‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 199 sur 534 · OTHON OU OTTON · texte numérisé non relu

OTHON OU OTTON

le son de s {ineptie, les rations), de ly et ny pour mouiller les deux consonnes l et n (palye, sinyai), etc.

V. Exercices d'orthographe. — Nous avons vu que l'orthographe d'usage a ses règles, tout aussi bien que l'orthographe dite de principes ; c'est ce qu'on oublie trop souvent. Ace point de vue, on ne saurait trop recommander l'étude de la dérivation et de la composition des mots au moyen des suffixes et des préfixes, étude aussi intéressante qu'utile pour la connaissance du la langue, bien qu'elle ait été à peu près complètement négligée jusqu'à nos jours. Comment hésiter sur la manière d'écrire salutaire, pilier, chevreau, alpm, terrasse, glacis, finesse, Itautain, nuée, jetée, bonté, etc. , quand on sait que ces mots sont formés des primitifs salut, pile, chèvre, alpe, terre, glace, fin. haut, nue, jeté, bon, etc., au moyen des suffixes aire,ier, eau, in, asse, is, esse, ain, ée, e, té, etc.? On ne saurait non plus être embarrassé d'écrire exorbitant, inonder et innommé, ces mots étant formés de orbite, onde et nommé, au moyen des préfixes ex et in ; comme, devant une consonne, le x de ex s'élide, tandis que le n s'assimile aux liquides l et r, cela suffit pour expliquer pourquoi on écrit avec un seul r éruption (de ex et rumpere, rompre) et avec deux r irruption (in et runipere).

11 n'est peut-être pas inutile de faire remarquer que les recueils de dictées dont on se sert dans beaucoup d'écoles ne s'occupent guère que de l'orthographe de principes et semblent renfermer toutes les difficultés grammaticales dans le cadre étroit des règles sur les participes, les quelque et les quoique, etc. Les instituteurs feront bien de ne pas trop s'en tenir h ces recueils et de consacrer un peu plus de temps à l'étude sérieuse du matériel même de la langue, c'est-à-dire des mots envisagés au double point de vue de leur signification et de leur orthographe.

EnDn on ne saurait trop recommander aux maîtres d'accorder à la ponctuation beaucoup plus d'importance qu'on ne le fait généralement, et pour csla il est essentiel d'analyser la phrase d'après une méthode toute différente de celle qui est suivie par nos anciennes grammaires. Soit, par exemple, la phrase suivante à ponctuer :

« La parole de Dieu est semblable à la semence « du laboureur: si une pierre dure la reçoit, elle a ne germe pas; si elle tombe parmi les ronces, « elle est étouffée; si une bonne terre la reçoit, « elle produit une récolte abondante. »

I. ne servirait de rien, pour la ponctuation de cette phrase, de se borner, comme on le fait, à distinguer les propositions subordonnées des principales; il faut que l'analyse pénètre plus profondément dans la structure de la phrase et qu'elle la décompose, d'abord dans ses parties principales, puis dans ses divisions secondaires et tertiaires, de la manière suivante :

Cette phrase de coordination comprend deux parties qui sont dans un rapport copulatif et sont -i parées par les deux points: la première partie est une proposition simple ; la seconde est comde tmis propositions copulativcs entre lesquelles se place le point-virgule, signe de la coordination, et chacune de ces propositions a à son service une proposition subordonnée exprimant condition et séparée de la principale par une vii gule, signe de la subordination. [C. Ayor.]

Ouvrages à consulter. A. -F. Didot, Obi l'nrthogrophi ■

Dnrmeil ter, Traité de la formation det moU compotes \y i-, Grammaire comparée de la langue françaite,

os. — V. Squelt tte.

OSMOSE. — Botanique, MI; Zoologie, XXXII.

— Etym. : du grec ôsmos, action de pousser.

L'osmose est la propriété que deux liquides différents ont de se mêler à travers les parois membraneuses qui les séparent. — Supposez un vase divisé en deux compartiments par une cloison membraneuse : que dans l'un des compartiments on mette de l'eau salée, dans l'autre de l'eau pure; il s'établira à travers la membrane deux courants inverses ; de l'eau salée traversera la cloison pour aller se mélanger à l'eau pure; et de l'eau pure passera en sens contraire pour aller diluer de plus en plus l'eau salée : et ce phénomène continuera, jusqu'à ce que la proportion d'eau et de sel soit la même de part et d'autre. Voilà ce qui constitue l'osmose.

Supposez que l'un des liquides soit dans une cavité par rapport à l'autre ; celui-ci pourra être considéré comme extérieur relativement au premier; le courant liquide de dehors en dedans s'appellera endosmose, et le phénomène inverse exosmose.

