème pédagogique dans des Fragments sur F éducation de l'homme (en allemand, Altona, 180.')) suivis en 1819 d'un supplément sur l'éducation des femmes, et dans son f Lan d'éducation et d'instruction d'unprince (Berlin, l s 1 3). Ce qui fait l'originalité pédagogique de ces écrits, c'est une juste réaction contre la partie artificielle et chimérique de \ Emile. Arndt replace l'enfant dans le milieu naturel, dans le monde et dans la société, au lieu de le supposer dans des conditions exceptionnelles et irréalisables. La première institutrice, c'est la mère, et Arndt, ici comme en plusieurs autres points de doctrine, se rencontre avec Pestalozzi. Ainsi, il voit et exprime très bien la nécessité d'aller graduellement dans l'éducation du sensible à l'intelligible, du concret à l'abstrait. Esprit juste, observateur attentif de la nature humaine, et se bornant d'ailleurs à des vues générales sur la question, Arndt n'a pas de peine à signaler les écueils où Pestalozzi lui-même, où ses disciples surtout, sont tombés plus tard, par exemple l'abus des prétendus exercices d'intuition qui deviennent puérils et ne sont pas enfantins. Par une de ces vues philosophiques dont il ne faut pas exagérer l'impor tance, mais qui résument parfois de longues observations, Arndt distinguait trois forces qui doivent concourir à l'éducation et trois périodes dont chacune est le règne principal d'une de ces forces : 1° Vamour, qui gouverne l'enfant pendant le premier âge, pendant la période de l'éducation maternelle ; 2° la contrainte ou V autorité, qui, représentée par le père et le professeur, s'exerce pendant la deuxième période ; 3° la liberté ou la raison, qui est en quelque sorte le self govemment de l'intelligence et qui permet au jeune homme de continuer et d'achever lui-même l'œuvre de son éducation sans autre contrainte que celle qu'il s'imposera volontairement.

ARNOLD (Thomas). — Né en 1795 dans l'île de Wight, Arnold étudia à l'Université d'Oxford, fit de nombreux voyages en France, en Italie et en Allemagne et fut recteur de la « Rugby school » de 1827 à 1842, année de sa mort.

Cet homme, très célèbre en Angleterre et en Allemagne comme pédagogue, ne s'est cependant jamais occupé spécialement de la réforme de l'enseignement et n'a pas trouvé de méthode nouvelle. Mais c'était une intelligence d'élite, un homme de cœur et de caractère, un chrétien convaincu. Un tel homme ne pouvait manquer d'avoir sur les jeunes esprits placés sous sa direction un grand ascendant moral et de leur communiquer sa foi, qui consistait surtout en un vif sentiment de la justice et de la vérité. Il voulait faire des chrétiens et des hommes; les contemporains disent qu'il y réussit et que les jeunes gens sortis de son école se faisaient remarquer par leur esprit sérieux, réfléchi, par leur attachement au devoir. 11 cherchait moins à accumuler les connaissances dans l'esprit des élèves, qu'à leur fournir les moyens d'en acquérir euxmêmes. « Il faut, disait-il, tenir constamment en éveil, faire travailler l'esprit de l'enfant : c'est pa" lui et non à lui que la leçon doit se faire ^'action pédagogique s'exerce du dedans et non du de-

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