‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 97 sur 547 · BARNARD · texte numérisé non relu

BARNARD

5e groupe : Reliefs de fortification. — Le front de Vauban, celui de Cormontaigne , un type de lunette, etc.

Chaque relief a été reproduit parla photographie, dans le système de la lumière à 45 degrés. Il est, en outre, accompagné des cartes gravées correspondantes, et l'examen de cet ensemble doit se faire dans l'ordre suivant :

1° Étude du relief; 2° étude du terrain; 3° étude de la photographie ; 4° étude de la carte gravée ; 5° étude simultanée de l'objet et de ses trois représentations.

Le travail, ainsi conduit, donne au lecteur, le plus rapidement possible, une juste idée du terrain, et de sa représentation par la carte topographique de l'état-major.

Telle qu'elle existe aujourd'hui, la collection topographique contient de véritables chefs-d'œuvre, mais elle ne sera vraiment complète que lorsque les sujets du 2e groupe seront tous exécutés sous les trois types déjà énumérés.

On ne saurait se faire une idée des nombreux matériaux recueillis par Bardin avant de donner la dernière main à son Texte explicatif. La mort est venue le surprendre avant qu'il fût terminé, et c'est M. Peigné qui a été chargé de rédiger cet ouvrage, en le mettant à hauteur des progrès actuels, et de compléter la collection des plans-reliefs.

Bardin n'a fait que deux publications ; la première, en 183'i , est le résumé de ses leçons de Metz ; elle est intitulée: Notes et croquis de géométrie descriptive, et constitue le recueil le plus saisissant de toutes les ressources des méthodes graphiques; la seconde, datée de 1859, doit servir de préface au grand ouvrage dont il poursuivait la réalisation et qui a pour titre : la Topographie enseignée par des plans-reliefs et des dessins.

Il a laissé en préparation un atlas (Fragments topograpliiques • Album faisant suite à la topographie enseignée , etc.) composé de fragments de la carte d'état-major au 80000e, et montrant, dans un ordre méthodique, les aspects si variés du terrain.

Cet atlas est destiné à servir de complément à l'incomparable travail de notre Dépôt de la guerre.

Telle est dans son ensemble, l'œuvre que Bardin a réalisée, avec une rare perfection, dans presque tous ses détails, au prix de cinquante années d'un labeur incessant. Son exemple a été fécond. Les études topographiques et géographiques, si fort en faveur aujourd'hui, sont, en grande partie, fondées sur l'emploi des plans en" relief ; le nombre des auteurs qui ont suivi les traces de Bardin prouve l'excellence de sa méthode pédagogique.

[H. Tresca.]

BARERE (Bertrand), écrit aussi, mais à tort, BARRERE. — Né à Tarbes, 1755, mort à Bruxelles, 1841. De la carrière si longue et si inégale de cet homme politique, nous n'avons à signaler ici que la partie directement relative à l'histoire de l'instruction publique pendant la période révolutionnaire. Parmi les innombrables rapports et projets de loi dont Barère se chargea comme membre du comité de salut public, deux surtout doivent être mentionnés ici : 1° le Rapport sur les idiomes étrangers et l'enseignement de la langue française (séance du 8 pluviôse an II), qui exposait non sans les exagérations alors inévitables, l'inconvénient pour une province française de ne parler que le patois (comme en Bretagne) ou une langue étrangère (comme en Alsace). « La langue d'un peuple libre doit être une et la même pour tous... Nos ennemis avaient fait de la langue française la langue des cours, ils l'avaient avilie. C'est à nous d'en faire la langue des peuples, et elle sera honorée. » Suivait un projet de décret pour qu'il fût établi, « dans le délai de dix jours après sa publication, un instituteur de langue française dans chaque commune de campagne des départements du Morbihan, du

Finistère, des Côtes-du-Nord et partie de Loire- Inférieure. » 2° le Rapport sur l'éducation révolutionnaire^ républicaine et militaire (séance du 13 prairial 1794, Moniteur, 1794, n° 255), qui précédait le décret instituant Y Ecole de Mars. L'exposé des motifs contient ce passage remarquable : « Il y a quatre ans que les législateurs tourmentent leur génie pour fonder une éducation nationale, pour ouvrir des écoles primaires, pour instituer différents degrés d'instruction, pour raviver les sciences et les lettres, pour encourager les arts et pour élever en républicains la nombreuse génération qui s'élève. Qu'ont-ils obtenu? qu'ont-ils établi? Rien encore. Les collèges qui transvasaient le despotisme et les opinions fanatiques dans l'âme des jeunes citoyens sont heureusement fermés ; mais aucun établissement n'a remplacé encore ce& maisons publiques. Cependant un vide nombreux menace la République dans les fonctions civiles et militaires. Le retard occasionné dans l'éducation publique par les secousses et la durée de la Révolution se fera fortement sentir dans quelques années, et nous sommes forcés d'apercevoir de loin une lacune considérable dans les besoins de la République pour tous les emplois. » — C'était pour parer à ce grave danger, disait Barère, que le comité de salut public proposait d'une part « d'établir une école où se formeraient des instituteurs, pour les disséminer ensuite tous les districts, » et d'autre part, « de révolutionner la jeunesse comme nous, avons révolutionné les armées » en instituant YÊcole de Mars. — V. Convention,

BARLETT1. DE SAINT-PAUL (François-Paul^.

