XIV. 259, CCLIX
18, XVIII. 432, CDXWII.
19, XTX. 65-', DCLVIII.
37, XXXVII. 830, DCCCXXX.
76, LXXVI. 987, CMLXXXVU.
1547, MDXLVII.
1880, MDCCCLXXX.
Il n'y aurait aucun intérêt pour nous à écrire des nombres supérieurs à mille. Nous terminerons par la remarque suivante : dans la numération romaine, toute lettre est diminuée de la lettre moins forte qui la précède, et au contraire augmentée de la lettre moins forte ou égale qui la suit. fG. Bovier-Lapierre.l
NUTRITION. —Zoologie, XXXII; Botanique, Iï. — Les êtres vivants ne durent qu'à la condition de se renouveler sans cesse dans toutes leurs parties. La durée totale de chaque être est soumise à des limites tracées d'avance par la nature. Chaque instant de son existence use les matériaux dont il est construit; les portions usées, véritables détritus, tendent à se séparer, à s'éliminer par voie d'excrétion ou à s'immobiliser sous une forme vivante qui ne fait qu'accroître le volume de la plante ou de l'animal.
En physiologie, vivre et se nourrir sont synonymes, car tout ce qui vit, être ou tissu faisant partie d'un être s'use et se renouvelle ; or cette rénovation n'est autre chose que la nutrition.
La nutrition constitue une fonction commune aux animaux et aux végétaux, mais elle s'exerce dans les deux règnes avec des différences notables. On peut considérer les végétaux comme aes appareils réducteurs, qui forment des principes immédiats organiques au moyen des éléments chimiques empruntés au monde minéral; tandis que les animaux, appareils de combustion, brûlent ces principes immédiats qu'ils sont incapables de former.
Cependant cette manière de comprendre la nutrition, attrayante par sa simplicité, n'est pas conforme aux principes généraux de la physiologie. En réalité nous ne devons admettre aucune différence entre la nutrition d'un élément végétal et celle d'un élément animal. Dans les végétaux il existe comme dans les animaux un milieu intérieur qui contient des sucs nutritifs et des gaz accumulés pour l'usage. Lorsqu'un bourgeon pousse, il brûle ces matériaux alimentaires et produit comme résidu de l'acide carbonique ainsi que le ferait un tissu animal.
L'organisme animal peut, comme l'organisme végétal, former dans son milieu intérieur les principes immédiats nécessaires à la nutrition de
NUTRITION
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ses éléments : albumine, fibrine, sucre, etc. Par conséquent les phénomènes nutritifs de réduction et de combustion existent dans les deux règnes, seulement la puissance réductive existe au minimum chez les animaux, car ils ne peuvent transformer que des matières déjà très élaborées, tandis qu'elle existe au maximum chez les végétaux qui peuvent agir sur les éléments minéraux, et même fixer l'azote et le carbone de l'air.
Cette disproportion des phénomènes de réduction et de combustion dans les animaux et dans les végétaux leur fait altérer l'air d'une manière inverse. Les végétaux, à l'aide de la matière verte 'chlorophylle), attirent l'azote ainsi que le carbone de l'air et dégagent de l'oxygène ; les animaux sont pourvus de globules sanguins qui attirent l'oxygène nécessaire aux combustions et aux fermentations tandis qu'ils restituent à l'atmosphère de l'acide carbonique. Mais au lieu de considérer le résultat prédominant des actions vitales par rapport au milieu extérieur ou ambiant, si nous considérons le milieu intérieur, nous constatons que les végétaux et les animaux le vicient de la même manière. Les gaz de l'atmosphère intérieure des plantes et des animaux sont l'oxygène, l'azote et l'acide carbonique. Au printemps, quand se produisent les phénomènes de nutrition et de bourgeonnement, l'oxygène disparaît et l'acide carbonique augmente dans l'atmosphère intérieure du végétal. Pendant l'hiver, elle est très pauvre en acide carbonique, comme l'atmosphère intérieure des animaux hibernants dont les appareils de combustion sont au repos et engourdis. Nous pouvons donc conclure que si les manifestations de la nutrition végétale et animale sont différentes dans le milieu extérieur, elles sont, au fond, les mômes dans le milieu intérieur.
Il est prouvé aujourd'hui que la nutrition ne résulte pas d'une assimilation directe : les aliments digérés et absorbés ne vont pas immédiatement se fixer sur les tissus ; ils sont d'abord employés à former dans l'intérieur de l'organisme un liquide alimentaire, réserve toujours prête à laquelle puisent également les éléments organiques pour v chercher les matériaux de leur rénovation. Le "sang lui-même n'est pas augmenté, enrichi, par une simple addition d'aliments dissous et modifiés par les sucs digestifs; il s'assimile d'abord ces matières par une véritable génération organique, pour leur donner une vie nouvelle, une organisation spéciale, c'est un produit de sécrétion dont la composition varie à peine avec 1 alimentation, et dans lequel se produisent des principes immédiats qui n'existent pas tout formés dans les aliments. Une certaine quantité de matières accumulées et transformées dans le sang ne sont utilisées que fort tard, au fur et à mesure des besoins ; elle constitue une réserve précieuse en cas d'abstinence prolongée. Aussi ne peut-on espérer retrouver à courte échéance, dans les sécrétions et les excrétions, tous les matériaux assimilés par le sang.
Le liquide alimentaire doit contenir, en outre des matériaux nutritifs dissous dans l'eau, des substances qui semblent destinées à jouer le rôled'exci/'/rc/s nutritifs, par exemple le sucre, l'oxygène. Notons toutefois que la présence de l'oxygène ne semble pas indispensable au développement de certains tissus.
Dans chaque être, la nutrition constitue un phénomène général, une action vitale qui s'exerce sur toutes ses parties, tous ses tissus, toutes ses cellule*. Mais si nous la considérons dans une cellule isolée, nous voyons que le noyau sert de centre au mouvement d'accrnissi'ment, de reproduction, d« régénération. On distingue, en effet, dans chaque cellule, l'enveloppe, son contenu, plus le noyau qui lui-même rculerme un nucléole.
Le noyau des cellules parait être le centre de» actions nutritives. Dans le muscle, par exemple, le noyau de la cellule persiste à l'intérieur de la paroi de la fibre tubulaire; il se forme autour de ce centre, comme par sécrétion, une matière organisée, le proloptusma, qui sert à la nutrition du tissu.
Il résulte de ces considérations que la nutrition et le développement dépendent, avant tout, d'une aptitude spéciale qui réside dans le tissu, et pour mieux préciser, dans le noyau des cellules de chaque tissu. Si cette aptitude est diminuée, suspendue, annulée, les qualités du milieu interne, la qualité des matières alimentaires ne produiront aucun résultat.
En résumé, la nutrition est une propriété commune à tous les éléments anatomiques des végétaux et des animaux, par laquelle s'effectue la rénovation continuelle des tissus usés par la vie, sans altérer la forme ni les propriétés caractéristiques de chaque élément, de chaque tissu. C'est la plus générale des propriétés vitales, on peut môme dire qu'elle caractérise la vie, car les autres forces ou propriétés vitales ne se manifestent que si la nutrition a lieu, tandis qu'elle peut être la seule force en action sensible dans un être vivant.
La nutrition se compose essentiellement de deux actes : la désassimilation, par laquelle les parties usées s'éliminent; V assimilât ion, par laquelle des parties neuves et identiques se forment pour les remplacer. Pour que ces deux actes s'accomplissent, il faut que l'osmose * permette YatisorptiO'i * et la sécrétion *. Notons toutefois que l'absorption et la sécrétion ne s'accomplissent dans les éléments anatomiques, dans les cellules, que d'une manière tout à fait locale, en vue de la vie de l'élément isolé, mais que, dans le sens ordinaire, ces deux fonctions appartiennent au tissu lui-même considéré comme ensemble d'éléments contribuant à former un organe.
Nutrition des animaux. — Le sang forme pour les animaux le milieu intérieur dans lequel la nutrition puise ses matériaux de reconstruction. Par conséquent, la nutrition se trouve sous la dépendance de la circulation *, de la respiration * et aussi de la digestion * chez les animaux supérieurs. Ces trois fonctions préparent, dissolvent, élaborent, transforment les matériaux apportés du dehors pour les rendre propres à la nutrition.
Les matières azotées (albuminoides , aliments rénovateurs ou plastiques par excellence, sont transformées par les sucs digestifs en matières albuminosiques, susceptibles de pénétrer, par osmose, dans le sang qui les transforme à son tour en albumine et en fibrine auxquelles les tissus emprunteront la matière première de leur nutrition, c'est-à-dire de leur rénovation et de leur accroissement. Le sang, chargé de ces principes réparateurs qu'il porte à tous les éléments anatomiques, reçoit en échange les produits de l'usure vitale, de la combustion des éléments : urée, acide urique, créatine, etc., qui sont éliminés par les sécrétions.
C'est dans le sang que les matières non azotées (fécule, graisse, etc.) subissent leur transformation. Leur rôle est spécialement calorifique, elles ne nourrissent les tissus que dans une proportion infiniment restreinte; quand un animal engraisse, ce n'est pas par suite de la nutrition, du développement des tissus, mais par l'interposition de graisse accumulée. Les matières azotées, au contraire, nourrissent sans engraisser.
L'organisme possédant la propriété de transformer en matières grasses les matières amylacées, une nourriture féculente équivaut à une nourriture riche en matières grasses.
