‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 29 sur 534 · LABOURS · texte numérisé non relu

LABOURS

LA Tl OURS

Los feuilles de la Bétoine officinale sont quelquefois employées comme colles du tabac, dans les cas de catarrhes chroniques.

Le Romarin est un arbrisseau originaire du midi do l'Europe; c'est à sa présence dans les environs de Narbonne que le miel de ce pays doit sa saveur aromatique particulière.

[C.-E. Bertrand.]

LABOURS. — Agriculture, IV. — Les labours sont des travaux qui ont pour but d'ameublir la terre arable à une profondeur variable, d'enfouir les entrais et les amendements, de détruire les mauvaises herbes qui se développent à la surface.

L'ameublissement du sol est le principal objet des labours. ÎVIais en même temps que la tranche de terre attaquée par l'instrument est déplacée, elle doit être retournée aussi complètement que possible, afin que la partie inférieure vienne à la surface et réciproquement. « La couche superficielle, dit M. Girardin, toujours plus fertile en raison de son exposition à l'air et de la décomposition à sa surface des matières organiques, se trouve ainsi mise en contact avec les racines des plantes, et la couche inférieure, privée depuis quelque temps du contact de l'air, vient réparer les pertes qu'elle a éprouvées sous l'action absorbante des racines. »

Les labours sont exécutés soit avec des instruments à mains, soit avec la charrue. Les labours exécutés à la main sont toujours les plus parfaits; mais, dans la culture, il est impossible d'y avoir recours; les labours ne seraient jamais achevés, dans une exploitation rurale, s'il fallait les faire h la bêche et à la houe. Les charrues sont d'autant plus parfaites que leur travail se rapproche davantage de celui fait à la main

On vient de voir que les labours à bras s'exécutent soit avec la bêche, soit avec la houe. Le labour à la bêche a été décrit au mot Jardin; il n'y a donc pas à y revenir ici. Quant au labour à la houe, voici comment il s'exécute :

Après avoir ouvert une tranchée, l'ouvrier, tourné du côté du terrain à labourer, enfonce la houe dans le sol, attire à lui la terre dans la tranchée formée, où il l'émiette; puis il continue à avancer, en marchant sur la partie du sol qu'il vient de labourer, tandis qu'en travaillant avec la bêche, il marche en arrière, sur la terre non encore remuée. Ce travail n'est pas aussi parfait que celui de la bêche ; la terre n'est que partiellement retournée.

Dans quelques pays, notamment dans plusieurs parties de l'Auvergne, la bêche est remplacée par une fourche à deux dents ou à trois dents. Le travail s'exécute, avec cet instrument, de la même manière qu'avec la bêche.

Le labour à la houe est celui qui est le plus souvent adopté dans la culture des vignes, surtout dans le midi de la France.

Le travail à la charrue doit être fait de manière à se rapprocher autant que. possible du labour à la bêche. Dans ce but, la charrue détache, verticalement par le coutre, horizontalement par le soc, une bande de terre, que le versoir rejette sur le côté en la retournant. Si ces trois organes fonctionnent régulièrement, avec leur maximum d'effet, le travail sera excellent.

Les labours doivent être considérés d'abord au point de vue de la profondeur à laquelle ils atteignent la couche arable, et ensuite à celui de la forme qu'ils donnent à la surface du champ.

Au point de vue de la profondeur, les labours peuvent être divisés en trois catégories ; les labours de défoncement, les labours ordinaires et les labours superficiels.

Les labours de défoncement sont ceux qui dépassent 30 centimètres de profondeur. Leur utilité est facile à démontrer. En effet, serrées les unes

contre les autres, ainsi que cela la grande culture, les plantes tendent en profondeur. Si les racines rencontrent une rouche meuble, elles y pénètrent facilement, se développent, et la tige de la plante suit la môme progression. Au contraire, si les racines rencontrent un sol dur, elles ne peuvent y pénétrer, et l'arrêt de leur développement entraîne celui de la ti^e. La profondeur des labours a donc pour conséquence naturelle l'augmentation du produit des récoltas: l'expérience a toujours démontré l'exactitude de ce raisonnement. Il faut aussi ajouter que, quand le labour a été exécuté plus profondément, les plantes ont beaucoup moins à redouter les excès de sécheresse ou d'humidité.

Il est rare que, dans des labours de défoncement, on n'atteigne pas le sous-sol et qu'on n'en entraîne pas une partie. Dans ce cas, la conduite à suivre dépend de la composition du sous-sol. Lorsque celui-ci est de même nature que le sol superficiel, il n'y a aucun inconvénient à les mélanger, et le labour se fera comme à. l'ordinaire. Il en sera de même lorsque le sous-sol, sans être de même nature que le sol, ne sera pas apte à nuire aux plantes cultivées ; dans cette circonstance, on augmente sans inconvénients la couche de terre arable. Mais il peut arriver que le eous-sol soit impropre à la végétation, et que son mélange, avec la terre arable soit de nature à diminuer la valeur de celle-ci. Alors, il faut bien se garder de faire le labour de défoncement en suivant les pratiques ordinaires, et on agira différemment. La charrue ordinaire atteignant à la profondeur du smis-sol, on la fait suivre par une charrue fouilleuse qui attaque celui-ci, l'ameublit, mais ne le ramène pas à la surface. A cet effet, cette charrue n'a pas de versoir, son soc est en forme de coin allonge qui pénètre dans le sous-sol et le travaille à la profondeur que l'on veut atteindre. Lorsque la charrue fait la raie suivante, elle renverse au-dessus de cette partie du sous-sol ainsi ameublie la terre arable, sans que le sous-sol soit ramené à la surface. Peu à peu, il se mélange avec la partie inférieure de la couche arable, et il s'améliore en quelques années.

Quand on opère des labours de défoncement, il est toujours prudent de les faire progressivement. Le premier labour mélange avec la terre arable une couche de sous-sol de 3 à 4 centimètres ; le deuxième labour attaque une deuxième couche de même profondeur ; et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on ait atteint la limite voulue.

En même temps qu'ils augmentent la couche de terre arable, les labours profonds présentent le grand avantage de détruire les plantes nuisibles à racines vivaces et traçantes que les labours ordinaires ne peuvent atteindre qu'imparfaitement.

Les labours de défoncement sont toujours une opération coûteuse. Ils exigent des charrues spéciales, des attelages puissants, et ne se font que lentement. Il faut donc calculer avec un grand soin, quand on veut y procéder, les frais qu'ils entraîneront. Les charrues de défoncement exigent des attelages de huit à dix chevaux, suivant la nature du sol ; elles paraissent donc d'un accès difficile à la petite culture, et ce n'est que par l'association que celle-ci pourrait réunir les attelages nécessaires pour cette opération fructueuse. Il existe d'excellents types de charnus pour labours profonds : les principaux sont la charrue Dombasle perfectionnée à Grignon, la charrue Bonnet, la charrue Vallerand, les charrues Bajac, Bodin, etc.

La difficulté de se procurer les attelages ou les instruments pour les labours profonds a fait adopter, dans certaines localités, une méthode mixte que M. Girardin décrit ainsi : « On ouvre avec la

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