‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 190 sur 534 · SG · texte numérisé non relu

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des antennes. Chez quelques-uns le sens de l'odorat très développé les guide vers la nourriture convenable et vers les individus de la même espèce.

On peut considérer l'odorat comme complémentaire du goût. Si l'on comprime fortement les narines extérieures, on avale sans en distinguer la saveur les substances les plus répugnantes. Les maladies du nez, l'habitude de priser du tabac ou du camphre émoussent le sens du goût. Celui-ci est ordinairement prévenu en faveur des sub- ! stances dont l'odeur est agréable, mais l'habitude suffit pour en faire aimer d'autres qui paraissent d'abord repoussantes. Les animaux sont d'ailleurs mieux servis que l'homme par l'instinct nutritif -auquel l'odorat sert de guide. Cependant même thez l'homme les perceptions olfactives acquièrent, par l'habitude, une délicatesse remarquable. Mais l'habitude des odeurs fortes suffit également pour emousser la sensation qu'elles produisent jusqu'à y rendre absolument insensible ; c'est ce qui arrive aux ouvriers d'un grand nombre de professions.

Les odeurs exercent une remarquable influence sur le système nerveux. Quelquefois la médecine utilise leur action irritante pour provoquer une sécrétion abondante de mucus et de larmes. Quelques odeurs produisent une excitation spéciale des sens et de l'intelligence, accompagnée de sensations agréables ; d'autres dites tireuses, comme celles de la jusquiame, du pavot, du stramonium.

Fig. 3. — Antennes de l'abeille.

engourdissent l'intelligence et les sensations, amènent la somnolence et la céphalalgie (mal de tète).

Les odeurs les plus agréables peuvent d'ailleurs provoquer des accidents lorsqu'elles s'accumulent dans une atmosphère non renouvelée ; olles occasionnent du malaise, des maux de tête, des nausées, des vomissements, parfois même la syncope et l'asphyxie.

Les femmes nerveuses sont spécialement impressionnées par les odeurs. On en voit tomber en syncope à la seule vue d'une fleur odorante ; certains parfums leur causent des attaques de nerfs. L'imagination est pour beaucoup dans ces effets maladifs. On rapporte qu'une dame qui ne pouvait, disait-elle, souffrir l'odeur de la rose, se trouva mal en recevant la visite d'une de ses amies qui en portait une à la ceinture, et cependant cette fleur néfaste était artificielle. 11 y a d'ailleurs, sous ce rapport, « bon nombre d'hommes qui sont femmes», et nous avons connu un général qui entrait en fureur à la vue d'un ananas.

Il ne faut pas confondre l'influence de l'impression olfactive avec les accidents d'asphyxie ou d'empoisonnement causés par des substances odorantes. Celles-ci peuvent, en effet, vicier l'air et le rendre irrespirable, ou bien y répandre un principe vénéneux dont l'absorption produit des troubles plus ou moins graves, et parfois mortels.

Ces Dotions sommaires suffisent pour indiquer l'hygiène de l'odorat.

On maintiendra dans son intégrité l'appareil olfactif en évitant, autant que possible, les refroi-

di s?<vnents , causes d'angines et de coryzas ; on s'abstenant de priser des substances irritantes on odorantes ; en n'usant de parfums que d'une façon intermittente et avec beaucoup de modération.

Les enfants s'introduisent souvent dans les narines des corps durs susceptibles d'y provoquer une inflammation ; il faut les surveiller à ce sujet et retirer sans retard les corps étrangers. Pour cela, il suffit, le plus souven', d'introduire quelques gouttes d'huile dans la narine en penchant fortement la tête en arrière, puis de provoquer une sorte d'éternuement artificiel en tenant la bouche fermée.

[Dr Saffray.]

OEIL. — V. Vue.

OISEAUX. - Zoologie, XIV-XVI1I. — Les Oiseaux constituent parmi les animaux vertébrésune subdivision, une classe des plus naturelles et des mieux délimitées. Il suffit en effet, pour caractériser les Oiseaux, de dire que ce sont des vertébrés ovipares, dont la circulation est double et complète, qui ont le sang chaud, la peau garnie de plumes, et les membres antérieurs transformés en ailes. Les oiseaux en effet pondent des œufs qui sont presque toujours couvés soit par la mère seule, soit alternativement par les deux parents, ou qui, plus rarement, sont soumis à l'action des rayons solaires. De ces œufs sortent, au bout d'un temps qui varie suivant les espèces, des petits, d'abord couverts de duvet, et souvent incapables de pourvoir à leur nourriture. Ces petits sont généralement l'objet des soins les plus touchants de la part de leur père et de leur mère ; ils grandissent peu à peu, ils sont capables de sortir du nid, et de voltiger aux alentours, et ils se revêtent de plumes normales; bref, au bout de quelques mois, ou quelquefois seulement au bout d'un an, ils ressemblent à leurs parents et présentent tous les caractères distinctiis de leur espèce.