OBLIGATIONS
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Lorsque les matières amylacées ou sucrées font défaut dans l'alimentation, comme chez les animaux carnivores, l'organisme possède en outre la remarquable propriété de fabriquer la quantité de ces substances indispensable à la nutrition.
Bien que les sels minéraux participent très peu aux phénomènes nutritifs, leur présence dans le sang n'est pas moins importante: ils favorisent les métamorphoses des substances organiques et retardent la désassimilation. Le sel commun (chlorure de sodium) exerce une action manifeste. Ainsi un lot de bœufs augmente, en moyenne, par année, de 6 kilogrammes par 100 kilogrammes de foin consommé sans sel, tandis qu'un lot semblable, nourri de foin salé, augmente de 7 kilogrammes.
Nutrition des végétaux. — Les aliments des plantes consistent en gaz et en sels minéraux solubles. Les gaz sont absorbés surtout par les feuilles, et fort peu par la tige et les racines. Celles-ci puisent dans le sol les aliments minéraux.
Les animaux, parvenus à une certaine période de leur existence, cessent de croître, et chez eux la nutrition se borne à maintenir l'équilibre entre la perte et le gain des tissus. Dans les plantes, la nutrition constitue un accroissement continuel; elles perdent toujours moins qu'elles n'acquièrent et poussent constamment des bourgeons qui deviennent des feuilles et des fleurs ; quelques-uns même grandissent constamment dans toutes les dimensions.
La tige s'accroît en hauteur et en diamètre ; chez les dicotylédoiies, l'accroissement en diamètre est déterminé par la formation de nouvelles couches de bois. Entre la dernière couche formée et l'écorce se trouve une couche de tissu utriculaive lâche nommée couche génératrice. Son tissu est rempli d'un suc nutritif, le cambium, qui s'accumule pendant la période la plus active de la végétation et qui s'enrichit par résorption d'une partie des éléments des feuilles lorsque celles-ci se détachent à l'automne. Lorseue la sève devient active, la plupart des utricules s'allongent, leur parui s'épaissit, ils se transforment en fibres; d'autres augmentent à la fois en diamètre et en longueur, se ponctuent, et les cloisons qui les séparent dans le sens de la hauteur se résorbant, il se forme des vaisseaux. C'est cette agrégation de vaisseaux et de fibres qui constitue la couche nouvelle de bois. Toutes les parties des plantes débutent par l'état utriculaire, de sorte que leur accroissement, leur nutrition s'opère d'après un procédé à peu près identique.
L'accroissement en hauteur des tiges dicotylédonées se produit parle développement du bourgeon
terminal, continuation de la gemmule de l'embryon.1
Chez les monocolylédones, l'accroissement en diamètre se fait d'une manière un peu différente. La tige est surmontée d'un bourgeon terminal recouvert de feuilles à l'état rudimentaire. A mesure que ces feuilles s'accroissent, se séparent, elles repoussent celles qui les avaient précédées et les font tomber. En môme temps il se forme des faisceaux fibro-i ascu/aires qui augmententle diamètre.
Hygiène générale de la nutrition. — Nous avons indiqué au mot aliments* les propriétés nutritives des substances les plus communément utilisées pour la nutrition de l'homme. Il nous reste seulement à signaler en peu de mots l'influence hygiénique de la nutrition. La pénurie ou l'abondance de l'alimentation exercent une influence considérable sur le physique et le iuorC". : on en découvre les conséquences dans la fécondité, la moralité et la prospérité des peuples. C'est donc le devoir des législateurs de développer l'agriculture, les moyens de transport, de faciliter la conservation des denrées, de laisser entrer librement les produits étrangers.
Si l'on consulte les statistiques, on trouve qu'en France il existe une relation constante entre le prix du blé, les mariages, les naissances et la taille de la population. La mortalité comparée des riches et des pauvres démontre que la perte annuelle sur cent individus est plus que doublée chez le pauvre, et l'on ne peut s'empêcher de reconnaître que la nutrition insuffisante contribue pour la plus large part à cette différence. On arrive au même résultat si l'on compare la population des divers arrondissements de Paris. Le premier arrondissement perd l habitant sur 52, et le douzième 1 sur 26. Dans les quartiers pauvres et riches la vie moyenne varie de 24 à 42 ans. Si l'on compare les départements riches et ceux où la vie misérable rend l'alimentation insuffisante, on constate une différence de douze ans dans la vie moyenne des individus. L'augmentation factice du prix des denrées alimentaires par des octrois produit un résultat semblable. Ainsi l'insuffisance de l'alimentation, de la nutrition, agit d'une manière destructive, elle dégrade l'espèce en diminuant la stature, en restreignant la fécondité, en ouvrant la porte à une foule de maladies.
La nutrition exerce aussi sur les centres nerveux, sur l'intelligence et le moral une action manifeste. Aussi à tous les points de vue la nutrition constitue une des questions hygiéniques et sociales les plus importantes, et Mirabeau avait bien raison de dire : « Le pot au feu du peuple est la base des empires. » [Dr Saffray.]
OBLIGATIONS. — Arithmétique, XLVI. — Les villes, les compagnies de chemins de fer, les sociétés financières ou industrielles ont besoin, dans certaines circonstances, d'emprunter de l'argent; l'emprunt, après avoir été autorisé par l'État, s'effectue dans des conditions spéciales.
Pour cela, la compagnie met en vente à un prix déterminé, et sous le nom d'obligations, des titres par lesquels elle s'engage à payer, en retour du prix qu'elle a reçu, un intérêt fixe annuel, et à rembourser, à certaines époques, un capital généralement plus élevé que celui qu'elle a reçu. Par exemple les obligations des chemins de fer français sont remboursables à 500 francs et produisent chaque année un intérêt de 15 francs, sauf l'impôt
d'environ — dont il est fraopé au profit de l'État.
Les obligations peuvent passer des mains de celui qui les a acquises en la possession d'une autre personne, moyennant un prix qui est plus ou moins élevé que le prix d'émission, suivantque la situation financière de la Compagnie est plus ou moins prospère et inspire par là même plus ou moins de confiance. La vente de ces titres se fait à la Bourse et par le ministère des agents de change.
Il y a deux espèces d'obligations : les obligations nominatives et les obligations au porteur. Les premières sont inscrites au nom de Ieuc possesseur, et leur transfert à une autre personne est soumis à certaines formalités qui sont dans les attributions des agents de change. Les autres sont la propriété de celui qui les possède, qui les porte, sans que son nom figure nulle part, et elles peuvent être
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transmises de main en main, sans que la compagnie ait à intervenir en rien.
L'intérêt est ordinairement paye deux fois par an, à six mois d'intervalle. Pour le toucher, il suffit de détaclier de l'obligation un petit coupon indiquant L'intérêt et l'époque de l'échéance et de le présenter à la compagnie, qui le retient en en donnant le montant au porteur. Quant au remboursement du capital, la compagnie, en émettant ^on emprunt, indique combien elle remboursera d'obligations chaque année et, par suite, au bout de combien d'années le remboursement intégral sera effectué. C'est par un tirage au sort que sont désignées les obligations à rembourser chaque année.
Citons un exemple. La compagnie des chemins de l'Ouest a contracté un emprunt au moyen d'une série de 300 000 obligations remboursables à 500 francs et donnant lieu à un intérêt semestriel de 7", 50 Le remboursement a commencé en 1873 par 965 obligations; en 1874 elle en a remboursé 093; en 1875 le nombre a été de 1023, et il va ainsi en augmentant d'année en année, de telle sorte que l'amortissement de cet emprunt sera accompli en 1951 par le remboursement des 9674 obligations qui resteront à cette dernière époque. Au 13 juillet 18S0, ces obligations étaient cotées à la Bourse au cours de 384 francs.
Les obligations émises par les villes sont assez souvent des obligations à primes, c'est-à-dire que des lots d'une certaine valeur en une somme d'argent sont attribués à un nombre déterminé des numéros sortis à chaque tirage. Elles peuvent être comparées aux billets d'une loterie dont le tirage doit avoir lieu en plusieurs fois, et où l'on est assuré de voir sortir son billet tôt ou tard, en percevant l'intérêt jusqu'au moment de sa sortie, et avec la chance d'amener avec lui un lot supérieur au prix du billet. Par exemple la ville de Paris a contracté un emprunt en 187(1, au moyen de 258 Ohô obligations qui furent émises à 465 francs, qu'elle rembourse à 500 francs, et pour lesquelles elle paye un intérêt semestriel de 10 francs. Quatre tirages ont lieu chaque année, les 10 février, 10 mai, 10 août, 10 novembre, et à chaque tirage le 1er numéro sortant a droit à un lot de 100 000 francs, le 2e à un lot de 10 000 francs, le 3e à un lot de 5 d00 francs et les dix suivants à un lot de 1 000 francs chacun. Les autres numéros ne reçoivent que le capital de 500 francs. Le remboursement, commencé en 1877, ne se terminera qu'en 10.9. En raison des chances que ces obligations offrent d'amener un lot, leur prix s'est assez vite élevé au-dessus du pair, c'est-à-dire du capital de 500 francs.
