‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 95 sur 547 · BAINS · texte numérisé non relu

BAINS

donnait l'inspection aux ministres des différents cultes, et la surveillance administrative à un comité formé du pasteur, du bourgmestre et du conseil de la paroisse. L'instituteur devait remplir les fonctions de chantre-sacristain, de sonneur, d'organiste, sans rémunération.

Cette loi de 183i a servi pendant longtemps de base à l'organisation des écoles de Bade. Bien que les écoles fussent regardées comme une institution dépendant de l'Etat, cependant cette loi en mettait la direction entièrement entre les mains du clergé. L'État pouvait accepter cette situation tant qu'il avait lui-môme la nomination des ministres du culte; mais à partir de 1850, le pouvoir épiscopal tendant à s'affirmer, un concordat fut signé en is;>0 qui donnait aux évoques grande liberté, mais que la chambre des députés ne reconnut pas, et en 1 800 fut décidée la séparation de l'Église et de l'État.

Après une lutte acharnée, le clergé se vit obligé d'abandonner la situation importante que lui avait créée la direction et l'inspection des écoles, et quand, en 1862, la direction des écoles fut placée définitivement entre les mains de l'État (Direction de l'instruction publique), les populations furent vivement émues, ce qui n'empêcha pas la loi d'être mise à exécution.

Depuis lors, l'instruction publique dépend de l'État. L'enseignement religieux est donné par les ministres des différents cultes, sans qu'ils puissent influer sur l'éducation en général. Le directeur de l'instruction publique prit sur lui, en entrant au pouvoir le 15 septembre 1862, de réformer le isystème de l'enseignement dans tout le grandduché. Les fondements de cette réforme ont été posés par le directeur Dr Knies en 44 articles qui ont servi à l'élaboration de la loi sur l'enseignement primaire du 8 mars 1868, remaniée en 1874 en ce qui concerne les traitements et en 1876 en ce qui concerne le caractère non confessionnel des écoles (les enfants catholiques, protestants et juifs y sont reçus en commun).

Loi du 8 mars 1868. — Garçons et filles vont à l'école de (; à 14 ans révolus ; à la campagne, à l'école du village, 3 heures par jour ; dans les villes, à l'école primaire, 5 heures par jour. De 14 à 15 ans, ils doivent fréquenter l'école de perfectionnement, 2 ou 3 heures par semaine.

Le programme des études est le même que celui de 1 834 ;la gymnastique pour les garçons y est ajoutée. Pour l'inspection des écoles, le conseil municipal nomme une commission appelée commission des écoles, qui admet comme membres avec voix consultative un des ministres du culte et l'instituteur. — La direction des écoles primaires, les examens, sont entre les mains d'une commission de 11 membres, habitants du district, commission qui dépend elle-même du directeur de l'instruction publique à Garlsruhe, lequel décide en dernier ressort sur toutes les questions scolaires. Le grand-duché compte 4 écoles normales : Garlsruhe (réorganisée en 1823), Ettlingen (1835), Meersburg (18<i9), enfin, à Carlsruhe, une sorte d'école normale supérieure où les aspirants instituteurs doivent passer 3 ans ; il y a en outre trois écoles préparatoires, formant des candidats à cette école normale. L'instituteur adjoint doit, après un stage de 3 ans au moins, passer 3 examens pour obtenir sa nomination définitive (loi de 1851). Quant à leur traitement, les instituteurs sont divisés en 5 classes, d'après l'importance des communes, et reçoivent: les aspirants-instituteurs, un salaire fixe qui s'élève, outre l'argent payé par les élèves, le logement ou l'indemnité de logement, de 660 à 720 marks (le mark = 1 fr. 25) ; les instituteurs, de 1040 à 3000 marks, y compris le casuel et le logement. Chaque enfant paie par an de 3,20 à 8 marks. Les enfants pauvres sont instruits aux frais de !a commune.

