IV. - POINT
Le point, en grec colon, en latin punctum, est le signe de ponctuation par excellence. Il est fort probable qu'il a été inventé avant les autres signes. 11 indique un sens complet.
L'exposition et le développement d'un fait ou d'une idée exigent une suite de propositions et de preuves qui, tout en étant liées dans la pensée de l'écrivain, ne sont en définitive que les anneaux d'une même chaîne. De même que chacun des anneaux d'une chaîne constitue un tout complet et défini, de môme aussi les phrases sont grammaticalement et logiquement indépendantes les unes des autres. C'est pour cette raison qu'on en marque la terminaison par une ponctuation connue de tout le monde et sur l'emploi de laquelle il n'y a pas d'hésitation possible.
Il nous paraît superflu de donner ici des exemples de l'application du point. La lecture réfléchie de quelques pages d'un auteur classique et quelques exercices de composition feront, mieux que tous les exemples que nous pourrions donner, comprendre le véritable usage du point dans le discours.
Il y a cependant des écrivains qui promènent le lecteur à travers des pages entières sans lui offrir d'autre repos que des points-virg îles. Rien n'est plus fatigant pour l'œil et pour l'esprit. La grande éloquence, celle de la tribune, du barreau et de la chaire, se plaît aux longues et pompeuses périodes. Encore nos orateurs politiques ou sacrés savent-ils mettre des bornes à l'étendue de leurs phrases cicéroniennes. Aujourd'hui, dans notre société démocratique, le discours public et les livres écrits prennent des allures moins solennelles qu'aui refois. On vise surtout à la précision, à la simplicité, en un mot à la clarté, qui est le vrai fondement de l'art de parler et d'écrire. Voulez-vous être compris, faites vos phrases courtes, précises et claires; en d'autres termes, soit en parlant, soit en écrivant, mettez un point toutes les fois que l'énoncé de la pensée offrira un sens complet et suffisamment délimité.
PONCTUATION