‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 291 sur 534 · PROBOSCIDIENS · texte numérisé non relu

PROBOSCIDIENS

les trois coupures naturelles de Ravaccione, Canal-Grande et Colonnata. C'est de la première que l'on tire le marbre statuaire le plus renomme aujourd'hui; il ne se vend pas moins de 20 francs la palme 'cube de 0°',Î5 de côté, soit 1 280 francs le mètre cube, sur les lieux et a pied-d'œuvre ; en remontant, on rencontre à Polvaccio une ancienne carrière romaine qui a fourni jusqu'à ces derniers temps un marbre statuaire très renommé : c'est de là que les Romains ont tiré le marbre du Panthéon, de la colonne Trajane, des arcs-de-triomphe de Titus et de Septime Sévère, et aussi celui de l'Apollon du Relvèdcre. Les marbres blancs du tombeau de Napoléon, une des constructions modernes qui en ont consommé le plus, ont été tirés de Colonnata qui a aussi fourni beaucoup de marbre aux Romains. L'exploitation du marbre est de beaucoup plus importante à Carrare que dans les localités marbrières voisines, Massa et Serraveza. A Carrare le nombre des ouvriers directement attachés aux carrières est de 5 500 environ. Un millier d'hommes sont, en outre, employés au transport, à l'expédition et à la mise en œuvre des marbres. Près de la moitié de la production totale va aux Etats-Unis, le pays qui consomme le plus de pierre de Carrare.

Les gneiss et les micaschistes renferment fréquemment des filons de quartz et de baryte sulfatée métallifères parmi lesquels on exploite principalement de la galène à Pontgibaud, à Vienne et à Villefort. Près de Rrioude et de Florac, il y a plusieurs filons quartzeux contenant de l'antimoine sulfuré en veines compactes, irrégulières ou en taches fibreuses. A Vaulry près de Limoges et à Montebras, il y a de petits filons stannifères.

Le sol formé par le terrain primitif présente des contours arrondis, mais le plus souvent les sommités sont aiguës, déchirées et dentelées, en raison de l'inégale désagrégation et décomposition des divers strates qui les composent; les vallées sont étroites et profondes, et présentent fréquemment, sur les flancs, des arêtes saillantes plus ou moins inclinées qui indiquent la stratification; la désagrégation et la décomposition des roches marchent lentement en général. Le sol primitif, le plus souvent stérile, est envahi par les genêts, les ajoncs et les bruyères ; l'absence du calcaire fait qu'il ne convient pas à la culture des céréales, excepté à celle du seigle ; aussi les remplace-ton le plus souvent par le sarrasin. Les châtaigniers prospèrent presque partout sur le Plateau central et offrent de grandes ressources pour la nourriture de ses habitants. Les pins et les sapins occupent les parties élevées de la plupart des régions.

[V. Raulin.]

PRISME. — Y. Pubjèdres et Lumière.

PROBOSCIDIENS. — Zoologie, X. — Les Proboscidiens ou Eléphants étaient jadis rangés dans l'ordre des Pachydermes; mais, comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire, ce dernier groupe assez hétérogène a été démembré par les naturalistes modernes (V. Pachydermes), et les Proboscidiens constituent maintenant, dans la classe des Mammifères *, une subdivision de'même nature que celle des Jumentés * ou celle des Porcins *.

Dans la nature actuelle les Proboscidiens ne comprennent plus que le seul genre Eléphant, mais jadis ils étaient représentés, même dans nos contrées, par les Mastodontes et les Dinotherium qui ont laissé leurs ossements dans les terrains tertiaires.

Les Eléphants sont des mammifères de très grande taille, dont le corps massif est porté sur des pattes robustes, terminées chacune par cinq doigts, et dont la tète est munie d'une énorme trompe préhensile, constituée par un proi

ment des os du nez. Cette trompe est creusée de deux canaux parallèles qui continuent les cavités nasales; elle renferme dans ses parois de nombreuses fibres musculaires, et porte à l'extrémité un petit appendice en forme de doigt. Grâce à cette disposition, elle est assez forte pour déra ciner un arbre, et en même temps assez délicatement conformée pour saisir la nourriture et la porter à la bouche, aspirer une certaine quantité de liquide, défaire le nœud d'une corde ou môme ouvrir une serrure; en un seul mot elle remplit à très peu près le rôle d'une main.

De tous les mammifères les Eléphants sont ceux dont la tête a le plus de hauteur verticale, grâce à un renflement considérable des portions supérieure, temporale et postérieure du crâne. Pendant longtemps les naturalistes ont pensé qu'à ce développement inusité de la boite crânienne correspondait un volume extraordinaire de substance cérébrale et une intelligence exceptionnelle; mais on sait aujourd'hui que l'élévation du crâne chez les Eléphants provient de l'existence de grandes cellules creusées dans la substance même des os, et que l'espace réservé au cerveau est relativement très petit, plus petit même que chez le cochon, qui passe cependant pour un animal stupide. Il ne faudrait pas néanmoins tomber dans l'excès opposé, et, après avoir considéré les Eléphants comme les mammifères les plus intelligents après l'homme, les reléguer au rang des brutes : bien au contraire, les récits des voyageurs nous apprennent qu'en Asie on fait exécuter à ces animaux divers travaux qui nécessitent non seulement une grande dépense de force, mais encore l'exercice de certaines facultés intellectuelles.