Tous les oiseaux ont le corps, ou du moins la plus grande partie du corps abritée par des plumes, c'est-à-dire par des productions analogues aux poils des mammifères, mais d'une structure beaucoup plus compliquée. Dans une plume on distingue en effet un tube corné, ouvert inférieurement et surmonté d'une tige, puis des barbes qui s'insèrent le longue cette tige et qui sont parfois elles-mêmes munies de barbules. La plume naît dans une sorte de capsule, ayant un bulbe central; elle grandit, se montre à nu et épanouit latéralement ses barbes qui étaient d'abord enroulées ; enfin, au bout d'un certain temps, elle se fane, elle tombe, pour faire place à une plume nouvelle. Ce phénomène de la mue a lieu à des époques variables, une ou deux fois par an, mais n'affecte pas toujours la totalité des plumes ; il est accompagné d'une sorte de malaise général qui détermine souvent chez l'oiseau la suppression de la voix pendant un certain temps.

Les plumes varient beaucoup sous le rapport de la forme et de la couleur. Quelquefois elles sont réduites, comme dans l'aile des Casoars, à une ti^e rigide, à une sorte de piquant, d'autres fois elles ont des barbules flexibles qui ne s'accrochent pas les unes aux autres, d'autres fois encore elles forment une lame dont toutes les parties adhèrent solidement. Il y a des plumes d'un blanc pur ou d'un noir uniforme, des plumes teintes en roup>, en bleu, en vert, en jaune vif, des plumes aux reflets métalliques ou irisés. Celles qui forment le bout des ailes et la queue acquièrent en général plus de longueur et de résistance que les autres, et servent à la locomotion ; elles sont plus spécialement désignées sous le nom de pennes, par opposition aux plumes ordinaires qui revêtent le reste du corps.

Dans leur charpente osseuse les oiseaux diffèrent notablement des mammifères, mais la plupart des modifications qu'ils présentent à cet égard

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résultent de la transformation des membres antérieurs en organes de locomotion aérienne. Le sternum, ce grand bouclier osseux qui cloisonne en avant la cavité thoracique, acquiert en effet, chez les oiseaux, un développement exceptionnel, et est presque toujours (sauf chez les Oiseaux Coureurs) pourvu d'une arête plus ou moins saillante, d'un bréchet, de chaque côté duquel prennent leur insertion les muscles moteurs du bras. Sur le bord supérieur de ce bouclier s'appuient en général deux arcs-boutants qu'on appelle les os coracoïdiens parce qu'ils correspondent à l'apophyse coracoïde des mammifères. Ces os s'articulent supérieurement avec l'omoplate, avec l'humérus et avec la clavicule. Celle-ci constitue, avec l'os correspondant du côté opposé, une sorte d'arc, légèrement élastique, qu'on nomme la fourchette, et qui a pour but de maintenir l'ecartement des épaules pendant les mouvements nécessités par le vol. Cet arc, plus ou moins développé et plus ou moins évasé, vient parfois rejoindre le sternum, mais d'autres fois en reste indépendant. L'humérus ainsi que le radius et le cubitus, qui lui font suite, ne présentent chez les oiseaux rien de particulier, si ce n'est qu'ils peuvent recevoir dans leur intérieur une certaine quantité d'air, mais la main est pour ainsi dire méconnaissable : le carpe est très réduit, et le métacarpe consiste en deux os, réunis par leurs extrémités seulement, et portant, sur le côté, un pouce rudimentaire, et à l'extrémité un doigt médius à deux phalanges et un petit doigt à une seule phalange. C'est sur cotte main, profondément modifiée, que prennent leur insertion les plus longues pennes, celles qu'on appelle les rémiges, tandis que d'autres pennes moins longues, et nommées pennes secondaires, viennent s'attacher sur le bras et l'avantbras. Les proportions de ces pennes influent naturellement sur la forme de l'aile et par suite sur l>i puissance du vol. Ainsi chez les Autruches, les iXandous, les Casoars et les Aptéryx, qui peuvent courir sur le sol, mais qui sont privés de la faculté de s'élever dans les airs, et chez les Pingouins, qui se servent de leurs membres antérieurs pour nager, les rémiges sont atrophiées, tandis qu'elles acquièrent un développement inusité chez les Frégates, oiseaux de mer qui se meuvent dans l'espace avec une rapidité extraordinaire.

