‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 179 sur 534 · NAP · texte numérisé non relu

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[Albert Rcville.J

N A PO 1 ÉON Nabulti ne, Napolenne).— Il île, \\\i, histoire de France, \\\n \\\\ 1. — Ce nom appartient à l'histoire générale au morne titre que ceux d'Alexandre ou ai I Il rappelle un homme de guerre prodigieux dont

le momie ne cessera plus de parler avec un étonnement mêlé d'épouvante.

Dans notre histoire, il désigne une dynastie impériale, maintenant éteinte, après avoir fourni deux fois, depuis le début du siècle, des souverains à la France, et l'avoir deux fois livrée vaincue aux horreurs de l'invasion étrangère.

La légende bonapartiste compte quatre Napoléons; l'histoire, deux seulement. Quant à ces deux pseudo-souverains que leurs partisans appellent Napoléon II et Napoléon IV, ce furent de pauvres enfants, dont la courte et tragique destinée, faite pour éveiller la pitié, dévoile la fragilité des plus grandes fortunes politiques.

Le premier Napoléon est né à Ajaccio le 15 août 17G9. Selon M. long, cette date serait fausse; et le but de cette falsification aurait été la nécessité de produire un acte de naissance conforme au règlement d'entrée de l'Ecole militaire où Charles Bonaparte désirait faire entrer son fils Napoléon.

La maison était noble, et, paraît-il, d'une noblesse fort ancienne que Napoléon renia un instant en 1793, mais qu'il prit soin plus tard de faire remonter jusqu'à des temps fabuleux et à des origines impériales (Comnènes). Charles Bonaparte s'était compromis dans le parti opposé à la France avec Paoli ; mais il avait su faire sa paix, et trouva même le moyen de s'assurer la faveur de M. de Marbœuf, gouverneur de l'île.

En 1179, Napoléon entra à l'Ecole militaire de Brienne. Là, comme dans sa famille, sa nature ardeme se révéla : c'était un enfant passionné, opiniâtre ; ce fut un écolier capricieux. A Brienne, plus tard à Paris en 1784, il vécut solitaire et taciturne, travaillé du mal du pays, du sentiment de sa pauvreté, probablement ridicule par sa tournure, son accent étranger, son langage incorrect et ses façons rudes.

Il venait de prendre rang au régiment de la Fère comme lieutenant en second quand son père mourut (1785). Quoiqu'il ne fût pas l'aîné de la

maison, se -on crade, si modest'

fin la timid ' ph loi don:

et pr de chef de

I lâche était lourde : Charles Bonaparte laissait

faute, et nulle fortune, sans autr

qu'un vieil oncle, l'archidiacre Lucien. Fst-ce à

préoccupation honorable, ou bien aux fantai-

i incibles d'un caractère Indisclpllnable, qu'il

faut dès lors attribuer l'irrégularité des états de

du Jeune offi .

M. Iung ne laisse aucun doute sur ce [ preuves en main, il montre qu'en congés réguliers ou non. Napoléon a pas»é hors du • - mois

sur 9'.) de grade. Dans toute autre circonstance, il n'aurait eu d'autre alternative que la dém ou le conseil de guerre; mais de 1 7 s : » à 119! la désorganisation des services militaires était si générale que de telles irrégularités pouvaient passer inaperçues.

Moins Français que Corse, et moins attentif aux événements terribles qui agitaient sa nouvelle patrie qu'aux querelles de son clocher, c'est d'Ajaccio ou de Corte plutôt que de Paris que le jeune Napoléon se souciait alors. Môle aux intrigues fort obscures qui au bout de deux ans firent de Paoli l'ennemi déclaré de la France, un jour môme dénoncé comme traître et fauteur de guerre civile, il fut enfin réduit à quitter la Corse avec sa famille proscrite et ruinée.