Valeur d'une obligation à un momeiit donné. — La valeur d'une obligation à un moment donné ne dépend pas seulement de l'intérêt qui lui est attribué, mais encore des chances qu'elle a de sortir au prochain tirage et d'apporter ainsi à son propriétaire un capital supérieur à celui qui correspond à l'intérêt. Envisagée à ce point de vue, la valeur de l'obligation exigerait pourêtre déterminée des calculs de probabilités tout à fait semblables à ceux qui se rapportent aux Assurances sur la vie, ce qui est complètement en dehors du cadre où nousdevons nousrenfermerici. Dans les problèmes que les obligations peuvent fournir à l'enseignement primaire, elles doivent être regardées simplement comme un capital ordinaire d'une valeur variable, analogueaux rentes * sur l'Etat et produisant un certain intérêt ; ces questions ne sont plus alorsqucdesproblèmes d'intérêt. En voici quelques exemples :
i" Phooi.ÈME. — On achète des obligations Ouest ou cours de 384 francs ; à quel taux place-t-on son argent ?
Une somme de 384 francs rapportant 15 francs,
1 franc rapporterait ^-r ;
100 francs rapporteraient-^ — : — = 3fr,90.
2e Problème. — Un particulier veut acheter des obligations Ouest de manière à se faire un revenu annuel de 050 francs ; quel capital doit-il employer à cet achat, indépendamment des frais de négociation, si le cours de ces obligations est 384 francs ?
Ce capital doit être égal à autant de fois 384 francs qu'il y a de fois 15 dans 650; il est donc égal à
^X384= 16 640 francs.
Si on veut tenir compte de l'impôt qui reluit le revenu annuel de 15 francs à environ 14 francs, on devra dans ce problème remplacer 15 par 14, ce qui exigera un capital plus élevé pour avoir un revenu net de 650 francs.
3e Problème. — Un homme achète le h avril 20 obligations de la ville de Paris {emprunt 1876), au cours de 52jfr,50 ; ri les revend le 16 juillet au cours de 519 francs, après avoir touché le 15 avril un coupon de 10 francs réduit par l'impôt à 0,r,35. Y n-t-il pour lui bénéfice ou perte dans cette opérationl
Entre le prix d'achat et le prix de vente de l'obligation, il y a à son détriment une différence égale à
525,50 — 519= 6fr,50.
Mais il a touché dans l'intervalle 9fr,35 par obligation. Il a donc en résumé un bénéfice égal à 9,35— 6,50 =2fr,85.
Sur 20 obligations il réalise donc un bénéfice égal à
2,85x20 = 57 francs.
Ces exemples suffisent pour montrer quels problèmes on peut avoir à traiter sur les obligations dans les cours de l'enseignement primaire; c'est aux maîtres à savoir y mettre de la variété. Par exemple, dans ce dernier problème, ils pourraient ajouter : à quel taux cet homme a-t-il placé son argent, lorsque dans l'intervalle du jour de l'achat au jour de la vente il a gagné 57 francs?
[G. Bovier-Lapierre.]
OCEAME. — Géographie générale, VI. — Bornes ; LONGITUDES ET LATITUDES; SUPERFICIE ET PO- PULATION. — L'Océanie tire son nom du Grand océan, qui enveloppe de toutes parts cette cinquième partie du monde, excepté à l'ouest, où elle est baignée par la mer des Indes. Son nom a souvent varié. On l'a appelée Inde du Sud, Polynésie, Nouvelle-Hollande. Le premier de ces noms correspond aux îles du nord-ouest, voisines de l'Indo-Chine, et qui furent reconnueslongtemps avant les autres, à l'époque de la découverte delà route maritime de l'Inde. Le second est réservé aux innombrables îles et îlots semés dans les mers du Sud. Le troisième ne désigne plus que le vaste continent appelé plus généralement Australie, nom qui est encore donné à l'ensemble de ce monde d'îles disséminées dans le Pacifique austral.
Les limites ont varié comme le nom. La plupart des géographes groupent sous le nom d'Océanie toutes les îles du Pacifique répandues entre l'Indo Chine et la Chine à l'O., le Mexique et l'Amérique du Sud à l'E. ; d'autres en distinguent les îles du nord-ouest, situées entre le détroit de Malacca et la mer de Chine d'une part, la mer Arafoura (c'est-à-dire des Alfourous) de l'autre, et, sous le nom d' Australasie, les rattachent à l'Asie, dont elles semblent le prolongement méridional. Les plus occidentales se rapprochent en effet de ce continent par leur flore et leur faune, ainsi que
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par leur population. Nous suivrons l'usage qui en fait une panie de l'Océanie.
Dans ces limites l'Océanie s'étend sur 158 degrés de longitude et sur 81 de latitude. Elle couvre en effet de ses innombrables archipels et îles l'immense étendue de mer qui sépare l'Asie de l'Amérique, depuis 93° long. E. jusqu'à 111° long. O., depuis 25° lat. N. jusqu'à 56" lat. S. Elle appartient à la fois aux hémisphères oriental et occidental, boréal et austral. La plupart de ses îles et archipels sont situés au centre de ce dernier hémisphère, qui présente la plus grande masse d'eau et où les terres ne figurent que pour un dixième. Sa superficie est de 10 901 000 kilomètres carrés, sa population est de 35 millions d'habitants, dont 30 millions et demi pour l'Australasie, qui n'en forme que la cinquième partie.
Grandes divisions. — L'Océanie se divise en quatre parties : 1° l'Australasie, appelée encore Malaisie, du nom de la race dominante, au N.-O. ; 2° l 'Australie ou Nouvelle-Hollande, avec ses dépendances au S.-O.; 3° la Mélanésie au S.-E., longue chaîne d'archipels et d'îles, la plupart grandes, élevées et volcaniques, commençant sous l'Equateur, à l'E. des Moluques avec la Nouvelle- Guinée, et se prolongeant au delà de la Nouvelle- Zélande jusqu'à 56° lat. S.; 4° la Polynésie et la Micronésie, à l'E. et au N. ; innombrables groupes d'îles la plupart petites, basses et de formation corallienne, essaimes au loin sur le Pacifique, dans la direction de l'Amérique centrale et méridionale, commençant à l'E. des Philippines, auxMariannes, et s'éparpillant des deux côtés de l'Equateur, jusqu'au sud du tropique du Capricorne.
I. Acstralasie ou Malaisie. — Elle s'étend du 20° lat. N. au 10° lat. S., du 91° au 132° long. E. Les îles dont elle se compose, disséminées sur cette vaste étendue de mer, entre l'océan Indien et le Pacifique, entre l'Asie et l'Australie, semblent des fragments d'une masse de terre qui faisait communiquer ces deux continents. Toutefois, quoique situées sous les mêmes latitudes, aux deux côtés de l'Equateur, elles forment deux groupes distincts séparés par un détroit profond, le détroit de Lombok, entre l'île de ce nom et Bali : àl'O. le groupe indo-chinois, à l'E. le groupe australien. « Au groupe de l'ouest, une civilisation et des religions venues de l'Asie, des forêts exubérantes, rappelant l'Inde et l'Indo-Chine, l'éléphant, le rhinocéros, le tigre royal, les bêtes à cornes, les grands animaux sauvages, les singes de l'Asie et du Vieux Monde... Au groupe de l'est, rien de l'ancien continent, ni bêtes énormes, ni félins, ni singes ; des eucalyptus, des acacias, le kangourou..., la flore et la faune de l'Australie. » O. Reclus.)
L'archipel indo-chinois comprend les grandes îles de la Sonde, c'est à-dire Sumatra et Java, Bali, Bornéo et les Philippines. Les petites îles de la Sonde, Célèbes et les Moluques composent l'archipel australien.
Archipel indo-chinois. 1° Sumatra, la plus occidentale, longe la presqu'île de Malacca, dont elle est séparée par le détroit de ce nom. Elle est entourée d'une ceinture de petites îles : Bali, Nias, Pagai, Engaxo, au S.-O., Billiton, Banca, riches en étain, LiNGiNetun groupe d'îlots dans ledétroit, au N.-E. C'est une grande île de 424 000 kil. carrés, traversée dans sa longueur par une chaîne volcanique dont un des pics, le Gounong d'Indrapour, dépasse 4<)00 mètres. L'Equateur la coupe à peu près par le milieu. Les Hollandais en possèdent les trois quarts, et en tirent en abondance les produits qui alimentent leur commerce colonial : l'aloès, le camphre, le piment, surtout le poivre noir, la principale richesse de l'île, qui fournit près de la moitié de la production totale du globe ; •des métaux précieux, tels que- l'or et le diamant.
La partie N.-O. forme l'État indépendant à'Atchin. La population est d'environ 2 millions d'âmes ; elle se compose de Malais, de Chinois, d'Arabes et d'un petit nombre d'Européens. Les principales villes sont: Palembang, 40000 hab. ; Padamj, 30 000 ; Bencoulen.
2° Java et Madura. L'île de Java, avec Madura qui en est une dépendance, est séparée de Sumatra par le détroit de la Sonde, de Bornéo par la mer qui porte son nom. Elle est, comme Sumatra, traversée par une chaîne de volcans, la plupart en activité, dont le plus élevé, le Sémirou (3 800 m.), dépasse les plus hauts sommets des Pyrénées et atteint presque ceux des Alpes. Les flancs de la chaîne sont couverts de vastes forêts de tek. Au pied s'épanouit une végétation exubérante. Chauffée par le soleil des tropiques, mais moins près de l'Equateur que Sumatra, Java tient le premier rang pour les produits de son sol parmi les colonies des Indes orientales néerlandaises. Elle ne le cède qu'au Brésil pour la production du café (60 000 tonnes par an). La canne à sucre (120 000 tonnes), le tabac (90 000 tonnes), le thé (l 000 tonnes) et le riz, qui y occupe les trois quarts des terres en culture, constituent avec le café la grande richesse commerciale de cette île, dont la Hollande, qui en a monopolisé les produits, tire d'énormes revenus. « Java est une usine, les Malais et les 250 000 Chinois en sont les ouvriers, les 29 000 Européens les contre-maîtres, le gouvernement hollandais le patron qui organise, surveille, tyrannise avec sagesse et s'enrichit. » (O. Reclus.) Aussi, bien qu'elle n'ait que 134 007 kil. carrés, le tiers de la superficie de Sumatra, estelle près de 10 fois plus peuplée : 18 310 000 hab. (Malais, Chinois, Arabes, Hindous. Européens). Batavia en est le chef-lieu et la résidence du gouverneur général des Indes orientales néerlandaises, 99 000 hab. Les autres villes les plus importantes sont : Sourabaya, 90 000 hab., Samarang, situées, comme la capitale, sur la côte septentrionale. — 2G0 kil. de chemins de fer.
