‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 245 sur 534 · DB<CB · texte numérisé non relu

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Les deux triangles ODB et OBC ayant deux côtés respectivement égaux (OB commun et OD = OC) et le 3e côté inégal,' l'angle DOB, opposé au plus petit côté DB, est moindre que l'angle COB opposé au plus grand côté CB. Par conséquent en ajoutant au plus petit l'angle AOD et au plus grand l'angle égal AOC, on a l'inégalité :

DOB + DOA < COB + COA ou :

AOB < COA + COB,

ce qui est précisément le théorème énoncé.

Démontrons maintenant que lasomme des angle* plan-- d'un angle polyèdre est moindre que 4 angles dr ils.

Pour cela coupons par un plan MN (fig. 3) l'an-

Fig. 3.

gle polyèdre pentagonal qui a son sommet en 0 ce. qui détermine le pentagone ABCDE ; puis joignons un point quelconque P de ce polygone aux cinq sommets par les droites PA, PB, etc. La somme des angles des cinq triangles assemblés autour du point P et formant le pentagone est égale à la somme des angles des cinq triangles OAB, OBC, etc., assemblés autour du sommet O

de l'angle polyèdî-e. Mais en considérant les angles trièdres qui ont leurs sommets aux sommets A, B, du pentagone, on a, d'après le théorème précédent, pour les angles plans qui forment leurs faces, le? inégalités suivantes :

PAE + PAB < OAE + OAB,

PBA + PBC < OBA + OBC, etc.

On voit par là que la somme des angles qui dans les triangles du pentagone sont adjacents aux côtés AB, BC, etc., est moindre que la somme des angles qui, dans les cinq triangles de l'angle polyèdre, sont adjacents aux mêmes côtés; par conséquent la somme des cinq angles situés autour du point P doit être par compensation plus grande que la somme des cinq angles assemblés autour du point O; donc la somme des angles en O est moindre que 4 angles droits, valeur de la somme des angles en P.

Angles trièdres symétriques. — Soit un angle trièdre OACB (fig. 4), dont l'arête OC est dirigée en

avant du plan de la face AOB. Si on prolonge les arêtes au delà du sommet O, on obtient un autre angle trièdre OA'C'B', ayant ses trois faces et ses trois angles trièdres égaux aux trois faces et aux trois angles dièdres du premier.

Cependant ces deux angles trièdres ne pourraient coïncider; car si on rabat de haut en bas le second sur le premier, en appliquant la face BOA' sur la face AOB qui lui est égale, l'arête OC, au lieu de tomber sur OC, se placera dans la position OC", l'angle C"OB étant égal à l'angle COA.

Les deux angles trièdres OACB et OA'C'B', qui ont leurs six éléments respectivement égaux, sans pouvoir coïncider, sont nommés angles trièdres symétriques.

Observation. — Les angles trièdres ont une grande analogie avec les triangles; les côtés de ceux-ci correspondant aux faces de ceux-là, et les angles plans des triangles aux angles dièdres des angles trièdres. De là des propriétés semblables, dont nous ne citerons que les deux exemples suivants :

Si deux faces d'un angle trièdre sont égales, les angles dièdres opposés sont égaux, et réciproquement;

Deux angles trièdres sont égaux dans toutes leurs parties, quand ils ont leurs trois faces respectivement égales, et réciproquement.

II. — Polyèdres ou solides. — 1. On donne le nom de polyèdre à un corps qui est limité par des faces planes. Ces faces sont des polygones ; leurs côtés sont les arêtes, et les extrémités des côtés ont les sommets du polyèdre.

Parmi les polyèdres il faut distinguer les prismes et les pyramides.

2. — Prismes. — On nomme prisme un polyèdre dans lequel deux faces opposées sont des polygones égaux et parallèles, et dont les autres sont des parallélogrammes. Les deux polygones égaux sont considérés comme lesôases; les autres faces sont les faces latérales.

