‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 30 sur 534 · LABOURS · texte numérisé non relu

LABOURS

LA FONTAINE

charrue ordinaire une raie profonde de (V^O environ, puis on y place une vingtaine d'ouvriers, armés de bêches, qui enlèvent une nouvelle couche 12 cent, de profondeur qu'ils rejettent sur le labour. Si l'opération est dirigée de manière que l'attelage n'attende pas après les ouvriers, ou ceuxci après l'attelage, il peut en résulter un travail très satisfaisant. Ce procédé est usité avec avantage dans le département du Nord et en Belgique. Si. au contraire, le défoncement doit être exécuté de telle sorte que le sous-sol soit seulement pulvérisé, mais non ramené à la surface, le travail ne diffère qu'en ce que les ouvriers, armés d'un bident au lieu de bêche, laissent retomber au fond de la raie la terre, sans la placer sur la bande de terre renversée par la charrue. Ce mode de défoncement, usité dans la vallée de la Garonne, y prend le nom de pelleversage. On peut, à l'aide de ces procédés, défoncer environ 20 ares de terre par jour. »

La saison la plus favorable pour les labours de défoncement est l'automne. Les terres ramenées à la surface sont plus tôt mûries, selon l'expression consacrée, sous l'influence des gelées et des pluies de l'hiver.

Les labours ordinaires sont ceux qui se font à la profondeur de 15 à 30 cent. ; la profondeur de 20 à 25 cent, est celle qui est la plus usitée, dans la plupart des circonstances. Le plus souvent, ils suivent les labours profonds, et ils servent à achever l'arueublissement du sol avant les semailles.

Les labours superficiels sont ceux dont la profondeur n'excède pas 10 cent. Ces travaux sont faits, tantôt avec une charrue légère, tantôt avec un extirpateur. Ils ont pour but, ou bien de détruire les mauvaises herbes, ou de déchaumer un champ de céréales, ou d'enfouir des engrais pulvérulents, ou enfin, de recouvrir les semences. Quelle que soit la profondeur à laquelle on laboure, quand un sillon est tracé avec la charrue ordinaire, le laboureur doit revenir à l'extrémité d'où il est parti, pour faire un deuxième sillon à côté du premier, ou bien en revenant tracer son sillon à une certaine distance du premier, pour ne pas rejeter sur celui-ci la terre retourné*'. Afin d'éviter les inconvénients de ces pertes de temps, on a imaginé des charrues appelées tourne-oreilles. Ces charrues peuvent renverser alternativement la terre de gauche à droite ou de droite à gaucho, de telle sorte qu'on peut, en allant et en revenant, renverser toujours la terre dans le même sens. Ces charrues rendent des services signalés dans le labour des terrains en pente. Elles sont disposées de telle sorte que le versoir et le soc peuvent basculer autour de l'âge. C'est dans le môme but que sont construites les charrues dites brabant doubles.

Depuis quelques années, les charrues à plusieurs corps ont commencé à se répandre en France. Elles sont surtout à deux socs ou a trois socs. Avec les charrues bisocs on peut tracer deux sillons parallèles, avec les charrues trisocs on fait trois sillons. Ces charrues présentent une grande économie de temps et de main-d'œuvre, mais elles ne peuvent être adoptées que pour les labours superficiels et pour les labours ordinaires.

Si l'on considère maintenant les labours au point de vue de la forme qu'ils donnent à la surface du champ, on les divisera en labours en billons, labours en planches et labours à plat.

Le labour en billons partage le champ en planches bombées étroites, séparées par des rigoles profondes. Ce système présente des avantages dans les terres fortes ou reposant sur un sous-sol non perméable : il permet l'égouttement de la terre et l'écoulement des eaux en excès. En outre, quand la couche arable n'a qu'une faible profondeur, il augmente artificiellement celle-ci. Mais il

présente des difficultés pour l'épandage régulier des fumiers et pour les semailles ; il rend difficile l'emploi des instruments perfectionnés, des herses, etc. ; enfin, il met des obstacles aux charrois pour l'enlèvement des récoltes.

Dans les labours en planches, on divise le sol en parallélogrammes plus ou moins larges, séparés par une raie moins profonde que pour les billons. D'un côté, la terre labourée est renversée à droite, de l'autre elle est renversée à gauche. La largeur des planches varie suivant beaucoup de circonstances ; elle est généralement plus grande pour les terres légères que pour les terres fortes.

Quant aux labours à plat, ce sont ceux qui se rapprochent le plus du labour à la bêche. La surface du champ est nivelée aussi complètement que possible, et on obtient ce résultat par des labours dans lesquels la terre est toujours renversée du même côté.

Les labours en planches et les labours à plat ne présentent pas les inconvénients des labours en billons. La terre peut être facilement assainie par des rigoles tracées suivant le sens de la plus grande pente. Tous les instruments perfectionnés peuvent être employés sur les champs labourés suivant l'un de ces systèmes. C'est donc à l'adoption de ces labours que l'on doit pousser, quand des circonstances particulières ne commandent pas l'adoption des labours à billons. Pour la culture des plantes qui demandent à être buttées dans la première période de leur végétation, les planches et les labours à plat s'imposent d'une manière presque absolue.

Pour être profitables, les labours doivent être faits aux saisons convenables. La condition indispensable pour leur bonne exécution est l'état favorable de la terre. Il faut que celle-ci soit dans un état moyen d'humidité, et surtout qu'elle ne présente ni excès d'eau, ni excès de sécheresse. Quand le sol est trop humide, il se forme en grosses mottes et ne s'ameublit pas, ce qui est le but principal du labour. Si. au contraire, il est trop sec, il oppose souvent une très grande résistance aux instruments ou il se pulvérise à l'i iccès.

Quant au nombre des labours que doit recevoir un champ, il dépend à la fois de la nature du sol, de la récolte qu'il a portée, de celle qu'il est destine à recevoir, etc. 11 est donc impossible de donner des règles absolues à cet égard.

[Henry Sagnier.]

LA FONTAINE. — Littérature française, XIII. — Jean de La Fontaine, né le 8 juillet 1 (J21 à Château- Thierry en Champagne, où on lui a élevé une statue, était d'une bonne famille bourgeoise du pays, fils de Charles de La Fontaine, maître des eaux et forêts, et de Françoise Pidoux, fille d'un bailli de Coulommiers. Son enfance n'offrit rien de remarquable ; sa première éducation fut même assez négligée. Il commença ses études à Château- Thierry et les acheva au collège de Pieims. Doué d'une imagination vive, il lut, au sortir du collège, Lactance et quelques livres ascétiques qui firent sur lui une telle impression qu'il se crut la vocation ecclésiastique ; il entra à vingt ans aux Oratoriens de Reims, puis au séminaire de Saint- Alagloire : peut-être, après tout, sans vouloir suivre la carrière religieuse, ne voulait-il prendre que les ordres nécessaires pour obtenir des bénéfices. Il se repentit: un an après, renonçant à la théologie, il rentra dans le monde où il se fit remarquer par ses distractions, son indolence, un goût vif pour les plaisirs et même la dissipation: il menait une vie désœuvrée, soit dans la maison paternelle, soit à Reims, qui paraît avoir été le théâtre de ses premières erreurs et qu'il aima toujours beaucoup.

LA FONTAINE

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