JACQUERIE
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JARDIN
ia partie extérieure de l'histoire de cette période. Si nous considérons le développement national du peuple anglais, abstraction faite du monarque et de sa politique, nous trouverons peu d'époques aussi fécondes que le premier quart du xvn« siècle. La bourgeoisie anglaise s'éveille au sentiment de sa force ; elle commence à défendre les droits de la nation, et les idées qui produiront la grande révolution de 1648 fermentent déjà dans les esprits. En même temps, la renaissance littéraire et scientifique produit deux génies immortels : Shakespeare (mort en 1616) occupe la scène, et Bacon (mort en 1626), renouvelle la philosophie en la fondant sur l'étude des sciences.
Jacques Ier mourut en 1625,après avoir marié son fils Charles a Henriette de France, sœur de Louis XIII.
Jacques II. — Frère puîné de Charles II, ce prince monta sur le trône en 1685. Il professait le catholicisme ; aussi le sentiment national l'accueillit-il avec crainte et défiance. Le duc de Monmouth, fils naturel de Charles II, essaya de profiter de cette disposition des esprits pour s'emparer du pouvoir par une insurrection : il fut vaincu et décapité. Les puritains, suspects au roi, furent cruellement persécutés, et le juge Jeffries, instrument servile des haines de son maître, mérita, par sa cruauté, de voir sa mémoire vouée à l'exécration. Jacques II s'était mis, comme son frère, à la solde de Louis XIV, et, sans se laisser arrêter par le mécontentement général, il marchait ouvertement à une restauration du catholicisme. Par la déclaration d'indulgence (1687], il abolit l'acte du test, qui fermait aux catholiques l'entrée aux emplois publics. Les chefs du parti whig, sentant le danger, entrèrent en négociation avec Guillaume a Orange, gendre de Jacques II, pour renverser le roi. Cependant, comme Jacques n'avait pas d'enfants, les mécontents, hésitant devant une révolution, eussent été disposés à attendre que Tordre naturel des choses appelât au trône un prince protestant. Mais la naissance d'un prince royal les décida à agir : Guillaume d'Orange passa en Angleterre avec une flotte; et tandis que Jacques II s'enfuyait sans essayer de résistance, son gendre était reçu à Londres avec enthousiasme et proclamé roi sous le nom de Guillaume III (1688). La dynastie des Stuarts était déclarée déchue du trône, et l'Angleterre voyait s'établir définitivement le gouvernement constitutionnel, pour la conquête duquel elle luttait depuis près d'un siècle.
Jacques II, réfugié en France, chercha vainement à recouvrer sa couronne avec l'appui de Louis XIV (bataille de la Boyne, 1690). Il mourut en exil en 1701. Son fils Jacques, dit le chevalier de Saint-Georges, et son petit-fils Charles-Edouard, ne furent pas plus heureux; et la famille des Stuarts s'éteignit avec ce dernier, qui mourut en 178s, sans postérité.
Lectures et dictées. — « L'Angleterre se rendait bien compte de ce qu'elle venait d'accomplir par la révolution de 1688. A la place du droit divin elle fondait le gouvernement parlementaire : c'està-dire la discussion des grands intérêts du pays, le vote des lois et des impôts, par les représentants mêmes du pays. Un droit nouveau, celui des peuples, se levait donc, dans la société moderne, en face du droit absolu des rois qui, depuis deux siècles, la ré-issait, et qui venait de trouver en France, dans Louis XIV, sa plus glorieuse personnification, et dans Bossuet son plus illustre défenseur. Il n'y a plus à s'étonner de la lutte acharnée qui va éclater entre la France et l'Angleterre. Ce ne sont pas deux intérêts contraires, ce sont deux droits politiques différents qui seront aux prises. » (Dura] .)
JAUJIERIE. — V. Guerre de Cent ans, p. 921, Paysans,
JAPON.— V. Orient {Ex trime).
JARDIN.— Agriculture, XIX. — Le jardin est l'annexe de toutes les exploitations agricoles. Il sert à la fois pour donner des légumes et des fruits à la consommation de la famille, et pour la distraire par la culture de quelques fleurs, dont la pousse est suivie avec intérêt par les enfants et dont la facile culture sert à les initier aux mystères de la végétation. Xous n'aurons pas à parler ici du jardin fruitier ; les méthodes de culture des arbres à fruits ont été indiquées au mot Arboriculture. Le but de cet article est de donner des indications sur la culture du jardin potager et quelques notions sur les soins à donner aux plates-bandes ou aux corbeilles de fleurs.
