MONOCOTYLÉDONES
leiche s'y sont développées et que les bêtes à cornes et les chevaux qui veulent manger cette leiche se coupent la bouche et la langue. Sauf dans un très petit nombre de monocotylédones, la tige de ces végétaux demeure grêle et se ramifie peu. Ce n'est guère que dans les palmiers, les yuccas, les agaves que la tige des monocotylédones prend un certain développement en diamètre et en hauteur. Dans le palmier rotang, dont on retire le jonc à canne, la tige, tout en conservant un diamètre très faible, présente une longueur qui peut atteindre 200 et même 300 mètres. La tige des monocotylédones présente un très grand nombre do faisceaux libéro-ligneux à un seul centre de développement; tous ces faisceaux sont plongés au sein d'un parenchyme ou tissu fondamental. La surface de l'organe est constituée par une lame épidermique. Quelques mots sur chacun de ces éléments, faisceaux libéro-ligneux, tissu fondamental et épidémie, ne seront pas inutiles. Chaque faisceau libéro-ligneux comprend une petite masse de bois primaire, composée de trachées de vaisseaux rayés et de quelques fibres ligneuses, et une masse principale de liber composée de cellules grillagées, de fibres primitives et de parenchyme libérien. Les cellules grillagées, toujours très simples, du liber des faisceaux de ces tiges, ont été désignées par Hugo von Molli sous le nom de vaisseaux propres, alors qu'on ignorait leur véritable nature ; ce nom est encore en usage dans beaucoup de manuels élémentaires. Exceptionnellement, Je faisceau libéro-ligneux peut présenter des laticifères. En général dans chaque faisceau le liber et le bois sont situés sur un môme rayon qui passe par le centre de la tige, le liber étant plus près de la périphérie de la tige, le bois au contraire étant plus près du centre de cet organe. Dans sa course à travers la tige, chaque faisceau part d'un faisceau situé plus bas que luimême et voisin de la périphérie; de là on le voit s'avancer peu à peu vers le centre de la tijre, dont il approche plus ou moins, puis il s'incline de nouveau vers la périphérie et se rend dans une feuille ; toute cette évolution s'est faite, non dans un plan, mais bien sur une sorte de surface gauche. Aux différents points de sa course, un faisceau n'a pas toujours la même constitution ; il est plus simple à sa partie inférieure que vers sa région supérieure. Dans sa course, un faisceau a donné généralement naissance à plusieurs autres faisceaux, il a aussi touché un certain nombre de faisceaux, ses voisins, avec lesquels il s'est parfois plus ou moins confondu. Cette marche assez compliquée de chaque faisceau de la tige, jointe au grand nombre de ces faisceaux, justifie l'idée exprimée dans la plupart des ouvrages botaniques, à savoir que les faisceaux sont dispersés sans ordre dans la tige des monocotylédones. Rarement le faisceau libéro-ligneux de la tige des monocotylédones présente une zone cambiale. Ce faisceau ne peut donc croître en épaisseur d'une manière tant soit peu notable ; on dit qu'il est fermé. Il en résulte aussi que la tige des plantes monocotylédonées ne peut non plus augmenter beaucoup en diamètre, à moins que, comme dans les dragonniers, il ne se produise à la périphérie de la tige une zone spéciale d'épaississement dans laquelle apparaissent de nombreux faisceaux secondaires. Le tissu fondamental qui rattache entre eux les faisceaux libéro-ligneux est formé de cellules polyédriques à parois minces gorgées de suc. A cet état, ce tissu est comparable à la moelle et à l'écorce des plantes dicotylédonées. Dans quelques palmiers, le tissu fondamental de la tige se fibréfie et forme ces éléments que M. Schwendener a désignés sous le nom de fibres mécaniques. Quelques botanistes, trompés sur la véritable nature de ces fibres mécaniques, par leur position et par leur aspect, ont assimilé
ces éléments aux fibres libériennes et les ont rattachés aux faisceaux libéro-ligneux. Cette erreur a entraîné certains industriels dans une fabrication désastreuse, en leur faisant rechercher dans des végétaux monocotylédones comme l'alfa, le phormium, le jute, des fibres textiles comparables à celles du chanvre et du lin. Ces dernières, étant constituées par des fibres libériennes, ont des qualités de longueur, de souplesse, et de finesse qu'il est ridicule de demander à des fibres mécaniques. L'épiderme qui revêt la tige aérienne des monocotylédones est remarquable par sa longue durée, et la faculté que possède chacune de ses cellules constituantes de se cloisonner perpendiculairement à la surface de la plante pendant un temps fort long. Vu le faible grossissement des tiges des monocotylédones en diamètre, ces végétaux ne présentent que rarement des phénomènes de décortication comparables à ceux que nous observons sur la surface des arbres de nos pays.
Beaucoup de monocotylédones ont des tiges souterraines dont les bourgeons latéraux ou terminaux viennent à la surface du sol et donnent les hampes florales. Les tiges souterraines sont généralement transformées en rhizomes, c'est-àdire que chacun de leurs entre-noeuds se raccourcit, augmente de diamètre dans des proportions souvent considérables ; les faisceaux de la tige se pressent les uns contre les autres et ne forment plus qu'une masse minime concentrée autour du centre du rhizome; la région corticale du tissu I fondamental est alors très développée. La surface des rhizomes est très souvent constitué ■ par une couche subéreuse. Le rhizome se montre donc comme un appareil d'hibernation comprenant un réservoir, c'est le rhizome lui-même, et des points de végétation qui sont les bourgeons latéraux du rhizome. Ces points de végétation sont destinés à redonner chaque année ou périodiquement les parties florales.
Quelques tiges courtes de monocotylédones et les bourgeons qu'elles portent se transforment en bulbes par l'épaississement des écailles qui les revêtent. Tout le monde connaît les bulbes de l'oignon, de la jacinthe, du lis.
Les feuilles des monocotylédones sont simples, entières, ou déchiquetées en lanières, sessiles, embrassantes, à nervures généralement parallèles. Chez quelques asparaginées et chez les dioscorées, la nervation des feuilles est exceptionnellement réticulée. Dans quelques juncus, les feuilles sont cylindriques et cannelées. La surface des feuilles des monocotylédones est presque toujours lisse, luisante. La feuille par elle-même est assez consistante. Les stomates sont disposés en files parallèles à la longueur des feuilles, sur toute la surface, ou seulement sur la face inférieure de ces organes. Chaque stomate forme par lui-même un appareil assez compliqué. Dans quelques plantes, les stomates sont cachés au fond de cannelures plus ou moins profondes; le rôle de ces cannelures est d'immobiliser une certaine quantité d'air dans le voisinage de la surface d'absorption des gaz. La plupart des feuilles des monocotylédones ne se détachent pas immédiatement de la tige qui les porte, lorsqu'elles cessent d'être utiles à la plante. Dans les plantes des régions tropicales où cette disposition est le plus accentuée, la feuille se détruit sur place. La présence de tous ces débris de feuille autour de la tige fournit à celle-ci un revêlement très puissant constitué par une sorte de bourre brune, très recherchée aujourd'hui pour la fabrication des tissus grossiers en filasse de palmier. Ce n'est que dans des plantes très avancées en âge que, par suite de la décortication, la surface redevient lisse. Les feuilles des monocotylédones sont disposées sur la surface de la tige en séries al-
MONOGOTYLÉDONES