BACHELIER
entre eux. Il faut qu'un enfant cause avec quelqu'un ; si ce quelqu'un est son maître, sa maltresse, il y a double profit pour le bon ordre de la classe et pour l'instruction de chacun.
Il n'y a qu'un seul genre de babil auquel il faille couper court : c'est celui des enfants gâtés, de ces petits êtres vaniteux qu'on a rendus insupportables en admirant leurs saillies comme autant de traits desprit. Ceux là, du reste, le maître aura peu à faire pour les corriger : les camarades s'en chargeront.
BACHANTS ou BACCHANTS (probablement ou latin Vagantes). — Maîtres et écoliers errants du moyen âge, surtout en Allemagne. Au commencement du xme siècle on les nomme aussi Goliards. Les uns allaient de ville en ville, offrant leurs services aux magistrats et apprenant aux enfants ce qu'ils savaient, moyennant une faible rétribution. D'autres, plus jeunes, étaient des étudiants que leur pauvreté forçait à courir le pays en mendiant. Quelques riches cités de l'Allemagne avaient fondé pour ces écoliers des maisons de refuge. Breslau nourrissait ainsi mille « bâchants ».
Souvent on confiait à ces étudiants vagabonds de petits enfants qu'ils emmenaient avec eux pour les instruire ou pour les mettre dans de bonnes écoles. Mais, au lieu d'apprendre, les pauvres petits devaient mendier, parfois même voler pour le compte de leur maître. Dans ses curieux Mémoires, Thomas Plater*(1580) raconte que les « bâchants » l'envoyaient ainsi à la chasse, et malheur à lui s'il n'avait fait qu'un maigre butin. On appelait ces enfants les ABC-Schùtzen, « maraudeurs del'ABC. »
Les « bâchants » formaient d'abord une sorte de grande corporation, semblable h celle des moinesmendiants. Quelques hommes distingués sortirent de leurs rangs, Zingg, Plater, etc. Ils comptaient parmi eux des Villons inconnus, qu'inspiraient la verve de la jeunesse, la vie libre et vagabonde, la haine des moines. Ils ont composé des poésies en latin, la plupart satiriques et grossières. Quelquesuns de leurs chants sont encore répétés par les étudiants allemands.
Le nombre des « bâchants » fut un instant très considérable; au xvie siècle, on les rencontrait par troupes en Souabe et en Franconie, quelquesuns étudiants, beaucoup aventuriers de bas étage, et presque tous vivant dans le désordre.
Les évêques et les synodes s'émurent de leurs excès, interdirent aux clercs de faire partie de la corporation des « Goliards », qui se virent bientôt repoussés des villes.
Il est inutile de rechercher ce que pouvait valoir leur enseignement. Zingg mit dix ans pour apprendre à écrire, et Plater ne savait pas, au bout de neuf années, décliner liosa. Luther, dans son rude langage, traite les « bâchants » de « rustres » et de « bourriques ». La Réforme, qui provoqua une nouvelle organisation de l'enseignement, porta le dernier coup aux « bâchants. »
Cependant on trouve encore dans les siècles suivants, en Espagne par exemple, des troupes d'étudiants, pauvres et mendiants, qui s'en vont chanter de ville en ville, pendant les vacances, pour étudier le reste de l'année; et Paris a vu, en cette année 1878, dans une mascarade espagnole plus ou moins authentique, les derniers des « bâchants. »
BACHELIER (Diplôme de). — Le grade de bachelier est le premier degré qu'on prend dans une faculté quelconque pour parvenir à la licence, puis au doctorat.
Le brevet de capacité pour l'enseignement primaire* peut être suppléé par le diplôme de bachelier. (L. 15 mars 1851», art. 25.)
Les trois baccalauréats es lettres, es sciences restreint, et es sciences complet intéressant les familles d'un grand nombre d'instituteurs et quel-
ques instituteurs eux-mêmes, nous croyons utile, bien qu'il s'agisse d'instruction secondaire, de placer sous les yeux de nos lecteurs une courte notice sur ces divers examens.
Dispositions communes aux trois baccalauréats. — Pour être admis à l'examen, i' faut être âgé do seize ans accomplis (sauf dispense accordée par le Ministre), produire son acte de naissance dûment légalisé, et, en cas de minorité, le consentement de son père ou tuteur. Aucun certificat d'études n'est exigé.
Les facultés envoient, à lafin de l'année scolaire, dans les villes les plus importantes de chaque académie, un jury pour y tenir une session particulière.
Des remises totales ou partielles de droits d'examen peuvent être accordées aux étudiants des facultés qui, par leur position de famille, ont d"s titres à cette faveur. (D. 22 août 1854.) Les demandes doivent être adressées au ministre de l'instruction publique.
Diplôme de bachelier es lettres. — L'examen est scindé en deux séries d'épreuves ; la seconde ne peut être subie qu'un an après la première, à moins que le candidat n'ait dix-neuf ans accomplis. Les épreuves sont écrites et orales.
lre Série. — Epreuves écrites : 1° version latine ; 2° composition en latin. Epreuves orales: 1° explications portant sur les textes des auteurs français et latins et sur certaines parties désignées des auteurs grecs prescrits dans les lycées pour la classe de rhétorique ; 2° interrogations portant sur les parties de l'histoire et de la géographie enseignées en rhétorique dans les lycées et sur les principales notions de rhétorique et de littérature classique.
2e Série. — Epreuves écrites: 1° Composition française sur un sujet de philosophie ; 2° traduction en français d'un texte de langue vivante. Epreuves orales : interrogations : 1° sur les parties de la philosophie, de l'histoire et de la géographie enseignées dans la classe de philosophie des lycées; 2° sur les sciences (arithmétique, algèbre, géométrie, cosmographie, physique, chimie, histoire naturelle), dans la limite du plan d'études des lycées pour les classes de lettres ; 3° sur une langue vivante.
Les programmes des matières de ces deux séries sont pris dans le nouveau plan d'études des lycées, prescrit par arrêté du 23 juillet 1874, et dans les arrêtés des 15 juillet et 26 décembre 1874. L'interrogation sur une langue vivante comprend des questions sur la grammaire, l'explication d'un des textes désignés, un exercice de conversation.
Les examens du baccalauréat es lettres sont subis dans deux sessions annuelles ; la première a lieu du 1er août au 1er septembre, la seconde, du 1er au 20 novembre. Une session extraordinaire a lieu au mois de mai pour les candidats régulièrement inscrits pour le concours de l'école militaire de Saint-Cyr.
Les droits d'examen, de certificat d'aptitude et de diplôme sont de 120 francs pour l'examen scindé en deux parties, et de 100 francs pour l'examen subi en une seule fois.
Diplôme de bachelier es sciences restreint. — Epreuve écrite: 1° composition sur une question de physique et d'histoire naturelle ; 2° version latine, si le candidat n'est pas bachelier es lettres.
Epreuve orale : question sur les mathématiques élémentaires, les sciences physiques, chimiques et naturelles, la philosophie, l'histoire et la géographie, d'après les programmes officiels et sur une langue vivante. Ceux qui produisent le diplôme de bachelier es lettres sont dispensés des épreuves littéraires.
Deux sessions annuelles : la première du 10 juillet au 1er septembre à Paris, et du 20 juillet au Ier septembre pour les départements ; la deuxième, du 20 octobre au 10 novembre. Des sessions extraor-