POLYEDRES

POLYEDRES

Soit par exemple le pentagone A'D'C'D'E' (fig. 5). Si des sommets A', B'.. ., etc., on mène, dans une

direction quelconque, des droites A'A.B'B.C'C, etc. égales et parallèles entre elles, et qu'on joigne deux à deux leurs extrémités, on forme des parallélogrammes A'ABB' B'BCC, etc. Les côtés AB, DC, etc., étant parallèles aux côtés A'B', B'C'...du polygone A'B'C'D'E', sont parallèles au plan de ce polygone et sont par conséquent dans un même plan. Le polygone ABCDE, ayant ses côtés et ses angles égaux à ceux du polygone A'B'C'D'E', lui est égal, et le polyèdre ainsi construit est un prisme.

La hauteur d'un prisme est la perpendiculaire MM' menée d'un point de la base supérieure sur le plan de la base inférieure.

Quand les arêtes latérales A' A, B'B... etc., sont perpendiculaires à la base, elles sont elles-mêmes la hauteur; le prisme est dit prisme droit. Dans ce cas, les faces latérales sont des rectangles.

Lorsque les arêtes latérales ne sent pas perpendiculaires aux bases, on dit que le prisme est oblique.

Un prisme est triangulaire, quand il a pour base un triangle ; quadr angulaire, quand il a pour base un quadrilatère quelconque ; yntagonal, quand il a pour base un pentagone, etc.

3. — Parallétipipède. — Un prisme dont la base est un parallélogramme est appelé parailélipipède (fig. 6).

Fig. 6.

Les six faces sont toutes des parallélogrammes.

Lorsque le parailélipipède est droit et que ses

bases sont des rectangles, toutes ses faces sont des

ingles ; il est dit parailélipipède rectangle.

Telle est la forme d'une caisse à six faces planes,

d'une brique, d'un bassin à quatre côtés, etc.

Si la base est carrée et la hauteur égale au côté de la base, le parallélépipède s'appelle cube. Le cube est donc un & rps formé par six carrés é aux. i dont la longueur, la largeur et la hau-

teur sont égales est un cube.

i. — Propi iétésdu parailélipipède.— he parailélipipède est parmi les polyèdres ce que loparalléloi parmi les polygones; plusieurs propriéti de l'un sont analogues aux propriétés de l'autre. Nous citerons les suivaines, en démontrant seulement les plus importantes.

Théorèmes. — I" Dans un parailélipipède, les deux faces opposées sont égales et parallèles.

Soit le parailélipipède flg. u) qui a pour bases les parallélogrammes égaux ABCD et à'fi'G'D'.

Les deux parallélogrammes A'ADD' et B'BCC ont leurs côtés respectivement égaux et parallèles, A' A et B'B, AD et BC, etc. ; leurs angles sont aussi égaux ; par conséquent, ces parallélogrammes sont égaux et parallèles.

De là il résulte qu'on peut prendre pour bases dans un parailélipipède deux faces opposées quelconques.

2° Deux ang les dièdres opposés d'un parailélipipède sont égaux.

En effet, ils ont leurs faces parallèles et dirigées en sens inverse.

3° Deux angles trièdres opposés sont symétrique*, c'est-à-dire qu'ils ont leurs parties respectivement égales, mais ne peuvent pas être superposés.

4° Les quatre diagonales se coupent en î.?i même point, qui est le milieu de c/meune d'elles.

En effet, dans le pa alléïipipède ABCOHEFG (fig. 7), tirons les droites HA et GB, ce qui forme

-ic\

un parallélogramme HABG. Les diagonales GA et HB du parailélipipède sont en même temps les diagonales du parallélogramme HABG ; donc elles se coupent et le point d'intersection O est le milieu de chacune d'elles.

On verrait de même que la diagonale EC coupe la diagonale GA en son milieu O, parce qu'elles sont toutes deux les diagonales du parallélogramme EACG.

5° Dans un parailélipipède rectangle les quatre din;,onules sont égales.

