‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 94 sur 547 · BADE · texte numérisé non relu

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dinaires peuvent avoir lieu en avril pour certaines catégories de candidats.

Les droits à payer sont de 50 francs.

Diplôme de bachelier es sciences complet. — Epreuve écrite : 1° composition sur un sujet de mathématiques et un sujet de pl^sique ; 2° version latine, si le candidat n'est pas bachelier es lettres.

Epreuve orale: question sur les matières enseignées dans la classe de mathématiques élémentaires des lycées (deuxième année) : sciences mathématiques,physiques et chimiques, philosophie, histoire, géographie, une langue vivante. Ceux qui produisent le diplôme de bachelier es lettres sont dispensés des épreuves littéraires. Les droits d'examen et de diplôme sont de 100 francs. [L. Armagnac]

BACHELIER (Jean-Jacques). — Peintre français, né à Paris en 1724, mort en 1805. Nous n'avons pas à parler ici des mérites de Bachelier comme artiste, ni même comme directeur de la manufacture de Sèvres, où il fit faire de grands progrès à l'art du dessin sur porcelaine et fut l'inventeur du biscuit. Mais il appartient directement à notre sujet par une fondation dont il prit l'initiative : il ouvrit en 1766 la première école gratuite de dessin appliqué à l'industrie.

Il avait été frappé dans l'atelier de décoration a Sèvres « de l'ineptie des ouvriers, de la nécessité de leur inculquer les principes élémentaires de la géométrie, et de l'impossibilité où sont les artisans de procurer à leurs enfants ces principes, qui sont la base de tout art mécanique » . Pour mettre à leur portée cet enseignement tout nouveau, dont il attendait les plus heureux effets pour l'industrie nationale, il obtint par M. de Sartines des lettres patentes du roi pour l'établissement d'une école royale gratuite de dessin, qui fut installée rue Saint-André des Arts, puis dix ans plus tard transférée rue de l'École -de -médecine dans les bâtiments de l'ancienne école de chirurgie, où elle est encore aujourd'hui. (V. Arts décoratifs.)

Le Discours sur l'utilité des écoles élémentaires en faveur des arts mécaniques, prononcé par Bachelier à l'ouverture de l'école gratuité de dessin le i0 septembre 1766, imprimé en 1789 et 1792, et d'ailleurs en partie identique au Mémoire conzernant l'école gratuite de dessin, publié par lui en 1774 (V. Bibliographie, 1774', contient plusieurs passages très remarquables pour l'époque, et qui méritent encore d'être étudiés.

On est tristement surpris en voyant quel accueil a été fait au premier abord à l'institution si utile et si patriotique de Bachelier. Diderot écrivait à Grimm : « Voilà un assez bon artiste perdu sans ressources; il a déposé le titre et les fonctions d académicien pour se faire maître d'école ; il a préféré l'argent à l'honneur. » Appréciation aussi injuste que cruelle, puisque Bachelier avait engagé toute sa fortune (60,000 livres) dans cette entreprise. La postérité, plus équitable, dit très justement Larousse, comptera parmi ses meilleurs titres de gloire la fondation de cette école gratuite de dessin, qui a depuis servi de modèle à tant d'autres. - On a de Bachelier, outre les ouvrages cités plus haut et un certain nombre de publications étrangères à la pédagogie, un intéressant Mémoire historique de l'origine et des progrès de la manufacture nationale de porcelaine de France (1799, in- 12), réédité en 1878 par M. Grouellin, et un Mémoire sur l'éducation des filles (1790, in-8°) que nous regmttono de n'avoir pu lire nulle part, même à la Bibliothèque nationale.

Cf. l'éloge de Bachelier prononcé à la distribution des prix de l'Ecole nationale des Arts décoratifs par M. André Lemoyne, bibliothécaire de cette école, imprimé dans le Palmarès de 1877.

r.ACOIV (François). — L'influence qu'a exercée la philosophie de Bacon sur la marche générale des

sciences ne s'est fait sentir qu'indirectement dans la science de l'éducation. Sans doute Bacon a vigoureusement attaqué la scolastique ; sans doute aussi on pourrait citer comme ayant trait à la pédagogie quelques passages de ses œuvres, notamment un de ses Essais où il assimile complètement l'éducation à l'habitude : « L'habitude est surtout forte quand elle a été prise dès le bas âge ; c'est ce que nous appelons l'éducation, qui, en effet, n'est autre chose qu'une habitude d'enfance. »

Mais Bacon ne s'est jamais particulièrement occupé des questions d'éducation : si, de la philosophie, la méthode inductive ou expérimentale, qu on a nommée méthode baconienne, est descendue dans la pédagogie, c'est par une conséquence ultérieure et à laquelle Bacon lui-même ne s'est pasattaché. — V. Philosophie (Histoire de la) dans la IIe Partie.

BADE i Grand-duché de). — Ce pays a une étendue de 278 milles carrés allemands, et 1 500 00O habitants dont les 2/3 environ sont catholiques et 1/3 protestants ; il est divisé en 7 districts.

Historique de l'enseignement primaire. — Pendant la première moitié du xvme siècle, on ne trouve aucune trace d'un enseignement primaire régulièrement organisé, ni dans les deux margraviats de Baden-Baden et de Baden-Durlach, ni dans les pays qui, au commencement du siècle, leur furent adjoints. Le gouvernement et les populations faisaient à cet égard preuve d'uneégale indifférence. Si, à cette époque, il existait çà et là, surtout dans les villes, des écoles primaires [Volksschiden), leur existence était due aux conseils municipaux. Dans les campagnes, les écoles n'existaient que là où le clergé se donnait la peine de les établir, ou bien là où un sacristain ou quelque autre homme sachant lire et écrire groupait autour de lui les enfants dont les parents consentaient à payer une légère rétribution. C'est seulement dans la seconde moitié du xvnr* siècle que les écoles primaires ont commencé à être soumises à des lois fixes et à avoir un budget régulier. Le décret spécial publié à Baden-Baden en 1770 stipule que tous les parents appartenant aux deux margraviats de Baden-Baden et Baden- Durlach sont tenus d'envoyer à l'école leurs enfants des deux sexes, de 6 à 13 ans, « de façon que les enfants apprennent les éléments de la religion, la lecture, le calcul, et puissent attester d'une façon suffisante qu'ils ont suivi fructueusement les leçons à eux données. »

Dès 1768, un plan pour une école normale avait été adopté à Carlsruhe. Le décret de 1770 organisa une inspection effective par le clergé ; un autre, en date du 24 mars 1785, ordonne la construction d'une école dans toute commune des Pays-Hauts (appartenant encore à l'Autriche) qui aurait de 90 à 100 enfants.

Les parents qui n'envoient pas leurs enfants à l'école doivent payer double écolage ou, en cas d'insolvabilité, travailler à l'érection ou à l'entretien de l'école.

C'est en 1834 qu'un décret du ministre de l'intérieur, bientôt suivi d'une loi applicable à tout le grand-duché, fixa l'organisation des écoles primaires, leur programme d'enseignement, leur budget, le mode de recrutement du personnel. Cette loi suppose que chaque commune a une école ou catholique, ou protestante ou mixte. Elle établissait l'obligation scolaire (tout garçon doit aller tous les jours à l'école de 6 à 14 ans révolus ; toute fille, de 6 à 13, plus 1 an dans une école de perfectionnement) ; elle faisait entrer dans le Prouramme d'enseignement, — outre la religion et les études primaires ordinaires, — le chant, quelques notions de sciences physiques, d'hygiène, d'économie rurale, de dessin, et pour les filles les travaux d'aiguille : elle

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