Tout espoir de devenir un héros corse étant perdu pour Napoléon, il se rejeta avec ardeur vers la France. Le Souper de Beoucaire qu'il écrivit alors, et qui fit un certain bruit, fut un coup de maître : la fervpur d'un dévouement aussi résolu aux idées révolutionnaires le désignait pour quelque commandement. La République avait besoin d'hommes d'action : Toulon venait d'être livré à l'ennemi ; il fallait le reprendre au plus vite. La légende qui représente Bonaparte comme sauvant par un éclair de génie l'opération du siège compromise par l'ineptie des généraux, est une injure pour des supérieurs auxquels Napoléon lui-même rendait justice. Sa conduite d'ailleurs avait été fort brillante et fut signalée à la Convention, qui le nomma général de brigade en 1704 à l'armée d'Italie.

Le 9 thermidor eut un contre-coup terrible sur la fortune des Bonaparte. Disgracié à cause de ses relations avec les Robespierre, Napoléon subit une courte captivité de quinze jours, puis perdit son.

NAPOLÉON

NAPOLÉON

commandement, refusa une compensation en Vendée et donna sa démission.

Réfugié à Paris, fatiguant le ministère de ses mémoires, s'efforçant de ne point se faire perdre de vue et prêt à tout, il accepta au 13 vendémiaire le soin de combattre la réaction royaliste.

Sa victoire du parvis de Saint-Roch lui valut lo crade de général de division, avec le commandement en chef de l'armée de l'intérieur. C'était le t^mps du Directoire; et comme l'avait prédit Duport en 1791, le moment approchait où « ta Révolution ferait naufrage sur Cècueil du militarisme. » ! J • • ■

En face d'un gouvernement justement décrie pour ses tripotages et ses faiblesses, au milieu d'une société ivre de repos après le péril de 1 invasion, il eût été vraiment prodigieux qu an rai n'eût pas la tentation de profiter de sa réputation pour saisir le pouvoir, sauver l'ordre, comme on dit en pareille occurrence, et fonder sa

ne sur quelque aventura, dont lilli pourrait être atténuée par l'impopularité même du gouvernement au détriment duquel elle serait commise.

Cette tentation, Bonaparte 1 eut, et la Battant au 18 brumaire. 11 n'y a pas lieu de retracer ici le détail des deux grands événements sur lesquels il avait fondé sa réputation militaire, en supplantant dans l'opinion publique des compagnons «larmes aussi méritants et plus anciens que lui. Tout le monde sait la campagne d'Italie de 1796 et la campagne d'Egypte.

En 1196 le Directoire, tout en ordonnant un rquement en Irlande, Jetait trois armées sur la mute de Vienne. La petite année a Italie lit merveille sous Bonaparte : les Alpes tournées en avril, la cour de Turin contrainte h la paix. Mi- 1 in occupé, la Lombardic conquise etpacifl dige franchi, les Autrichiens raletésdant le tyrol, le pape et les petits princes c'e l'Emilie admis à traiter, la cour de Naples ■ l'Autriche

quatre fois revenanl a la charge pour toue des coupa de Bonaparte, et quatre fois battue en août, septembre, novembre 1796, et janvier i Lonato, • Pnis

,t sur Vienne malgré l an Charles, arrivant an Semmi gnant comme

il avait combattu, sans ordre ou malgré les ordres | reçus d'abord an armistice à Léoben, puis la paix à Camp.» Formio (11 oct. 1797), et sacrifiant Venise d'un trait de plume.

Bonaparte s'était révélé tout entier : art d enflammer les troupes, d'improviser de» ressources, d'enfler ses moindres suer res et les hommes avec cette brusque impétuosité qui paralyse l'effort de l'ennemi, coup à toute objection et colore d'un éclair de génie les actions les plus imprudentes ou les caprices les plus injustes.

Au retour, qui fut triomphal, le Directoire se sentit gêné en face de son impérieux général, en qui il lui était facile de reconnaître moins un serviteur qu'un rival. Il écouta donc avec faveur la singulière proposition que fit Bonaparte de porter ire en Egypte pour réduire à la paix l'Anrre inexpugnable chez elle.

Tout fut préparé dans le secret ; rien ne fut épargné, et l'expédition, partie en mai 1798, débuta merveilleusement : Malte enlevée aux Chevaliers, puis Alexandrie et le Caire aux Mameluks après une victoire au pied des Pyramides de Gizeh (21 Juillet .