Le potager est la partie du jardin consacrée aux légumes. Xous indiquerons successivement les divers travaux nécessaires pour la préparation du sol, les principales sortes de plantes qui y sont cultivées, et nous donnerons quelques détails sur la culture potagère en grand, qui prend le nom de culture maraîchère.
Le jardin doit être travaillé avec le plus grand soin. Le plus souvent, le sol est façonné avec la bêche : souvent on désigne le bêchage des planches de jardin sous le nom de labourage. C'est à une profondeur de 20 à 25 centimètres que la bêche doit pénétrer. Voici la manière dont le bêchage doit être fait.
On ouvre un petit fossé, appelé parfois jauge, le long d'un des côtés de la planche. La terre qui en est extraite est transportée, par une brouette, à l'autre extrémité de la planche. A la fin du travail, cette terre doit remplir le vide laissé par la dernière tranchée. En bêchant, il faut toujours conserver la même jauge, c'est-à-dire l'intervalle égal à ce fossé, entre la tranche de terre qui a été retournée et celle qui ne l'est pas encore. Cette jauge a la même profondeur que le labour et une largeur de 30 centimètres environ. Si les pelletées renversées à chaque coup de pelle ne se divisent pas elles-mêmes sur les bords de la jauge, on opère cette divison avec quelques coups de la tranche de la pelle. Ces tranches doivent être retournées et divisées, de manière que le sol conserve toujours le même niveau. Les pierres que la bêche rencontre sont rejetées sur les côtés de la planche. Les mauvaises herbes sont enfouies pendant le travail ; mais, si elles sont vivaces, leurs racines sont enlevées avec soin. Si le labour concorde avec l'enfouissement du fumier, celui-ci est d'abord disposé régulièrement en une couche continue sur la planche. A chaque coup de bêche, le fumier est répandu par parcelles au fond de la jauge.
Si le bêchage est fait quelque temps avant les semailles des plantes, on peut laisser la surface de la planche suhir l'influence des agents atmosphériques et s'effriter naturellement. Mais si les semailles doivent être faites tout de suite, on égalise la surface en brisant les mottes au moyen d'un râteau.
Le défonçage d'un jardin se fait de la même manière que le bêchage, mais en descendant à une profondeur double ou triple. Le défonçage varie suivant l'épaisseur de la couche cultivée, mais il n'est réellement utile que lorsqu'on descend à la profondeur de 50 centimètres au moins.
Les soins à donner au sol des jardins sont, après le bêchage, le sarclage, qui consiste à gratter la surface du sol avec une ratissoire ou un sarcloir, de manière à couper les racines des mauvaises herbes, en ménageant celles des bonnes; — l'ésherbage, qui consiste à enlever les mauvaises herbes avec la main; — le binage, qui consiste à remuer la terre avec une binette, jusqu'à 5 à 10 centimètres, entre les plantes cultivées, et a le double avantage de détruire les mauvaises herbes et d'ameublir la surface de la planche pour qu'olle
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subisse plus efficacement l'action des agents extérieurs et des arrosages.
Les plantes, suivant leur nature, sont cultivées sur planches, c'est-à-dire la terre étant labourée à plat; sur ados, c'est-à-dire sur planches faisant saillie d'un seul côté et parallèles les unes aux autres ; sur billons, c'est-à-dire sur planches bombées d'une largeur de 1 mètre à 1°\50, hautes à leur partie supérieure de 40 à 50 centimètres, et formant dos d'âne ; leurs deux pentes sont recouvertes par les plantes cultivées. Il est enfin un système spécial, appelé culture sur couches, qui demande une explication particulière. On désigne sous le nom de couche un amas de matières capables de fermenter, disposées en lit, et recouvertes d'une épaisseur variable de terre sur laquelle est faite la semaille ou la plantation. Ces matières s'échauffent par la fermentation, et leur chaleur se communique à la terre, et par elle aux plantes. Les couches se font tantôt avec du fumier, tantôt avec des feuilles, tantôt avec un mélange de fumier et de feuilles ou d'autres matières organiques. Pour que leur chaleur, qui constitue un climat artificiel pour les plantes, ne s'exhale pas en pure perte dans l'atmosphère, les couches doivent être recouvertes d'un coffre ou châssis vitré qui concentre la chaleur autour des plantes.