Dutrochet a fait le premier une expérience que l'on peut facilement répéter, et qui met parfaitement en évidence l'endosmose; l'appareil dont il se servait s'appelle endosmomètre.

C'est un tube ouvert à ses deux extrémités ; son extrémité inférieure est renflée en forme de réservoir dont le fond est formé d'une membrane fermant exactement le tube. Dans celui-ci on met de l'eau alcoolisée et rougie ; on marque alors le niveau de la liqueur dans le tube, puis on met en contact la membrane avec de l'eau pure. On voit alors le niveau s'élever dans l'endosmomètre. C'est que l'eau extérieure a traversé les pores de la membrane, pour venir se mêler à celle du tube.

C'est par des phénomènes d'osmose qu'on explique les échanges nutritifs entre les divers éléments dont se composent anatomiquement les corps vivants, par exemple, l'absorption des substances alimentaires transformées dans l'intestin et qui passent soit dans les vaisseaux chylifères, soit dans la veine porte. — C'est également l'osmose qui est la force active principale dans l'absorption des racines.

Il faut se garder de confondre l'endosmose avec l'imbibition ou la filtration, qui jouent un rôle très important, mais tout spécial, dans les phénomènes physiologiques. [G. Philippon.]

OTHO>' ou OTTON. — Histoire générale, XVIII- XIX, XXVII. — Nom de quatre empereurs d'Allemagne, dont les trois premiers appartiennent à la maison de Saxe, et le quatrième à la maison Guelfe.

1° Maisoii de Saxe.

Othon I", fils et successeur d'Henri Ier l'Oiseleur, reçut la couronne d'Allemagne en 936. Il eut d'abord à combattre plusieurs grands vassaux qui refusaient de reconnaître son autorité, et qui s'étaient alliés au roi de France, Louis IV d'Outremer. Il les vainquit, et, maître incontesté de l'Allemagne, il assura la sécurité de ce pays par sa grande victoire sur les Hongrois à Augsbourg (955), et par diverses expéditions contre les Bohèmes, les Polonais et les Danois. Profitant ensuite des discordes de l'Italie, il marcha au secours d'Adélaïde, veuve du roi italien Lothaire, attaquée par Bérenger II, l'épousa (951), et, plus tard, détrôna Bérenger, et prit pour lui-même la couronne d'Italie et la couronne impériale (902). Il avait rétabli ainsi, au profit de la Germanie, l'empire de Charie, m; laissant en dehors de sa domination que cette partie de la Gaule où régnaient encore les derniers Carlovingiens. Le mariage de son fils cque Théophanie lui donna en mitre des droits sur l'Italie méridionale.

i i succès méritèrent à Othjii le surnom de-

OUÏE

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Grand. Mais ses héritiers ne surent pas maintenir l'Allemagne au degré de puissance où il l'avait portée. Il mourut en 973.

Othon II, fils d'Othonl" et d'Adélaïde de Bourgogne, succéda à son père en 9*3. Il dut faire la guerre au roi de Bavière qui lui disputait la couronne, et au roi de France, Lothaire, qui réclamait la Lorraine. Il battit Lothaire, s'avança jusqu'à Paris et fit la paix en gardant la Lorraine, et en cédant à un frère de Lothaire le duché de Brabant. Après avoir rétabli le pape Benoit VII, qu'avait détrôné le consul Crescentius, il employa les dernières années de son règne à guerroyer dans l'Italie méridionale, qu'il disputa aux Grecs en vertu des droits qu'il prétendait tenir de son épouseThéophanie; mais il ne réussit pas à la conquérir. Il mourut en 983.

Othon III. fils d'Othon II et petit-fils d'Othon Ier, régna de 983 à 1002. Pendant sa minorité, sa grandmère Adélaïde et sa mère Théophanie exercèrent la régence. Devenu majeur, il se rendit en Italie, força les Romains à reconnaître son autorité, mit a mort leur consul Crescentius, et donna la tiare pontificale au savant évêque français Gerbert (Sylvestre II), qui avait été le précepteur de son père. Il mourut à l'âge de vingt-deux ans, empoisonné, dit-on, par la veuve de Crescentius. Il eut pour Buccesseur son cousin Henri II le Saint.

2" Maison Guelfe.