3° Bali, à l'E. de Java, dont elle est séparée [ ar un détroit peu large, est la plus orientale des iles du groupe indo-chinois ; chef-lieu, Karangassim.
4° Bornéo, la plus grande île du monde après la Nouvelle-Guinée : 748 000 kil. carrés, plus grande que la France de près d'un tiers, avec 2 millions et demi d'habitants (Malais païens ou Musulmans, Chinois). Elle est séparée de Java au S. par la mer de la Sonde, des Célèbes à l'E. par le détroit de Macassar, des Philippines au N. par la mer de Mindoro ; la chaîne des îles Soulous et la longue île Palawan la joignent presqu'à ce groupe. Bornéo fait partie des Indes néerlandaises, mais elle n'est colonisée que sur les côtes; l'intérieur est encore inconnu. La partie nord-ouest forme le royaume indépendantde Bornéo, borné à l'E. par une longue chaîne dont le point culminant, à l'extrémité septentrionale, le Kini-Belou, s'élève à 4000 mètres. Près de cette côte se trouve l'île anglaise de Labouan. Le nord-est fait partie du royaume de Soulou, ainsi que les îles de ce nom qui relèvent nominalement de l'Espagne.
Bornéo est, comme Sumatra, coupée par l'Equateur, sa végétation se rapproche de celle de Java. Comme ces îles, elle est couverte de forêts riches en bois de luxe, d'ébénisterie et de teinture. On y trouve aussi de la houille, des métaux et minéraux précieux, tels que l'or et le diamant, des gîtes d'antimoine. — Bandjermaning, Ponilana et Sambas-, sur la côte S. et S.-O., sont les principaux établissements hollandais.
5° Philippines. — L'Archipel espagnol des Philippines, au N. de Bornéo, s'étend "du 5" au 18° lat. N. Les iles dont il se compose sont, comme celles de la Sonde, volcaniques et d'une grande feitilité. Leurs richesses, moins bien exploitées
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que celles des colonies hollandaises, consistent en bois de construction (tek), sucre de canne, cale, et surtout en tabac. Leur superficie est de 291 Ôoo kil. carrés, avec une population de 6103 000 liab. (Malais, Alfourous ou Haraforas, Tagales, Négritos, Chinois). La plus septentrionale, Luçon ou Manille, n'est séparée de l'île chinoise de Formose que de 1° 20'. Ses principales villes sont : Manille, 1G0 009 hab., résidence du gouverneur, et Suai, sur la côte occidentale. — Mindanao la plus méridionale, touche au S.-O. aux îles Soulou; Zamboanga etSelanga sont les plus importants établissements. — Les autres îles de cet archipel sont : Mindoro, Palawan, Paxay, Negros, Zébu, Lkyte et Samar.
Archipel Australien. — 1° Petites îles de la Sonde. — Elles sont séparées des grandes par le détroit de Lombok et s'étendent parallèlement à l'Equateur au N. et au S. du 10° lat. S., entre le 112° r\ le 125° long. E. Lombok, île volcanique de 5 500 kil. carrés ; chef-lieu : Matasam. — - Sumbawa, près de trois fois plus grande que la précédente (15 620 kil. carrés), couverte, comme elle, de volcans dont l'un, le Timboro,esX célèbre par la terrible éruption de 1815; chef-lieu : Bima. — Sumba ou Sandelbosch (forêt de sandal), 2 200 kil. carrés. — Florès, 20 000 kil. carrés, séparée de la précédente par la petite île de Komodo. — Timor, la plus orientale et la plus grande du groupe, 30 000 kil. carrés, plus grande que la Belgique; environ 1 500 000 hab. (Malais, Chinois, Papouas). Ile volcanique, riche en bois de sandal. Elle est partage entre les Hollandais et les Portugais. La partie occidentale et la plus considérable appartient aux premiers dont la domination ou la suzeraineté s'étend sur tout l'Archipel. Chef-lieu : Koupang. La partie orientale ou portugaise a pour chef-lie^ Dilli. — A cette île se rattachent au N. Solor, Ombay, Wetta; au S. Sava et Rotti.
2° Célèbes, au N. du groupe précédent, séparée de Bornéo par le détroit de Macassar et des Philippines par un bras de mer auquel elle donne son nom. C'est une île de 205 OnO kil. carrés, grande comme 30 départements français. Elle est traversée par l'Equateur et bizarrement découpée sur la merdesMoluques en quatre presqu'îles à travers lesquelles une chaîne volcanique allonge ses rameaux. Les Hollandais occupent environ la moitié de la superficie de l'île, avec 330 00O hab. (Bougis, Malais, Chinois, Arabes, Hollandais) .Leurs principaux établissements sont au N. Menado, au S. Macassar ou Ylaardingen. — A Célèbes se rattachent au N. les îles Siao et Sanguir, à l'E. les îles Xulla, au S. les îles Bouton et Moina.
3° Moluques. — On les appelle encore Iles aux Epices, de leur principal produit ; entre Célèbes, les Philippines et la Nouvelle-Guinée. Elles se composent de trois grandes îles; Gilolo, Ceram, Uourou, et de plusieurs petites : Morty, Ternate, Tidor, Batchian, Oby, Amboine, etc. Gilolo , la plus grande, est coupée par l'Equateur et traversée par une chaîne volcanique. Elle a *.'6 000 kil. carrés. Ses côtes, découpées comme celles de Célèbes en 4 presqu'îles ouvertes sur la mer des Moluques, sont bordées de récifs de corail. Amboine, dans l'Ile de ce nom, est le chef-lieu de l'Archipel et la résidence du gouverneur hollandais.
4° L'Archipel de Banda, au S. du précédent, se compose de 4 îles couvertes de plantations de muscade. La principale est Timor-Laut. — Au N.-E. sont les îles Arrou.
II. Australie et ses dépendances. — Nous avons décrit ailleurs l'Australie \ A ce continent se rattachent plusieurs îles mélanésiennes, files que Melleville et Bathurst au N.O., Middleton, Lord Howe et Norfolk à l'E. ; l'île des Kangourous et la grande île de Tasmanie au S.
Cette dernière, située en face de la colonie do Victoria, en est séparée par le détroit do liuss large de 240 kil., et semé d'îles (Kings, Flinders, Fourneaux et Barren). Plus grande que la Hollande et la Belgique réunies (07 894 kil. carrés), elle ne compte encore que 105 000 habitants malgré la douceur de son climat dans la zone tempérée du sud (entre le 40" et le 42°) et sa luxuriante végétation. Devenue en 1 8 1 3 colonie anglaise, elle fut jusqu'en 1853 un lieu de déportation. Elle changea alors son nom de Van Diémen et prit celui de Tasmanie (d'Abél Jansen Tasman, qui la découvrit au milieu du xvne siècle). La population indigène avait alors entièrement disparu, détruite par « la chasse aux noirs », à laquelle se livraient les convicts; ses derniers débris, réduits en 183.) à 200 individus, s'étaient éteints sous le climat trop rude de l'île Flinders où on les avait déportés. La Tasmanie a pour chef-lieu Hobart- Town, à l'embouchure du Dervent, 20 000 hab., et pour villes principales Launreston et Georgetown, stations pour les baleiniers de la mer du Sud.
III. Mélanésie. — A l'E. de l'Australasie s'étend autour du continent australien une doubla chaîne d'archipels et d'îles, l'une intérieure, l'autre extérieure. La première commence à l'E., des Moluques avec la Nouvelle- Guinée et se termine au S. de la Nouvelle-Zélande. Les lies de ce groupe, généralement grandes, sont situées dans l'hémisphère du sud et forment, avec le continent australien, la Mélanésie. La seconde enveloppe la précédente, commence à l'E. des Philippines avec les Mariannes et s'infléchit vers le S.-E., en coupant l'Equateur, puis se prolonge dans la direction de l'Amérique du sud. Les îles qui composent ce groupe, à la différence des premières, sont toutes de très petite dimension, les unes élevées et volcaniques, les autres basses et de formation corallienne, lentement bâties sur des plateaux sous-marins n'ayant pas plus de 50 mètres de profondeur par d'innombrables insectes madréporiques. Presque tous ces archipels, situés au S. de l'Equateur, ont reçu le nom d'ile6 des mers du Sud. Ils forment la Polynésie et la Micronésie. On trouve en outre un certain nombre d'îles et de groupes d'îles tout à fait isolés, tels que les îles Sandwich ou Hawaî.