Cependant le désastre d'Aboukir isolait l'armée de Bonaparte ; deux armées turques vinrent l'attaquer dan3 sa conquête; il les battit au mont Thabor, b, Aboukir (1799). Mais il avait échoué en Syrie devant Saint-Jean-d'Acre, et la route des Indes restait fermée. Dès lors, et malgré son zèle

pour la colonisation de l'Egvpte ou pour les travaux de son Insttut <>u Caire, le sentiment do son impuissance l'envahit. Son devoir était de rester avec ses troupes; son intérêt lui parut être de revenir en France : il partit donc, sans ordre, jurant qu'il allait ramener un renfort.

Le 9 octobre il débarquait; le 1G octobre il entrait à Paris, le 9 novembre il frappait son coup d'Etat du 18 brumaire, et, prenant en mains la direction suprême des affaires militaires, de la diplomatie et du gouvernement intérieur, il réduisait les plus glorieux généraux do la Révolution au rôle de simples lieutenants. ^

« On avait vu tant de coup d'Etats qu'on s'était habitué à les juger moins par leur moralité que d'après leurs suites. »

Au 18 brumaire. Bonaparte eut pour lui la connivence d'une majorité désenchantée de la liberté et incapable de prévoir que le régime nouveau amènerait fatalement le retour de maux encore nids que ceux qu'il venait réparer.

Ce régime, c'était la monarchie, en dépit de l'illasion républicaine que le partage apparent du pouvoir consulaire était chargé d'entretenir. Le préambule de la constitution de l'an VIII disait : u La Bévolution est li\ée aux principes qui 1 ont commencée, elle est finie. »

■ assertion souleva bien quelques opposimais, fori des 4 millions de suffrages obtenus lors du plébiscite, servi par une police vi- • •onreuse, entouré de fonctionnaires choisis par lui B tous les degrés, lo premier consul poursuivi! son œuvre. ., Désintéressée ou non, elle fut évidemment faconde et habile.

Il réconcilia la France avec la cour de Rome, au moyen d'un nouveau Concordat établi sur des plus conformes a notre droit public; il rouvrit les églises au culte, mais sans rendre au clergé ni ses biens, ni son indépendance; il donna enfin une sanction éclatante au principe d égalité proclam., en 1789, dans le Oxle civddes Fronçait. M da en même temps il fondait, sous le nom do <ftfo neur, an Bystèmede distinctions qui, mtumer le pays au rétablissement d'une hiérarchie sociale sans laquelle il est à peu près impossible de fonder et de soutenir une monarchie. , .

De même, les cadres si souvent admirés de notre administration publique, qui servirent d'abord au rétablissement rapide de l'ordre, se prêtèrent i plus tard, avec une commodité bien dangereuse, à la constitution du gouvernement le plus lique qui ait jamais asservi un peuple libro et vainqueur.

De tous les services rendus au pays par le gouvernement consulaire, le plus sensible fut la paix l'Autriche et l'Angleterre. Après quelques ouvertures mal reçues, la campagne de 180»', îllus- ' trée par la victoire de Bonaparte à Marcngo ( i i juin) et par celle do Moreau à Ilohcnlinden lî décembre, aboutit à la paix de Lunéville (février 1 0 , qui laissait l'Angleterre sans allies.

Bonaparte voulait la contraindre à traiter. Les malheurs de l'armée d'Egypte pesaient en cllet sur lui comme un remords : car il n avait pu laire parvenir ni un renfort, ni l'escadre nécessaire au rapatriement, et les glorieux débris de cette ar- ; mée venaient de capituler à Alexandrie et au Caire (mai-août 1801). .

Successivement il essaya de nouer contre îAn- ! gleterre deux coalitions maritimes : celle du isora échoua par la mort de l'aul 1" de Russie (mars) et 1 par la capitulation de Copenhague avril 180 y, 1 mais celle du Sud aboutit, après la chute de Pxtt, 1 à la paix d'Amiens (25 mars 1802).

Dijne des deux grandes nations qu. ?"e ™£Ji ' cillait, et féconde, si elle pouvait durer, en roui

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