Les oiseaux, par suite de la transformation de leurs membres antérieurs, ne reposent sur le sol que par leurs membres postérieurs, ce sont des animaux bipèdes; ils ont besoin conséquemment u'avoir le bassin solidement soudé à la colonne vertébrale. Chez eux les os des hanches, les os iliaques, se réunissent avec les vertèbres sacrées et lombaires pour constituer un os unique, mais d'ordinaire les os pubis ne se rejoignent pas antérieurement, de sorte que la ceinture osseuse reste ouverte. La tête du fémur ou de l'os de la cuisse est r^çue dans une cavité placée tantôt vers le milieu de la longueur du bassin, tantôt plus en avant ou plus en arrière, et de ces différences de position résultent des différences dans la station de l'oiseau; d'autre part le fémur s'articule avec un tibia plus ou moins allongé, sur le côté duquel est placé un péroné ordinairement très grêle; au bout du tibia vient se placer un os rcsjltant de la fusion de trois baguettes, de trois métacarpiens, qui correspondent à trois doigts antérieurs, et présentant en arrière un autre petit métacarpien auquel s'attache le pouce ou doigt postérieur. L'os unique formé par la fusion des métacarpiens porte le nom de tarse ou de ta/sométatursien ; il représente le canon du cheval, et c'est bien à tort qu'on le considère comme la jambe, c'est en réalité le pied de l'oiseau, et ce qu'on nomme le genou n'est autre chose que le talon. Dans certains cas le doigt postérieur et par-

fois même l'un des doigts antérieurs peuvent manquer; c'est ce qui arrive par exemple chez l'Autruche d'Afrique. La portion du membre antérieure correspondant à la jambe est en partie cachée sous les téguments, et des plumes retombent ordinairement sur le talon et même sur le haut du canon ; dans sa portion inférieure le tarso-métatarsien est ordinairement dégarni de plumes, et couvert de sortes d'écaillés ou de petites plaques accolées; il en est de même des doigts, qui ont plusieurs phalanges et qui se terminent' par des ongles tantôt presque droits, tantôt recourbés en forme de griffes. Chez les oiseaux aquatiques, chez les Palmipèdes *, les doigts antérieurs et parfois même le doigt postérieur sont unis par des membranes qui transforment le pied en une véritable rame.

Les côtes sont rattachées au sternum, non plus par de simples cartilages, comme chez les mammifères, mais par des arcs osseux, et chacune d'elles offre un prolongement, une apophyse qui vient s'appuyer sur la côte suivante. Les vertèbres de la région dorsale sont généralement soudées et immobiles, afin de donner plus de solidité à la cage thoracique, tandis que les vertèbres cervicales peuvent jouer l'une sur l'autre et permettent au cou de s'allonger ou de se raccourcir en se ployant en S. Cette disposition est particulièrement frappante chez les Hérons, chez les Cygnes, chez les Cormorans, etc. La tête est relativement petite ; dans les premiers temps de la vie sa portion crânienne présente comme chez les mammifères deux frontaux, deux pariétaux, un occipital, deux temporaux, un sphénoïde et un ethmoïde distincts, mais tous ces os se soudent de très bonne heure. La face est formée en majeure partie par les mâchoires, dont l'une, la mâchoire supérieure, est unie au front, mais conserve presque toujours une certaine mobilité, tandis que l'autre, la mâchoire inférieure, est suspendue au crâne par l'intermédiaire de 1*05 tympanique ou os carré. Enfin la tête peut exécuter des mouvements plus étendus que chez les mammifères, car elle repose sur la colonne vertébrale par un seul pivot, par un seul condyle.