Les indigènes du premier groupe appartiennent à la race des Papouas ou Nègres océaniens, au teint d'un brun noirâtre, aux cheveux noirs, crépus et rudes, au visage plat, au nez proéminent. Dans l'échelle des êtres humains ils occupent l'un des degrés les plus bas. Toutefois les nègres des îles occidentales sont moins sauvages que ceux du continent dont on les a distingués sous le nom de Mélanésiens. Leurs voisins de l'est et du nord, les Polynésiens et les Micronésiens , répandus sur l'immense étendue du Pacifique, depuis la Nouvelle-Zélande jusqu'aux îles Sandwich, sont moins rebelles à la civilisation. Leur couleur plus claire, leurs mœurs et leur langage les rapprochent des Malais et des Hindous. Un grand nombre ont adopté le catholicisme ou le protestantisme. « Cependant ils s'adonnent encore ça et lààl'anthropophagie avec ses conséquences : guerres civiles, massacres, razzias, engraissement d'esclaves, et tous pratiquent le tatouage. » (0. Reclus.)
Quoiquesituéesdansla zone torride, aux antipodes de l'Afrique tropicale, ces îles jouissent d'un climat plus doux que celui de l'ancien monde sous les mômes latitudes ; la chaleur y est tempérée par le voisinage de la mer, et elles ressentent l'influence des vents alizés qui soufflent régulièrement toute l'année. On y trouve le cocotier, le sagoutier, l'arbre à pain, l'igname, de magnifiques forôts peuplées par d'innombrables espèces d'oiseaux.
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1° Nouvelle-Guinée. — Cette île, la plus grande du monde, appelée encore Papouasie du nom de la race qui l'habite, s'étend du N.-O. au S.-E., entre le 128° et le 150° long, orientale, sur une longueur de 2225 kil. Au N.-O., elle touche presque à l'Equateur, au S.-E . elle atteint 11° latit. australe. Rétrécie à ses deux extrémités, elle pré- I sente au centre une grande masse de terre d'une largeur de 625 kil. La côte occidentale est profondément creusée par le golfe de Geelvink jusqu'au cap d'Urville. Au S., elle est séparée de | l'Australie par le détroit de Torrès, large de 225 kil., et embarrassé de récifs de corail qui en rcn- j dent la navigation dangereuse. L'intérieur est peu connu. La souveraineté de la Hollande est toute nominale et ne s'étend que sur quelques districts de la côte N.-O.
2° Au N. de la Nouvelle-Guinée, de l'O. à l'E. : , les îles de I'Amirauté, le Nouveau-Hanovre, la Nouvelle-Irlande ou Tombara, la Nouvelle-Bre- \ tagne ou îles Birara, séparée de la Nouvelle-Gui- j née par le détroit de Dampierre.
3° A l'extrémité orientale de la Nouvelle-Guinée, i l'Archipel peu connu de la Louisiade, habité par des Papouas anthropophages.
4° Plus à l'E., séparé de l'Australie parla mer de ' Corail, et entouré d'écueils madréporiques : l'Ar- j chipel des îles Salomon ou NouvELLE-GÉORGir,du 12° au 15° lat. S. ; les principales sont : Boogain- ! ville , Choiseul, Isabelle, la plus grande du groupe, Malayta, Guadalcanar avec un volcan de | 3200 m. ; Saint- Christov al. — Les îles de Sainte- Croix, dont la plus grande est Nitendi. C'est sur les écueils de l'une d'elles, Vanicoro, que se brisèrenl les deux vaisseaux de Lapérouse.
5° L'Archipel des Nouvelles-Hébrides ou des îles du Saint-Esprit, du 20" au 10° lat. S. : l'île du Saint-Esprit, la plus grande, Mallicolo, Sand- i wich, Erromango, Tanna.
6° La Nouvelle-Calédonie, découverte par Cook j en 1774 et occupée par la France en 1853. Elle j s allonge du N.-O. au S.-E., entre le 20° lat. S. et le tropique du Capricorne, depuis le cap Ton-J nerre au N. jusqu'au cap du Prince de Galles au S. , 17573 kil carrés. Elle est entourée, comme d'ailleurs toutes les îles de cette parlie de l'Océanie, d'une ceinture de récifs madréporiques. L'intérieur est traversé par une longue chaîne dont le pic le plus élevé, le Mont Humboldt, a l'altitude des hauts sommets du centre de la France (1642 m.). On y trouve la végétation tropicale, principalement la canne à sucre. L'arbre à pain, toutefois, n'a pu s'y acclimater. La population, de 58 300 nab., est de la race des Papouas anthropophages. Nouméa, sur la côte S.-O., est le chef-lieu de la colonie. — De la Nouvelle-Calédonie dépendent : l'île des Pins, les îles Loyalty ou Loyauté dont la plus grande est Lifoa ou Chabrol; Mari, Offvea, de formation corallienne.
7° Nouvelle-Zélande, la « Grande-Bretagne de la mer du Sud, » mais avec une superficie qui dépasse de plus de 40 000 kil. carrés celle de la Grande-Bretagne d'Europe : 270 050 kil. carrés. Découverte en 1642 par le navigateur hollandais Abel Tasman, elle tut visitée en 1769 par Cook qui reconnut qu'elle se composait de deux îles séparées par un détroit qui a reçu son nom : Te- Ika-a-Maoct, au N., Te-waï-Pounamou au S. Elles s'étendent du 34" 20' au 46° 40' lat. australe. Elles sont traversées par une chaîne de montagnes dont les sommets les plus élevés sont, dans l'île du Nord, le Tongariro (1950 m.), le mont E g mont (2480 m.) et le Ruapehu (2760 m.), dans celle du Sud, le mont Cook (,3960 m.), point culminant des Alpes du Sud. De leurs flancs s'échappent de nombreux cours d'eau ; les plus considérables sont, dans l'île du Nord, le Waikato qui traverse le lac Taupo ; dans celle du Sud le Molyneux qui sort
des lacs Hawea et Wa?iaka. Située dans la zone tempérée australe, la Nouvelle-Zélande jouit d'un climat doux et salubre ; son sol, bien arrosé et d'une grande fertilité, est propre à toutes les cultures européennes. On y trouve des arbres gigantesques, tels que le Damara australis, de 5s mètres de haut, fournissant une résine dont l'exportation atteint quelquefois i million 1/2 de francs. En 1859, on y a découvert d'importants gisements aurifères. Mais une de ses principales richesses consiste dans les laines de ses 6 millions de moutons.
Déclarée colonie anglaise en 1840, la Nouvelle- Zélande n'a cessé depuis de prospérer. Elle avait, en 1876, 1155 kil. de chemins de fer. Un service régulier de pa uebuts la met en communication avec Sydney et San Francisco (lignes d'Auckland a Sydney et à San Francisco par Honoloulou). La population est de 414 0n0 hab., non compris les Maoris, peuple indigène, de race polynésienne, converti par les missionnaires anglicans, et dont il ne restait plus, en 187 1, que 37 OnO individus. En 1816 la colonie a été divisée en 63 comtés, y compris l'île Stewart, son appendice méridional qui en est séparé par le détroit de Foveaux. Les villes principales sont : dans l'île du N. : Wellington, siège du parlement colonial, sur le détroit de Cook. 10500 hab., avec son port Nichotson; Auckland, principale ville de commerce, 21 600 hab.; dans l'île du S. : Dunedin, 18 600 hab. ; Christchurch, 17 000 hab., Nelson, 5 800 hab., port sur la côte septentrionale, Port Lyttleton, sur la cota orientale. — A l'E. de la Nouvelle-Zélande, l'Angleterre possède : les îles Broughton (Chatham, Pitt, Cornwallis), l'île Bounty, l'île des Antipodes; au S. les îles Auckvand, Campbell, Macquarie et Eherald.
IV. Polynésie et Micronésie. — 1° Iles Vm ou Fidji (aux Anglais); entre voo et 15° lat. S., environ 2n0 lies, dont deux grandes : Viti-Lévou, 11600 kil. carrés, 40 à 50i>0o hab., et Vanoua- Lévou, 6 500 kil. carrés. La population totale de l'Archipel est de 13" 000 hab., en partie convertis, en partie encore anthropophages.
i° Iles Samoa ou des Navigateurs, ou Bougainville, du nom du célèbre navigateur français qui les visita en 176^; sous le 14e parallèle S ; en partie d'origine volcanique; 3 000 kil. carrés. Les indigènes, au nombre de 160 0<to, ont le teint moins noir que les autres Polynésiens; ils sont chrétiens, en grande majorité protestants. Les principales sont : Oupoulou, Sawaî, Tutuila, Manomo, Manoa. — A l'O., les îles Walli et Foutouna sont sous le protectorat français.
a0 Au N. de ces deux archipels, entre 1 Equateur et le 10» parallèle S. : les îles d'ELLicE, dont la principale est Peyster; le groupe du Phénix (Enderbury et Sydney) ; le groupe de 1 Union.
4° Iles Tonga ou des Amis, entre 18e et 20° lat. S.; 150 îles presque toutes basses : Tongatabou est la plus grande ; Vavao, Tufoua. Laté. L'Archipel compte environ 2 000 habitants sur une superficie de I 000 kil. carrés.
5" Archipel de Cook ou Iles Harvey, sous le 20° latitude S. ; 800 kil. carrés ; environ 12 000 hab., convertis au christianisme. Les principales sont : Rarotonga et Mangia.
6" Iles de la Société, par 17° latitude S., de formation volcanique. Elles ont été visitées deux fois par Cook et après lui par Bougainville et d'autres navigateurs. Les cultures européennes qu'ils y ont propagées y prospèrent sous le beau ciel australien. Taiti ou Otaheiti, la plus méridionale et la plus grande, 1 100 kil. carrés, 10 000 hab., chef-lieu Papéiti, est sous le protectorat français, ainsi que Mooréa ou Améo, Tetouaroa et Maïtéa. Les indigènes sont convertis au christianisme. Le roi réside dans l'île Raïatéa.