5. — Prisme régulier. — Un prisme droit qui a pour base un polygone régulier est nommé prisma régulier.

I\ir exemple, une règle terminée à ses deux extrémités par deux carrés égaux, les carreaux do brique à six côtés employés dans le dallage, sont des prismes réguliers.

Dans ce prisme, toutes les parties de môme espèce sont égales. Ainsi, les faces latérales sont des rectangles égaux ; les angles dièdres formés par deux faces latérales sont égaux ; les angles trièdres qui ont leurs sommets sur les sommets des bases sont tous égaux, etc.

La droite qui joint les centres des deux bases est Vapr.e du prisme régulier.

G. —Cylindre. — Si on prend pnur base d'un pris-

Fig. 8.

m" régulier un polygone régulier A.BGDEF inscrit

dans un cercle, (flg. 8), et qu'on imagine que le

POLYÈDRES

POLYÈDRES

nombre des côtés augmente indéfiniment, les faces latérales du prisme deviennent de plus en plus étroites, et le prisme diffère de moins en moins d'un cylindre ; donc le cylindre peut être regardé comme un prisme régulier.

7. — Pyramide. — La pyramide est un polyèdre formé par des triangles qui ont un sommet commun, et dont les bases sont les côtés d'un polygone quelconque (fig. 9). Ce polygone est la base

do la pyramide ; le sommet S commun aux triangles est le sommet de la pyramide. La hauteur de la pyramide est la perpendiculaire abaissée du sommet S sur le plan de la base ABCDE.

Une pyramide est dite triangulaire, quadrangulaire, pen/agonale, etc., suivant que sa base est un triangle, un quadrilatère, un pentagone, etc.

La pyramide triangulaire a quatre faces, qui sont toutes des triangles ; on lui donne aussi le nom de teU-aèdre 'quatre faces). Le tétraèdre est parmi les polyèdres ce que le triangle est parmi les polygones.

8. — Théorème. — La section faite dans une pyramide par un plan parallèle à la base est un polyy ne sem'd„ble à la base.

Soit A'B'C'D'E' (fig. 10) la section faite dans une

pyramide SABCDE par un plan parallèle à la base. Les intersections de deux plans parallèles coupés par un troisième étant des droites parallèles, les côtés du pentagone de la section sont parallèles aux côtés de sa base ; donc les angles A'B'C et ABC sont égaux; de même les angles B'C'D' et BCD, etc.

En outre, les triangles SE' A' et SF.A sont semblables ; de même, les triangles SA'B' et SAB, etc. ; donc, si SA' est par exemple les \ de SA, SB' sera les | de SB, E'A' sera les | de EA, et enfin chaque côté du pentagone A'B'C'D'E' sera les | des côtés homologues du pentagone ABCDE ; donc ces deux pelygones sont semblables.

9. — Pyramide tronquée. — La portion de pyramide comprise entre la base ABCDE (fig. lu) et une section A'B'C'D'E' parallèle à la base est appelée pyramide tronqu e ou tronc de pyr< Les faces latérales sont des trapèzes.

Dans un tronc de pyramide les arêtes latérales prolongées iraient se rencontrer au même point.

Il est bon d'observer qu'un polyèdre qui aurait pour base inférieur* et pour base supérieure deux

rectangles parallèles ABCDHEFG (fig.

toujours un tronc de pyramide. Il fau

11) n'est pas t encore que

les deux rectangles soient semblables, c'est-à-dire que le rapport de leurs largeurs soit égal au rapport de leurs longueurs.

10. — Pyramide régulière. — On nomme pyramide régulière une pyramide qui a pour base un polygone régulier et son sommet sur la perpendiculaire élevée au centre de la base.

Dans cette pyramide les arêtes latérales sont des obliques égales; les faces latérales sont des triangles isoscèles égaux également inclinés sur la base, et faisant entre eux des angles dièdres égaux. Les angles trièdres qui ont leurs sommets aux sommets de la base sont aussi égaux.

La droite menée du sommet au centre de la base est Vaxe de la pyramide régulière.

