‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 28 sur 534 · LABIÉES · texte numérisé non relu

LABIÉES

dressa des tables astronomiques qui firent longtemps autorité.

En face de l'Occident chrétien plongé en pleine barbarie, le monde musulman développait de toutes

parts une civilisation brillante. Les croisades devaient mettre en contact ces deux mondes si différents et instruire l'Europe à l'école do ses ennemis. — V. Croisades. [Maurice Wahl.]

LABIÉES. — Botanique, XXVI.— Etym. : Du latin labium, qui signifie lèvre. Ce nom fait allusion à la forme de la corolle.

Définition. — Les plantes de la famille des Labiées ont toutes une corolle <'amopérale hypogyne irrégulière et, d'apparence labiée; selon les groupes, cette corolle est uni ou Tontes

les labiées ont entre elles de très grandes aflinités; elles forment un groupe très naturel que Brongniart réunissait aux Verbénacées pour former sa classe des Verbéninées.

Caractères botaniques. — Le« graines des labiées demeurent toujours enfermées dans le fruit ; leurs téguments séminaux sont minces, aplatis : leur embryon, tantôt droit, tantôt courbé, est entoure d'une couche d'albumen très peu développé.

Les racines des labiées sont fasciculécs et souvent traçantes.

Leur tige est presque toujours herbacée, très rarement ligneuse (romarin), ordinairement dressée, toujours tétragone; cette forme particulière de la tige des labiées est souvent employée pour reconnaître à première vue un végétal île cette famille. Chaque tige se ramifie dès la base; elle porte des feuilles opposées ou verticillées dépourvues de stipules. Ces feuilles entières ou découpées ont uno nervation pennée-réticulée. De même que la tige, elles sont couvertes de, nombreuses glandes qui sécrètent une huile volatile, très odoranto 'sauge, thym, lavande).

L'inflorescence des labiées est toujours pourvue de Feuilles : elle esl composée ; le plus ordinairement c'est un épi de ovines [lamier i I plus rarement, l'épi pr - fleurs solitaires

ninées a l'aisselle de chacune <le s< fleurs sont hermaphrodites; elles pr tent, de l'extérieur à l'intérieur :

1" I n calice gamosépale à cinq lobes; lorsque ceux-ci sent égaux, le calice a un aspect régulier; plus ordinairement ces lobes sont inégaux et groupés de façon ;\ former deux lèvres ; la lèvre supérieure est composée de trois lobes, l'inférieure n'en présente que deux. Ce calice est persistant : il continue à protéger le fruit jusqu'à sa maturité.

2° A l'intérieur du calice est une corolle gamopétale à deux lèvres ; l'une supérieure, bilobée ; l'autre inférieure, trilobée (lamier, sauge, etc.).

Dans le genre Bugle (Ajuga), la lèvre supérieure est remplacée par une échancrure ; dans le genre Germandrée [Teucrium), la lèvre supérieure est représentée par deux lobes filiformes qui sont rejetés sur les côtés de la lèvre inférieure. Dans les Ment/tes, la corolle presque régulière n'a plus que quatre lobes égaux.

:j° Sur la gorge de la corolle sont insérées quatre étamines didynames, ce qui signifie que deux d'entre elles sont plus longues que les deux autres. Dans le genre Menthe, toutefois, les quatre étamines sont égales ; dans les genres Lycope, Homari?i, Sùuge, Cunile, il n'y a que deux étamines; ce sont les inférieures qui ont persisté. Dans les genres Sauge et Romarin, une seule des loges de chaque anthère est fertile.

4U Au centre de la fleur, on trouve un ovaire libre, supère, composé de deux carpelles bilobés et surmonté d'un style gynobasique, lequel se termine par un stigmate bifide. Cet ovaire ren-

ferme quatre loges onnt chacune contient un seul ovule dressé anatrope. A la maturité le fruit se sépare en quatre nucules ou akènes.

Les genres de la famille des labiées sont extrêmement voisins les uns des autres : leur classification très compliquée repose sur l'ensemble des caractères tirés des diverses parties de la fleur et du port de la plante; nous ne pouvons, sans dép les limites qui nous sont assignées, dresser une clef dichotomique des genres.

Usages des Labi es. — Nous ne citerons, parmi les labiées usitées, que les principaux genre-.; toutes tirent leurs propriétés de l'huile volatile contenue dans les glandes de leur tige, de leur feuille ou de leur calice.

Les Basilics, originaires de l'Inde, sont cultivés s jardins comme plantes aromati

Les Lavandes, séchées, servent à parfum armoires à linge et a préserver les vêtements de laine des attaques des mites. La Lavande SptC, originaire d'Afrique et de Sicile, donne une esemployée en peinture; on l'emploie aussi en frictions contre les douleurs rhumatismales. La Lavande officinale est cultivée en bordure dans les jardins; on en extrait un alcoolat qui sert à faire une eau de toilette. Les fleurs de la Lavande Stœchos, originaire de Provence, forment la base d'un sirop connu en pharmacie sous le nom de sirop de Stœchas composé.

Le Patchouly est une labiée aromatique naire de l'Io . ur forte le fait rechercher

comme parfum et aussi comme préservatif des fourrures contre l'action des teignes.

Presque toutes les espèces de Menthes ont été médecine; aujourd'hui la menthe poiîeule employée; sa saveur aromatique est accompagnée d'une sensation de grande fraîcheur dans la bouche. On retire de la menthe poivrée une essence qui est la base des pastilles et des liqueurs de menthe. L'essence de menthe poivrée la plus estimée est celle qui nous vient d'Angleterre; on attribue cette supériorité îi la ition que l'on prend de détruire toutes les autres espèces de menthe dans le voisinag cultures de menthe poivrée; on évite ainsi l'abâtardissement de l'espèce. Il nous vient de Bourgogne an extrait de menthe poivrée qui peut rivavec celui qui est fabriqué en Angleterre. On suppose que la menthe poivrée est originaire .1 Uie; les Chinois en font un grand usage comme médicament.

L'Origan, la Marjolaine, employés comme aromatiques, stimulants et toniques, sont surtout connus à cause de leur parenté avec le Dictante de Crète, dont les anciens se servaient pour la guérison des blessures.

Tout le monde connaît le Thym, employé comme assaisonnement.

On fait usage du Serpolet contre les catarrhes chroniques.

On emploie encore la Sarriette comme assaisonnement, les infusions de Mélisse, à'Ht/sope, de Cal< ment, de Sauge, pour leurs propriétés stomachiques et stimula

Le Lierre terrestre est antiscorbutique.

Le Marruhe, les Germandrées ont des propriétés toniques.

Page 1