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— Au S. de cet archipel, les îles ToiboiaI et Vavitou sous le tropique du Capricorne, Râpa sous le 27° latitude S. sont placées également sous le protectorat de la France.
7° Iles Toamotou ou Basses ou Archipel Dangereux, répandues entre 152* et 1 1 S° longitude occident., entre 14° et 25* latitude S ; 79 petites Iles, plates, basses, parmi lesquelles des atolls, îlots bâtis annulairement ou en croissant par des polypes autour des lagunes. A ce groupe se rattachent les îles Gambilr. sous le protectorat de la France; la principale est Mangaréva, située presque sous le tropique de Capricorne. Au S.-E. l'île Pitcairn, colonie pénitentiaire de matelots anglais. Plus à l'Est, l'île volcanique de Pâques, de toutes les îles polynésiennes habitées la plus voisine de l'Amérique (Chili). — Les 8t00 insulaires de ce vaste archij.el sont en partie chrétiens dans les îles occidentales, en partie païens et encore anthropophages dans les îles les plus orientales.
8° Iles Marquises, vers le 10° latitude S., au nombre de 1 1 ; sous la domination française ; 1 2î9 kil. carrés, 6 000 hab., la plus belle race polynésienne, en partie convertis au catholicisme. Les principales sont : Noika-Hiya, chef-lieu Taio- ■huc; Hiva-Oa, Washington ou Hoia-Hooa.
9° Polynésie des États-Unis. — Au N. et au S. de l'Equateur, entre 10° lat. N. et 12» lat S., les Etats-Unis possèdent sur la route de l'Australie : Walker, Christmas, Washington, Samar\ng, Palmvra, Barber, Jarvis, Broke, Penhhyn, Flint. — Dans les mêmes parages les îles anglaises de Fanning, Malden, Starbuck. Caroline.
La Micronésie, située auN.-O. de la Polynésie, se compose de 4 groupes :
1° Les Mariannes ou Ilei des Larrons, rangées du nord au sud sur une ligne qui va du 20° au 14° lat. X. Leur superficie est de 1 07 9 kil. carrés, avec 8 000 hab. Deux sont occupées par les Espagnols; les autres sont inhabitées. La plus grande est Guam.
2° Les Carolines (à l'Espagne), rattachées au .gouvernement des Mariannes ; entre 10" et 7° lat. N., 128° et 165» long. E.; 1384 kil. carrés; 18 800 hab.
Entre cet archipel et les Philippines, les îles Palaos (à l'Espagne), 897 kil. carrés, 10000 hab., et Pelew.
3° Archipel de Marshall, entre 15» et 5° lat. N., avec les îles Ralik et Radak.
4» Archipel des Mulgraves, ou Gilbert ou Kingsmill, 17 îles au N. et au S. de l'Equateur, dont les principales sont Tarava et Maraki.
Royaume d'HAWAi ou îles Sandwich. Cet archipel, situé sous le 20' lat. N. et sous le tropique du Cancer, est composé des îles Hawai ou Owaihi, Maoci, Molakaî, Lanaï, OAHor, Kaocaï, Nihaou, Kahollahi : 19 756 kil. carrés; 57 000 hab. convertis au protestantisme. Hawai, la plus méridionale et la plus grande (12610 kil. carrés), a deux volcans, le Maounn-Ken de 4 1(30 mètres et le M'/'una-Loa qui s'élève à 4 220 mètres, et dont le cratère a 11 kil. de tour. Dans Maoui le pic Haliakala se dresse à 3 100 m. La capitale du royaume est llonoloulou, dans Oahou, 15 000 hab., principale station navale entre les Etats-Unis et la Chine ; Hilo, dans Hawai, 4 000 hab.
Découvertes en 1776, par Cook, qui y périt trois ans plus tard, ces lies, habitées alors par une population encore sauvage, sont devenues en 1864 un Etat constitutionnel. Leur position entre l'Amérique du Nord, la Chine et l'Australie leur donne une grande importance qui n'a cessé d'augmenter depuis l'achèvement du chemin de fer du Pacifique. Un service régulier de paquebots met Honoloulou en communication avec San Francisco d'une part, Auckland et Sydney de l'autre. Les Etats-Unis sont en possession du protectorat de l'archipel depuis 1851. [F. Oger.]
OCÉANS. — Géographie générale, I et XX. — On donne le nom d'Océan à cette masse d'eaux qui couvre environ les trois quarts du globe terrestre, et dont les divisions naturelles forment les mers particulières désignées par des noms distincts.
Profondeur des océans. — Généralement peu profonde au voisinage des terres, la mer se creuse rapidement, mais d'une manière fort irré^ulière. Le Pas-de-Calais, entre la France et l'Angleterre, n'offre nulle part une tranche d'eau assez épaisse pour recouvrir les tours Notre Dame, par exemple. Le Zuiderzée n'offre aucun chenal qui puisse amener les grands navires d'aujourd'hui jusqu'au port d'Amsterdam. En revanche, dans las fjords de la Norvège, la sonde descend aussi bas que les falaises du littoral s'élèvent au-dessus des eaux ; la baie de Biscaye, sur les côtes de France et d'Espagne, forme une fosse profonde.
Peu à peu on étudie le fond de la mer comme la surface du sol émergé. On y trouve, comme sur les continents, des plaines, des vallées, des hauteurs isolées ou rattachées en chaînes de montagnes et en plateaux. La plus grande profondeur, mesurée d'une manière certaine aujourd'hui dans le grand Océan Pacifique, dépasse 8 kilomètres et demi. Elle se trouve au voisinage des îles K< u à l'ouest d'une vaste dépression qui s'étend depuis les côtes du Japon jusqu'à celles de Californie. C'est aussi dans la partie occidentale de l'Atlantique, entre les Bermudes et la Nouvelle-Ecoss<\ que se trouve la vallée la plus profonde de cette dernière mer.
Volume des eaux de la mer et des terre* émergées. — En moyenne, on évalue à 4300 mètres la profondeur générale des mers, tandis que l'altitude moyenne des terres émergées ne dépasse pis 330 mètres. Il en résulte que le volume des eaux de la mer est environ trente-six fois aussi considérable que celui de la croûte terrestre qui s'élève au-dessus de leur niveau.
C'est cette masse énorme d'eaux qui, lente à échauffer comme à refroidir, tempère les ardeurs de l'été, modère les froids de l'hiver, fournit à la végétation l'humi-iité dont elle a besoin pour se développer.
Salinité des eaux de la mer. — Les eaux de la mer sont salées; par évaporation. elles laissent de 35 à 40 parties de substances salines pour 1000 parties d'eau, et le sel de cuisine ou chlorure de sodium forme, à lui seul, les 3/4 de ces substances salines.
Les causes qui font varier le degré de salinité des eaux marines sont faciles à comprendre. A l'embouchure des fleuves, la mer est moins salée qu'au large. Les mers qui reçoivent de nom-' breuses rivières, comme la mer Noire ou la Baltique, sont moins salées que l'Atlantique, et leurs eaux deviennent de plus en plus chargées à mesure qu'on les puise plus près des détroits qui leur servent de débouchés. Dans les mers soumises à une forte évaporation solaire comme la Méditerranée ou la mer Rouge, la salinité devient très forte et augmenterait sans cesse, si les eaux arrivant des autres mers pour combler le vide produit ne tendaient constamment par leur mélange à rétablir l'équilibre. Mais qu'une cause accidentelle vienne à isoler une partie de ces mers du reste des Océans, comme cela est arrivé sans doute pour les chotts algériens et tunisiens, et pour un lac situé entre le golfe d'Aden et le plateau de lAbyssinie, la nappe ainsi formée diminue rapidement de niveau depuis qu'elle ne reçoit plus le trop plein des autres mers. Et cette nappe lacustre offre cette singularité de se trouver, bien qu'au milieu des terres émergées, à un niveau inférieur à celui des mers. C'est le cas de la mer Morte et de la Caspienne.
Glacrs polaires et flottantes. — Si l'cvaporation
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solaire augmente la salinité des mers, la formation des glaces dans les mers polaires concourt au même résultat, puisque les glaçons ne renferment guère que 5 millièmes de sel au lieu de 35 ou iO. Puis, dans les mers où ils viennent fondre, les glaçons adoucissent les eaux comme les fleuves près de leur embouchure.
Ces glaces, qui se forment constamment dans les régions froides des pôles, et même dans les mers fermées des régions tempérées comme la Baltique ou la mer Noire pendant l'hiver, sont entraînées par les courants vers l'équateur avec les grandes masses gelées des glaciers du Groenland. Les navires qui traversent l'Atlantique entre l'Europe et les Etats-Unis rencontrent au voisinage de Terre-Neuve d'énormes montagnes de glaces flottantes contre lesquelles ils risquent de se briser, d'autant plus que la fonte de ces glaçons entretient dans ces régions un brouillard des plus épais au travers duquel on ne voit qu'à quelques mètres. Ces glaçons dépassant quelquefois de 120 ou 150 mètres le niveau des eaux, on peut en conclure qu'avec la partie immergée ils atteignent de 1000 à 1200 mètres d'élévation totale. Ce sont de vraies montagnes longues quelquefois de plusieurs kilomètres, revêtant les formes les plus diverses et les plus bizarres, et qui cheminent lentement vers le sud. Brisées les unes contre les autres, arrêtées quelquefois par les inégalités du fond de la mer, fondues par les eaux plus chaudes, les vents et les rayons solaires, elles disparaissent lentement avant d'avoir accompli la moitié •de la course qui les conduirait du pôle à l'équateur. Des navires emprisonnés dans les glaces ont ainsi dérivé vers le sud pendant plusieurs centaines de jours avant de recouvrer leur liberté. Il y a peu d'années le glaçon du Polans a porté pendant six mois de malheureux naufragés réduits à la dernière extrémité quand ils furent rencontrés et sauvés par un navire.
