‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 259 sur 534 · SUBSTANTIFS · texte numérisé non relu

SUBSTANTIFS

Sujets. — Sujets simples. — On sépare par une virgule tous les sujets d'un même verbe :

Les femmes, les enfants, les vieillards, furent massacrés sans pitié- La virgule placée entre le dernier substantif et le verbe est indispensable, parce que le verbe ne se rapporte pas seulement au mot vieillards, mais aussi aux deux autres sujets.

Sujet principal. — Quand plusieurs sujets d'un verbe forment une énumération résumée par un dos mots aucun, chacun, tout, rien, etc., on ne met pas de virgule après le mot qui, devenu sujet principal, commande le verbe :

Femmes, vieillards, enfants, tout fut massacré sans pitié. Ce sacrifice, votre intérêt, votre honneur, Dieu vous le commande.

Sujets réunis par et ou par ou. — On ne met pas de virgule entre le sujet et le verbe lorsque les substantifs sont réunis par les conjonctions et et ou :

Le soleil et la lune éclairent le monde.

Sa perte ou son salut dépend de sa réponse

Sujets suivis d'un complément. — Lorsque les substantifs ont un complément, la virgule se met après chacun de ces compléments :

La sagesse de Xerva. la irloire de Trajan, la valeur d'Adrien, la vertu des deux Antonins, se tirent respecter des soldats.

Sujets réunis par et. — Quand le sujet de la proposition se compose de plusieurs termes réunis deux à deux par et, on place une virgule entre chaque groupe :

Et le riche et le pauvre, et ie faible et le fort, Vont tous également des douleurs à la mort.

Inversion du sujet. — Précédé de son verbe, le sujet ne prend pas de virgule :

Périsse le Troyen, auteur de nos alarmes !

Régimes. — Régimes simples. — Les régimes ou compléments sont soumis à la môme règle que les sujets, c'est-à-dire qu'on sépare par une virgule tous les compléments d'un même verbe, soit directs, soit indirects :

Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses mœurs. J'ai fourni mes chariots, mes chevaux, mes bœufs, mes domestiques, mes manœuvres, ma contribution.

Régimes suivis d'un complément. — La virgule se met après chaque complément :

Bocchoris n'avait ni humanité pour les étrangers, ni curiosité pour les scienc 8, ni estime pour les hommes vertueux, ni ainuur de la gloire.

Inversion du ) égime direct ou indirect. — Même observation que pour l'inversion du sujet :

Quel funeste artifice il me fallut chercher ! A travers les soldats i! court d'un p is rapide. Néron de vos discours commence à se la--' r.

Noms en apostrophe. — Quand oh adresse la parole à une personne ou à une chose, on met

une virgule après le nom s'il se trouve au commencement de la phrase, et on le place outre deux virgules s'il est dans le corps de la phrase :

Prêtres, voilà le roi que je vous ai promis. Avant que d'entendre l'histoire de ma vie, écoute, ami lecteur, un conte que je vais te faire.

Car toi, loup, tu te plains quoiqu'on ne t'ait rien pris, Et toi, renard, as pris ce que l'on te demande.

Noms en apposition. — L'apposition est l'état de deux substantifs qui se rapportent l'un à l'autre et se suivent immédiatement : Uni table, meuble utile. Pierre apôtre.

Le substantif mis en apposition est tantôt explicatif, tantôt déterminatif.

Dans le premier cas on le place entre deux virgules :

Sylla, homme emporté, mène violemment les Romains à la liberté ; Auguste, rusé tyran, les conduit doucement à la servitude.

Nos bons écrivains, Fénelon, Bossuet, Racine, Despréaux, employaient toujours le mot propre.

Dans le second, cas la virgule doit disparaître :

Après le 18 brumaire, l'illustre mathématicien M. de Lapiace fut appelé au ministère de l'intérieur.

Si dans cet exemple on mettait M. de Loplace entre deux virgules, on semblerait dire qu'il n'y avait alors qu'un seul mathématicien illustre : ce qui ne serait pas exact. Cette faute est assez fréquente chez les écrivains et les typographes.

Noms de nombre. — Dans l'enseignement de la numération écrite, on prescrit de séparer les nombres en tranches de trois chiffres à partir de la droite. Cette séparation est marquée tantôt par des points, tantôt par des virgules. Cet usage, très utile au tableau, ne saurait sans inconvénient être introduit dans les devoirs des élèves. En arithmétique, la virgule a une fonction bien déterminée : elle sert à séparer la partie entière d'un nombre de sa partie décimale. Ainsi 32,457 représente trente-deux unités quatre cent cinquante-sept millièmes , et non trente-deux mille quatre cent cinquante-sept unités. Cependant, dans les écrits ou imprimés qui traitent de matières financières, on ne manque presque jamais de séparer par une virgule les tranches des nombres entiers. Des livres de banque cet abus a passé dans d'autres ouvrages. Pour éviter la confusion ou l'erreur qui pourrait résulter de l'emploi de la virgule dans la transcription des nombres entiers, il existe un moyen bien simple : c'est de mettre un certain écartement entre les tranches des nombres qui contiennent plus de quatre chiffres. Puisque l'emploi de la virgule séparative n'a été imaginé que pour rendre la lecture des nombres plus facile, on obtiendra le même résultat par l'espacement des tranches. Ainsi, au lieu d'écrire 32,457,690, on mettra 32 457 G90. Nous avons dit qu'il ne faut étendre cet écartement qu'aux nombres de plus de quatre chiffres. C'est qu'en effet la lecture des nombres qui n'ont pas plus de quatre chiffres n'offre aucune difficulté : l'enfant le moins exercé les embrasse du premier coup d'œil. D'ailleurs il n'est jamais venu à 1 idée de personne d'introduire une virgule dans les millésimes : par exemple, l'an 1880.

La même règle s'applique à la numération écrite. Ainsi l'on écrira sans virgules :

Deux millions trois cent quatorze mille cinq cent vingttrois unités.

Trois hectares quatre ares cinquante-neuf centiares.

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