— Né en 1734, mort en 180i), fut sous- gouverneur des Enfants de France, et chercha à répandre les principes pédagogiques de Port-Royal. A cet effet, il composa une foule de petits livres formant une Encyclopédie élémentaire. Il préconisa lamnémotechnie, au moyen de vers techniques, que l'élève devait composer lui-même ; il inventa aussi une méthode de lecture ressemblant beaucoup au bureautypographique * de Dumas. Les ouvrages de Barletti, qui eurent une grande vogue à l'époque où ils parurent, sont aujourd'hui oubliés.

BARNABITES. — Congrégation de clercs réguliers, fondée à Milan, en 1530, par Antonio Maria Zaccaria, approuvée à Bologne, en 1533, par le pape Clément VII. On les appela Barnabites , parce qu'ils firent leurs premiers exercices dans une église de chanoines réguliers dédiée à saint Barnabe ; on leur donna aussi le nom de clercs de saint Paul, parce qu'ils faisaient une étude spéciale des écrits du grand apôtre. Voués à l'œuvre des missions, à la prédication, à l'éducation de la jeunesse, ils fondèrent de nombreux monastères en Italie, en Espagne, en Autriche et même en Bohême. Henri IV les appela en France, en 1608, dans son cher Béarn ; c'est à Dax que nous constatons l'existence de leur premier établissement, où l'on s'occupait plus spécialement des études secondaires que des études primaires.

Le savant archiviste des Landes, Olba, a publié [Annales de la Société des lettres, sciences et artsT 1868) quelques extraits de la délibération qui leur confia le collège de Dax (9 juillet l(>3l). Ce collège comptait, en 17&9, 30 internes et 40 externes.

En 1656, les Barnabites sont appelés à diriger le collège de Mont de Marsan ; c'est sur l'emplacement même de cette antique maison qu'a été établi en 1866 le lycée d'enseignement secondaire spécial.

Aujourd'hui il n'y a plus en France que deux institutions privées dirigées par les Barnabites ; la principale est à Gien.

On trouve aux archives des Landes (sér. H. 167) et aux archives communales de Mont-de-Marsan des pièces curieuses sur l'organisation, la direction et l'installation des Barnabites. [L. Maggiolo.]

BARNARD (Henry). —Pédagogue américain, né

BARRAU

LARRÈME

à Hartford (Connocticut) en 1811. Après de brillantes études à Yale Collège, et après quelques années passées dans renseignement, M. Barnard lit un long séjour en Europe pour y étudier l'état <lc l'instruction publique (183&-36). Elu à son retour membre de la législature du Connocticut, il y prit l'initiative d'un grand nombre de réformes et de créations philanthropiques ; il fit prendre des mesures efficaces pour la surveillance des écoles publiques, publia un livre qui eut un immense succès, School architecture (1839), créa un des premiers journaux d'instruction primaire qu'ait possédés l'Amérique, le Common School Journal (1842), réunit ensuite, dans un voyage de quinze mois, les éléments, d'une grande Histoire des écoles publiques aux Etats-Unis (qui n'a pas été publiée) et fut nommé surintendant des écoles de l'État de Rhode-Island (1844-1849). Il revint ensuite comme surintendant des écoles dans son État natal (1850-54) et commença en 185C son grand American Journal of éducation. Pendant les années suivantes, il fut successivement à la tête de divers grands établissements d'instruction. La dernière fonction publique qu'il ait remplie fut celle de directeur du Bureau national d'éducation de Washington (1867-70). Depuis lors M. Barnard s'est complètement consacré à la publication d'ouvrages et surtout de recueils de documents sur l'instruction publique dans les deux mondes. Aucun écrivain depuis un demi-siècle n'a rassemblé, à notre connaissance, une somme aussi considérable de matériaux, de renseignements et d'études de tout genre en matière pédagogique que M. Barnard. Ses écrits, ses rapports officiels, ceux qu'il a fait traduire ou résumer, les innombrables travaux qu'il a su provoquer, classer et diriger, forment une véritable encyclopédie pédagogique, d'autant plus remarquable que tous les pays et tous les temps y sont représentés. Le Barnard s Journal of éducation est une collection qui devrait figurer dans tous les établisse ments où on lit l'anglais (26 vol. in-8 en 1878). Citons parmi les ouvrages les plus importants de ce fécond écrivain, outre son Architecture scolaire qui a servi, sinon de modèle, du moins de premier exemple à tous les écrits européens sur le môme sujet • National éducation in Europe (1854), Normal Sc/ioils (1851), plusieurs recueils de biographi s de pédagogues de divers pays (1857-63), sa ■coleection de Papers for teachers comprenant un vollume sur la pédagogie américaine, d'autres sur la pédagogie allemande, anglaise, sur Pestalozzi, etc., ses études spéciales sur l'éducation pénitentiaire (1857), les leçons de choses (1860), les écoles militaires (1862).