C'est au sud de Terre-Neuve que fondent généralement les derniers glaçons dans l'hémisphère septentrional, mais dans l'hémisphère opposé les montagnes de glace s'avancent jusque près du cap de Bonne-Espérance, sur le 35° de latitude. En remontant vers le pôle, on trouve ces glaçons de plus en plus nombreux. Finalement, ils forment une vraie barrière, à travers laquelle les navires ne peuvent s'engager qu'en courant les plus grands risques. Cette barrière ou banquise se déplace suivant l'intensité des courants ou des vents qui peuvent la fondre ou la repousser. Parfois elle chemine tout entière vers le Sud, et Parry, ayant quitté son navire pour atteindre le pôle avec des traîneaux en cheminant sur les glaces, marche en vain dans la direction de l'étoile polaire sans s'élever en latitude: la dérivation de la banquise lui fait perdre ce que la marche lui fait gagner. On ne peut pas assigner à cette barrière une latitude moyenne suivant les saisons. Certaines mers, comme la mer de Kara, restent quelquefois fermées par les glaces pendant des années entières, tandis qu'à d'autres moments la navigation y redevient relativement facile.
Courants locaux. — L'écoulement des fleuves vers la mer et l'évaporation produite par les rayons du soleil tendent, en sens inverse, à modifier localement le niveau des eaux marines. La différence de densité entre les eaux chaudes et les eaux froides, les eaux douces et les eaux salées, est une autre cause qui tend aussi à détruire l'équilibre dans les divers points de la nappe marine. Mais cet équilibre n'est pas rompu d'une manière durable, à cause de la mobilité des molécules liquides qui se déplacent constamment pour venir combler les vides, pour précipiter au fond les eaux salées et froides, plus denses que les eaux douces et chaudes. C'est là l'origine d'une foule
de courants locaux. Le détroit de Gibraltar est traversé par un courant, allant de l'Atlantique dans la Méditerranée rendre à cette mer l'eau que lui enlève l'évaporation solaire et que les fleuves de son bassin ne suffisent pas à remplacer. Par contre, les eaux salées et lourdes de la Méditerranée s'écoulent vers l'océan en dessous de ce courant superficiel pour prendre la place des eaux moins salées et moins lourdes de l'Atlantique.
On trouve dans le détroit de Bab-el-Mandeb la reproduction de ce qui se passe au détroit de Gibraltar. Les eaux de l'océan Indien viennent remplacer les eaux de la mer Rouge, sur laquelle l'évaporation enlève chaque année une tranche de 7 mètres d'épaisseur, et qui ne reçoit ni pluie ni rivière ; mais par contre, les eaux salées de la mer Rouge s'écoulent dans les profondeurs du détroit pour remplacer les eaux plus douces de l'océan Indien.
Le détroit de Constantinople est parcouru superficiellement par un courant rapide faisant plusieurs kilomètres à l'heure, car la mer Noire reçoit le tribut de plusieurs fleuves puissants qui exhaussent son niveau. Mais au fond du détroit règne un contre-courant qui amène les eaux lourdes et salées de la Méditerranée à la place des eaux relativement douces du Pont-Euxin.
Ce ne sont là que des courants locaux, qui ne peuvent être comparés aux courants généraux causés par la rotation de la terre et sa révolution annuelle autour du soleil. (V. Courants, Mappemonde.)
Marées. — Les marées *, comme les courants généraux et locaux, mélangent sans cesse les eaux de la mer, et c'est ainsi qu'elles offrent à peu près partout la même composition chimique.
Vents. — Une troisième cause d'agitation, les vents, n'agit qu'à la surface des eaux marines; mais grâce à la fluidité des molécules liquides, ces vents les relèvent en bourrelets séparés par des vallées profondes, et le trouble qui se produit ainsi en un point de la mer se propage de proche en proche comme un mouvement vibratoire.
D'autant plus régulièrement transmise que rien ne vient la troubler, cette vibration se transmet très vite et bien plus loin que le vent qui lui a donné naissance, de sorte que c'est aux endroits les plus calmes en apparence que les lames se dressent le plus haut. Elles sont au contraire déprimées quand le vent tombe directement sur elles, ou que plusieurs lames arrivant des divers points de l'horizon, dans des directions différentes, suivant le souffle qui les a fait naître, viennent s'abattre ou se détruire l'une l'autre.
On trouvera au mot Courants la description des courants aériens, réguliers comme les courants marins.
Si les diverses causes de tous ces phénomènes, prises isolément, sont simples à comprendre, il est souvent difficile de démêler en chaque point la part qui revient à chacune d'elles. Et c'est à cette étude qu'on s'applique chaque jour davantage, pour mieux apprendre à utiliser la mer comme grande voie de communication. C'est depuis peu d'années aussi qu'on s'est occupé de l'étude du fond de la mer, à propos de la pose des câbles télégraphiques qui relient les continents entre eux.
Immersions et émergences des rivages. — N'y a-t-il pas là du reste le laboratoire où se sont formées successivement les diverses couches géologiques actuellement émergées, et où s'en forment maintenant de nouvelles qui surgiront à leur tour. Sans attendre les grandes convulsions qui soulèvent les montagnes ou engloutissent les continents, on voit chaque jour certaines côtes s'élever au-dessus des flots qui les baignaient naguère, tandis que d'autres, au contraire, s'enfoncent audessous des eaux.
OCÉANS
OCEANS
La Norvège et les côtes septentrionales de l'Asie sont dans une période d'émergence; il en est de même dos côtes méridionales du Spitzberg et de la Nouvelle-Zemble, de l'Ecosse, de la Barbarie, du littoral de la mer Rouge, d'une partie de l'Anatolie, de l'Ile de Sumatra, du Chili, du sud-ouest du Groenland.
En revanche, au contraire, les deux rives du détroit de Smith, qui conduit de la mer de Baffin dans la mer polaire, le littoral de la Floride et des Carolines, celui de la Guyane et l'embouchure de l'Amazone s'affaissent comme le delta du Nil, le littoral de la Baltique et celui des Pays-Bas.
Modifications de la forme des rivages. — Poussées par les vents, les courants, les marées, les eaux de la mer modifient sans cesse la forme des rivages. Là, aidées par les météores, elles démolissent les falaises; ici, chargées des débris qu'elles ont pulvérisés peu à peu, elles vont combler les golfes. Tantôt elles entassent miette à miette sur la rive des dunes de sable, qu'elles repoussent constamment vers l'intérieur si on ne les arrête par des plantations, tantôt elles déposent des cordons littoraux qui isolent peu à peu de la pleine mer des lagunes et des étangs.
Arrêtant le courant des fleuves, les eaux rie la mer les forcent à déposer à leur embouchure une barre qui, dans les mers sans marée, obstrue bientôt leur cours et les oblige à s'ouvrir une nouvelle route. Là au contraire où la marée se fait sentir, le mouvement du flux et du reflux balayant sans cesse le chenal maintient l'ouverture. C'est pour cela que les grands fleuves qui débouchent dans des mers fermées ne peuvent recevoir les grands navires. Les ports sont obligés de se créer dans le voisinage : Alexandrie, à l'ouest des bouches du Nil, Marseille, à l'est du Rhône. Venise n'est pas sur le Pô, ni Barcelone sur l'Ebre. Dans les mers à marée, au contraire, presque tous les grands fleuves ont leur port de mer : Hambourg sur l'Elbe, Londres sur la Tamise, Anvers sur l'Escaut, le Havre et Rouen sur la Seine, Bordeaux sur la Gironde, etc.
Ces fleuves, cependant, ne sont pas immuables; l'embouchure de la Gironde, celle de la Seine se sont bien des fois modifiées depuis les temps historiques. Sur la Seine, le port d'embouchure est descendu successivement de Lillebonneà Harfleur, puis au Havre. L'Adour a déplacé son embouchure de plusieurs kilomètres.
Diverses parties de l'Océan. Océan Atlantique. — La partie de l'Océan qui baigne les côtes occidentales de la France et de l'Europe porte le nom à' Océan Atlantique. Il a environ 4 00U kilomètres de largeur entre notre pays et les rivages les plus rapprochés de l'Amérique, qui leur font face à la même latitude. Mais entre la côte du Brésil et celle de Guinée, la largeur de l'océan Atlantique se réduit aux trois quarts environ de cette distance. L'océan Atlantique projette, à l'est, entre les côtes d'Europe et celles d'Afrique, la Méditerranée et ses dépendances avec lesquelles il communique par le détroit de Gibraltar. Plus au nord, il projette la Manche, qui, par le Pas-de-Calais, conduit dans la mer du Nord ; le canal Saint- Georges et le canal du Nord, qui, avec la mer d'Irlande, séparent cette même île de la Grande- Bretagne. Enfin entrel'Écosse et la Norvège s'ouvre la mer du Nord, qui communique avec la Baltique par les détroits danois.