La droite qui joint le sommet au milieu de l'un des côtés de la base est la hauteur des triangles isoscèles qui forment la surface latérale ; on l'appelle aussi apothème de la pyramide.

11. — Cône. — Si on prend pour base d'une pyramide régulière ayant son sommet en S (fig. 12) un

polygone régulier inscrit dans un cercle, formant la base d'un cône, et qu'on double indéfiniment le nombre des côtés, les faces latérales de la pyramide sont des triangles isoscèles de plus en plus étroits et la pyramide diffère de moins en moins du cône ; donc le cône peut être regardé comme une pyramide régulière.

12. — Peli/èdres semblables. — Les caractères de similitude des polyèdres sont analogues à ceux qui constituent la similitude des polygones.

On appelle polyèdres semblables deux polyèdres qui ont leurs angles dièdres respectivement égaux et dont les faces homologues sont des polygones respectivement semblables et disposés dans le même ordre.

De cette définition résultent les propriétés suivantes pour doux polyèdres semblables : 1° les angles polyèdres homologues sont égaux; 2° les arêtes homologues sont proportionnelles, c'est-àdire que si une arête du pluspetitest par exemple les deux tiers de l'arête qui lui correspond dans le plus grand, toutes les arêtes du premier sont les deux tiers des arêtes homologues du second.

Théorème. — Si on coupe une pyramide par un plan parallèle à la base, la pyramide partielle ai>isi déterminée est semblable à la pyramide totale.

POLYEDRES

POLYEDRES

En effet la section A'D' (fig. 10) étant faite par un plan parallèle à la base, ce polygone est semblable à celui de la base. Les triangles SA'B' et SAB sont aussi semblables; de môme les triangles SBC et SBC, etc. Les angles dièdres des deux pyramides sont aussi égaux. Les deux pyramides sont donc semblables.

On peut prouver que deux polyèdres composés d'un même nombre de pyramides respectivement semblables et semblabtement placées sont aussi semblables. Nous n'exposerons pas ici la démonstration, qui est longue plutôt que difficile ; nous nous bornerons aux observations suivantes, qui présentent plus d'utilité.

Sont semblables :

1" Deux cubes ;

2° Deux parallélipipèdes rectangles dont les trois dimensions sont proportionnelles , c'est-à-dire telles que le rapport des longueurs est égal au rapport des largeurs et au rapport des hauteurs ;

3° Deux prismes réguliers dans lesquels le rapport des côtés des bases est égal à celui des hauteurs ;

4° Deux cylindres dans lesquels le rapport des rayons est égal au rapport des hauteurs ;

5° Deux cônes dans lesquels le rapport des rayons des bases est égal au rapport des apothèmes, uo au rapport des hauteurs.

13. — Polyèdres réguliers. — On appelle polyèdre régulier un polyèdre dont toutes les faces sont des polygones réguliers égaux et dont tous les angles dièdres sont égaux.

Il en résulte que les angles polyèdres formés aux divers sommets sont aussi égaux.

Le polyèdre régulier le plus connu est le cube.

Le second est le tétraèdre ou pyramide triangulaire régulière.

Pour le construire, on forme un triangle équila-

térai MNP (fig. 13) dont les côtés ont une longueur double de celle de l'arête donnée pour le tétraèdre; on joint ensuite les milieux des côtés, ce qui le décompose en quatre triaDgles équilatéraux égaux. Il n'y a plus qu'à relever les trois triangles extérieurs autour du triangle ABC, pour amener leurs trois sommets M, N, P au même point.

Un troisième polyèdre régulier est l'octaèdre

FABCD, adossées par leur base commune ABCD, dont les côtés sont égaux aux arêtes latérales.

Le développement de sa surface latérale sur un plan est représenté par la figure 15.

Le quatrième polyèdre régulier est le dodécaèdre, qui est composé de douze pentagones réguliers égaux.