Pour que le jardin ait une production abondante, il est absolument indispensable que les engrais lui soient prodigués. Il en est des légumes et des autres plantes potagères comme de la grande culture ; la terre ne produit que proportionnellement à ce qu'on lui donne. Pour les jardins, les fumiers constituent à la fois l'engrais le plus actif et celui qui est le plus facile à trouver. Dans ces dernières années, on a préconisé l'emploi de certains engrais chimiques ; cette pratique a donné de bons résultats, au point de vue de la production ; mais quand les légumes sont principalement cultivés pour la consommation de la maison, la question du prix de revient est très importante, et elle pourrait souvent s'opposer à l'emploi de ces engrais. Les meilleurs fumiers pour les jardins sont les fumiers dont la décomposition est avancée. Ils constituent ce qu'on appelle les fumiers chauds ; ils ont le grand avantage de contribuer puissamment à l'arneublissement du sol.
A côté des fumiers, les arrosages sont un des principaux éléments de la production des légumes. Les meilleures eaux à employer pour arroser les jardins sont les eaux de pluie et de source, celles du ruisseaux et de rivières. Quant aux eaux de puits, elles sont généralement trop froides, trop crues, suivant l'expression vulgaire ; pour les employer, il est utile de les faire séjourner dans des réservoirs où elles sont exposées à l'action de
I air et du soleil. Un tonneau ouvert, enterré auprès du puits, peut très bien servir de réservoir.
II est difficile d'établir des règles précises pour les arrosages, mais on peut dire qu'en général les légumes sont d'autant plus beaux qu'ils ont été plus fréquemment arrosés. Au printemps, quand les gelées tardives sont encore à craindre, les arrosages doivent être faits le matin. On doit prendre les mêmes précautions à l'automne. Par cette méthode, l'humidité est évaporée pendant le jour, et elle ne peut pas contribuer à augmenter les effets de la gelée, quand celle-ci se produit. En été, les arrosages peuvent être praliqués pendant presque toute la journée ; mais le meilleur moment est le soir, quelque temps avant le coucher du soleil.
Les appareils servant aux arrosages sont très variés. Le plus souvent, on se sert d'arros 'rs à pomme ou à soupapes brise-jets. Pour les arbustes et pour le nettoyage des feuilles, on se sert de petites pompes à main. Quelquefois on emic Partie.
ploie, dans les grands jardins, pour les arrosages, des pompes montées sur brouettes ou des tonneaux montés sur roues auxquels des pompes sont jointes. Les seringues d'arrosage sont aussi employées, surtout quand il s'agit de faire des bassinages avec des solutions insecticides.
Les vents, dans quelques régions, nuisent beaucoup aux jardins. Pour les protéger, on établit des brise-vents. Ce sont le plus souvent de forts paillassons fixés debout à des piquets enfoncés en terre. D'autres fois, ces brise-vents sont formés par des plantations d'ifs ou d'autres arbres résineux, très rapprochés les uns des autres, de manière à constituer un rideau protecteur. Les murs qui entourent les jardins servent aussi à protéger les plantes contre l'action des vents, en même temps qu'ils renvoient la chaleur du soleil sur les plates-bandes les plus rapprochées, et sur les arbres placés en espalier.
On a dit, avec une grande raison, que la multiplication des plantes et leur entretien renferment presque toute la science du jardinier. Les plantes potagères se multiplient par graines ou par bourgeons. Le bouturage, le marcottage, l'éclatage sont les méthodes les plus usitées de multiplication par bourgeons. Ces procédés ont l'avantage de conserver les qualités spéciales à une plante, tandis que la multiplication par graines amène souvent des modifications ou môme une dégénérescence qu'il est impossible d'éviter.
Les graines sont semées de diverses manières, suivant la nature et la grosseur. Plus les graines sont fines, et moins elles doivent être enterrées; souvent, quand la semence est répandue sur le sol, on se contente de la presser avec le dos d'une pelle ou d'un râteau. Les semis se font sur place ou en pépinière. Quand la plante reprend difficilement, on sème sur place; parmi les légumes, la carotte, le cerfeuil, la fève, la mâche, le navet, le persil, le radis, etc., sont dans ce cas. Les semis sur place se font à la volée, en jetant avec la main la graine sur la terre, de sorte qu'elle s'y éparpille régulièrement ; — en rayons, ou dans des rigoles tracées le long d'un cordeau tendu ; — en poquets, ou dans des trous creusés en ligne, avec la serfouette, à quelques centimètres de profondeur. Un grand nombre de graines sont semées en pépinière : les graines sont d'abord semées sur couche, afin que leur végétation soit activée; quand les plants ont poussé quelques feuilles, ils sont enlevés et repiqués à la place qu'ils doivent occuper. Ce système offre beaucoup d'avantages pour un certain nombre de plantes ; il favorise le développement de leur système radiculaire. Les plants repiqués doivent être abondamment arrosés après leur mise en place.
