ARPENTAGE
hors. » Tout en subordonnant les études classiques à l'éducation morale et religieuse, il ne négligeait pas l'étude des langues, de l'histoire, des sciences. Jeune de cœur, il comprenait et aimait la jeunesse, il prenait volontiers part aux jeux de ses élèves.
En résumé, grande et belle individualité, qu'il est utile d'étudier de près. Nous recommandons particulièrement la lecture de sa biographie : Stanley, Ihe Life and correspondance of Thom. Arnold. 2 vol., 6e édit. Londres, 1846. [G. Calame.]
ARNOLDI <Joh. Ludwig). — Pasteur allemand, né vers 1730, qui, ayant été chargé de l'éducation d'un jeune sourd-muet, fils d'un seigneur hessois, obtint un succès complet et partagea dès lors son temps entre les fonctions évangéliques et l'instruction de quelques enfants sourds-muets. Partisan de la prononciation artificielle et de la méthode qui consiste à faire lire le mouvement des lèvres, il développa ses vues dans une Instruction pratique pour apprendre aux sourds-tnuets à parler et à écrire ^Giessen.)
De même que Kerger, il fait du dessin l'auxiliaire de toutes ses leçons, même de la grammaire et de l'histoire sainte. Il tenait aussi un journal où il recueillait les observations que lui suggéraient ses élèves ainsi que quelques-unes de leurs lettres naïves. [S. Maire.]
ARPENTAGE. — L'arpentage ou art de mesurer les terrains est regardé dans presque tous les pays comme une des connaissances usuelles recommandées, sinon imposées, aux instituteurs.
1. Législation. — PAYS ÉTRANGERS. — L'arpentage figure comme article distinct dans le programme officiel des écoles normales en Autriche, en Saxe, en Italie, en Belgique ; dans la plupart des pays, il est rattaché à la géométrie pour les écoles normales, au système métrique pour les écoles primaires supérieures.
FRANCE. — L'arpentage fait partie des matières facultatives de l'enseignement primaire (L. 15 mars 1850, art. 23), du programme d'études des écoles normales (Décr. 2 juillet 1866) et de la première série d'épreuves pour l'obtention du brevet facultatif (Ait. 3 juillet 1866, art. 17.)
Il arrive assez fréquemment que des instituteurs utilisent à leur profit les connaissances qu'ils ont acquises pendant le cours de leurs études et se livrent à des opérations d'arpentage qui sont pour eux une source de bénéfices. L'administration de l'instruction publique a toujours admis que l'interdiction prononcée par l'article 32 de la loi du 15 mars 1850 ne portant que sur les professions commerciales ou industrielles, on ne pouvait défendre à un instituteur de se livrer à l'arpentage et au lever des plans, pourvu que ce travail accessoire eût toujours lieu en dehors du temps consacré aux classes et ne nuisît en rien à leur préparation. Cette jurisprudence, admise sous la législation antérieure à la loi du 15 mars 1850, a été consacrée sous l'empire de cette loi par un grand nombre de décisions ministérielles rendues après avis conforme du conseil supérieur.
L'arrêté du 15 janvier 1877, relatif à l'exécution de l'article 3 de la loi du 19 juillet 1875, sur le traitement des instituteurs et institutrices publics, porte que les fonctionnaires qui exercent en vertu de l'un des titres pouvant suppléer au brevet de capacité, d'après l'article 25 de la loi du 15 mars 1850, doivent, pour bénéficier de l'augmentation de 100 francs attachée au brevet complet, subir des épreuves complémentaires écrites et orales sur les matières du brevet complet non comprises dans le titre dont ils sont porteurs.
Doivent en conséquence être examinés sur l'arpentage : les candidats pourvus du diplôme de bachelier es lettres, de bachelier es sciences complet ou restreint, du certificat d'admission à l'Ecole nor-
male supérieure, à l'Ecole navale, aux écoles des mineurs de Saint-Etienne et d'Alais, à l'École des Chartes, et enfin les candidats pourvus du certificat de stage délivré conformément à l'article 47 de la loi du 15 mars 1850 ou du titre de ministre non interdit ni révoqué, de l'un des cultes reconnus par l'État. [L. Armagnac]
2. Méthodes et Programmes. — L'arpentage est la science pratique de la mesure des terres. L'étude de l'arpentage a été introduite dans les écoles normales non-seulement pour étendre l'instruction des élèves-maîtres et leur fournir une application intéressante des notions de géométrie qu'ils ont acquises à l'école, mais encore pour leur offrir un moyen de se rendre utiles plus tard dans les communes, et de se créer ainsi une ressource à ajouter aux modestes émoluments de l'instituteur. Ce n'est donc pas une étude purement théorique; c'est surtout au point de vue pratique que l'arpentage doit être enseigné. Il ne suffit pas, par exemple, que les élèves-maîtres connaissent les instruments employés; il faut qu'ils en acquièrent le maniement, qu'ils sachent les vérifier, les mettre en station, et en tirer dans toutes les circonstances le meilleur parti possible.
L'arpentage comprend trois parties principales : 1° le lever des plans, borné aux opérations les plu3 simples, mais embrassant les notions les plus essentielles sur le nivellement, le tracé des plans et leur réduction ; 2° la mesure des terres, ou arpentage proprement dit ; 3° la division des héritages ou partage des terres, auquel on rattache d'ordinaire le bornage, ou la rectification des limites. A la suite d'un cours d'arpentage, on a l'habitude de placer quelques notions pratiques sur la mesure des bois en grume, et sur le jaugeage des fûts, parce que l'arpenteur est souvent consulté sur ces matières.
Dans l'arpentage ce n'est pas la surface même des terres que l'on mesure, mais leur projection horizontale, que l'on appelle aussi leur base productive, parce que l'on admet que, les végétaux croissant toujours dans la direction verticale, le produit de la culture est proportionnel, non pas à l'étendue réelle des terres, mais à leur projection sur un plan horizontal. Cette opération qui substitue à la surface réelle sa projection horizontale, porte le nom de culteUation (de cultellare, aplanir j.
C'est donc de cette projection que l'on a à lever le plan. On peut employer pour cela divers instruments et diverses méthodes. On peut faire le lever à la chaîne seule, quand la surface à mesurer est découverte, sensiblement plane, et accessible dans son intérieur. Le plus souvent on emploie simultanément la chaîne et l'équerre d'arpenteur ; cette méthode s'applique à presque à tous les cas. Cependant, si l'étendue du terrain à lever est considérable, on substituera avantageusement à l'équerre, le graphomètre, qui est plus précis, ou la planchette dont l'emploi se prête à des opérations rapides. La boussole est rarement employée pour lever les grandes lignes d'un plan ; mais on l'emploie volontiers pour le lever des détails. Quand le terrain sur lequel on opère est fortement accidenté, il devient nécessaire d'en faire le nivellement pour tenir compte des hauteurs relatives des points principaux. Enfin, une fois la minute du plan obtenue sur le terrain même, il est nécessaire de mettre ce plan au net, et souvent on peut avoir besoin d'en faire une copie à une échelle différente ; il faut que l'arpenteur soit exercé à ces opérations, et qu'il connaisse par conséquent les signes conventionnels adoptés pour représenter les lieux habités, les rivières, les ponts, les canaux, les routes, etc., ainsi que les teintes conventionnelles à l'aide desquelles on représente les diverses natures de terrains et les différentes cultures. L'arpentage proprement dit est une application