On peut le regarder comme l'assemblage de deux corbeilles égales formées d'un pentagone régulier qui en serait le fond et de cinq autres pentagones égaux au premier, qui en seraient les faces latérales. Ces deux corbeilles sont unies par leurs bords, de manière que les angles saillants de l'une s'emboîtent dans les angles rentrants de l'autre.

La figure 16 présente le développement de l'une des deux moitiés du dodécaèdre.

Fig. 16.

Le cinquième polyèdre régulier est Yicosaèdre, qui est composé de vingt triangles équilatéraux, assemblés par cinq en chaque sommet . La

(fig. 14), composé de huit triangles équilatéraux. On peut le regarder comme l'ensemble de deux pyramides régulières à basse carré EABCD et

figure 17 présente le développement de sa surface.

Pour former le polyèdre, on ramène le côté A'B' sur le côté AB ; les cinq triangles situés an-dessus de AA' prennent alors le même sommet et forment un angle polyèdre à cinq faces ; il en est de même des triangles placés au-dessus de BI3'.

li n'y a pas d'autres polyèdres réguliers que ceux-là, quoiqu'il y ait des polygones réguliers d'un nombre quelconque de côtés. Cette limitation du nombre des polyèdres réguliers provient de ce que la somme des angles plans qui composent un angle polyèdre convexe est toujours inférieure à quatro

POLYGONÉES

POLYGONÉES

angles droits. Comme l'angle polyèdre a au moins tr .lis faces, il n'est pas possible d'en former un avec des hexagones réguliers, puisque la somme des trois angles est égale à quatre angles droits, et à plus forte raison avec des polygones réguliers d'un plus grand nombre de côtés.

[G. Bovier-Lapierre.]

POLYGONÉES. — Botanique, XXI. — Etym. : Polygonées vient de Pohjgonum, nom latin de la Renouée.

Définition. — Les Polygonées sont des plantes dicotylédones dialypétales hypogynes, à ovules orthotropes, à fleurs incomplètes. Elles rattachent les Pipéracées aux autres Dicotylédonées ; à ce titre, elles jouent le même rôle que les Aroïdées par rapport aux Monocotylédonées.

Caractères botaniques. — La graine des polygonées n'est jamais libre; elle demeure enfermée dans un ovaire indéhiscent sec, peu adhérent à la graine, et que l'on nomme caryopse. Le tégument séminal de cette graine est fort mince, membraneux, faiblement coloré; il recouvre un albumen amylacé abondant, au centre duquel est placé un embryon antitrope, c'est-à-dire dont la radicule est opposée au hile. Très souvent, comme dans le Faqopyrum, les cotylédons sont foliacés et leur région médiane est repliée en zig-zag autour d'une ligne qui serait le prolongement de l'axe hypocotylé. Les cotylédons foliacés de cet embryon sont des organes d'absorption pour la réserve nutritive enfermée dans l'albumen, lors de la germination.

La germination des graines des polygonées est des plus rapides ; c'est là un caractère commun à toutes les graines pourvues d'albumen amylacé. Lors de la germination, on voit surgir sur le côté de l'axe hypocotylé de l'embryon une racine qui peut se renfler beaucoup et donner naissance à un pivot d'un volume considérable. Dans quelques cas, l'axe hypocotylé lui-même participe à cette hypertrophie ; toutefois ce dernier dispositif est iout à fait exceptionnel. L'unique faisceau de la racine des polygonées ne présente que deux centres de développement. L'épaississement de cette racine est due à la production de zones concentriques de faisceaux secondaires qui se développent successivement autour du faisceau central. Plus tard, ces faisceaux secondaires perdent leur activité ; on voit se former autour d'eux des zones de liège et de tissu fondamental secondaire . Le liège se comporte comme un tissu cicatriciel qui isole les parties mortes, et les transforme en réservoirs de substances excrémentitielles. Quant au tissu fondamental secondaire, il s'hypertrophie, trouble, par son grand développement, l'arrangement primitif des tissus ; il devient même le siège de la production de nouveaux faisceaux secondaires orientés d'une façon tout à fait différente de l'orientation des premiers faisceaux secondaires. Il en résulte bientôt pour ce tissu une apparence d'étoiles enchevêtrées les unes dans les autres ; les unes grandes, les autres petites, mais où tout ordre semble avoir disparu. C'est cet arrangement qui donne à la racine de rhubarbe son aspect particulier.