Les deux mâchoires ou, comme on dit plus généralement, les deux mandibules, sont recouvertes d'étuis cornés dont l'ensemble constitue le bec. Ces étuis, moulés pour ainsi dire sur les os sous-jacents, suivent tous les changements de forme des mandibules, ils s'allongent de manière à constituer une pince effilée chez les Oiseaux- Mouches, ils s'élargissent démesurément chez les Engoulevents, ils s'aplatissent chez les Spatules, et se raccourcissent au contraire chez les Rapaces et chez les Granivores. Leur bord est parfois garni de lamelles, comme chez les Canards, ou plus souvent taillé en biseau tranchant, ou bien encore dentelé, comme chez les Faucons, les Pies-grièches, etc., mais ne sert jamais à la mastication, et ne remplace dans aucun cas les dents des mammifères. Le bec est essentiellement un organe de préhension, et quelquefois la langue concourt au même but, pouvant être projetée au dehors,grâce à une disposition particulière de l'os hyoïde. C'est ainsi que chez les Pics la langue, engluée d'une salive visqueuse, va saisir à une certaine distance, dans les fentes de l'écorce, les menus insectes dont ces oiseaux font leur nourriture. Chez les Perroquets la langue est épaisse et charnue, et chez les Oiseaux de proie elle est encore assez molle, mais dans l'immense majorité des passereaux elle est sèche, triangulaire et armée de crochets et de dentelures; elle ne peut guère, par conséquent, être employée comme organe de gustation. Au-dessous d'elle sont placées les glandes salivaires, qui sécrètent une humeur épaisse et gluante.

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L'arrière-bouchc, confondue en avant avec la bouche, se continue en arrière par l'œsopliage; celui-ci se dilate en une première poche digestive, nommée jatot. Dans cette poche, qui manque chez îes espèces piscivores, les cléments séjournent pendant un certain temps, puis ils passent dans le ventricule succenturié, véritable estomac dont les parois renferment un grand nombre de petites glandes sécrétant du suc gastrique ; enfin, après avoir subi certaines modifications, ils tombent dans le gési"r, poche généralement assez vaste, et dont les parois sont tantôt membraneuses, tantôt épaisses et musculaires. Ce dernier mode de structure peut être observé chez les oiseaux granivores qui ont besoin de triturer des graines résistantes, le premier au contraire se rencontre chez les oiseaux insectivores ou carnivores. L'intestin, moins long que chez les mammifères, se subdivise également en deux portions distinctes, l'intestin grêle et le gros intestin, et le point de jonction de ces deux portions est indiqué par l'insection de deux tubes aveugles, de deux caca. Enfin le gros intestin débouche dans un vestibule, dans un cloaque, à côté de l'oviducte et des canaux urinaires. Le foie est très volumineux chez les oiseaux, et verse ses produits, soit directement dans l'intestin, soit dans un réservoir biliaire, dans une vésicule du fiel. Le pancréas est assez développé, la rate assez petite, et les reins, de forme irrégulière, s'allongent sur la face inférieure de la voûte du bassin.

Le sang des oiseaux circule de la même façon que celui des mammifères, mais il renferme des globules plus nombreux et de forme elliptique, et quand il s'est vicié en traversant les diverses parties du corps, il peut se trouver en contact avec l'air, pour se régénérer, non seulement dans les poumons, mais encore sur un grand nombre de points. La respiration chez les oiseaux est double, si l'on peut s'exprimer ainsi : les poumons en effet, placés contre les côtes, présentent à leur surface inférieure plusieurs ouvertures qui communiquent avec de grandes cellules membraneuses pénétrant jusque dans les interstices des muscles. Les dimensions et le nombre de ces cellules et par suite la quantité d'air distribuée aux diverses parties du corps sont, toutes choses égales d'ailleurs, en rapport avec l'énergie des mouvements que l'oiseau doit exécuter. Souvent même, comme chez les Eperviers et les Albatros, le fluide aérien pénètre dans tous les os des membres.

Grâce à cette activité de la respiration, les oiseaux consomment beaucoup plus d'oxygène que les mammifères, et résistent moins longtemps à l'asphyxie. Ils produisent aussi beaucoup de chaleur et peuvent élever la température de leur corps jusqu'à 42 ou même 45 degrés centigrades.

Beaucoup de volatiles sont doués d'une voix très puissante relativement à leur taille, et certains d'entre eux sont des virtuoses consommés. En général tous les oiseaux chanteurs possèdent, au-dessous du larynx proprement dit qui ne sert que fort peu à la production des sons, un larynx inférieur, sorte de tambour osseux, surmonté d'une membrane mince et communiquant avec deux tubes qui résultent de la terminaison des bronches et qui sont pourvues de replis ou de cordes vocal' s. L'air en s'échappant entre ces lèvres, qui peuvent être plus ou moins tendues, et en faisant vibrer les parois du tambour osseux et la membrane supérieure, munies elles-mêmes de muscles spéciaux, produit cette succession de sons rythmés qui constitue le chant de l'oisoau.