Le plus grand nombre des graines sont semées à l'automne et au printemps. Toutefois il faut ajouter qu'il est impossible de fixer une date précise pour les semailles. Le jardinier doit souvent se laisser guider par des circonstances extérieures; en tous cas, il se règle sur le climat, sur la plante elle-même, la durée de sa vie et les résultats qu'il veut en obtenir. Ainsi, par exemple, dans les départements septentrionaux, le plus grand nombre des plantes annuelles doivent être semées à la fin de l'hiver ou au commencement du printemps ; mais pour celles dont on veut avoir des primeurs, il faut les semer sur couche dès le mois de novembre ou celui de décembre.
Il est très bon, pour hâter la végétation, de répandre sur la planche une certaine quantité de terreau après les semailles ou avant cette opération. Le terreau est répandu avec une pelle ou un râteau, de manière à former une couche aussi égale que possible. Cette addition de terreau, qu'on désigne quelquefois par le terme de terreautage, a pour but d'échauffer le sol, en même
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temps que de céder aux plantes des éléments nutritifs chaque fois qu'il pleut ou qu'on arrose. Le terreau proprement dit est obtenu par la décomposition des fumiers de ferme; il forme une matière grasse, onctueuse au toucher, très noire. On peut aussi le préparer avec des feuilles ou d'autres matières végétales qu'on fait décomposer. Outre le terreau qui provient des couches dont la formation a été indiquée plus haut, on peut en préparer de la manière suivante. On fait au printemps, dans un coin du jardin, un tas de fumier bien égalisé et bien piétiné, de 2 mètres environ ; pendant l'été, on l'arrose copieusement, afin d'en hâter la décomposition. Puis on le refait, de manière à placer à l'intérieur les parties qui formaient les faces. A la fin de l'hiver, le fumier est décomposé et forme une masse homogène qu'on émiette avec le râteau.
L'emploi des paillis est aussi à recommander. On désigne par ce mot une couche de fumier court à demi consommé, peu épaisse, qu'on répand sur la planche. Cette couche a pour effet de maintenir la terre humide et de s'opposer à son évaporation. Elle doit donc être employée surtout au commencement de l'été, principalement sur les sols légers et sablonneux.
A côté de ces procédés d'entretien, il faut signaler le buttage, qui consiste à amonceler de la terre au pied d'une plante. On butte les pommes de terre afin de multiplier les tiges souterraines qui portent les tubercules; on butte le céleri et le cardon, afin de faire blanchir leurs feuilles et de les rendre plus tendres. Dans un but analogue, on provoque artificiellement l'étiolement des feuilles ou des tiges des légumes. C'est surtout pour les salades que ces procédés sont employés. On blanchit la chicorée frisée, l'escarole, la romaine, en rapprochant et en liant leurs feuilles ou en couvrant les pieds en entier avec des paillassons, de la litière ou des feuilles.
Il faut maintenant donner quelques explications sur les modes de propagation autres que la semaine, usités dans les jardins.
C'est d abord la multiplication par éclat, qui consiste à détacher d'une plante vivace des fragments munis de bourgeons et de racines. Quelquefois cependant le bourgeon est privé de racines ; il prend alors le nom à' œilleton; c'est par ce procédé qu'on multiplie l'artichaut.
La marcotte est une partie de plante, bourgeon ou rameau, qui est abaissée et couchée dans le sol, sans être séparée du pied mère, et qui y émet des racines. Quand celles-ci ont poussé, on sépare par incision la marcotte de la plante d'où elle provient, et elle acquiert une vie indépendante. Quelques arbrisseaux fruitiers et quelques fleurs se multiplient très bien par marcotte.