A l'ouest, du côté de l'Amérique, l'océan Atlantique projette la merdes Antilles entre l'Amérique méridionale et la chaîne des Antilles, et le golfe du Mexique, où conduit le canal de Bahama, entre la Floride et Cuba.
Au sud, l'océan Atlantique s'ouvre largement sur le Grand océan Austral ou A n tarctique entre le cap de Bonne-Espérance et le cap Horn.
Au nord enfin, il communique avec l'océan Boy-cal ou Arctique par la large mer qui sépare la Norvège du Grunland, et où s'élèvent l'Islande et les îles Féroë.
Entre le Cru nland et le Labrador, le détroit de Davis ouvre une nouvelle série de communications de l'Atlantique avec la mer Polaire, Au Nord, le détroit de Davis se continue par la mer de Baffin, les canaux de Smith, de Kennedy et de Robeson, qui aboutissent à la mer paléocrystique de Nareu, où l'homme a approché le plus du pôle nord, sans y trouverdemer libre de glaces. A l'ouest du détroit de Davis, le détroit d'Hudson conduit à la vaste baie du même nom, qui creuse profondément le territoire du Dominion de Canada. A l'ouest de la mer de Baffin, le détroit de Lancaster, continué par celui de Barrow, forme l'entrée du passage du N.-O., r.'est-à-dire du passage conduisant de l'Atlantique dans le Pacifique par le nord du continent américain. Ce passage a été découvert par Mac-Clure, il y a un quart de siècle.
Ce n'est que depuis 1 «78 qu'on a, non pas découvert, mais effectué pour la première fois complètement le/jas-sa^e du N-£., en allant de l'Atlantique dans le Pacifique par le nord de l'Europe et de l'Asie.
Océan Pacifique. — Qu'on arrive d'un côté ou de l'autre, de l'est ou de l'ouest, on passe de l'océan Arctique dans le grand océan Pacifique par le détroit de Behring, qni n'a que 92 kilomètres de large, entre l'Asie et l'Amérique.
Entre ce détroit, la presqu'île asiatique du Kamtchatka et la chaîne des Aléoutiennes, la mer porte le nom de mer de Behring, comme le détroit, puis elle s'élargit rapidement jusqu'à 15 000 kilomètres de largeur sur l'équateur entre l'Amérique centrale et la Nouvelle-Guinée . C'est le srand océan Pacifique A l'est, du côté de l'Amérique, il ne projette qu'un seul golfe important, celui de Californie. A l'ouest, au contraire, du côté de l'Asie, il forme une série de mers secondaires, dont le séparent des chaînes d'archipels. A l'ouest des Kouriles, c'est la mer d'Oehotsk; à l'ouest du Japon, la mer du Japon ; entre le Japon et la Chine, la mer Jaune; à l'ouest des Philippines et de Bornéo, la mer de la Chine.
Les Philippines commencent la série des archipels qui séparent le Pacifique de l'océan Indien. Le détroit de Macassar, entre Bornéo et Célèbes, celui des Moluques, entre Célèbes et Gilolo, et celui de Torrès, entre la Nouvelle-Guinée et l'Ausralie, conduisent du Pacifique dans les mers intérieures qui baignent ces archipels. On en ressort, à l'ouest, sur la mer des Indes, par le détroit de Malacca, entre la pointe méridionale de l'Asie et l'île de Sumatra, et par le détroit de la Sonde, entre Sumatra et Java.
De tous les canaux qui séparent ensuite les lies de la Sonde entre elles, le plus important est celui de Lomboc, entre les îles de Bali et de Lomboc. A l'ouest de ce détroit, Sumatra, Java, Bornéo, les Philippines appartiennent, par leur flore et leur faune, au monde asiatique. A l'est, au contraire, l'Australie et les îles voisines forment un monde à part. Et les sondages faits à leur pourtour indiquent l'existence de deux plateaux sous-marins distincts qui servent chacun de socle à ces deux groupes d'archipels.
Au sud de l'océan Pacifique, l'archipel de la Nouvelle-Zélande forme aussi un monde distinct qui s'élève seul entre le Pacifique et le grand océan Antarctique.
Océan Antarctique. — C'est sur ce grand océan Antarctique que s'ouvrent tous les autres grands océans, Pacifique, Indien, Atlantique. C'est là que se trouve la plus grande étendue d'eau, que naissent les grandes lames de marée, que se trouve aussi la plus vaste région inconnue à l'homme.
ODORAT
ODORAT
Ross ne s'est avancé de ce côté que jusqu'au 78° de latitude, tandis que Nares, au nord, a dépassé le 83°. La terre la plus méridionale, située sous le méridien de la Nouvelle-Zélande, s'appelle terre Victoria. Là se dressent des montagnes volcaniques hautes comme nos Alpes. En suivant le cercle polaire de l'est à l'ouest, on rencontre successivement la terre de Wilkes au sud de l'Australie, celles de Kemp et d'Enderby au sud de l'océan Indien, celles de Graham et d'Alexandre, au sud de l'Amérique.
Océan Indien. — L'océan Indien, qui baigne les côtes méridionales de l'Asie et orientales de l'Afrique, ne mélangeait ses eaux à celles de l'Atlantique qu'au sud du cap de Bonne-Espérance, avant le percement du canal de Suez, qui ouvre une communication directe entre la mer Rouge, dépendance de la mer des Indes, et la Méditerranée, dépendance de l'Atlantique. Le détroit de Bab-el- Mandeb, le canal de Suez, le détroit de Gibraltar forment trois portes successives à franchir dans ce voyage. Les Anglais y ont occupé Aden, Chypre et Gibraltar, sans compter Malte, qui sépare la Méditerranée en deux bassins distincts.
Océan Arctique. — Nous avons dit par où cette mer communique avec les autres océans. Mais pas plus que pour l'océan Antarctique, on ne connaît ses limites. Où finit le Grœnland, qui sépare l'Atlantique de la mer de Baffin ? Jusqu'où s'étendent les terres qu'on a vues au nord du passage du nord-ouest et à l'ouest du canal Robeson ? Au nord de l'Europe on connaît trois archipels : le Spitzberg, la terre François-Joseph et la Nouvelle- Zemble. Au nord de l'Asie, on ne connaît que l'archipel de la Nouvelle-Sibérie et la terre de Wrangel. non loin du détroit de Behring. fG. Meissas. 1
ODORAT. — Zoologie, XXXVIII; Hygiène, XIV. — Les substances susceptibles de se volatiliser se répandent dans l'air et nous avons conscience de leur présence par le sens de l'odorat, mis en jeu par Volfattion.
Pour exciter le sens de l'odorat, il faut que les articules odorantes ou effluves contenues dans l'air se dissolvent dans l'humeur dont la membrane intérieure du nez est enduite. Si les narines sont desséchées, comme pendant la période inflammatoire du coryza (rhume de cerveau), la perception des odeurs est impossible.
Des nerfs spéciaux recueillent l'impression olfactive et la transmettent au cerveau qui perçoit une sensation. Le volume de ces nerfs est très variable et proportionné, le plus souvent, au développement de l'odorat.
Chez certains animaux, ce sens est la source d'indications compliquées et très précises sur la nature et les propriétés des aliments, des boissons, etc. Souvent le flair les renseigne mieux que la vue. Chez l'homme et le singe, l'appareil nerveux de l'odorat est peu développé ; il l'est moins encore, d'ordinaire, chez les cétacés et les oiseaux.
La partie extérieure et saillante de l'organe de l'olfaction, appelée le nez, constitue une cavité limitée par des os de la face et partagée par une cloison en deux chambres ou fosses nusales dont l'orifice externe s'appelle narines. Les fosses nasales, dont la surface se trouve augmentée par des saillies osseuses, est tapissée par une muqueuse nommée membrane pituitaire à cause de l'humeur jadis nommée pituite qui la lubréfie.
Les nerfs fournis par l'appareil olfactif pénètrent dans le nez par un grand nombre de petits trous percés dans la lame criblée de l'os ethmoide ; mais ces nerfs bouchent parfaitement les trous, de sorte qu'il n'existe aucune communication entre le nez et le cerveau.
Les narines communiquent, à la partie posté-
rieure, avec l'arrière -bouche et, quand celle-ci est fermée, fournissent l'air directement à la trachéeartère. Cependant cette disposition varie chez les animaux inférieurs.
Chez l'homme et chez beaucoup d'animaux les cavités olfactives sont en rapport avec des excavations formées dans les os avoisinants. Ces exca-
Fig. i. — Organe de l'odorat.
a, narines; — b et b', sinus; — c, lobe olfactif fournissant les nerfs de l'odorat qui se répandent sur la membrane pituitaire; — d, rameau nasal de la cinquième paire de nerfs; — e, autre filet de la cinquième paire ; — f, orifice de la trompe d'Eustache.
vations sont parfois considérables et embrassent la plus grande partie du crâne; elles servent sans doute à emmagasiner les émanations odorantes.
Le nez varie beaucoup de forme et reçoit un nom spécial selon la disposition en trompe,. muffle ou boutoir. Quelques chauves-souris ont le nez
Fig. 2. — Tète du Phyllostome vampire.
entouré d'une feuille nasale, destinée à recueillir et concentrer les effluves.
L'odorat est faible chez les reptiles, presque nul chez les oiseaux. Les poissons perçoivent les odeurs par deux appareils qui ne communiquent pas avec la bouche et qui sont revêtus de nombreuses lamelles richement pourvues de nerfs.
Les insectes reconnaissent les odeurs au moyen
ODORAT