Othon IV de Brunswick, fils du duc de Bavière Henri le Lion, fut élu empereur en 1198, à la mort de Henri VI de Souabe. Il eut pour compétiteur Philippe de Souabe, frère de Henri VI. La lutte entre les deux rivaux dura dix ans ; mais Philippe ayant été assassiné par Othon de Wittelsbach, Othon IV demeura seul maître. Bientôt le pape Innocent III, qui avait d'abord été son allié, se brouilla avec lui, et lui suscita un nouveau compétiteur, le jeune Frédéric II de Hohenstaufen. Le fait le plus important du règne d'Othon IV est sa guerre contre le roi de France, dans laquelle il eut pour allié le roi d'Angleterre, Jean-sans- Terre. Philippe-Auguste le vainquit à Bouvines (1*214). Othon mourut en 12 1 8, et Frédéric II lut reconnu empereur par toute l'Allemagne.

OUÏE. — Zoologie et physiologie, XXXIX ; Hygiène, XIV. — L'audition, ou le sens de l'ouïe, a pour siège l'oreille. Ce sens permet de percevoir les bruits produits par les vibrations des corps solides, liquides ou gazeux, les sons musicaux formés par des vibrations isochrones ; il fait distinguer Y intensité An bruit ou du son, le timbre qui indique la nature de l'objet vibrant.

L'appareil auditif est placé sur les côtés de la tête. On y reconnaît trois parties : Yoreilte externe, l'oreille moyenne et l'oreille interne.

L'oreille externe comprend le pavillon ou conque auditive et le méat auditif. Le pavillon n'existe que chez les mammifères, et même les espèces souterraines, comme la taupe, et les espèces aquatiques, manquent de cet appendice destiné à recueillir les ondes sonores ou vibrations de l'air, ou de l'eau. Chez l'homme, cette partie est bordée par un repli régulier et terminée inférieurement par un lobule graisseux La chauve-souris est pour- \ ue d'un oreillon, sorte de petite conque logée dans la grande (fig. 2), qui lui permet de fermer le tube audit if pour se recueillir etselivrerau sommeil. C'est le prolongement de la partie de l'oreille humaine nommée tragus que l'on voit à la partie antérieure et moyenne de l'oreille, en avant du méat auditif. La conque est munie, à la base, de muscles, très développés chez certains animaux, qui permettent de l'orienter dans la direction du bruit. Le méat auditif ou conduit de l'oreille externe se termine à l'oreille moyenne. Les animaux aquatiques peuvent le fermer par la contraction d'un

muscle circulaire. La peau qui garnit ce tube renferme un grand nombre de petites glandes qui sécrètent une matière jaunâtre appelée cérumen. L'oreille moyenne consiste en une sorte de caisse pleine d'air logée dans une cavité osseuse. Elle est séparée de l'oreille externe par une mem-

Fig. 1. — Oreille de l'homme.

A., pavillon ou conque auditive; — B, conduit auditif externe ; — C, membrane du tympan ; — D, caisse du tympan; — E, enclume; — M, marteau ; — G, canaux semicirculaires ; — H, limaçon ; — I, trompe d'Eustache.

brane tendue, le tympan, susceptible de vibrer sous l'influence des ondes sonores de l'air ou de l'eau. Du côté opposé, la caisse est fermée par deux membranes tendues sur deux ouvertures nommées fenêtre ovole et fenêtre ronde; de sorte que l'oreille moyenne peut être comparée à un

Fig. 2. — Tète d'oreillard.

tambour. Ce tambour est rempli d'air à la pression extérieure, grâce à un conduit, nomme trompe d'Eustache (du nom de celui qui l'a découvert) qui s'ouvre dans l'arrière-bouche.

La membrane du tympan est reliée à celle de la fenêtre ovale par une chaîne de quatre petites pièces osseuses mues par des muscles. Ces osselets sont appelés, à cause de leur forme particulière, le marteau, l'enclume, le lenticulaire (semblable

OUÏE

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à une lentille, et Yétrier. L'action des muscles et des osselets détend ou raidit les membranes pour faciliter ou atténuer leur vibration.

Fi g. 3. — Les osselets de l'oreille# M, le marteau et ses muscles; — E, l'enclume ; — L, le lenticulaire ; — K, l'étrier et sou muscle.

L'ensemble de l'oreille interne, logé dans un os très épais, s'appelle labyrinthe: il comprend le vestibule, trois canaux recourbés dits semi-circulaires, et le limaçon, qui doit son nom h sa ressemblance avec la coquille ainsi nommée. Tout le labyrinthe est tapissé par une membrane sur laquelle s'étalent les extrémités des nerfs auditifs. Cette membrane renferme un liquide gélatineux qui transmet les vibrations.

Il semble que le vestibule donne la sensation du bruit, les canaux semi-circulaires celle du timbre, et le limaçon, celle du ton, c'est-à-dire du nombre de vibrations.

Chez les mollusques, l'oreille se réduit au vestibule. Le limaçon manque aux batraciens; parmi les poissons, il y en a qui n'ont que le vestibule, mais la plupart possèdent en outre les canaux semi- circulaires. L'oreille des crustacés, réduite au vestibule, occupe la base des grandes antennes.

