‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 185 sur 534 · NOMBRES DÉCIMAUX · texte numérisé non relu

NOMBRES DÉCIMAUX

(mal, difficulté), pré (antériorité), pro (en avant, pour), re (redoublement, réciprocité, oppo-ition, rénovation), sub (sous), super (sur), tra?is (au delà).

Dérivés. — Quand un affixe s'ajoute à la suite du radical, il prend le nom de suffixe, et le nom ainsi formé est un nom dérivé. (V. Dérivation.)

Exemple : paroissien, feuillage, formés des noms paroisse et feuille, et des suffixes ien étage.

Les noms dérivés peuvent se former de substantifs à l'aide des suffixes ade (qui exprime l'idée d'assemblage), at ('profession), nge (état). an, ain, im (état, collection), ard (espèce), aire, ier, er 'profession), itie, ice, esse (état, manière d'être). Exemple : colonnade, cardinalat, esclavage, charlatan, épinard, statuair-, calvitie, complice, allégresse, etc.

On peut encore tirer des noms dérivés des adjectifs, à l'aide des suffixes esse, ice, ise, ie, té, '•re, qui indiquent un état, une manière d'être. Exemple : sage, sagesse; avare, avarice; sot, sottise; malade, mataiie; pauvre, pauvreté ; vert, verdure.

On peut aussi en tirer des verbes, à l'aide des suffixes ade, âge, ance (état, inaction), eur, euse, eresse, ice (celui qui fait une action), is, m^nt, ure (résultat d'un acte), oir (lieu où se fait l'acte", on, ison, aison (action). Exemple : salade, blanchissage, vengeance, chanteur, chanteuse, vengeresse, lo/jis, logement, trottoir, sujaison, bouchon, blessure, etc.

Beaucoup de noms dérivés des verbes ne sont à proprement parler que l'infinitif même : le devoir, le savoir, le manger; ou le participe passé féminin : la dictée, la livrée, la tenue, la revue; ou le participe présent: un montant, un mourant. Ces mots ne sont pas de véritables noms dérivés.

Exercices. — Voici un moyen commode et amusant d'apprendre aux enfants l'orthographe d'usage et la signification des noms. Le maître partage le tableau noir en deux colonnes. Il écrit deux ou trois noms dans la colonne de gauche ; puis il écrit dans la colonne de droite, mais en intervertissant l'ordre, des noms qui indiquent dune manière générale la signification des premiers. Exemple :

Colonne de gauche. . Colonne de droite.

Violon. — Sabre. — Arbre. — Fleur. — Peuplier. — Rose. — Arme. — Animal. — In- Chien. strument.

Voici maintenant comment se fait cet exercice, qui intéresse au plus haut point les enfants.

L'élève écrit sur son cahier le premier nom de la colonne de gauche : violon. Il cherche ensuite, dans la colonne de droite, le nom qui indique ce que c'est qu'un violon, et il forme, à l'aide de ce mot, une proposition :

Le violon est un instrument.

Procédant de même à l'égard des autres noms, il écrira successivement :

Le sabre est une arme. — Le peuplier est un arbre. — La rose est une fleur. — Le chien est an animal.

Ces exercices pourront servir une seconde fois, dans l'étude de la formation du pluriel des noms. Il suffira de faire transformer les propositions de cette manière :

Les violons sont des instruments, etc.

On tirera encore un excellent fruit de ces exercices, si l'on veut compléter la définition. On fera trouver à l'élève les réponses nécessaires, en le questionnantavec adresse : « Un violon est un instrument. de musique, a etc., etc. Des exercices ainsi faits vaudront les meilleures leçons de choses. Mais il faudra que le maître évite avec le plus grand soin de multiplier les noms outre mesure dans un même exercice, ce qui embarrasserait le jeune

élève; il faudra aussi qu'il prenne garde de mettre dans la colonne de gauche deux noms auxquels s'appliquerait un même nom de la colonne de droite. On ne placera donc point deux noms d'arbres, deux noms de plantes, etc.

Noms concrets-, noms abstraits. — Pour bien faire comprendre aux enfants la différence qui distingue ces noms, on pourra les exercer d'abord à former des noms abstraits. Exemples :

1° Des adjectifs suivants, formez des noms abstraits, sur ce modèle : Prudent, la prudence ; sage, la sagesse.

Prudent.

Bienfaisant.

Abondant.

Confiant.

Constant.

Patient.

Sage.

Tendre.

Souple.

Juste.

Tiiste.

Jeune.

2° Formez des noms abstraits, à l'aide des adjectifs suivants, sur ces modèles : Laid, la laideur; fertile, la fertilité.

Haut.

Lent.

Rapide.

Gros.

Pesant.

Docile.

Froid.

Solide.

Facile.

Large.

Avide.

Humide

3° Enfin, dans un morceau dicté, on fera souligner d'un trait les noms concrets, et de deux traits les noms abstraits.

Pour apprendre aux élèves à former le pluriel des noms dits composés, tout en exerçant leur sagacité, on leur donnera une liste de noms, à la suite desquels on leur dictera des propositions où chacun des noms proposés doit trouver place, et ils devront compléter ces phrases.

Exemple: Basse-cour. — Chef-lieu. — Passeport.

— Serre-téte. — Passe-partout.

Phrases a compléter. — Les — sont des clefs qui ouvrent toutes les portes d'un établissement. Les paons sont l'ornement de nos — . Les villes les plus importantes de nos départements en sont les — . Les États de l'Europe ont aboli la formalité des — . Les femmes du Midi remplacent souvent les bonnets par des — .

On emploiera le même moyen, indépendamment des dictées, pour apprendre aux enfants la formation du féminin.

Exemple : Orphelin. — Paysan. — Fermier. — Instituteur. — Patron. — Blanchisseur.

Phrases a compléter. — Les jeunes filles apprennent à lire chez leur — . Sainte Geneviève est la — de Paris. — Une fille qui a perdu son père et sa mère est une — . Jeanne d'Arc était une — . La — prend le plus grand soin de la basse-cour.

— La — repassera la robe blanche.

On les exercera de même à former le pluriel.

Exemple : Corps. — Troupeau. — Aveu. — Clou. — Journal. — Soupirail.

Phrases a compléter. — Les bergers sont les gardiens des — . Les — sont des écrits quotidiens ou périodiques — . Les — sont des ouvertures qui servent à aérer les caves. — C'est avec le marteau qu'on enfonce les — . Nous mériterons notre pardon par des — sincères.

Nous ne voulons pas multiplier ces exercices. Les maîtres sauront les modifier de manière à enseigner l'orthographe tout en formant le jugement de leurs élèves. [C. Rouzé.]

NOMBRES DÉCIMAUX. — Arithmétique, XV-XVIII- — (Pour la numération des nombres décimaux, V. Numération.)

1. — Addition. — Si l'on a des nombres décimaux à additionner, on peut d'abord, en écrivant des zéros à la droite de quelques-uns d'entre eux, ce qui n'en altère pas la valeur, leur faire exprimer à tous des unités décimales du même ordre; la somme devra donc aussi exprimer des unités décimales de cet ordre ; on fera donc la somme comme s'il s'agissait de nombres entiers,

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