‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 9 sur 547 · ADAM · texte numérisé non relu

ADAM

elle n'atteindrait pas le but qu'on lui a, d'un mot,

si bien indiqué : « Faire des hommes. »

ADAM (Alexander). — Né en 11 41 de parents pauvres dans un hameau du canton de Moray (Ecosse), mort en 1809. Il devint en 1769 directeur de la high schoot (école supérieure) d'Edimbourg.. La principale réforme pédagogique dont le souvenir s'attache au nom d'Adam est l'emploi d'une grammaire latine, en langue anglaise substituée h la grammaire latine écrite en latin jusque-là seules usitée. Cette innovation, qui associait l'étude de la langue maternelle à celle des langues mortes, eut beaucoup de détracteurs ; les autorités municipales refusèrent d'approuver le système ; mais le public en jugea autrement : les éditions de la Grammaire se multiplièrent, et la méthode du recteur d'Edimbourg finit par l'emporter.

C'est aussi Adam qui fit entrer dans le programme des études classiques l'histoire et la géographie ; if publia pour cet usage un Précis de géographie et d'histoire, accompagné de cartes de d'Anville.

Enfin il contribua de sa bourse et de son crédit à fonder et à entretenir la première association de? secours mutuels entre les instituteurs écossais.

Il a laissé, outre ses ouvrages scolaires, de savants ouvrages, dontl'énumération n'entre pas dansnôtre cadre. [A. Demkès.]

ADAM (Nicolas). — Né à Paris en 1710, mort en< 1792. Il étudia l'éloquence sous la direction de Le Beau, qui le fit nommer professeur au collège de Lisieux. Esprit distingué, malgré quelques idéesbizarres, Adam, qui connaissait la plupart des langues de l'Europe, a laissé des écrits estimables sur l'enseignement des langues et de nombreuses « traductions littérales ».

Ses deux ouvrages les plus importants pour l'histoire des méthodes datent de 1787. Ce sont: La vraiemanière d'apprendre une langue quelconque, vivante ou morte, par le moyen de la langue française, contenant en cinq volumes les grammaires française, latine, italienne, anglaise, allemande, rédigées sur un plan uniforme ; et son Essai en forme de mémoire sur l'éducation de la jeunesse, ouvrage dont l'idée principale est bonne. Adam trouve que « le vice radical de l'éducation actuelle dans les collèges est l'ignorance de la langue française par principes » ; il veut rendre la place d'honneur à cet enseignement de la langue maternelle. Il blâme, parfois avec une exagération et des puérilités ridicules, l'abus des récitations, des pensums, des dictées de devoirs, etc. Les remèdes qu'il propose sont résumés en un projet de loi, dont voici les articles principaux : « Nul ne pourra s'ingérer dans l'éducation de la jeunesse de l'un et de l'autre sexe sans avoir fait preuve de connaissances suffisantes dans la grammaire française... On ne fera plus réciter aucune leçon que celle du catéchisme et de la morale et on ne dictera absolument rien dans aucune classe... Nuls élèves ne seront admis à l'étude, du latin ou autre langue étrangère, sinon ceux qui sauront parfaitement la grammaire française élémentaire .. Tous les enfants de l'Etat seront élevés strictement selon les seuls principes adoptés par le gouvernement, et par conséquent d'une manière uniforme ; de façon qu'au sortir des études ils parlent tous le même langage sur la religion, sur la morale et sur toutes les autres connaissances humaines... Dans toutes les maisons d'éducation, les vacances et congés seront entièrement abolis (il ne restera que les 52 dimanches et "22 jours de fête...) Les maîtres et maîtresses empêcheront absolument les élèves de se tutoyer les uns les autres .. Pour donner en grand un modèle d'éducation nationale et * légale, il sera érigé à Paris deux collèges, l'un de garçons par la libéralité du roi, l'autre de filles par celle de la reine ; il y aura dans ces deux collèges également une première classe où l'on montrera à lire et à écrire et les quatre premières règles de l'arithmé-

Page 1