‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 96 sur 547 · BALBUTIEMENT · texte numérisé non relu

BALBUTIEMENT

BARDIN

qui s'était surtout fait connaître comme pamphlétaire, M. de Gormenin, consacra les dernières années de sa vie à cette bonne œuvre, entre plusieurs autres : la distribution des bains gratuits aux indigents, et surtout aux enfants des asiles et des écoles. A Paris, plusieurs établissements ont ainsi, de fondation, un certain nombre de bains à donner et même à ordonner. Mais, à cet égard, le mouvement le plus efficace et le plus général est celui qu'a tout récemment provoqué un économiste anglais, qui est en même temps un philanthrope véritable, M. Edwin Chadwick. Après avoir rendu d'innombrables services aux enfants et aux adultes de la classe ouvrière, en s'efforçant d'améliorer leur situation matérielle et morale, M. Chadwick a proposé au Congrès d'économie domestique de Birmingham, en décembre 1877, l'établissement d une Ligue de la Propreté, qui s'est rapidement organisée : elle tire ses ressources de souscriptions et de dons qui servent à munir les écoles et les manufactures des appareils nécessaires aux bains et à propager, par des publications populaires, les notions d'hygiène les plus essentielles. La Ligue fait connaître en particulier les règlements et les usages scolaires des pays qui ont su faire de la propreté le premier devoir de l'écolier, de la Hollande surtout, où une propreté parfaite est rigoureusement exigée des enfants et où chaque grande école a sa salle de bains. La grande autorité dont jouit le promoteur de cette Ligue, l'appui que donnent à cette excellente initiative la Société maternelle d'hygiène de Londres, les comités scolaires et les comités de salubrité publique, semblent assurer à cette entreprise une grande popularité et de sérieux résultats. BALBUTIEaiENT. — Langage lourd, interrompu, où la syllabe est tantôt attendue, tantôt répétée avec hésitation, tantôt encore suivie d'un son analogue à celui de ïe muet. Ce défaut de prononciation, qui tient le plus souvent à une mauvaise habitude, surtout chez les enfants, doit être surveillé et corrigé avec le plus grand soin. Nous groupons à l'article Prononciation les observations et les conseils qui ont trait aux divers vices de prononciation.

BANC D'HONNEUB. — Ce mode de récompense est aussi ancien que populaire dans nos écoles, où il semble avoir été introduit à l'imitation des collèges. Depuis quelques années cependant, il tend à être abandonné, dans les grandes villes surtout, pour divers motifs : d'abord il n'y a plus de bancs, dans la vieille acception scolaire, du mot ; le nouveau matériel d'école se rapproche de plus en plus du système américain, qui donne à chaque élève son siège et son pupitre distinct. De plus, on trouve maintenant quelques inconvénients à placer les élèves dans la classe par ordre de mérite, ce qui exige un changement de places à toutes les compositions, c'est-à-dire presque chaque semaine ; h cause de ce va-et-vient incessant, le maître dans une classe nombreuse ne s'habitue jamais à trouver d'un coup d'œil chaque élève à sa place. Il faut ajouter que dans les écoles nouvelles les mieux installées, les tables-blancs d'une même salle de classe ne sont pas égaux : il y en a de deux ou de trois dimensions, à, Paris par exemple, pour correspondre aux deux ou trois moyennes de taille des élèves. Dès lors, c'est d'après la grandeur des élèves que le classement doit se faire, et le banc d'honneur n'est plus possible. On y a substitué le tableau d'honneur. — V. Récompenses.

BANCS D'ÉCOLE OU BANCS-TABLES. — V. Mobilier scolaire.

BANCS ET CHAISES DANS LES ÉGLISES. — Des difficultés s'élèvent quelquefois sur la question de savoir si les élèves des écoles publiques et privées sont également tenus de payer à la fabriquo paroissiale les bancs ou chaises qu'ils occupent aux offices, dans réélise.

Aucune disposition réglementaire n a été prise jusqu'à présent pour le paiement de ces places ; on ne saurait donc se prononcer sur cette question qu'en se référant aux principes généraux.

Tous les bancs et chaises d'une église doivent être loués ; mais, d'après l'article 65 du décret du 30 décembre i8()9, il est expressément défendu de rien percevoir pour « l'entrée de l'église, et on doit réserver, dans toutes les églises, une place où les fidèles qui ne louent pas de chaises ni de bancs puissent commodément assister au service divin et entendre les instructions. »

Une fabrique ne pourrait donc rien réclamer des enfants des écoles qui assistent aux offices sans prendre place dans des bancs ou sur des chaises. Si, au contraire, ils se servent d'un matériel qui appartient à la fabrique et qui pourrait être loué, cet établissement a droit à une rémunération qui pourra être payée, par l'instituteur pour ses élèves après s'être entendu avec leurs parents s'il s'agit de pensionnaires, ou par les parents eux-mêmes si les enfants sont externes.