Le plus grand nombre des polygonées des pays tempérés ont une tige qui atteint à peine un mètre de hauteur. Les tiges des polygonées de l'Amérique équatoriale deviennent arborescentes. Quelques polygonées ont une tige volubile fort longue, mais d'un diamètre assez réduit. Toutes ces tiges sont fortement cannelées.

Les feuilles des polygonées sont ordinairement alternes, réunies en touffe à la base de la tige, plus rarement dispersées sur toute la surface de celle-ci. Elles se composent d'un limbe entier, à burds crénelés, roulés en dehors dans le jeune âge, et d'un pétiole engainant stipulé. Les sti-

pules de la feuille soudés entre eux enveloppent complètement la base de chaque entrenœud. On donne à cette gaine le nom d'ochréa. La présence de cette gaine est un des caractères les plus saillants des polygonées.

Les fleurs des polygonées sont hermaphrodites, rarement unisexuées par avortement; elles sont pédiculées et groupées en inflorescences feuillées. Les principales formes de ces inflorescences sont des épis, des grappes, des panicules, des capitules à involucre tubuleux. Chaque fleur se compose :

1° D'un calice accrescent, c'est-à-dire qu'il croît pendant toute la période du développement du fruit ; le nombre des sépales de ce calice est un multiple de trois ;

2° D'un androcée de six à quinze étamines. Les filets de ces étamines sont insérés sur un torus glanduleux; les étamines groupées par deux ou trois alternent régulièrement avec les pièces du calice. Les anthères supportées par ces filets sont biloculaires; elles s'ouvrent tantôt vers l'intérieur, tantôt vers l'extérieur de la fleur ;

3° D'un ovaire à trois carpelles soudés par leurs bords et ne formant qu'une seule loge; cet ovt.ire est surmonté de trois styles renflés à leur extrémité supérieure ; il ne contient qu'un seul ovule orthotrope dressé.

Le fruit que donne cet ovaire est sec, indéhiscent; c'est un akène ou un caryopse. Il est presque toujours enveloppé par le calice accrescent.

Classification des Polygonées. — On classe les polygonées de la manière suivante :

-Involucre tubuleux,

ochréa nul Eriogonées.

des ochréa.... Polygonées vraies.

Fleurs \

hermaphro- s

dites / Pas i

! ,.■ ; pas d ochréa , \

\ i ) lisre grimpan- ' n •„ ■ .

\ lucre / .° B .v , i Brunmnmees. ! te munie de l a

\ vrilles )

Fleurs unisexuées, pas d'ochréa Symmériées.

On rapproche généralement des polygonées la famille des Chénopodées, dont le nom vient de Chenopodium, nom latin de VAnsérine.

Les Chénopodées diffèrent des polygonées :

1° Par leurs fleurs, qui sont construites sur le type cinq ;

2° Par leurs ovules courbés ou compylotropes ;

'i° Par l'absence d'ochréa.

On divise les Chénopodées en deux tribus. Dans la première, celle des Cyclolobées, l'embryon est annulaire ou courbé en fer à cheval.

Dans la seconde, celle des Spirolobées, l'embryon est enroulé en spirale.

