‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 219 sur 534 · PARTAGE DES TERRES - 1524 - PARTIES DU DISCOURS · texte numérisé non relu

PARTAGE DES TERRES - 1524 - PARTIES DU DISCOURS

Lorsque la ligne de partage est très sinueuse, comme dans le cas présent, il convient de la remplacer par une courbe plus facile à tracer sur le terrain ou même par une ligne droite en faisant des compensations, c'est-à-dire on prenant et restituant à chaque part des surfaces sensiblement égales. Exemple, la droite AB.

Partage proportionnel à des nombres donnés. — 11° Une propriété ayant la forme d'un quadrilatère irrégulier a été achetée à raison de 15000 fr. par trois acquéreurs, qui ont versé respectivement 7000 CoOO et 2000 fr. : on demande un partage proportionnel à ces nombres, à condition, que les trois parts aboutissent à un point intérieur P

Fi g. 8.

Il faut d'abord calculer la surface du terrain tout entier en le décomposant en deux triangles au moyen de la diagonale DB, puis la surface de chaque part proportionnellement aux nombres 2, 0 et 7.

On prendra la ligne PC, par exemple, comme première ligne de partage ; on détachera un triangle MPC appuyé sur le côté BC, ayant pour hauteur PH et une surface égale à 2/15 de la surface totale. On mesurera ensuite le triangle CPD avant pour hauteur PK. et l'on ajoutera, pour compléter la deuxième part, égale à 6/15 de la surface totale, un petit triangle DPN ayant pour hauteur PQ. Il restera pour la troisième part, é 'aie à 7/15 de la surface, le pentagone irrégulier PNABM.

H. Terrain d'inégale valeur. — 12° Soit un terrain ayant la forme d'un hexagone irrégulier, composé de trois classes de terre, à diviser en trois parties de même valeur (fig. 9).

Fig. 9.

On jalonne au préalable des lignes de séparation des diverses classes de terre ; on calcule la surface de chaque catégorie et le prix suivant les habitudes locales, puis on procède au partage.

On comprend que le problème est très compli v et demande une grande expérience de la par: de l'arpenteur.

Dans le cas présent, chaque classe a été divisée en trois parties égales, ce qui a donné des lignes de division très irrégulières, abc/ et efgh. Une première rectification des limites a été faite au moyn des lignes mn etpq, par des compensations basées sur la valeur des terres, par exemple, 75 francs l'are en première classe, :>0 francs en deuxième, et 10 francs en troisième. Enfin, la portion du milieu, à cause de sa configuration plus régulière, et, par suite, plus avantageuse pour la culture, a dû céder une petite bande de terre représentant 1/100 de sa surface à chacune des deux autres, ce qui a donné les lignes définitives MX et PQ.

III. Bornage. — La consécration naturelle de tout partage de terrain est un bornage avec procès-verbal à l'appui.

Les bornes sont généralement de grandes pierres brutes ou taillées, que l'on enfonce dans la terre pour les garantir du soc de la charrue. On met souvent quatre moellons en dessous, qu'on appelle témoins de la borne; au milieu de ces moellons, on casse encore une tuile dont on rapproche les morceaux, appelés témoins muets on bien on emploie du charbon, des fragments d'ardoise, des cailloux.

Les bornes se placent aux angles des terrains pour indiquer le bout et le côté, ainsi que sur les longueurs ; elles sont d'autant plus nombreuses que les contours sont plus accidentés.

Il est nécessaire de marquer les bornes sur les plans en indiquant leur éloignement et môme les angles qu'elles forment entre elles.

Des peines sévères sont édictées contre toute personne qui arrache ou déplace une borne sans une autorisation signée de tous les propriétaires riverains ou un ordre du juge.

[A. Bougueret.]

PARTIES DU DISCOURS. — Grammaire, IX.

— On appelle ainsi, en terme de grammaire, les différentes espèces de mots, le discours, ou encore l'oraison, comme l'entendent les grammairiens, n'étant autre chose que la suite des mots ou des phrases, en tant qu'ils expriment nos pensées.

On compte ordinairement dix parties du discours, dix espèces de mots : le nom, l'article, l'adjectif, le pronom, le verbe, le participe, l'adverbe, la préposition, la conjonction et l'interjection. Quelques grammairiens n'en comptent aujourd'hui que neuf ou même huit, faisant rentrer le participe dans la catégorie du verbe et l'article dans celle des adjectifs déterminatifs. Chaque espèce se subdivise en un certain nombre de sousespèces.

L'origine de cette classification des espèces da mots est fort ancienne. Elle remonte à Platon et à Aristote ; l'école d'Alexandrie l'a singulièrement perfectionnée ; adoptée par les grammairiens latins du bas empire et par ceux du moyen âge, elle est parvenue jusqu'à nous en ne se modifiant guère que sur certains détails, et l'on peut dire fort justement que les termes dont se servaient les Denys le Thrace, les Apollonius Dyscole, les Priscien pour enseigner la grammaire à la jeunesse grecque ou à la jeunesse romaine, « sont ceux-là mêmes dont nous nous servons encore aujourd'hui. » (V. Grammaire, IIe Partie du Dictionnaire, article de M. C. Rouzé.)

Km-co à dire que cette classification réponde bien à la réalité des choses? Sans vouloir subtiliser, sans vouloir se demander si les mots, tels que L'histoire de la langue nous les montre dans leur naissance, leur développement et leurs transformations, répondent bien à cette idée d>' catégories irréductibles, qui seule caractérise véritablement l'espèce, on est à tout le moins en droit d'examiner si la classification des espèces grammatitelle que noua l'avons reçue de l'antiquité.

Page 1