En raison de la nature cartilagineuse de la langue, le goût est peu développé chez les oiseaux ; l'odorat n'est guère plu* parfait, malgré la grandeur souvent considérable des fosses nasales, l'ouïe laisse beaucoup à désirer, et le toucher ne

peut s'exercer que sur des points extrêmement restreints : la majeure partie du corps est en effet recouverte de plumes, les lèvres sont cachées sous des étuis cornés et les pattes sont garnies de plaques et de scutelles. En revanche le sens et la vue est véritablement exquis. Les yeux sont très grands relativement au volume de la tête, et à la rétine est annexée une membrane plissée en éventail et qui, suivant plusieurs naturalistes, aurait pour objet d'augmenter l'étendue de la surface visuelle. La pupille est ronde, l'iris très contractile, la cornée transparente grande et convexe, la sclérotique fortifiée par un cercle de pièces osseuses. Enfin aux deux paupières horizontales se joint, pour protéger l'org;ine de la vision, une troisième paupière, verticale et semi-transparente. Certains oiseaux qui, lorsqu'ils étaient perdus dans les nues, distinguaient avec facilité de petits animaux cheminant à la surface du sol, voient avec la môme netteté, lorsqu'ils sont redescendus sur la terre, les objets placés dans leur voisinage immédiat ; il est donc probable que dans cette classe de vertébrés l'œil jouit, plus que dans tout autre groupe, de la faculté précieuse de s'accommoder aux distances.

Certaines parties du cerveau qu'on appelle les Lobes optiques acquièrent un développement en rapport avec la puissance de la vision et se montrent à découvert et en arrière des hémisphères cérébraux. Ceux-ci sont lisses, dépourvus de circonvolutions et plus ou moins indépendants l'un de l'autre, par suite de l'absence d'un corps calleux ; le cervelet est sillonné de plis transversaux, et presque réduit au lobe médian ; enfin la moelle épinière, très allongée, présente deux renflements correspondant à l'origine des nerfs des membres.

Nous n'avons pas à insister ici sur les facultés intellectuelles des oiseaux. Chacun sait que ces animaux sont capables non seulement de pourvoir à leurs propres besoins, mais de trouver la nourriture qui convient le mieux à leurs petits, qu'ils construisent, souvent avec un art admirable, des demeures pour abriter leur progéniture, que certains d'entre eux s'associent pour former de véritables colonies, et que les uns habitent constamment les pays qui les ont vus naître, tandis que d'autres, à l'approche de la mauvaise saison, émigrent vers des climats plus doux.

Dans la nature actuelle, on connaît plus de dix mille espèces d'oiseaux, qu'il a fallu nécessairement répartir en un certain nombre de groupes d'ordre supérieur Mais les naturalistes sont loin d'être d'accord sur les limites qu'il convient d'assigner à ces différents groupes, aux genres, aux familles et aux ordres, et depuis un certain nombre d'années la classification des oiseaux a subi de nombreux remaniements. Ne pouvant, sans sortir des limites qui nous sont tracées, indiquer tous les changements qui ont été proposés dans ces derniers temps et dont quelques-uns d'ailleurs ne sont pas universellement adoptés, nous croyons préférable de nous en tenir à l'ancienne classification de G. Cuvier. Ce grand naturaliste, employant principalement les caractères fournis par le bec et les pattes, c'est-à-dire par des organes dont la structure est généralement en rapport avec le régime, a subdivisé la classe des oiseaux en six ordres : Rapaces, Passereaux, Grimpeurs, Gallinacés, Echassiers et Palmipèdes. Chacun do ces ordres est dans ce Dictionnaire l'objet d'un article spécial ; nous n'avons donc pas à signaler maintenant les différences qui les séparent ; mais nous devons constater que les caractères tirés de la forme du bec, delà longueur des pattes, de l'indépendance des doigts ou de leur réunion au moyen de membranes peuvent souvent induire en erreur : ainsi pour ne citer qu'un ou deux exemples, les Serpentaires d'une part, les Autruches et

OLÉINEES

OLEINEES

ies Casoars de l'autre, rapportés primitivement aux Echassiers à cause de leurs tarses allongés, ne peuvent plus être laissés dans celte division, les Serpentaires étant de vrais Rapaces par l'ensemble de leur organisation et les Autruches méritant de constituer avec les Nandous, les Casoars et les Aptéryx un groupe particulier sous le nom à Oiseaux Coureurs. De même les Pigeons s'écartent à beaucoup d'égards des Gallinacés et les Perroquets sont supérieurs en organisation aux autrîs Grimpeurs.

[E. Oustalet.]

