‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 92 sur 547 · BABIL · texte numérisé non relu

BABIL

d'études primaires, qui commence à être grandement recherché dans le département. Une exposition scolaire formée en 1876 a mis en évidence les progrès réalisés dans l'Aveyron, et fait entrevoir ceux que le département peut espérer dans un prochain avenir. [Grosson.]

AVIS. — Opinion émise par un fonctionnaire ou par un corps constitué que l'autorité supérieure consulte sur une question spéciale.

Un assez grand nombre de décisions ne peuvent être prises par l'administration que lorsqu'elle a consulté ou des fonctionnaires ou certaines assemblées délibérantes. telles que conseils généraux, d'arrondissement ou municipaux, conseil supérieur de l'instruction publique, conseils académiques ou départementaux, etc., etc. Dans ce cas l'avis de ces assemblées est considéré comme une formalité obligatoire, dont le défaut entraînerait excès de pouvoir et par suite l'annulation possible de l'acte entaché de cette irrégularité. Du resto l'administration n'est pas tenue de suivre l'avis donné : elle doit simplement consulter les fonctionnaires ou les conseils, tout en conservant son entière liberté d'action. Les préfets et les conseils de préfecture prennent quelquefois des avis en forme d'arrêtés.

Dans l'instruction primaire, les cas où un avis préalable est nécessaire pour la validité d'une décision sont fort nombreux. Nous n'en citerons que quelques exemples :

« Le conseil départemental donne son avis sur l'état des différentes écoles établies dans le département, sur les réformes à introduire dans l'enseignement, la discipline et l'administration des écoles publiques, sur les budgets et les comptes administratifs des lycées, collèges et écoles normales primaires, sur les secours et encouragements

à accorder aux écoles primaires, sur les récompenses à accorder aux instituteurs primaires. Il est nécessairement consulté sur les règlements relatifs au régime intérieur des écoles normales primaires et sur les règlements relatifs aux écoles publiques primaires. (L. 15 mars 1850, art. 14 et 15.)

Le nombre des écoles publiques de garçons ou de filles à établir dans chaque commune est fixé par le conseil départemental, sur l'avis du conseil municipal (Loi du 10 avril 1867, art. 2).

Le Conseil supérieur de l'instruction publique peut être appelé à donner son avis sur les projets de loi, de règlements et de décrets relatifs à l'enseignement et, en général, sur toutes les questions qui lui sont soumises par le Ministre. Il est nécessairement appelé à donner son avis sur les règlements relatifs aux examens, aux concours et aux programmes d'études dans les écoles publiques, à la surveillance des écoles libres et, en général, sur tous les arrêtés portant règlement pour les établissements d'instruction publique... sur les livres qui peuvent être introduits dans les écoles publiques et sur ceux qui doivent être défendus dans les écoles libres comme contraires à la morale, à la constitution et aux lois. (Loi du 19 mars 1873, art. 4.)

Une indemnité annuelle variant de 50 à 150 fr. peut être attachée à la résidence des instituteurs et institutrices de tout ordre dans les circonscriptions scolaires où des circonstances exceptionnelles la rendraient nécessaire. Des tableaux sont à cet effet dressés tous les cinq ans par le conseil départemental et arrêtés, après avis du conseil général et du recteur de l'académie, par décrets en la forme des règlements d'administration publique. (L. 19 juillet 1875, art. 5.)[L. Armagnac]

BABIL. — Nous n'avons à parler que du bavardage des enfants. Il fait souvent, on le sait, la désolation des maîtres, et nous ne songeons point à en prendre ici la défense. Qu'on nous permette cependant d'appliquer ici une distinction sur laquelle nous insistons ailleurs (V. Discipline) entre les deux sortes d'actes à réprimer dans une classe : les uns qui sont répréhensibles et mauvais en euxmêmes, les autres qui, sans être coupables en soi, doivent être empêchés, parce qu'ils gênent, troublent et entravent la leçon : le bavardage est de cette dernière espèce. C'est un fléau dans une classe, mais ce n'est pas un vice chez l'enfant. Il faut donc que la discipline le réprime soigneusement, mais non pas de la même façon dont elle punirait le mensonge, par exemple.

Le plus souvent, l'enfant babille pour entendre sa propre voix, comme l'oiseau chante, puis par besoin d'expansion ; épiez-le quand il joue : un animal, une fleur, un objet quelconque lui suffit, il lui parle, fait les demandes et les réponses, sautant d'un sujet à un autre sans s'en apercevoir; ses idées sont fugitives, il les émet à mesure qu'elles passent : il babille. C'est pour les enfants surtout que le poète a eu raison de dire :

« Le babil fst le charme et l'âme de la vie. »

Il ne faut donc pas perdre de vue qu'obliger les enfants à se taire et à écouter plusieurs heures par jour, c'est leur demander réellement un grand effort ; quoi d'étonnant si quelques-uns cèdent parfois à la tentation ? De plus âgés qu'eux n'y succombent-ils pas? Qu'il soit nécessaire de prévenir ces chutes, nous ne saurions le dissimuler, mais avec quelle douceur, avec quelle patience, avec quel tact, c'est ce que savent tous les bons maîtres.

Rien n'est plus profitable pour l'instruction du maître lui-même que de se rendre compte, quand il le peut, des causes et des formes diverses du babil qu'il doit arrêter : c'est en examinant la nature du mal qu'il trouvera le remède le mieux approprié.

Si l'élève babille parce qu'il a laissé errer son esprit sur des sujets étrangers à la leçon, l'instituteur engagera l'enfant à être moins léger, le reprendra, l'avertira, et s'il y est forcé enfin, le punira ; mais en même temps il s'interrogera luimême et se demandera s'il a rendu son enseignement assez vivant, assez varié, assez clair, assez attachant pour captiver l'attention de son petit auditoire.

Si le babil provient de la vivacité dïmpressions de l'enfant qui, établissant des rapports entre ce qu'on lui dit et ce qu'il sait déjà, ne résiste pas au désir de communiquer sa découverte à quelque camarade, l'instituteur devra craindre d'émousser la spontanéité de cette intelligence toujours en éveil, et comme avec les enfants intelligents il y a toujours de la ressource, il lui fera prendre l'habitude de s'adresser non aux camarades, mais au maître lui-même quand il aura quelque remarque à faire. Parfois, au début surtout, l'enfant pourra abuser de cette permission, mais il ne sera pas difficile à un maître à la fois doux et ferme de faire sentir les justes bornes où doit s'enfermer cette liberté de parole, de réprimer toute familiarité, d'habituer l'enfant sans rudesse à réserver ses observations pour la fin de la leçon.

Quelques minutes à l'issue de chaque classe donneront une suffisante satisfaction à ce besoin d'épanchement sous prétexte ou à propos d'explications demandées. On peut d'ailleurs poser cette règle générale en matière de pédagogie primaire surtout : plus les élèves auront la liberté et l'habitude de parler au maître, moins ils bavarderont

BACHANTS

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