Tel est le droit strict, mais des considérations d'un ordre supérieur doivent engager les fabriques à se montrer aussi bienveillantes et aussi larges que possible. Dans certaines localités on pourrait procéder par voie d'abonnement contracté, soit avec l'instituteur, qui se ferait rembourser par les familles, soit avec l'autorité municipale, qui consentirait à se charger de la dette des parents.

[E. de Piesbecq.]

BANZET (Sara).— V. Conductrices de l'enfance.

BAl'TÊME (Acte de). — Avant l'établissement de l'état civil en France, l'acte de baptême était la pièce indispensable pour l'inscription des enfants dans les petites écoles. Aujourd'hui, bien que l'école publique en France soit confessionnelle d'après la loi de 1850, l'acte de baptême n'est requis dans aucun cas pour que les élèves y soient reçus (V. Admission des enfants dans les écoles primaires) . Il ne peut par conséquent suppléer à l'acte de naissance.

BABAILON (Jean-François). — Député de la Creuse à la Convention, prit part à la discussion du projet du comité d'instruction publique en brumaire an III, et proposa de réduire le programme des écoles primaires proprement dites « à lire, écrire, les quatre règles, les droits de l'homme, la constitution française et les préceptes de morale », mais de créer des écoles de canton avec un programme plus développé (V. Convention, p. 561). Devenu député aux Cinq- Cents, il prit, part à la discussion de l'an VI sur l'instruction publique, et se prononça contre la création d'écoles secondaires, intermédiaires entre les écoles primaires et les écoles centrales (V. Conseil des Cinq-Cents, p. 497). En l'an IX, il fut élu président du Corps législatif. Avant la Révolution, Barailon était médecin à Chambon. Rentré dans la vie privée en 1806, il mourut en

BABBAULD (Anna Laetitia). — Née en 1743 à Kibworth (Angleterre), morte en 1825. Fille d'un ministre unitarien et femme d'un pasteur, madame Barbauld prit rang par des ouvrages nombreux et estimés parmi les écrivains les plus populaires en matière d'éducation morale. Ses petits livres (en anglais) pour les enfants sont considérés à tous égards comme des modèles de ce genre de littérature. Ses Hymnes en prose, traduites en français, sont en usage dans les écoles enfantines de la Suisse romande.

BABDIN (Libre-Irmond). — Géomètre et topographe français, né à Montargis le 18 novembre 1794, mort à Passy le '20 décembre 1867. Il fit ses études classiques, en 1806, au lycée d'Orléans, et fut reçu à l'École polytechnique en 1813. Il fit partie de cette patriotique promotion qui lutta contre les

BARDIN

BARDIN

alliés à la barrière du Trône et à Vincennes. En 1818, nommé lieutenant d'artillerie en second à Strasbourg, il profita de la mise au concours d'une place de professeur de dessin et de fortification à l'École d'artillerie de Metz pour s'adonner tout entier à ses goûts pour les sciences exactes. — Il prit possession de son nouveau poste en 1819, à l'âge de vingt-cinq ans.

Depuis ce moment jusqu'à sa mort, c'est-à-dire pendant près d'un demi-siècle, liardin n'a jamais cessé un seul instant de consacrer tous ses efforts, tout son travail, toute son intelligence, au devoir le plus strict de son enseignement et d'y apporter un dévouement, un zèle, un désintéressement absolu.

Pénétré de l'extrême utilité des représentations graphiques, et de la nécessité d'en vulgariser la connaissance et l'emploi, il mit tout en œuvre pour répandre ce mode d'instruction dans les masses : ses cours aux sous-officiers, aux ouvriers, aux élèves des écoles, étaient des modèles de vulgarisation scientifique.

Nul mieux que lui n'a su se mettre à la portée d'auditeurs incomplètement préparés, et c'est à ce titre surtout qu'il faut le considérer comme le créateur d'une nouvelle méthode pédagogique. Bardin est, en effet, l'un des premiers promoteurs de renseignement par les yeux, qui évite à l'intelligence tant d'efforts inutiles , prévient les appréciations inexactes, économise le temps en donnant de prime abord une idée juste des choses. Dans l'application de ce procédé, pour faire comprendre les grands aspects naturels, Bardin a eu le mérite de n'employer jamais que des copies mathématiquement exactes.

Bardin consacra sa fortune et sa santé à la réalisation de sa méthode, qu'il formulait ainsi :

1° Étude du relief dans le cabinet, l'élève saisissant d'un premier coup d'œil l'ensemble de l'objet et y remarquant ensuite les détails ;

2° Étude sur le terrain, dans laquelle la nature même se trouve forcément comparée à sa représentation réduite ;

3° Étude, enfin, de la carte, c'est-à-dire de la représentation de l'objet par les procédés de la géométrie cotée.

Cette méthode a pour but, et pour résultat, de frapper les yeux d'abord, l'esprit ensuite ; l'élève, qui a été obligé de voir avant de chercher même à comprendre, se fait une idée juste des choses et en conserve le souvenir.

Bardin continua son enseignement à Metz jusqu'en 1839. Membre de l'Académie de Metz en 1822, fondateur, avec Poncelet, et plusieurs autres savants, des premiers cours industriels à l'usage des ouvriers, il est élu président de la Société académique en 1828, et nommé chevalier de la Légion d'honneur.