La bouture diffère de la marcotte, en ce que le "ameau qui la forme a été séparé de la plante d'où A provient, et planté isolément, de manière à vivre immédiatement de sa propre vie. La bouture, pour vivre, doit émettre rapidement des racines ; c'est ce qu'on appelle reprendre. La chaleur, la lumière ot l'humidité, dans des proportions convenabi' s, sont les éléments indispensables de la reprise des boutures. Quelques plantes se multiplient très facilement par boutures ; il en est d autres qui sont, au contraire, absolument réfractaires à ce mode do propagation. C'est surtout pour les fleurs qu'on y a recours dans les jardins, rarement pour les légumes.
Après ces principes généraux sur le jardinage, il convient d indiquer le-, moyens de se prémunir contre quelques influences des agents extérieurs. En première li<:ne, il faut placer la gelée bla au printemps. Elle est produite par la congélation de la v.ipiiir d'eau contenue dans l'air, qui, pendant les nuits calmes, ?'■ dépose sur la surface des
' plantes refroidies. Pour empêcher cet effet de se | manifester, le moyen qui est à la portée de tous les ! jardiniers est de couvrir, le soir, dans les cas où : le ciel est pur et présage une nuit froide, les plantes les plus délicates avec des toiles grossières, des paillassons, des litières, des feuilles, etc. Il j faut remarquer que les plantes croissant dans une vallée sont plus souvent exposées h la gelée blanche que celles qui viennent à mi-côte ou même sur des plateaux.
Il arrive souvent que les gelées blanches cau-
J sent surtout des dégâts dans le courant du mois
d'avril et au commencement de mai. De là est
venu le préjugé de l'influence de la lune rousse.
Les jardiniers désignent sous ce nom la lune qui
i commence en avril, et qui devient pleine dans les
( derniers jours de ce mois ou au commencement
de mai. Elle est, il est vrai, toujours le témoin
des gelées blanches, mais elle n'y est pour rien ;
1 elle brille au ciel, parce qu'il n'y a pa-s de nuages,
1 et c'est cette absence de nuages qui, activant le
1 rayonnement terrestre, amène le refroidissement
du sol.
Les excès de chaleur sont préjudiciables à la plupart des phntes des jardins; on y obvie par j des arrosages copieux : et, si l'on arrose suffisam- ! ment, l'excès de chaleur peut se transformer en agent d'une production beaucoup plus active. Une lumière trop vive ou trop prolongée peut aussi causer certains préjudices; le remède est dans les abris temporaires qu'on crée aux plantes.
Il ne peut être ici question de donner des détails sur la culture de chacun des légumes produits dans le jardin potager. Leur nombre devient d'ailleurs chaque jour plus considérable. ] Nous nous bornerons donc à une simple nomenclature, dans laquelle nous classons ces plantes ' suivant les familles botaniques auxquelles elles appartiennent.
Litiacées : ail, ciboule, échalote, oignon, poireau.
Crucifères: choux pommés, chou-fleur, chou de Bruxelles, cresson, radis, rave, navet.
Ombellifères : angélique, carotte, céleri, cerfeuil, panais, persil.
Légumineuses : fève, haricot, pois.
Cfiênnpodées : bette, betterave, épinard. Pohjyonées : oseille, patience, rhubarbe. Composées : estragon, artichaut, cardon, chicorée, barbe de capucin, laitue, romaine, salsihs, esearole, scorsonère.
Valérianées : mâche ou doucette.
Cucurbitacées : concombre, courge, melon, pastèque.
Solanées : aubergine, pomme de terre, tomate. Culture maraîchère. — La culture maraîchère I est, après la vigne, la branche la plus riche de
■ l'agriculture. Il suffit, pour s'en convaincre, de ! réfléchir à l'énorme masse de produits qu'un jari dinier habile tire, aux environs des grandes villes,
■ de quelques ares de terre. Le sol porte, chaque année, trois à quatre récoltes successives, quelquefois cinq. C'est à force de travail et d'engrais
I que ce ré-ultat est obtenu. Le maraîcher n'a pas, | en effet, à sa disposition de force naturelle particulière.
Mais, pour ces produits, il faut des débouchés importants. C'est pourquoi, pendant longtemps, la culture maraîchère a été limitée au voisinage immédiat des grandes villes, au rayon dans lequel la voiture chargée de légumes peut partir chaque soir, pour revenir dans la matinée du lendemain. Aujourd'hui, ^ràce aux nombreuses voies do communication rapide, ce rayon s'est agrandi, et ce qui était jadis l'apanage exclusif de quelques terres privilégiées, est devenu possible pour un grand nombre : Paris, pour ne citer que cet exemple, voit s'accroître chaque jour l'afûuence de ses