‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 268 sur 534 · DEUX-POINTS · texte numérisé non relu

DEUX-POINTS

Le deux-points est un signe destiné à suppléer à l'insuffisance de la virgule et du point-virgule dans le corps de la phrase. Il annonce un complément, un développement, une explication de la proposition qui le précède. Tandis qu'en général les propositions terminées par un point-virgule offrent un sens complet et parfaitement intelligible, celles qui sont suivies d'un deux-points seraient tronquées et pour ainsi dire suspendues sans appui, si l'on n'avait soin d'y ajouter la proposition complémentaire et explicative.

On emploie le deux-points : 1° Pour annoncer un discours direct ou les paroles d'une autre personne :

Le chêne un jour dit au roseau :

Vous avez bien sujet d'accuser la nature.

2° Pour indiquer la cause, le résultat, la raison, la conséquence, l'explication do l'idée ou du fait exprimé par la proposition qui précède :

l'n peuple peut aisément souffrir qu'on exige de lui de lui tributs : il ne sait pas s'il ne retirera pas quel' pie utilité de l'emploi de l'argent qu'on lui demande.

Octave se conduisit avec Cicéron en homme habile : il le flatta, le loua, le consulta, et employa tous ces artifices dont la vanité ne se défie jamais.

Maîtres de l'univers, les Romains s'en attribuèrent tous les trésors : ravisseurs moins injustes en qualité de conqu iran t s qu'en qualité de législateurs.

Je ne connais qu'une manière de voyager plus agréable que d'aller à cheval : c'est d'aller à pieil.

PONCTUATION

3» Pour opposer successivement l'une à l'autre deux parties d'un membre d'une période composée de plusieurs membres séparés par un point-virgule.

L'accessoire chez Cicéron, c'était la vertu : chez Caton, c'était la gloire; Cicéron se voyait toujours le premier : Catoo s'oubliait toujours ; celui-ci voulait sauver la république pour elle-même : celui-là pour s'en vanter.

Si la période qui précède ne renfermait que la première antithèse, on pourrait l'écrire ainsi, en substituant le point-virgule au deux-points :

L'accessoire chez Cicéron, c'était la vertu ; chez Caton, c'était la gloire.

Mais il est facile de voir que la succession des points-virgules dans toute l'étendue de la période aurait le grave inconvénient de mêler des membres de phrase tout à fait dissemblables et d'empêcher l'œil, et par suite l'esprit, de saisir de prime abord le caractère des idées exprimées. L'emploi judicieux du deux-points vient ici au secours de la clarté, et c'est là sa fonction la plus utile.

4° Pour annoncer une énumération, ou pour la terminer.

Il y a trois vertus théologales : la foi, l'espér.ince et la charité.

Monsieur, du génie pour les sciences, du goût pour la littérature, du talent pour écrire ; de l'ardeur pour entreprendre, du courage pour exécuter, de la constance pour achever ; de l'amitié pour vos rivaux, du zèle pour vos amis, de l'enthousiasme pour l'humanité : voilà ce que vous connaît un ancien ami, un confrère de trente ans. qui se félicite aujourd'hui de ie devenir pour la seconde fois.

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