OLÉINEES. — Botanique, XXVI.— Etym. : Du latin Olea, olivier. — Définition. — Famille de plantes dicotylédonées angiospermes que l'on place dans la classe des Diuspyroïdées à côté des Sapotées, des Ef'énacées, des llicinées, des Styracées. Cette classe elle-môme appartient au groupe des gamopétales hypogynes; c'est-à-dire que les (leurs des Diospyrovlées ont des pétales soudés en une seule pièce et que leur ovaire est libre, tous les autres verticilles floraux étant insérés audessous de lui.

A la suite des Oléinées, nous dirons quelques mots des autre* familles de la classe des Diospyroidées ; car toutes renferment des végétaux utilisés par l'homme.

Caractères botaniques. — Les végétaux de la famille des Oléinées sont tous des arbres comme le frêne, ou des arbustes comme le troèni ?. Ils présentent des feuilles opposées, pétiolees, dépourvues de stipules; ces feuilles sont simples chez l'olivier, le lilas ; elles sont découpées, imparipennées, chez le frêne.

L'inflorescence des Cléinées est généralement une grappe composée que l'on désigne quelquefois sous le nom de thyrse (lilàs). Les fleurs présentent, de l'extérieur à l'intérieur : 1° un calice monosépale à quatre divisions parfois si réduites que le calice semble manquer; 2° une corolle gamopétale à quatre lobes plus ou moins profonds; chez le frêne commun cette corolle fait défaut; elle existe au contraire chez le frêne à manne ; 3° deux étamines insérées sur la corolle et alternant avec ses lobes ; les anthères très développées sont biloculaires et à déhiscence longitudinale; 4° un ovaire libre, supère, à deux loges qui alternent avec les étamines et dans cha cune desquelles il y a ordinairement deux ovules L'ovaire est surmonté d'un stigmate entier chez le lilas, bifide chez l'olivier ; il donne un fruit sec ou un fruit charnu. Chez l'olivier, ce fruit esl une drupe, chez le troène c'est une baie; chez le lilas, le fruit, sec et déhiscent, s'ouvre à la maturité en deux valves loculicides ; chez le frêne, le fruit est sec et indéhiscent; on le nomme samare ; il est caractérisé par ce fait que l'un des côtés de son péricarpe se prolonge en une aile qui a pour but de faciliter la dissémination de l'unique graine qu'il renferme.

Beaucoup d'auteurs divisent les Oléinées en deux sous-familles : 1° les Oléinées vraies qui ont un fruit charnu; 2* les Fraxinées dont le fruit est samaroïde ou sec et déhiscent.

Tout à côté des Oléinées se place la famille des Jasminées , qui pendant longtemps d'aillieurs a été considérée comme une tribu des Oléinées.

Les Jasminées sont des arbustes ou des arbrisseaux souvent volubiles ou grimpants qui diffèrent des Oléinées : 1° par leurs feuilles souvent alternes et toujours composées, parfois à une seule foliole articulée, le plus souvent à trois, ou cinq, ou sept ; 2° par leur corolle gamopétale qui est rarement à quatre divisions, mais presque toujours à cinq ou à six. — Le fruit est toujours une baie.

Le tableau suivant suffira pour faire connaître,

les caractères botaniques des autres familles de la classe des Diospyroïdées :

t Fleurs hermai phrodites; ! étamines extrorses en nombre égal

à celui des lobes de la corolle ou plus nombreuses et mêlées de

stériles

(Corolle 4-8

lobes.)

Sapotbbs.

' Le fruit

est une baie

Arbres et Arbustes

Calice gamosépale ; corolle gamopétale ayant de'3 à S lobes

Fleurs dioïques, étamines introrsesen nombre double Ovaire \ de celui

des lobes de lo^es / i la corolle ou

unio- | plus

vulées J (Corolle, 3 à 6

lobes).

Le fruit est une drupe ; fleurs hermaphrodites, étamines introrses en nombre égal à celui des lobes de la corolle V (Lobes de la corolle, J

Ebékacéks.

| Ovaire à loges pluriovulées ; fruit \

charnu, huit à dix étamines in- SxïIUCÉEg. trorses, fleurs hermaphrodites ( (Lobes de la corolle, 5-4-6-7). J

Usages des Oléinées. — 1» Le lilas est cultivé exclusivement comme plante d'ornement. Les Turcs font des tuyaux de pipe avec les jeunes rameaux dont ils retirent la moelle.

2» Les frênes sont des arbres élevés qui croissent spontanément en Europe et dans l'Amérique -eptentrionale. Leur bois, à cause de son élasticité, sert à faire des timons de voiture, des échelles, des chaises, etc. Le feuillage du frêne ■levé (Fraxinus exce'sior) est la nourriture habituelle des cantharides, à tel point que vers le milieu de juin, l'arbre est entièrement dépouillé de ses feuilles. L'écorce du frêne a été proposée comme succédanée du quinquina.