Fig. 4. — Coupe oblique du limaçon.

A, lame spirale extérieure; — BB, lame spirale intérieure sur laquelle s'étendent les terminaisons a du nerf acoustique ; — C, séparation du deuxième tour d'avec le troisième ; — D, rampe supérieure, vue au second tour ; — E, sommet du limaçon.

Cette description sommaire nous permet de constater que l'ouie est une sorte de toucher destiné à constater et à interpréter les vibrations des corps. Les vibrations violentes affectent en outre le cerveau d'une façon assez intense pour causer de graves accidents et môme la mort.

Comme les autres sens, l'ouie s'émousse par l'habitude des excitations violentes, se perfectionne par une éducation méthodique.

L'ébranlement général produit par les bruits intenses, spécialement par les détonations, est dangereux pour les personnes à poitrine délicate, disposées à l'hémoptysie et aux maladies du cœur : il cause souvent la piTte complète de l'aud chez les chaudronniers, les artilleurs, etc.

L'audition est sujette à dos modifications passagères auxquelles on remédie souvent par des précautions hygiéniques. Il faut éviter surtout les

brusques changements de température, les cou

rants d'air, l'action prolongée du vent. Lorsque l'accumulation du cérumen bouche le conduit externe, on le ramollit avec, de l'huile pour en faciliter l'extraction. Les soins de propret indispensables à tout âge. mais spécialement pendant la jeunesse.

C'est un tort grave de comprimer le pavillon contre la tôte par les attaches d'un bonnet. Non seulement on aplatit et déforme cette partie, mais on rétrécit le méat. Celui-ci éprouve souvent un rétrécissement, cause de demi-surdité, par suite de la perte des incisives, qui fait porter le menton en avant et en haut et déplace l'articulation de la mâchoire: on y remédie en faisant remplacer les dents absentes.

De même que l'on peut, au moyen de lunettes bien choisies et bien graduées pallier les défauts de la vue, on peut augmenter la faculté auditive émoussée au moyen de divers instruments, tubes ou cornets acoustiques. Il y a longtemps que Jorissen et Winkler ont conseillé l'usage de lattes minces qui, placées entre les dents, transmettent les vibrations sonores à la trompe d'Eustache. Itard a transformé cet instrument primitif en un petit porte-voix dont l'extrémité amincie en bec de clarinette se presse entre les dents. Il est bon de rappeler le nom de ces inventeurs aujourd'hui qu'on applique leur système modifié sous le nom daudiphone. Celui-ci consiste en une plaque mince de bois, de caoutchouc durci ou d'autre substance que l'on tient à la main et que l'on serre entre les dents, en lui faisant prendre une forme légèrement concave. Les ondes sonores frappant cette plaque se communiquent à l'oreille interne par les os du labyrinthe, et, si la surdité n'affecte que l'oreille moyenne, on peut entendre assez distinctement, au bout de quelques heures d'exercice.

L'inflammation de l'angine et du coryza peut se propager à la trompe d'Eustache et causer une surdité momentanée ou même permanente. L'hygiène et les ablutions froides fréquentes éloigneront ce danger. La propreté et l'hygiène préviendront également la propagation au conduit auditif des maladies du cuir chevelu : impétigo, eczéma, gourmes. Dès qu'un enfant se plaint d'un mal d'oreille, il faut s'assurer qu'il n'y a pas introduit un corps étranger et, s'il y a lieu, procéder immédiatement à son extraction ; le plus souvent l'intervention du médecin est nécessaire.

Pour l'ouie comme pour les autres sens, la modération est de rigueur si l'on veut conserver son intégrité et sa sensibilité. On s'accoutume, il est vrai, au bruit, mais son effet n'est pas moins pernicieux. Par contre, si le calme, le silence sont utiles dans la plupart des maladies, et après les fatigues intellectuelles, l'absence absolue de bruits donne à l'ouie une sensibilité maladive comme celle que contracte la vue des personnes privées longtemps de lumière. [Dr Saffray.]

OVALE. — Géométrie, XXIV. — Etym. : du latin ovum, œuf. — L'ellipse n'étant pas facile à tracer d'un mouvement continu sur le papier, on a imaginé de construire des courbes qui en diffèrent très peu, en les formant d'arcs de cercles qui

Fig. 1.

ont dos rayons inégaux et sont raccordés ensemble ; ces < ourbes sont appelées ovales. Parmi les divers 1 s propres à les décrire, nous Indiquerons los principaux.

Il y a d<Mi\ cas h examiner : 1° on donne seu-

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