Les communes qui entretiennent entièrement et à elles seules leurs écoles ont le droit de présentation, c'est-à-dire qu'elles peuvent choisir leur instituteur, dont la nomination est alors confirmée par l'autorité supérieure. Le nombre des élèves qui fréquentent les écoles forme un peu plus du septième de la population. On compte dans le Grand-Duché de Bade 1823 écoles primaires et 2864 instituteurs. Plus de 300 places sont vacantes, mais les écoles normales ne fournissent pas un nombre suffisant de maîtres. [H. Cammartin.]

B A Dirv (Ernest).— Directeur de l'école normale d'Auxprre de 18^:8 à 1848, mort à 35 ans: auteur d'un travail intéressant à plusieurs titres sur l'Emploi du temps et la distribution des exercices dans une école primaire, résumé de l'organisation pédagogique de l'époque (V. Manuel général, 1845, p. 'l'.Yl ; 1846, p. 8, 94, 179, 226i. V. aussi de l'importance actuelle de la profession d'instituteur, Man. yen., 1847, p. 293). — La Société des sciences historiques de l'Yonne a publié (Bull. 1 8*8, p. 411) une très intéressante notice sur Badin, par M. Quantin, et un grand travail posthume de ce pédagogue, Projet de développement de l'école normale J Bull. Is49,p. 137.) BAIIRDT (Charles-Frédéric). — Théologien et pédagogue allemand, né en 1741 à Bischofswerda dans la Haute-Lusace, mort en 1792. Il fut professeur de théologie à Leipzig (1762-56), à Erfurt, a Giessen, à Halle : il excita partout une indignation légitime par ses mœurs scandaleuses et souleva contre lui les orthodoxes par ses opinions théologiques, qui lui attirèrent quelques persécutions. C'était un homme de grand talent et d'une activité incroyable (il a publié 126 volumes); mais sa légèreté de caractère et de mœurs le perdit. Son principal écrit pédagogique est le programme de l'éducation qu'il voulait donner à ses élèves à l'institut d'Heidesheim (Philanthropini^clierErziehunqsplnny 1775). Soyez, dit-il à ses disciples, des hommes gais et enjoués. Il leur conseille de cultiver les exercices du corps. Il décerne des récompenses: un sec de charrue en argent suspendu à un ruban de soie noire, une mention dans plusieurs journaux, et de l'argent. Il condamne l'élève négligent à traîner une brouette ou à entendre son nom accompagné d'un « fi » méprisant. Rien n'était plus vain et plus puéril, et l'institut d'Heidesheim n'eut qu'une courte existence.

BAIL. — V. Baux à loyer. — On appelait bail avant 1789 une sorte de contrat ou acte d'accord par lequel un instituteur traitait avec une commune pour un temps et pour un prix déterminés. Ordinairement la commune « louait un maître d'école » pour une année, à la charge « d'enseigner à lire et à écrire fidèlement, selon sa science et conscience, de sonner les messes, mariages, baptêmes, enterrements, ainsi que les angélus, les nuées et les gelées, de servir à l'église de chantre et sacristain, d'entretenir les palissades du cimetière, de remonter les poids de l'horloge communale, etc. ; » le tout à raison d'une rétribution plus que modique souvent payée en nature.

M. Maggiolo a réuni une collection très considérable de ces curieux documents, recueillis par luimême ou par les instituteurs dans les archives d'un grand nombre de communes. Il en a publié des extraits étendus et variés dans le Manuel général, 1878, n° 17.

BAINS. — L'usage des bains dans les écoles et dans les collèges n'est pas nouveau. Mais il a rencontré dans les écoles primaires des difficultés de plus d'un genre. La plus grave était naturellement la raison d'économie. On s'est préoccupé, depuis quelques années, des moyens de généraliser cette pratique hygiénique. En France, des savants, M. Dumas, M. ïardieu, etc., ont étudié le moyen d'utililiser, pour l'établissement de bains publics, les eaux perdues des machines a vapeur. Un homme

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