En Sicile et en Calabre, on cultive deux espèces le frêne, le fraxinus ornus et le fraxinus rotuuifolia qui ont la propriété de laisser exsuder spontanément, ou par suite de la piqûre d'une cigale (Cicada Omit, une quantité considérable l'une liqueur sucrée appelée Manne. Ordinairement, on provoque artificiellement la sortie de la manne, par des incisions que l'on pratique dans l'écorce de l'arbre, depuis le commencement de juillet jusqu'à la fin d'octobre. Mais la manne de qualité supérieure est celle qui est recueillie en juillet et en août, parce que, séchant au fur et à mesure qu'elle sort de l'arbre, elle est tout à fait nure ; on lui donne le nom de Manne en larmes, à :ause de la forme qu'elle affecte. Au contraire, la nanne qui s'écoule pendant les mois de septembre et d'octobre est souvent mouillée par la pluie, elle sèche lentement, coule le long de l'arbre et englobe des matières étrangères ; elle a beaucoup moins de valeur que la première. — A l'état frais, la manne est nutritive; mais elle renferme un principe immédiat, la mannite, qui s'altère rapidement et devient purgatif. C'est à cause de cette propriété que la manne est utilisée en médecine. Si on dissout la manne dans l'eau et si on la soumet à une longue ébullition, elle perd ses [ualités purgatives.

OLËINÊES

OMBELLIFERES

3* Los olivier! sont les arbres les plus utile* do cette famille. Ils sont originaire! de l'Orieat et M Boni répandm sur fout le ri % -t ; ■ de ta Méditerranée, on on l<'s cultive exclusivement p mr leur fruit (|ui est une drupe dont la partie charnue renferme une quantité considérable d'huile. Tout le monde connaît l'huile d olives ; on l'obtient en exprimant dans un pressoir les

olives écrasées; du reste le procède change nu

d une ville a l'autre. Partout cependant, l'huile qu'on obtient à la première expression Bert seule à l'alimentation ; l'autre est employée pour la fabrication des savons et pour l'éclairage.

L'huile d'olives est souvent falsifiée, à l'aide de l'huile de pavots ou huile d'œillette.

Un moyen fort simple de reconnaître la falsification consiste à remplir à moitié une bouteille avec l'huile qu'on veut éprouver, et à agiter fortement, puis à laisser reposer ; si l'huile d olives est pure, sa surface devient rapidement très limpide; si elle est mêlée d'huile d'oeillette, fut ce dans la proportion de 0,1 seulement, il reste à sa surface un certain nombre de bulles d'air; on dit que l'huile for/ne chapelet.

Un autre procédé, non moins simple, consiste à faire congeler 1 huile, en entourant de glace pilée le vase qui la contient; l'huile d'œillette surnagera liquide au-dessus de l'huile d'olives congelée ; si le mélange est dans la proportion de •2 d'huile d'olive-: pour 1 d'huile d'œillette, il ne se congèlera rien.

Dans les environs de Naples, on recueille sur la surface des troncs d'oliviers une substance rou- ^eàtre plus ou moins transparente qu'on appelle gomme d'olivier et qui se rapproche beaucoup de la Surcocoliè.

Les olives elles-mêmes sont comestibles; on les cueille avant la maturité, on les fait macérer dans la saumure, et on les mange crues ou cuites.

Les feuilles de l'olivier et son écorce ont été autrefois employées comme médicaments astringents, ainsi que les feuilles du troène.

Usages des Jasminées. — Les plantes de cette famille ne se recommandent que par leur beauté, leur élégance et l'odeur suave de leurs fleurs. Cette odeur est due a une huile volatile que l'on fixe et que l'on conserve au moyen de l'huile de Ben. C'est surtout avec les corolles du Jasmin Sambac (arbrisseau indien) et celles du Jasmin d'Espagne que se prépare l'essence de jasmin.