Usages des Polygonées et des Chénopodées. — Parmi les principales polygonées dont l'homme tire parti, nous citerons :

1° La Rhubarbe ou Rheum. La rhubarbe fut introduite en Europe, au dixième siècle, par les Arabes; ceux-ci la tenaient eux-mêmes des Chinois. Les anciens connaissaient une rhubarbe qu'ils appelaient Rha. Elle venait des bords du Pont-Euxin; on l'appela plus tard Rha ponticum pour la distinguer du Rha barbarum qui venait de Scythie. C'est de Rha barbarum qu'on a fait rhubarbe. Les rhubarbes sont si nombreuses et si variées que pendant longtemps on n'a su à quelle espèce rapporter la rhubarbe des pharmaciens, laquelle est originaire du Thibet. On sait aujourd'hui qu'elle appartient au Rheum officinale. Cette racine a une saveur amère très prononcée ; elle est purgative; elle agit sans provoquer aucun malaise. Les rhubarbes les plus estimées sont : la rhubarbe de Chine (originaire du Thibet). et la rhubarbe de Moscovie qui est originaire de la Tartarie chinoise.

POLYGONES

POLYGONES

Le Rh'ipontic Rheum RUaponticum ou Rha des anciens;, est cultivé en Angleterre, en Allemagne et dans le nord de la France, à cause de ses feuilles dont on emploie les pétioles et les nervures pour faire des tartes et des confitures.

2° Les Rumex, dont les uns sont alimentaires et laxatifs acides, ce sont les oseilles, et les antres ont une racine jaune employée comme dépuratif et antiscorbutique : ce sont les patiences et les parelles ou oseilles douces.

3° Les Re?iouce$ {Polygonum). Le Polygonum bistorta ou la Bistorte est seul employé aujourd'hui en médecine; les autres Polygonum étaient jadis employés aux mômes usages que la bistorte. Les Brésiliens et les Cochincliinois emploient les feuilles de quelques Polygonum contre les engorgements du genou. Les feuilles du Polygonum tinctorium fournissent aux Chinois une matière colorante bleue analogue à l'indigo. La culture de cette plante a été introduite en France en 1 S -3 4 .

4° Les Fagopy um ou sarrazins ou blés noirs. Ces dernières espèces sont précieuses parce qu'elles fournissent à l'homme une farine abondante, sapide. Le Fagopyrum esculentum se contente du sol le plus maigre; il fructifie rapidedement, et dans les contrées très pauvres il remplace les céréales. On cultive quelquefois le Fagopyrum tartaricum au lieu du Fagopt/rum esculentum. Cette espèce [dus rustique réussit môme sur les montagnes élevées; sa farine est légèrement amère.

o° Le Coccoloôa uvifera. Cet arbrisseau, 'qui croît aux Antilles et sur le littoral atlantique de l'Amérique tropicale, donne un suc astringent connu dans la droguerie sous le nom de kino d'Amérique ou faux ratanhia.

6° Le Colligonum Pallasia, arbuste aphylle qui vit dans les sables de la Sibérie méridionale. Sa racine, ses jeunes pousses et ses fruits sont comestibles.

Parmi les Chénopodées les plus usitées, nous citerons :

1° La Camphrée de Montpellier, plante basse, résineuse, touffue, qui répand une forte odeur aromatique rappelant celle du camphre ; on l'emploie en infusion théiforme.

2° V Ambroisie du Mexique, ou thé mexicain, qui sert aux mêmes usages que la camphrée.

3° La Betterave {Betn vu/ga'i^), dont les volumineuses racines, hypertrophiées par la culture, sont gorgées d'un liquide sucré dont orj retire un sucre cristallisé. Ce sucre, connu autrefois sous le nom de sucre indigène, est presque seul employé maintenant en Europe. Les pulpes de betterave, pressées, sont converties en tourteaux et servent encore à l'engraissement du bétail.

4° La Bette ou pei, ée [Bêla cicutu) fournit des feuilles charnues qui sont comestibles lorsqu'elles ont subi la cuisson.

5° Les feuilles du Spinaciu oleracea, connues sous le nom vulgaire d'épinards, et celles de VArroche des jardins Atrip ex hortensis), qui sont employées comme celles des bettes.

G° Les Salicornes, chénopodées à feuilles charnues, grasses, qui croissent dans les dunes maritimes. Les habitants des cotes de la Hollande s'en servent pour remplacer le pourpier.

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