Dans leur aspect extérieur les Eléphants sont des êtres fort disgracieux; leur tête énorme n'est éclairée que par deux très petits yeux qui semblent percés à la vrille, à côté de deux oreilles retombant comme de larges feuilles. Le cou est si court que les mouvements de la tête sont fort circonscrits et que l'animal, si la nature ne l'avait doué d'une trompe, serait dans l'impossibilité absolue de cueillir les feuilles des arbres, comme le fait la girafe, ou de brouter l'herbe à la surface du sol, à la manière des Jumentés et des Ruminants *. Le corps, gonflé comme un ballon, est posé pour ainsi dire sur quatre robustes piliers, et couvert d'une peau très épaisse, dénudée, crevassée, calleuse et d'un gris sale ou noirâtre. Enfin les doigts sont garnis de sabots assez informes qui, dans la marche, touchent à peine la. surface du sol, la vaste plante des pieds étant garnie en dessous d'un cuir épais comme une semelle. Les mâchoires sont dépourvues de canines, mais elles portent de larges molaires dont la couronne est hérissée de saillies d'émail diversement disposées; en outre la mâchoire supérieure porte deux longues défenses, c'est-à-dire deux incisives qui font saillie hors de la bouche et qui s'accroissent pendant toute la durée de la vie de l'éléphant. Ce sont ces défenses qui fournissent l'ivoire si recherché dans l'industrie. Leur développement a pour conséquence une élévation des os intermaxillaires et des os maxillaires et un raccourcissement des os du nez. Les autres parties du squelette sont moins singulières, et les os des membres ont même, avec les pièces correspondantes du squelette humain, des analogies lointaines; et, pour le dire en passant, ceci nous explique comment, à une époque assez rapprochée de nous, des personnes peu versées en histoire naturelle ont pu prendre pour des ossements de géants grecs ou gaulois, des ossements de mammouth découverts dans le sol sur divers points de l'Europe.

A l'époque actuelle on ne connaît plus que deux

PROGRESSIONS

PROGRESSIONS

espèces d'Eléphants : Y Eléphant d'Afrique (Elephas ofricanus), et YEléphant d'Asie (Elephas indicus) qui se subdivise peut-être eu plusieurs races distinctes. L'Eléphant d'Afrique atteint sans doute une taille aussi considérable que l'Eléphant d'Asie, mais il a les oreilles beaucoup plus grandes, la tète plus arrondie, le front convexe et les molaires garnies sur leur couronne de lames saillantes disposées en losanges. Il habite la plus grande partie du continent africain, depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu'à l'Abyssinie et au Sénégal, mais aujourd'hui il est devenu fort rare dans la partie méridionale, par suite de la chasse active qui lui a été faite par les nègres et par les Européens, dans le but d'obtenir ses défenses. L'Eléphant d'Asie a les oreilles relativement assez petites, la tête allongée, le front concave et les molaires pourvues de rubans d'émail ondulés. Il se trouve non seulement dans l'Inde et dans l'Indo- Chine, mais à Ceylan, à Célèbes et dans les îles de la Sonde. Suivant les localités il offre, dit-on. des variations assez grandes pour qu'un œil exercé puisse reconnaître différentes races, et dans des cas assez fréquents il peut être atteint d'albinisme. Dans l'Inde et surtout dans le Pégu et le royaume de Siam, ces éléphants blancs sont tenus en grande vénération et considérés comme les rois de leur espèce. En Asie on ne tue pas les éléphants, comme en Afrique, pour avoir leurs défenses, mais on s'efforce de les prendre vivants dMiis des pièges, et on les réduit à une domesticité plus ou moins complète. On les emploie comme bêtes de somme, pour porter soit des bagages, soit même des espèces de pavillons richement ornés dans lesquels peuvent monter plusieurs personnes. En avant, sur le cou de l'animal, est assis un conducteur ou corna: qui dirige l'éléphant avec la voix ou le stimule au moyen d'un aiguillon. Quelquefois aussi les éléphants sont dressés à rouler ou à entasser avec leur trompe de lourds madriers, ou bien ils sont attelés à des pièces d'artillerie de campagne.

Les anciens se sont déjà servis dans leurs guerres d'éléphants dressés, et chacun sait quelle terreur les Romains éprouvèrent quand, dans la campagne contre Pyrrhus, ils se trouvèrent en présence de ces animaux gigantesques; mais bientôt ils s'habituèrent à la vue de ces monstres et songèrent à leur tour à en tirer parti : Végèce nous apprend que les éléphants figurèrent avec honneur dans la guerre entreprise contre les rois de Macédoine et de Syrie, et Valère Maxime rapporte qu'au temps de Sévère il y avait encore trois cents de ces animaux dans les armées impériales. On sait enfin qu'Annibal emmena avec lui trente-sept éléphants quand en 218 av. J.-C. il quitta Carthagène pour envahir la Gaule méridionale et l'Italie. De nos jours encore des animaux de ce genre sont fréquemment employés dans les Indes par i'armée anglaise pour le transport des canons et des munitions, et tout récemment on a songé à se servir d'éléphants dans les voyages d'exploration à travers l'Afrique centrale. [E. Oustalet. ]

PROFESSIONS. — V. Métiers.

PROGRESSION. — Arithmétique, LI-LII. — On distingue deux espèces de progressions, les progressions arithmétiques ou par différence, et les progressions géométriques ou par quotient.

Page 1