En 1839, il demande sa mise à la retraite, pour raison de santé, vient se fixer à Paris, et remplit, jusqu'en 1841, les fonctions de directeur des études à l'École centrale des arts et manufactures. — Nommé, en 1844, répétiteur des travaux graphiques à l'École polytechnique, il est élu, en 1848, représentant du peuple, et fait partie, dans l'Assemblée législative, du comité de l'instruction publique. Enfin, en 1852, il est nommé chef des travaux graphiques à l'École polytechnique, avec rang de professeur titulaire; à partir de 1855, il est chargé par le baron Dupin de le remplacer dans sa chaire du Conservatoire des Arts et Métiers ; il prend sa retraite définitive en 1860, et reçoit la croix d'officier de la Légion d'honneur. — Les sept dernières années de sa vie sont consacrées à l'exécution de ses plans-reliefs, et à la réunion des matériaux nécessaires à la rédaction du texte explicatif dont il se proposait de les accompagner.

Bardin mourut,le 20 décembre 1867, des suites d'une congestion cérébrale qui l'avait atteint le 16 octobre

et dont l'une des principales causes fut sans doute l'extrême fatigue qu'il éprouva pendant l'Exposition de 1867.

L'œuvre de Bardin se compose de deux parties très distinctes, mais également marq tées au sceau de l'exactitude la plus scrupuleuse : les collections géométriques et les collections topographiques.

Les collections géométriques, continuées par M. Muret, géomètre de la ville de Paris, ancien élève des cours du Conservatoire des arts et métiers, comprennent la représentation en plâtre des corps géométriques et des combinaisons qui font l'objet des épures de géométrie descriptive.

Montrer à l'élève les pénétrations, intersections, arrachements, etc., avant de lui demander d'en tracer l'épure graphique, tel était le but à atteindre.

Les collections tof/ographiques, qui sont beaucoup plus importantes, sont continuées par M. Peigné, capitaine d'artillerie, ancien professeur de topographie à l'École de Saint-Cyr.

Elles comprennent cinq groupes, qui forment un enseignement complet et progressif.

1er groupe : Première étude du sol. Beliefs du mont Saint-Quentin au 10000e, et de l'île de Porquerolles au 20000e. Ils existent sous cinq formes, qu'il est bon d'étudier successivement : 1° Planrelief lavé à l'effet, image, aussi parfaite que possible, de la nature. — 2° Plan-relief lavé par teintes conventionnelles. — 3° Plan-relief à courbes de niveau équidistantes. — 4° Plan-relief à lignes de plus grande pente (hachures). — 5° Plan-relief avec cotes d'altitude.

Les reliefs de l'île de Porquerolles sont complétés par deux modèles : le premier, dans lequel les hauteurs sont doublées, fait voir combien il est important de proscrire les reliefs topographiques surhaussés, qui altèrent les pentes, méconnaissent les lois de la constitution géologique du sol, et dont l'emploi ne peut déterminer qu'une fausse appréciation; le second, en plâtre imperméable, peut être inondé partiellement, et montre les divers contours géographiques qui prennent naissance lorsque l'eau s'élève ou s'abaisse graduellement.

2e groupe : Orographie française. Ce groupe, d'une importance extrême, représente, au 40000e, les spécimens les plus caractéristiques des inégalités du sol français, depuis les plus basses collines, jusqu'aux plus hautes montagnes. Landes et dunes de Gascogne, collines et îles de la rade d'Hyères, Hautes-Vosges, (Mont-Dôme), Jura (chaîne du Reculet), Alpes dauphinoises, Hautes-Pyrénées (région des cirques), Hautes-Alpes (Mont-Blanc). Cette admirable collection, qui a coûté tant d'efforts de toutes sortes, doit présenter, pour chaque sujet, trois types différents : 1° plâtre mat à gradins ; — 2° plâtre mat à surfaces continues, complété, soit par un dessin sobre, aux crayons de couleur, à la peinture à l'huile ou au velouté obtenu par la tontisse de drap, soit par l'application, sur le relief, d'une carte gravée à la même échelle, et dont l'épreuve, sur papier mince, est collée sur le plâtre de manière à en suivre fidèlement toutes les sinuosités ; — 3° plâtre mat à surfaces continues, colorié suivant les teintes conventionnelles de la géologie. C'est ce. type qu'il importe le plus de continuer aujourd'hui.

3e groupe : Fragments topographiques complémentaires. — Le Jardin des Plantes, le parc des Buttes-Chaumont, Montlhéry, le Mont-Valérien, Alise, les îles de Port-Cros et de Tino, le col du Mont-Cenis, etc. Nous ne saurions omettre, à ce sujet, de dire un mot des reliefs qui représentent les lois et les phénomènes physiques, sous la forme la plus démonstrative.

4e groupe : Roches de diverses natures, à rapprocher des montagnes du 2* groupe. — Belle collection géologique, pouvant servir également de modèles pour le dessin d'imitation.

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