BARRAU (Théodore-Henri). — Littérateur et publiciste français, né à Toulouse le 18 octobre 1 "î 94 , mort à Paris le 10 mai 1865. Il entra de bonne heure dans l'Université et occupa dix ans la chaire de rhétorique au collège de Niort. En 1830, il fut appelé à celui de Chaumont, comme principal chargé du même cours. Ce collège, sous sa direction, devint en peu de temps l'un des plus florissants de la contrée.

Déjà à cette époque, M. Barrau, bien qu'appartenant à l'enseignement secondaire, se préoccupait des questions relatives à l'enseignement populaire que la loi de 1833 avait soulevées.

Aussi, en 1840, prit-il part àun concours proposé par l'Académie des sciences morales et politiques sur cette question : « Quels perfectionnements pourrait recevoir l'institution des écoles normales primaires, considérée dans ses rapports avec l'éducation de la jeunesse » et, sur un rapport bien connu de Jouffroy, il fut jugé digne du prix, en même temps que M. Prosper Dumont, alors inspecteur de l'instruction primaire à Fontainebleau, obtenait, sur le même sujet, une médaille d'or d'égale valeur. — Jouffroy constatait dans le mémoire de M. Barrau de hautes qualités d'intelligence et de

caractère, « le sens politique et pratique, la maturité du jugement, une sagesse d'esprit et une sûreté de vues qui ne se démentent jamais un moment. » Le style, ajoutait Jouffroy, est en rapport exact avec les idées : « il est simple et ferme ; la phrase serrée et rapide va droit à la pensée, q :'elle exprime toujours avec énergie, souvent avec un bonheur de tour et d'expression qui n'est jamais recherché. »

Tel étaitalorsM. Barrau ; tel il resta dans la suite de sa vie, qu'il consacra bientôt tout entière à l'instruction primaire, lorsque en 1845 l'âge de la retraite lui permit de quitter renseignement.

Il vint alors habiter Paris, où l'appelaient en particulier ses relations avec M. Hachette, dont il fut constamment l'un des plus intimes et des plus dévoués amis.

M. Barrau entra à cette époque dans la rédaction du Manuel général de l'instruction primaire; il en devint quelque temps après le rédacteur en chef, et il fit de cette publication, en lui donnant ce caractère de bon sens et de mesure qui était comme la marque de sa propre personnalité, un des organes les plus autorisés de l'instruction primaire en France.

Aussi, quand vinrent les mauvais jours de 18ô0 et des années qui suivirent, M. Barrau put-il prendre hautement la défense des instituteurs, qu'il avait su prémunir contre des entraînements aussi dangereux pour leur cause que pour eux-mêmes. Il fut, à cette même époque, le défenseur courageux des écoles normales, publiquement dénoncées à la tribune comme des « académies au petit pied », et dont la suppression ne tint qu'à un fil.

M. Barrau a composé de nombreux ouvrages, dont les principaux, destinés soit aux maîtres, soit aux écoles, ont eu de nombreuses éditions et sont trèsjustement restées populaires, comme la Direction morale pour les institideurs, les Devoirs des enfants e?wers leurs parents, le Livre de morale pratique et la Patrie. En 1864, l'année qui précéda sa mort, M. Barrau avait obtenu le prix Halphen *, décerné par l'Académie des sciences morales et politiques à ceux qui se sont exceptionnellement signalés pour des services rendus à l'instruction populaire.

Il méritait incontestablement cet honneur nonseulement par les services qu'il avait rendus dans des circonstances difficiles, mais encore par l'influence qu'il a exercée trente années durant sur les instituteurs et sur l'instruction primaire française. On peut dire, en effet, que de 1845 à 1865 M. Barrau a formé et dirigé, tant par ses livres que par son journal, qui a été son œuvre capitale, le plus grand nombre de nos maîtres, leur inspirant en même temps que sa haine des systèmes, qui pouvait aller quelquefois jusqu à un dédain exagéré de la science pédagogique même dans ses principes les plus sûrs, le respect de leur profession, l'attachement à leurs devoirs, et cette recherche de l'art d'instruire qu'il fondait, en dehors de toute théorie, sur la vertu du maître et sur son amour pour les enfants. M. Barrau a été à ce titre, nous ne dirons pas un des « pédagogues », — le mot l'eût formalisé, — mais un des éducateurs français les plus originaux de notre temps. — V. Manuel yt né>af.

[Ch. Defodon.]

BARREME (Bertrand-François). — Né à Lyon vers 16;î0, mort à Paris en 1703. Barrême est le premier qui ait enseigné en Fiance l'arithmétique commerciale; il ouvrit à Paris vers 1 670 des cours de banque et de tenue des livres en partie double; il fit de la comptabilité une vraie science au lieu d'une routine aveugle. Il fut encouragé par Colbert. On lui doit une dizaine d'ouvrages, dont les plus célèbres sont les Comptes faits du grand commerce (1670, revu en 1 708 par Barrême fils), son Livre nécessaire pour tous les comptables, son Arithmétique ou livre facile pour apprendre l'a-

BARRUEL

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