Usages des S'ipoiées. — Les arbres de cette famille sont presque tous utiles à l'homme; les uns fournissent des fruits très recherchés: ce sont les Lucumade l'Orén->que, les Sapotittier*, les Çhrysophyllum (arbres des Antilles), les Bassia et les (mbriearia (arbres de l'Inde). Des graines du Bassia butyracea (Inde) et de celles du Bassia P rkii (Sénégal), on retire par expression une huile fixe qui se fige promptement et que l'on nomme Leurre de GaUim. Ce beurre est fort usité comme aliment , et fait l'objet d'un commerce assez étendu, dans l'Inde et au Sénégal. D'autres Sapotées fournissent des bois de construction que l'on désigne dans le commerce sous les noms de bois de fer de Cayenne et bois de natte. Enfin de Ylsonundra Gutta, arbre qui croît à Bornéo et dans les environs de Singapore, s'écoule en abondance un suc qui n'est autre que la guitnpercha. Cette substance a la propriété de se ramollir dans l'eau chaude, et de pouvoir prendre alors toutes les formes qu'on veut lui donner ; en se refroidissant, elle se durcit de nouveau et conserve la forme qu'elle a acquise. Elle est d'un usage extrêmement répandu dans l'industrie ; on en fait des moules pour la galvanoplastie, des manches de fouet, etc., etc.

Usages des Ebénacées. — Cette famille fournit à l'industrie le bois à'ébène; ce bois provient de

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vieillissant que le bus acquiert sa couleur à l'état d'aubier, il g t pr - n'est-

ce que les parties centrales des ifi l que

l'on emploie dans l'ébénisterie.

I /- •.<• des ïticinées. — Les plantes de famille utilisées par l'homme rentrent toutes d nu le genre Houx. Les boux renferment un principe amer nommé ilicine. Les ieuiiles du houx vonsitif (llex vomitoria) sont employées en gui que par les sauvages de l'Amérique septentrionale , celles du houx du Paraguay, ou tnait , cent le thé de Chine dans l'Amérique du Sud : celles du houx commun (//ex aquifolium) on usitées comme fébrifuge; on a même proposé d'employer l'ilicine comme succédané de la quinine. C'est l'écorcc de ce même houx qui donne la glu des oiseleurs. Le bois du houx est serré, dur, très solide, et recherché pour l'ébénisterie.

I i ie ^ racées. — Deux arbres de cette famill ■■ fournissent des baumes : Valiooufier offi- Styrax officinale,, arbre de la région méditerranéenne, qui donne le slornx; le styrax benzoin, arbre des Moluques et des lies de la Sonde,

3ui fournit le benjoin. Ces deux baumes découlent es arbres par des incisions que l'on pratique dans l'écorce. Chacun d'eux se compose d'une résine aromatique unie à une huile volatile et à un acide cristalli-able nommé acide benzolqué. Le benjoin est rougeâtre ; il exhale une odeur de vanille; et d'ambre ; le siorax est blanc jaunâtre ; son parfum est aussi des plus agréables. [C.-E. Bertrand.

O.tlIlELLIFERES. — Botanique, XX. — Etym. : Des deux mots latins umbella, parasol, et /

. c'est-à-dire qui porte des parasols ou ombelles, à cause de la l'orme de l'inflorescence qui s'appelle ombelle.

Définition. — Les Ombellifères sont caractérisées par leur inflorescence, leurs ovules, et leurs glandes résinifères. On rattache aux Ombellifères1 les deux petites familles des Cornées et des liacées qui ont avec elles les plus grandes affinités. La plupart des auteurs regardent les Ombellifères comme formant un groupe intermédiaire entre les Gamopétales hypogynes, représentées par les SambucinéesiCt les Dialypétalesépigynes. représentées par les Rosacées.

Caractères botaniques. — La graine des Ombellifères n'est jamais libre; elle demeure toujours enfermée dans le péricarpe; elle contient un embryon très petit, dicotylédoné, droit, enveloppé de tous côtés par un albumen corné très riche en matières aleuriques. Le tégument de la graine est tellement aplati contre la paroi du fruit que son existence a souvent passé inaperçue.

La racine des Ombellifères est pivotante, bien développée ; elle s'enfonce perpendiculairement dans le sol ; chaque pivot porte deux rangées verticales diamétralement opposées de racines secondaires. Dans la cieuë vireuse, le pivot reste court et se renfle en un tubercule arrondi. Chez le Carum bulbo-castanum, certaines racines secondaires, profondément enfoncées dans le sol. se transforment en tubercules. Ces derniers sont comestibles, et dans certaines régions de la France on les vend sous le nom de truffes blanches. La racine principale de l'impératoire rampe horizontalement à peu de distance de la surface du sol. Dans le céleri rave, le panais, la carotte, le pivot se développe énormément sous l'influence de la culture et se transforme en une masse charnue comestible. Le pivot des Ombellifères est très généralement transformé en organe d'hibernation. Ce fait est surtout évident chez les Ombellifères à végétation bisannuelle et chez les Ombellifères viYaces.

OMBELLIFËRES

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